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[FanFic] Lux Apocalypsis par Eléo
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Eléo
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MessagePosté le: Lun 10 Sep 2007, 18:59    Sujet du message: [FanFic] Lux Apocalypsis par Eléo Répondre en citant



A voir également ce topic: [Commentaires/Avis]Lux Apocalypsis par Eléo pour poster vos commentaires et avis.

Synopsis : Lara Croft est accusée de meurtre par Roy Heaven, un agent du FBI. Ensemble, ils concluent un marché : Lara trouve le véritable meurtrier et Heaven la lave de toute accusation. Seulement, au cours de ses recherches, l’aventurière se rend compte, qu’il ne s’agit pas d’une simple affaire de meurtres en série, mais d’un complot autour d’une Légende : la légende Lux Apocalypsis.

Vous pouvez lire ou télécharger la fic au format PDF dans son intégralité en cliquant ICI

Cette fanfic est un crossover rassemblant de multiples personnages et clins d’œil. Par conséquent, si vous trouvez des scènes ou personnages identiques à d’autres jeux, films ou mangas, ce n’est pas du plagia, c’est normal. Wink Bonne lecture j'espère Wink.



Prologue

D’un mouvement de bras circulaire l’homme frappa la cloche à l’aide de son marteau de fer. La cloche émit un hurlement d’une puissance qui fit trembler les murs de la chapelle en résonnant plusieurs fois dans un écho interminable durant de longues secondes. Le groupe d’individus entièrement vêtus de longs manteaux noirs et de capuches se mit en position au centre de la salle, debout sur un insigne tracé au sol, représentant un œil de taille démesurée. L’homme au marteau, vêtu de manière semblable mais de rouge, posa son accessoire et tout en restant à une hauteur surélevée par rapport aux autres sujets, se dirigea à petits pas face au groupe silencieux et statique. Une fois l’écho de la cloche totalement éteint, le silence dans la chapelle reposa l’habituelle atmosphère lugubre et morose qui régnait en ce lieu angoissant. Seul le crépitement des flammes provenant des lampes à huile fixées aux murs offrait un petit bruit de fond, ainsi que le vent s’infiltrant dans les diverses petites ouvertures du bâtiment, sifflant comme des murmures diaboliques semblant provenir de démons dissimulés entre les pierres. Il faisait relativement sombre vu que le feu était la seule source de lumière, feu provenant donc des lampes, mais aussi des bougies des immenses lustres pendus en hauteur. En conséquent des ombres fantomatiques se formaient sur les murs de pierres, exposant des formes démoniaques paraissant déformées par la douleur, hurlant d’innombrables maux. Une odeur de vieillesse et de moisi flottait dans la salle, ça sentant la pierre glacée, le tissus pourri, le bois trempé d’eau, la sueur et surtout le sang. L’air semblait aussi épais que du sirop, s’infiltrant dans les poumons comme un poison et il était presque difficile de respirer en ce lieu malsain. Une ambiance oppressante régnait en cet endroit, comprimant les âmes d’une main invisible comme pour les broyer.

L’homme en rouge leva les bras vers le ciel. Le groupe l’imita et chacun leva les bras dans un mouvement lent mais parfaitement synchronisé. Une fois leurs bras tendus au dessus de leur tête ils restèrent dans cette position quelques secondes avant de redescendre leurs bras le long de leur corps. L’homme vêtu de rouge saisi alors de sa main droite une coupe d’or massif remplie d’un liquide rouge et le leva vers le groupe. Les individus baissèrent la tête avec respect alors que l’homme porta la coupe à ses lèvres pour en boire le liquide d’une traite, sentant le gout du sang imprégner sa bouche dans un délice psychopathe. Une fois la coupe entièrement vidée il la reposa face à lui sur la table recouverte d’une épaisse nappe rouge aux bordures d’orées. Il joignit alors ses mains et commença à murmurer des incantations dans une langue étrange, les autres individus en firent de même et des murmures lugubres résonnèrent doucement dans toute la chapelle jusqu’à lors silencieuse.
Soudainement l’œil au sol commença à émettre une lumière blanche, jusqu’à ce que toutes les lignes principales du symbole s’illuminent dans un sifflement aigu. Ce symbole présent également sur chaque mur et plafond de la chapelle transperça toutes les façades de pierres et de bois dans une lumière blanchâtre spectrale, dégageant une légère chaleur qui réchauffa timidement l’environnement glacial. Mais alors brutalement toute la salle fut plongée dans une lumière d’une puissance aveuglante et l’homme en rouge émit un ricanement sadique n’enfermant plus qu’une psychopathie sans borne tandis qu’une goute de sang s’écoulait de sa bouche avant de s’égoutter sur le sol humide taché du liquide rougeâtre. De terribles hurlements de douleur et de terreur résonnèrent jusqu’au ciel à en transpercer les coups de tonnerre résonnant à l’extérieur. Les hommes en noirs se condensèrent de souffrance en hurlant à la mort, puis ils disparurent, comme happés par la lumière, dévorés, jusqu’à ne plus exister.
_________________
Fanfics :Origines - Dualité - Lux Apocalypsis - Création Ingrate DC


Dernière édition par Eléo le Ven 13 Fév 2015, 17:18; édité 12 fois
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Eléo
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MessagePosté le: Sam 29 Sep 2007, 17:53    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 1

Le Soleil illuminait de ses rayons fugaces le titan de briques d’orées, s’imposant toujours avec autant de posture au milieu du sublime jardin des Croft. Un silence serein pesait autour du gigantesque manoir, ou seuls les bruissements de la nature se laissaient distinguer. Le vent dansait entre les branches des arbres, leur volant quelques feuilles pour les entraîner avec lui dans des mouvements frénétiques et vivaces. L’eau s’écoulait calmement des fontaines dans un petit son réconfortant et poétique, embellissant l’environnement de sérénité. Les oiseaux chantaient une musique délicate en voletant paisiblement de manière batifole. Il faisait une température printanière très agréable, ni trop chaude, ni trop froide, tout juste ce qu’il fallait pour se sentir à l’aise et le ciel totalement dégagé de nuage laissait se fondre dans un océan d’un bleu turquoise superbe. La journée était tout simplement splendide.
A l’intérieur de la demeure c’était tout aussi calme. Pas le moindre mouvement ou son ne permettait de conclure qu’il y avait quelqu’un dans la maison, le calme plat.
Le tic-tac de la grande horloge allait et venait avec le mouvement de balancier uniforme, offrant une sonorité presque grisante avec la répétition sonore mais habituelle des lieux, seul son distinguable dans cette tranquillité absolue.
Néanmoins le silence qui régnait jusqu’à présent dans l’immense manoir fût soudainement troublé par la sonnerie du téléphone retentissant dans le bureau au premier étage. Durant un court instant il n’y eu aucun mouvement et le téléphone continua de sonner dans le vide le plus total. Au bout de cinq sonneries environ, la porte s’ouvrit avec vigueur et un homme d’un certain âge pénétra dans la petite pièce. Il essuya son front en sueur à l’aide d’un torchon avant de jeter celui-ci sur le bureau et de saisir le combiné. Le portant à son oreille, il pivota d’un demi-tour et se tourna vers la fenêtre offrant une vue sublime sur le jardin que le printemps avait merveilleusement embelli. Les rosiers explosaient de fleurs rouges sang, blanches ou jaunes, les tulipes semblaient former un épais tapis coloré et les buissons et les arbres éclataient d’un vert luxuriant. Le vieil homme eu presque les larmes aux yeux de voir son travail au sommet de son art.
- Manoir Croft, Winston à l’appareil, que puis-je faire pour vous ? demanda-t-il d’une voix posée et courtoise.
Il écouta attentivement son interlocuteur répondre. Celui-ci prit d’abord soin de se présenter. Sa voix inspirait un grand charisme et recul, Winston en fut presque abasourdi et resta comme pantois au téléphone.
- Désolé Mademoiselle Lady Croft est absente pour le moment. Désirez-vous que je prenne un message ?
Mais l’homme au bout du fil insista pour connaître les coordonnées de la Lady, expliquant que c’était relativement important, même capital et qu’il souhaitait la joindre au plus vite, quitte à se rendre directement sur place.
- Elle se trouve au Nouveau-Mexique où elle se livre à un passe-temps qu’elle est la seule à trouver relaxant…soupira presque le majordome, ironique.



La moto décolla du sol dans un rugissement de moteur et de poussière qui entoura le véhicule comme pour l’étouffer. La température déjà accablante de l’environnement aurait calciné n’importe qui s’exposant trop au Soleil, mais ça ne suffisait pas, les coureurs continuaient de se pourchasser dans cette course effrénée, où les numéros six, sept et zéro menaient la tête. Les motos ne cessaient de se rentrer dedans, dérapant, accélérant, bondissant du sol comme des félins en chasse, alors que les moteurs semblaient hurler toujours plus fort. Une course d’une violence inouïe, où seule l’adrénaline était maîtresse du jeu, peu importe les moyens de remporter la victoire, la fin justifiait les moyens.
- Allez vous faire voir, looser ! C’est moi le meilleur ! cracha le numéro six d’une voix méprisante et orgueilleuse alors que sa moto s’envola au dessus du sol.
La tête se disputait rageusement entre le six et le sept, vêtus de combinaison noir et rouge de la même couleur que leur moto afin que l’on puisse correctement les distinguer au travers du nuage de sable qui les entouraient. Malgré l’intimidation du six, le motard en rouge continuait de lui coller aux talons, au grand agacement de son adversaire qui n’en revenait pas d’être ainsi provoqué.
Dans le public les encouragements et les insultes transperçaient les rugissements des moteurs pour monter jusqu’aux concurrents. La tension presque palpable rendait l’ambiance violente et malsaine. Les points se levaient de toute leur haine, transperçant l’air empestant la sueur et l’essence dans des hurlements de voix déformées et presque incompréhensibles pour certaines. L’ambiance western qui régnait sur place offrait une atmosphère de raideur quasi permanente, qui couplée aux tenues vestimentaires du même style, faisait totalement plonger dans l’environnement bouillant du Nouveau-Mexique. Trois hommes déconcertés ne pouvaient détacher leurs yeux de la course, trop absorbés par l’événement qui les plongeaient dans un état second de pression. L’un d’eux prit la parole et demanda :
- Qui c’est le nabot qui veut doubler Turk ?
- Ch’ais pas, mais s’il connaissait Turk, il renoncerait, répondit son camarade à ses côtés.
- Personne ne dépasse Turk ! continua le troisième du groupe.
Les trois hommes semblaient comme hypnotisés par la scène qui se déroulait sous leurs yeux, persuadés de la victoire du dénommé Turk, portant donc le numéro six et occupant pour l’instant la tête de la course.

Les deux motards ayant désormais prit un peu d’avance par rapport à leurs concurrents sortirent d’un virage pour aborder une longue ligne droite, distançant ainsi totalement leurs anciens adversaires ne se laissant plus du tout distinguer dans le brouillard de poussière qui les dissimulaient, les forçant presque à s’arrêter le temps que la tempête de sable se calme. Le concurrent sept profita de l’opportunité pour accélérer et se rapprocher de Turk. Celui-ci jeta un rapide coup d’œil derrière son épaule, remarquant que l’individu continuait de le provoquer sans retenue.
- T’es barjo toi ?!
Mais le ton menaçant ne grisa en aucune manière le motard qui continua de se rapprocher. Turk lâcha alors le guidon quelques secondes pour porter sa main droite à sa genouillère du même côté. Il sourit de manière vicieuse en dévisageant son adversaire, emporté par l’envie psychopathique de victoire par tous les moyens.
- Si tu me cherches, il sortit alors une chaine particulièrement longue de sa genouillère, tu vas me trouver, sourit-il avec sadisme.
La chaine fouetta l’air dans un mouvement circulaire parfait qui alla frapper le numéro sept violement au point de le faire basculer sur le côté. La moto chavira, freinée par le changement soudain de position alors que Turk, satisfait, recommença à prendre de l’avance.
Mais une fois que la moto rouge fut rétablie dans son équilibre, son conducteur se plia légèrement en avant et pressa l’accélérateur dans un rugissement de moteur.
- Il accélère, bafouilla Turk avec stupeur.
Les trois hommes n’en revenaient pas non plus de voir quelqu’un défier ainsi le champion, le favori, indétrônable de cette course. Les traits de leur visage commencèrent à se crisper sous la colère et la tension.
- Il est mort ce con ! hurla l’un d’eux en serrant son point.
- Ouais ! Turk va lui arracher la tête et l’accrocher à son pot d’échappement !
- Bien fait pour lui !
La ligne d’arrivée se faisait maintenant distinguer à quelques mètres des deux motards acharnés très proches l’un de l’autre. Un faussé rempli d’un liquide noirâtre semblable à du goudron les séparait de la victoire qui n’était maintenant plus qu’une question de quelques secondes. Le public plongé dans une furie hypnotique hurlait de plus bel, le stress et le suspense ne cessant de s’accroitre étant donné que rien ne semblait pouvoir départager les deux coureurs obstinés.
Turk maintenant plongé dans une colère effarante saisi sa chaine encore une fois pour frapper de nouveau, déterminé à se débarrasser de ce parasite qui refusait de lui laisser la victoire.
- T’as pas eu assez peur ?! Ok, je vais t’aveugler ! puis il lança la chaine direction pleine tête de son adversaire.
Celui-ci, non naïf, lâcha son guidon pour le tenir juste à une main, se servant de l’autre pour protéger son visage. Fronçant les sourcils, lui aussi dans une colère nettement supérieure, il attrapa la chaine à pleine poigne et donna un violent coup de guidon sur le côté pour se rapprocher au maximum de la moto de Turk ne contrôlant soudainement plus du tout la situation.
- Lâche ça ! hurla-t-il de rage. Hey mais qu’est ce que… ?!
Ecarquillant les yeux de stupeur, le jeune homme se retrouva dans l’incapacité totale de bouger sa main droite que son adversaire venait d’entièrement ligoter au guidon à l’aide de la chaine.
Perdant de la vitesse, ne pouvant plus en gagner, Turk fut dépassé par le motard sept en étant aspergé de poussière, n’arrivant pas à croire à un tel renversement de situation.
- Hey ! T’as bloqué mon accélérateur !!! lui hurla-t-il en essayant de se dégager.
La moto rouge accéléra encore puis décolla au dessus du fossé tel un oiseau, découvrant un silence reposant durant la phase de vol, un délice de transition sublimé par le changement de violence précédente. Turk tenta tout ce qu’il put pour se libérer, mais en vain, il se sentit soudainement plonger en avant.
- Je peux plus…
Il s’écrasa alors lourdement dans le faussé, la moto roulant au sol pour percuter violement la falaise dans un jet de liquide noir, de boue et de poussière.

Le motard rouge atterrit sereinement de l’autre côté du faussé, accélérant encore sous le regard effaré du public. Les gens hurlaient plus fort, toujours plus fort, n’arrivant pas à croire que le champion soit enfin vaincu d'une si « belle » manière.
- Vous voyez ce que je vois les gars ? reprit l’un des trois hommes effarés.
- De la viande froide. Il va se faire trucider l’avorton.
- Je me réserve sa moto ! C’est une belle bécane !
Le véhicule franchit la ligne d’arrivé. Brusquement le motard freina dans un sublime dérapage, faisant tourner l’arrière de la moto autour de la roue avant, aspergeant le public de poussière. Les gens reculèrent en hurlant presque de plaisir, acclamant sa victoire fabuleuse.
- Le vainqueur !!! hurla le commissaire de course en baissant le drapeau à damier.
- C’est un mot qui me convient bien, sourit le vainqueur en enlevant son casque.
Le public en émoi n’en revenait pas de la scène qui se déroulait. Les yeux s’écarquillèrent, les bouches s’ouvrir, les traits devinrent grossiers, exposant des visages ahuris déformés par la stupeur. Puis soudain tout le monde se tue.
- Mince…
- Les gars, je suis amoureux.
- Au diable la bécane, c’est une autre carrosserie qui m’intéresse !
La jeune femme émit un grand sourire alors que ses longs cheveux bruns attachés en tresse tombèrent le long de son dos soigneusement creusé pour mettre en valeur sa poitrine et ses formes en générale. Sa peau s’illumina sous les rayons du Soleil alors que la température cuisante la faisait transpirer, moulant son corps parfait dans sa combinaison à fleur de peau, la rendant incroyablement sexy. Elle inspira une immense bouffé d’air en fermant les yeux, gonflant de plus bel sa poitrine en jetant ses cheveux en arrière, chassant ainsi les mèches batifoles qui lui collaient au visage.
- Je reste sans voix, reprit l’un des hommes.
- Moi je mouille mon slip.
- On est deux.
Rouvrant les yeux en se massant la nuque, la jeune femme éteignit le moteur de la moto et fixa les trois hommes de ses yeux coléreux.
- Dites à votre ami que s’il ne court pas selon les règles, il ne courra plus du tout.
Les trois compagnons échangèrent un regard suspicieux avant de jeter un coup d’œil derrière la jeune femme, ils haussèrent les épaules.
- Dis lui toi-même ma jolie !
Soudainement un hurlement terrible résonna derrière l’aventurière, se retournant de suite pour prendre part de la situation. Turk, maintenant plongé dans une rage folle fonçait sur la jeune femme, faisant tourner sa chaine au dessus de sa tête dans une rapidité et une force démesurée. La longue chaine de métal fouettait l’air dans un sifflement mortuaire, prête à trancher tout ce qui aurait le malheur de s’interposer sur son passage. Lara leva les yeux au ciel en haussant les épaules puis descendit calmement de la moto.
- Je t’ai d’abord pris pour un primate, provoqua-t-elle, méprisante.
La chaine plongea en avant et lui effleura la tête, elle évita le coup de près dans un mouvement d’esquive précis et raffiné en se penchant en avant. Le métal coupa l’air à quelques centimètres de sa cible, frôlant les cheveux de l’aventurière avec une puissance qui sectionna quelques mèches.
- Je me suis trompée, reprit-elle. Après tout…elle le saisi en se redressant et lui adressa un puissant coup de genoux dans le ventre. J’ai pas à insulter les singes en te comparant à eux.
Turk chuta au sol en gémissant, plié en deux en se tenant le ventre. Il s’arracha des ténèbres pour ne pas tomber dans le coma de part la douleur monstrueuse à laquelle il était sujet. La jeune femme se redressa totalement, posant les mains sur ses hanches elle l’observa de toute hauteur, de tout son charisme, de toute sa classe.
- Du calme, quelques points de sutures, et ton urologue fera remarcher tout ça dans un an ou deux !

Le jeune homme resta affalé sur le sol presque en larme, ne pouvant penser qu’à la souffrance dans laquelle la jeune femme venait de le plonger.
Doucement la tension commença à chuter avec la fin de la course et les lieux se vidèrent dans la sérénité.
Lara sourit de sa victoire et ouvrit sa combinaison en soupirant de plaisir, elle mourrait de chaud mais était radieuse de bonne humeur.
- Mademoiselle Lady Croft ? l’interpella une voix masculine.
L’aventurière pivota sur elle-même afin de se retourner à l’entente de la voix qui venait de résonner dans son dos.
Une opposition de contraste importante ne lui permit pas de voir de suite à qui elle avait affaire. Habillé d’un costume sombre extrêmement élégant, l’homme s’opposait totalement à l’importante luminosité qu’offrait la journée resplendissante. De plus l’homme en costume noir portait des lunettes de Soleil, lui offrant une classe paroxystique mais aussi une aura mystérieuse terriblement envoutante. Ses cheveux noirs soigneusement coiffés encadraient son visage et un sourire au coin lui offrait beaucoup d’allure, avec quelque peu de prétention mais qui ne devait quand même nullement nuire à son succès auprès de la gente féminine. Il ouvrit son portefeuille dans un mouvement rapide mais précis. Lara dû affûter son regard afin de réussir à bien distinguer la carte d’identité de l’individu. Eblouie par le Soleil, la jeune femme eu quelque peu de mal à distinguer la carte, l’homme en costume noir sourit de plus bel et replaça ses lunettes en les poussant de son index avant de refermer son portefeuille.
- Roy Heaven, FBI. J’aimerais vous parler. En privé, et dans un environnement moins… hostile.
- Pour quel sujet ?
- Pouvez vous me suivre jusqu’à l’hélicoptère ? Nous y serions plus à l’aise, lui coupa-t-il sans prendre la peine de lui répondre.
Lara sourit avec charme. L’agent possédait beaucoup de charisme, difficile de lui résister, mais elle se demandait tout de même ce que pouvait bien lui vouloir le FBI, surtout au point de venir la chercher dans un endroit pareil.

L’agent conduit la jeune femme jusqu’à l’hélico positionné quelques mètres plus loin. Ils montèrent tout deux et Heaven fit de suite signe au pilote pour ordonner le décollage de l’appareil.
- Nous vous ramenons chez vous.
- C’est trop aimable, sourit-elle en croisant ses jambes.
L’agent passa une main sous son veston pour en sortir une enveloppe jaune remplie de papiers et autres documents. L’hélico décolla dans un vacarme d’hélices et s’éloigna du sol désertique en quelques secondes, l’aventurière observant le paysage devenir minuscule, sourit en distinguant encore la silhouette de Turk étalée au sol. Heaven dégagea par la suite une grande photo de la taille de l’enveloppe, il la saisi entre son pousse et son index pour la montrer à Lara.
- Est-ce que cela vous dit quelque chose ?
L’aventurière se pencha légèrement en avant en fronça les sourcils pour affuter son regard, septique en observant la photographie. Il s’agissait de la photo d’un mur couleur ivoire que l’on avait tagué avec du sang, exposant des inscriptions étranges dans une langue incompréhensible. Empoignant soigneusement la photo qu’elle déposa sur la paume de sa main à plat, l’aventurière l’observa avec plus d’attention. Après concentration et une fouille intensive de ses connaissances, Lara finit par secouer la tête de gauche à droite, l’air un peu déçue.
- Pardonnez-moi mais je ne comprends pas les inscriptions, haussa-t-elle les épaules en lui rendant le cliché.
- Cela ne m’étonne guère, cette langue n’existe pas, continua l’agent en rangeant la photo.
- Avez-vous cherché dans les registres étrangers ? Anciens ?
- Oui et des spécialistes se sont penchés durant des heures afin de trouver des anagrammes ou autre, mais ça c’est révélé une perte de temps.
Lara croisa les bras, levant les yeux au ciel en signe de réflexion, tentant encore de trouver un lien avec des inscriptions quelconques qu’elle avait pu découvrir lors de ses précédentes aventures. L’agent la sortit alors de ses songes et dit :
- Mais nous possédons également autre chose, poursuivit Heaven en sortant une autre photo.
Lara la récupéra du bout des doigts et eu alors un mouvement de recul net lorsque ses yeux se posèrent sur l’image. Il s’agissait de la photo d’un homme allongé dans un lit, sur le ventre, attaché aux barreaux de la tête de lit par les poignets et les chevilles à l’opposé, la tête enfoncée dans les oreillers blancs. Ainsi on ne pouvait distinguer son visage, mais il était simple de conclure qu’il était mort. L’homme était nu, le dos en sang et on avait tatoué celui-ci d’un symbole étrange, semblable à un œil. Le corps dégoulinait de sang se répandant sur les draps, tachant la blancheur du tissu d’un rouge sombre, alors que les plaies béantes de l’individu exposaient une profondeur noirâtre de plusieurs centimètres.
- Le symbole que vous voyez a été tatoué comme une cicatrice, on a « dessiné » sur cet homme, surement à l’aide d’un scalpel ou autre objet tranchant, reprit Heaven calmement.
- Je ne suis pas non plus adepte des techniques sadomasochistes, désolée.
- Vous êtes sur ? pourtant j’aurais pensé le contraire.
- Vous me provoquez M.Heaven ?! sourit-elle de façon sexy.
- Peux être bien, il sourit de manière semblable, mais restons concentrés, ce symbole ressort-il de vôtre mémoire ?
- Non.
- Vraiment ?
- M.Heaven, j’ai peur de ne pas vous suivre et s’il y a bien une chose dont j’ai horreur c’est de tourner autour du pot.
L’agent lui sourit de manière charmeuse mais Lara se sentait nerveuse et tendue, cette situation l’agaçait et elle avait un mauvais pressentiment. L’agent alla à nouveau fouiner dans une de ses poches pour en sortir un sachet en plastique semblant contenir quelque chose. Son sourire ne cessait de gagner ses lèvres, il était terriblement beau mais un soupçon de sadisme enflamma son visage lorsqu’il rapprocha le sachet du visage de Lara.
- Et ça, ça ne vous dis toujours rien ?!
La jeune femme empoigna le sac dans un mouvement de ralentit qui traduit sa stupeur. Elle observa longuement l’objet d’un air pensif, n’arrivant pas à croire ce qui se trouvait dans le sachet. Jetant un rapide regard en direction de l’agent, elle demanda sans mots si elle pouvait ouvrir le sac, celui-ci acquiesça d’un mouvement de tête.
Un pendentif en or glissa dans la paume de l’aventurière, un bijou ayant la capacité de s’ouvrir pour protéger des petites photos soigneusement glissées à l’intérieur. La jeune femme ouvrit le pendentif et resta alors muette de stupeur face à la révélation.
- Se sont vos parents n’est ce pas ? et ce pendentif vous appartient ?!
- Oui, c’est à moi, bafouilla l’aventurière sans lever les yeux.
- L’heureux hasard est que nous l’avons retrouvé juste à côté du corps de cet homme, dans sa chambre à Londres.
- C’est une plaisanterie j’espère ?!! haussa-t-elle alors le ton en le dévisageant.
La tension doubla en quelques secondes lorsqu’un son familier éclata dans l’hélico. Un bruit furtif dans le boucan de l’appareil, mais que Lara connaissait assez bien pour le reconnaître dans le fracas assourdissant. L’agent, toujours ce sourire si beau aux lèvres pointait un pistolet menaçant direction plein ventre de la jeune femme, celle-ci se figeant comme une statue de résine face à la situation, les yeux grands ouverts sur l’horreur.
- Restez calme Miss Croft, car je pense que vous ne ferez qu’empirer votre situation.
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MessagePosté le: Mer 17 Oct 2007, 18:57    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 2

- WINSTONNNNNNNNNNNNNNNN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Le hurlement résonna comme un son de cloche dans tout le manoir silencieux. Une véritable sirène d’alarme à en crever les tympans. Le vieil homme en fut tellement surpris qu’il décollât de plusieurs centimètres du sol dans un sursaut épouvantable, au point que le vase qu’il était en train de nettoyer avec minutie lui glissa des mains. Dans un mouvement de panique totale il se plia en avant et le rattrapa dans ses bras, restant figé dans sa position, le temps que son cœur reprenne un rythme de tension plus sécurisant pour une personne de son âge. Il déposa ensuite le vase sur son socle et se précipita dans l’escalier. Lady Croft venait de rentrer et elle ne semblait point d’humeur gracieuse.
- Miss Croft que vous arrive-t-il ?! vous m’avez fait une peur bleue, dit-il en s’appuyant à la rambarde.
Il baissa les yeux vers le rez-de-chaussée et à sa grande surprise, Lara n’était pas seule, même en très charmante compagnie à la vu du bel homme qui se tenait à ses côtés, très fière allure. Le vieil homme en fut tout retourné de rencontrer une personne aussi soignée, lui ayant généralement pour habitude de croiser des cambrioleurs, voyous, bandits, pilleurs et autres personnes peu fréquentables.
- Winston veuillez servir une boisson rafraichissante à Mr. Heaven du F-B-I ! ordonna Lara d’une voix insolante en foudroyant l’agent du regard.
Le majordome palpa de suite l’ambiance et s’exécuta sans broncher. Lara se trouvait être de forte méchante humeur, peut être même pire que ça. Néanmoins il comprit que ce Heaven avec qui il s’était entretenu récemment au téléphone avait bien trouvé sa Lady.
- Vôtre demeure est splendide. Digne d’une grande Lady anglaise. Elle ne fait qu’égaler votre propre beauté Miss Croft, sourit Heaven en observant les alentours.
- Je vous remercie pour ce charmant compliment hypocrite Mr. Heaven.
- Mais je vous en prie. Et il n’est de plus nullement hypocrite.
L’aventurière se sentait bouillir de l’intérieur. Elle détestait la situation actuelle. Tournant les talons elle se dirigea vers le petit salon en faisant un bref signe à l’agent de la suivre. Elle ouvrit la porte qui claqua contre le mur, largua son sac à dos au pied du fauteuil en cuir et se vautra dans celui-ci en poussant un énorme soupir. Fermant les yeux, se tenant la tête de ses doigts, elle tendit les jambes pour les appuyer sur la table basse qui séparait les fauteuils et le canapé sur lequel s’assit l’agent.
- Vous m’avez l’air bien maussade Miss Croft, sourit-il en posant les dossiers sur la table basse. Pourriez-vous ôter les pieds de la table s’il vous plait ?! afin que nous puissions travailler dans de bonnes conditions ?!
L’aventurière se redressa en le transperçant de ses yeux haineux. Dans une synchronisation parfaite elle claqua ses pieds au sol dans un chuintement étouffé par la moquette. Winston déboucha dans la pièce quelques secondes après, un plateau dans les mains qu’il desservit sur la table basse. Il s’éclipsa alors aussitôt en refermant la porte derrière lui.
- Miss Croft où étiez vous le Mercredi 14 Mai entre vingt heures et minuit ?
- C’était il y a trois jours. Je me trouvais au Nouveau-Mexique en train d’explorer un temple sous-terrain.
- Qui peut le confirmer ?
- Winston s’avait où j’étais.
- Un témoignage bien maigre par rapport aux degrés de l’accusation.
- Regrettable.
- Un billet d’avion ?
- Non. J’ai pris mon yacht privé pour m’offrir quelques « vacances ». D’ailleurs il est toujours là-bas avec ma moto plantée en plein désert.
- Ne vous inquiétez pas pour ces détails matériels. J’ai pris des initiatives.
- Charmant.
- Donc vous n’avez pas d’alibi et on retrouve votre pendentif et vos empreintes partout sur le lieu du crime.
- Que voulez vous, parfois il se passe des choses bizarres.
- Une scène d’amour qui aurait mal tourné ? sourit-il d’un air pervers.
- Mr. Heaven, Lara s’avança et colla ses doigts les uns sur les autres La dernière personne qui m’a provoqué comme vous le faite actuellement est passée de vie à trépas dans un lapse de temps digne du livre des records. Votre corps ne sera jamais retrouvé, sourit-elle de manière semblable.
- Vous me sous-estimez ?! Ou vous vous surestimez Miss Croft ?
Lara se redressa doucement. Le regard d’Heaven était d’un tel charme et d’une telle assurance qu’il en venait à la déstabiliser. Par contre lui, ne frémissait pas d’un pouce à l’attitude de la jeune femme. Lara se calma un peu, tentant de résonner en professionnelle.
- Je vous propose un marché, reprit Heaven, vous m’aidez à trouver l’origine de ce signe et le meurtrier, si ce n’est pas vous bien-sûr, et je ferais mon possible pour vous laver de toutes accusations.
- Je n’appelle pas ça un marché mais du chantage.
- Appelez ça comme vous le désirez, cependant vous êtes entraînée sur un terrain qui pourrait vous couter la prison à vie - il se leva du canapé - ce n’est pas le premier meurtre que nous avons sur les bras, je vous laisse les dossiers, pour vos lectures de nuit.
- Trop aimable et je vous contacte comment ?
Heaven ouvrit son portefeuille pour en extraire une carte de visite qu’il tandis à Lara du bout des doigts.
- J’ai actuellement une chambre à Londres, nous pourrons ainsi facilement rester en contacts. La jeune femme saisie la carte et la jeta sur la table basse sans y prêter un regard.
- Laissez moi vous raccompagner, je n’aimerais pas qu’il vous arrive un accident sur le chemin du retour, ironisa-t-elle d’un sourire au coin.
L’aventurière le dépassa afin de le guider jusqu’à la porte d’entrée, les points serrés, ses talons claquant sur le carrelage du grand hall. Elle sentait le regard brulant d’Heaven dans son dos, ce qui lui procurait un frisson exécrable de gêne. Il était un homme au charisme paroxystique, mais aussi saisissable qu’un bloc de marbre. Lara savait qu’elle ne pourrait pas le manipuler facilement, voir pas du tout.
- Ce fut un plaisir Miss Croft, j’espère à très bientôt, sourit-il en remettant ses lunettes de Soleil.
- Je n’espère pas et tout le plaisir était pour vous !
Puis elle lui claqua la porte au nez.

Heaven resta un instant statique, toujours en souriant en observant la porte maintenant close. Puis il pivota sur lui-même et débuta paisiblement sa marche sur le chemin de gravier, observant le paysage autour de lui. Bien que la caméra placée juste au dessus de la grande porte d’entrée crevait de suite les yeux, celle soigneusement dissimulée dans un des pommiers du jardin et peinte d’une couleur naturelle, elle, l’était beaucoup moins.
La grande fontaine brillait au Soleil, offrant au poisson qu’elle représentait comme du mouvement avec les reflets de l’eau. Les yeux de la statue pétillaient comme deux perles, en particulier l’œil gauche de la bête plus sombre que son jumeau, ressemblant plus à l’objectif d’un appareil photo mitraillant en permanence tous mouvements. Le fait de réussir si facilement à déceler toutes ces subtilités d’appareils de surveillances lui fit dégager un sourire en coin amusé et satisfait. Il enfoui les mains dans ses poches et en sortit ses clés de voiture, actionnant le bip qui déverrouilla les portières de la Mercédès noire garée à l’entrée.
Lara le regarda partir de la fenêtre, coléreuse et désappointée, elle poussa un grognement et se retourna en serrant les points.
- Miss Croft est-ce que vous désirez quelque chose ? demanda Winston d’une voix intimidée en débouchant dans le hall.
- Oui, un thé. Non. Un bécher de thé et de l’aspirine !
Le vieil homme acquiesça sans commentaire et disparut rapidement dans la cuisine.
Montant les marches de l'escalier deux par deux, l’aventurière courut jusqu’à sa bibliothèque, le dossier d’Heaven sous le bras gauche. Elle largua la pile de papier sur le bureau, alluma la lampe et se vautra sur la chaise en enfonçant sa tête dans ses mains. Le majordome arriva une minute après avec le thé qu’il lui servit calmement.
- Merci Winston. Et je suis désolée pour mon attitude de tout à l’heure.
- Ce n’est rien Miss. Je sais que ça ne me regarde pas, mais que vous voulait cet homme ?
- Des ennuis, je suis accusée de meurtre sur une affaire étrange.
- Me voilà rassuré, je pensais que c’était quelque chose de grave !
La jeune femme rit à la remarque et but une gorgé de thé. Le goût délicat du liquide dans la bouche lui redonna sa bonne humeur.
- Il est délicieux, merci. Je risque de travailler tard ce soir. Ne me dérangez pas. Sauf si la maison s’écroule.
- Très bien Miss, puis il quitta la pièce.
Lara inspira une grande bouffée d’air en s’appuyant sur la chaise. Elle ferma les yeux pour se détendre complètement, tentant d’évacuer au maximum son stress, sachant qu’elle n’arrivait pas à se concentrer lorsqu’elle était en colère. Une fois sa première tasse de thé achevée elle s’en resservie une nouvelle puis se plongea dans la lecture du dossier.

Plusieurs heures plus tard, le bécher était vide, le sachet d’aspirine également et Lara n’avait pas du tout avancé. Elle soupira en jetant à nouveau un œil sur les photos des huit meurtres alignées sur le bureau. A chaque fois il s’agissait de la mort d’un homme ou d’une femme, précisément cinq hommes et trois femmes, attachés dans un lit par les poignets et les chevilles, le tatouage étrange saignant sur leur dos et inondant les draps de sang. D’après les rapports du médecin légiste qui avait analysé les cadavres, les victimes avait d’abords été « tatouées » minutieusement alors qu’elles étaient attachées et vivantes avant d’être sauvagement égorgée, c’était vraiment sordide. De plus dans chaque pièce du meurtre, sur l’un des murs on avait tagué les inscriptions à l’aide du sang. L’aventurière avait tenté de les déchiffrer mais n’avaient rien trouvé qui puisse l’aider, le vide absolu. Six meurtres sur huit avaient été commis aux Etats-Unis, d’où l’implication du FBI, la criminelle n’ayant pas trouvé de solution. Le septième meurtre avait eu lieu en France et le dernier à Londres, aucune information n’ayant été divulguée aux médias.
Rien ne semblaient lier les victimes, pas de rapport familial ou professionnel et les distances qui séparaient les meurtres s’élevaient à des centaines, voir milliers de kilomètres.
Le pendentif de Lara avait en effet été trouvé dans la chambre du dernier assassina. Plus précisément dans la main de la victime. Lara avait de suite conclu à un stupide coup monté et elle était persuadée qu’Heaven devait tirer les mêmes conclusions. Mais peut importait. Les preuves était belles et bien irréfutables.
La jeune femme se leva doucement et jeta un œil à l’horloge indiquant trois heures du matin. Elle n’avait pas vue le temps passer et ne ressentait pas la moindre fatigue, trop préoccupée par cette histoire. Soupirant à nouveau en se massant la nuque, elle resta statique au milieu de la bibliothèque, ne sachant que faire, en manque d’idée. Ses yeux se posèrent sur le bureau où reposait la carte de Roy Heaven. Elle émit alors un léger sourire sadique et se munit du morceau de papier et du téléphone incrusté dans un mur prêt de la fenêtre. Continuant de sourire avec perversité elle composa un numéro de portable inscrit sur la carte et plaça le combiné à son oreille. Au bout de quelques longues sonneries on décrocha.
- Allô, répondit une voix masculine fatiguée.
- Monsieur Heaven, c’est Lady Croft. Pardonnez-moi je vous réveille ?
- Ah Miss Croft ! Nous ne sommes pas tous des animaux nocturnes, en effet je dormais et vous votre enquête avance ?!
- Non. Je viens de terminer la lecture du dossier, plusieurs fois même et je n’ai pas du tout avancé.
- Et vous m’appelez à trois heures du matin uniquement pour me dire ça ?!
- Oui, c’était juste pour le plaisir de vous réveiller.
- Avec votre attitude, je pourrai presque rajouter « outrage à agent » à vôtre dossier.
- Au point où j’en suis…
Soudainement un petit bip retentit jusqu’à l’oreille de Lara qui dirigea de suite son regard vers le son. Un bouton rouge clignotait au mur, signe que le système d’alarme venait d’être enclenché au rez-de-chaussée. Lara fronça les sourcils et soudainement les vitres de la bibliothèque explosèrent dans une éruption de morceaux de verres alors que trois hommes débarquèrent dans la pièce, vêtus entièrement de noir, armés de fusils automatiques.
- Qu’est ce que c’est que ce boucan chez vous ?! demanda l’agent surpris, il y a une fête ?!
- Oui et elle ne fait que commencer…excusez-moi mais je vous rappelle.
- Au plaisir, ils raccrochèrent en même temps.
Le trio de mercenaires encercla la jeune femme en quelques secondes, menaçant Lara de leur arme. Pourtant l’aventurière ne sembla pas s’alarmer et posa les mains sur ses hanches.
- Et bien, c’est vraiment la journée des casse-pieds aujourd’hui.
Malgré son attitude insolente et provocatrice afin de déstabiliser ses adversaires, Lara savait qu’elle se trouvait dans une position très inconfortable, même mortelle. Ces trois gus pouvaient ouvrir le feu à n’importe quel moment et ils n’attendaient qu’une opportunité pour cela : que Lara face le moindre fragment de mouvement. La jeune femme resta donc de marbre et commença à réfléchir. Cette attitude exposait au moins quelque chose de clair, si leur objectif principal n’était pas de la tuer, sinon ils l’auraient déjà fait, c’était de la voler. Brutalement le sol se mit à trembler de façon violente et les mercenaires en perdirent l’équilibre, tremblant de tous leurs membres, Lara, elle, ne laissa pas passer cette chance. Elle bondit en avant dans un saut d’une grâce sublime vers le mercenaire positionné juste devant elle. Passant ses jambes sur les épaules de l’homme, celui-ci se retrouva la tête entre les cuisses de Lara. Elle se jeta alors en arrière, plaqua ses mains au sol comme pour effectuer un poirier et plia ses jambes pour lui briser le cou au sol dans un horrible craquement de cervical.
- Mourir comme ça c’est le rêve de tous les hommes non ?! ironisa-elle en se relevant.
Les tremblements cessèrent soudainement et les deux hommes restant, abasourdis par la stupeur d’avoir perdu leur camarade aussi rapidement, commencèrent à tirer sans vraiment prendre la peine de viser. Lara roula au sol pour esquiver les balles qui lacérèrent le parquet dans un rugissement assourdissant et une éruption d’échardes. Collée à son bureau elle patienta calmement que les deux ahuris vident leur chargeur. Une fois le calme revenu elle bondit de sa cachette et assomma le premier garde d’un coup de pied retourné en pleine tête. Celui-ci tomba en gémissant. Le deuxième le suivit dans une position semblable suite à un nouveau coup, dans un son étouffé de la chute d’un corps.
Débarrassée des trois parasites, Lara ramassa le fusil du premier mercenaire mort et s’en arma sans tarder.
- Miss Croft ?! vous m’entendez ?!
La voix peu rassurée provenait d’un micro incrusté dans le mur derrière l’aventurière. Celle-ci se retourna, repositionna le fusil automatique dans son dos avant d’actionner le système de communication secret permettant de communiquer avec son majordome.
- Oui Winston je vous entends, vous allez bien ?!
- Oui sans soucis. Je suis désolé de vous importuner dans votre travail, mais la maison est bel et bien en train de s’écrouler.
- Vous ne me dérangez pas Winston, en fait j’avais déjà remarqué.
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MessagePosté le: Dim 11 Nov 2007, 14:23    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 3


Illustration par Lithana

La jeune femme coupa la communication discrètement. Personne n’avait resurgi dans la bibliothèque et Winston se cachait dans une salle secrète accessible par sa chambre. Jusque là tout ce passait bien – pour rester dans l’optimiste bien sûr.
Lara enjamba les trois corps des mercenaires maitrisés et se dirigea vers la sortie de la bibliothèque. Collée au mur, la jeune femme jeta un coup œil furtif dans le couloir afin de vérifier que tout était bien dégagé. Un bazar immonde régnait dans le manoir. La porte d’entrée avait totalement explosé et le sol était recouvert de morceaux de verre, de pierres et de cartouches vides. Certains objets de « décoration » qui valaient plusieurs milliers, voir millions d’Euros et de cicatrices avaient été totalement anéantis. Lara sentit la colère la faire bouillir à nouveau. Elle inspira fortement une bouffée d’air, sentant l’air infiltrer ses poumons avec violence et rage.
Un garde surveillait le haut des escaliers, allant à petits pas par un chemin répétitif rapidement mémorisable. Lara attendit qu’il lui tourne le dos, se plia légèrement en avant, avança à petits pas étouffés par les épais tapis dans une position de discrétion parfaite et se rapprocha du mercenaire. En quelques secondes elle arriva dans le dos de son ennemi et plaqua le canon de l’arme contre sa nuque. Sentant de suite le point de pression, l’homme stoppa net et leva ses mains jusqu’à sa tête.
- Si tu fais un geste je te tue, menaça-t-elle en murmurant, combien êtes-vous et que voulez vous ?
L’homme ne répondit rien, les bras toujours levés, le regard fixe droit devant lui.
- Je vois, encore l’un de ces hommes à la fidélité inébranlable...
Brutalement et coléreuse elle lui offrit un coup de crosse sur la nuque, l’homme s’écroula, assommé sur le coup. La jeune femme ne lui adressa pas un regard de plus, l’enjamba et couru jusqu’à sa chambre. Plus le temps de paresser, il fallait se hâter. La porte de la pièce était grande ouverte alors qu’une épaisse fumée grise s’infiltrait dans le hall. Lara avait un mauvais pressentiment qui la fit accélérer sa course. La pièce était vide mais empestait le feu et le bois brulé. Plongée dans une épaisse fumée opaque, la jeune femme s’arrêta net, choquée par le changement soudain de température. Fonçant dans la brume, retenant sa respiration pour ne pas suffoquer, elle contourna son lit pour se rapprocher de sa salle d’armes. La porte se rependait au sol en milles morceaux et, totalement carbonisée, la salle n’était plus qu’un four complètement fondu, anéanti.
- Merde ! pouffa-t-elle en pénétrant dans la petite pièce.
Fusils, armes blanches, accessoires, tout avait explosé, brulé. Plus rien ne pouvait servir, transformé en tas visqueux de matière noirâtre et collante. Les grandes fenêtres de la chambre étaient également étalées un peu partout dans la pièce, brisée, faisant pénétrer l’air froid de la nuit extérieur. Lara jeta la mitraillette à terre et se dirigea vers son lit. D’un mouvement rageur elle enfouit ses deux mains sous les épais oreillers et en sortie ses deux 9mm. Elle poussa le matelas et récupéra une ceinture de cartouches dont elle s’équipa sans attendre. Pivotant brutalement elle entendit une masse de verre se briser sous ses pieds. Après quelques pas pour dégager l’objet qu’elle venait de piétiner, Lara posa ses yeux au sol pour prendre connaissance de sur quoi elle venait de marcher. Doucement elle saisit l’objet. Il s’agissait d’un petit cadre en bois contenant une photo. Elle resta sans bouger à contempler sa douleur. L’une des seules photos qu’elle possédait de ses parents avait brulé comme tout le reste. Les visages étaient maintenant déformés, hideux et méconnaissables.
Lentement, la jeune femme replaça la photo à sa place sur la petite table de nuit. Puis elle pivota sur elle-même et courut à en perdre haleine. Prête à dégommer n’importe qui se trouvant sur son passage, sans la moindre pitié. Elle bondit hors de sa chambre.

Après avoir quitté la pièce, la jeune femme sauta par-dessus la balustrade afin d’atterrir au rez-de-chaussée. Elle remarqua de suite en contre bas des gardes qui levèrent la tête vers elle. Exécutant un sublime saut de l’ange, l’aventurière les cribla de balles durant sa phase de vole. Ils n’eurent même pas la moindre chance de riposter et tombèrent en gémissant sur le paquet glacial. Lara atterrit en pliant les jambes afin d’amoindrir sa réception et de suite elle reprit sa course folle. Direction la salle du trésor dont la porte était grande ouverte, encore une fois complètement défoncée par des explosifs.
Dévalant les escaliers d’une rapidité exemplaire, la jeune femme déboucha vite dans sa salle secrète.
Un immense aquarium d’un bleu turquoise envoutant entourait toute la pièce, l’embellissant de lumière de part les gigantesques plafonniers dont la lueur se reflétait sur l’eau cristalline. Des étagères emplies de livres rares formaient un couloir jusqu’au fond de la salle emplie des trésors que Lara jugeait les plus précieux ou les plus dangereux.
A bout de souffle, stoppant quelques secondes afin de reprendre sa respiration, la jeune femme balaya la salle du regard, stoppant de suite au fond de celle-ci où un individu vêtu d’un grand manteau noir et d’une capuche observait un artefact posé sous une vitrine de verre.
Mais quelque chose d’encore plus préoccupant – dû certainement à un hasard sans borne – fit redoubler l’aventurière de précaution. En effet dans le dos du pilleur, inscrit sur son manteau de cuir noir, un symbole d’un rouge sanglant, identique à celui des photographies des meurtres, représentant un œil, illuminait l’obscurité du vêtement. Pure coïncidence ?! Lara n’en croyait pas un mot. Doucement elle avança à petits pas discrets, un 9mm pointés direction pleine tête de son adversaire n’ayant, semblait-il, toujours pas remarqué sa présence. Elle le vit se saisir de l’artefact, mais ne pouvait toujours pas remarquer véritablement de quoi il s’agissait. D’après ses souvenirs il s'agissait d’une coupe sublime incrustée de pierres rouges que la jeune femme avait récupéré dans un temple. Mais elle n’avait pas le temps de réfléchir à ça maintenant.
Doucement, l’individu pivota sur lui-même afin de faire demi-tour. Mais il stoppa net lorsqu’il remarqua la présence de la jeune femme. Elle était statique sur ses jambes dans une position offensive parfaite. Fière d’elle, l’aventurière sourit en haussant les sourcils par provocation. Elle possédait maintenant le contrôle totale de la situation.
- Surpris, pas vrai ?! ironisa-t-elle méprisante.
Ne pouvant distinguer le visage de l’inconnu dissimulé par sa capuche, elle lui fit signe de son 9mm d’avancer. Il s’exécuta sans un mot, les talons de ses chaussures claquant en résonnance sur le parquet, seul son dans cette mer de silence oppressante.
- Enlève ça ! ordonna Lara d’une voix sévère.
La coupe dans la main gauche, l’individu leva sa main droite afin d’enlever sa capuche. Doucement il laissa apparaître une chevelure rousse coiffée en pétard explosé, ainsi qu’une peau pale paraissant presque blanche sous l’intensité de la lumière. Ses yeux marrons étaient maquillés de crayon, ce qui lui offrait un regard sombre, machiavélique, qui couplé à son sourire d’un charme démoniaque le rendait particulière charismatique. Deux petites goutes peintes sous ses yeux poursuivaient son maquillage. Il paraissait relativement jeune – peut-être entre vingt et vingt-deux ans environ. Le jeune homme continua de sourire avec insolence à la jeune femme se retrouvant quelque peu déstabilisée. Elle ne s’attendait pas à ça. Le manteau noir que portait l’individu le moulait comme une seconde peau. En fait, il était entièrement vêtu de cette couleur, allant de ses gants jusqu’à ses bottes, ce qui l’affinait et le rendait plus grand vue de loin. Lara resserra sa poigne autour de son 9mm, comme pour se donner du courage, comme si elle craignait de le lâcher. L’individu n’avait toujours pas dit un mot, continuant de sourire en dévisageant la jeune femme avec insolence et assurance. Il semblait parfaitement serein et calme et Lara était exaspérée par une telle attitude.
- A qui ai-je l’honneur ?! demanda la jeune femme froidement.
- Les gardes n’ont pas l’air de t’avoir causé beaucoup de soucis, enfin je n’en attendais pas moins de la grande Lara Croft.
- En effet ils étaient pitoyables.
- C’est pour ça que je n’aime pas travailler avec des gens qui n’ont aucune expérience du terrain, continua-t-il en faisant quelques pas.
Lara recula.
- Hé, reste où tu es, ou je te vide mon chargeur en pleine tête.
- Courageuse. Inconsciente, mais courageuse.
- Tu ne m’as toujours pas répondu.
- Tu te trouves entre moi et la sortie, Croft.
- Ca te pose un problème ?
- Moi ?! non du tout. Mais pour toi ça risque d’être un problème si tu ne fais pas place rapidement.
- Courageux. Inconscient, mais courageux, le nargua-elle. Bon j’ai plein de questions à te poser. Le signe dans ton dos est directement lié à une affaire dans laquelle je suis embrigadée alors que je n’en ai strictement aucun lien. C’est toi qui as tué ces huit individus ?!
Il commença à avancer doucement, mais Lara ne bougea pas, continuant de le viser à la tête.
- Va savoir, répondit-il en souriant toujours.
- Écoute, bichon, je te conseille de ne pas me résister. Je sais me montrer très persuasive et je n’aimerai pas avoir à te montrer mon « côté obscure ».
Ils furent alors très proche l’un de l’autre. L’inconnu stoppant tandis que le canon du 9mm pressait pile au centre de son front. Plus grand que Lara, il devait la dépasser d’une tête environ, mais de maigre carrure, n’était pas si impressionnant physiquement malgré son charisme. S’observant profondément comme s’ils pouvaient chacun lire dans l’âme de l’autre, les deux ennemis se dévisagèrent sans un mot durant de longues secondes.
Lara ne doutait pas de ses capacités mais se sentait écrasé par le charisme de ce jeune homme. Ses yeux d’un marron sombre semblaient pourtant dégager une faible lueur. Une lueur d’un orange vif, brillant comme des flammes, des flammes sadiques pleine d’assurance. La jeune femme ressentait une détermination et une force terrible dans ce regard. Elle en eu presque des frissons. Afin de se donner de l’assurance, l’aventurière pressa de plus belle son 9mm sur le front du pilleur.
- Que représente ce signe dans ton dos ?! reprit-elle menaçante.
- Tu es trop curieuse Croft.
- Répond à mes questions! Je commence à me lasser ! Est-ce toi qui a tué ses pauvres types ?
- Si c’était le cas, tu ferais quoi ?
- Je te flanquerai une bonne correction, petit con !
Soudainement, Lara écarquilla de grands yeux de par la douleur immonde qu’elle venait de recevoir. Elle fut projetée en arrière avec une violence inouïe et alla se fracasser contre l’une des étagères dans un horrible son de chaire et d’os éclatés. Tombant au sol dans un bruit étouffé, recouverte d’ouvrages qu’elle avait entraîné dans sa chute, la jeune femme porta une main à son ventre en gémissant de douleur. La respiration coupée, elle trembla de tous ses membres alors qu’une sueur glacée commença à l’inonder.
- C’est ça, je suis impatient de subir ta correction, la nargua-t-il sauvagement.
Serrant les points, maintenant plongée dans une colère immense, Lara ramassa son 9mm tombé à terre et bondit sur ses pieds. Groggy mais tellement déterminée que son esprit surpassait son physique, elle s’efforça de reprendre son corps en main et d’oublier sa douleur. Elle dégaina son second 9mm et menaça le corps du jeune homme en allant se replacer face à lui, le regard empli de haine, de sauvagerie et de vengeance.
- Hé hé... deux ? ricana-t-il en rangeant la coupe sous son manteau.
Soudainement, il pencha la tête en avant et tandit ses bras à l’horizontal. Lara fut effarée et ses yeux s’exorbitèrent alors. Les mains de l’inconnu commencèrent à être encerclées de flammes tournoyantes autour de ses poignets à une vitesse délirante. Des flammes d’une lueur aveuglante se condensèrent autour de ses mains avant d’exploser en un jet de lumière. Grâve à une magie inimaginable dans ce monde, l’inconnu fut armé de ce qui pouvait être décrit comme deux cercles munis de pointes acérées. Deux diamètres dans chacun des cercles se croisaient en formant une croix au centre grâce à laquelle il pouvait tenir ses deux armes peintes dans des teintes blanches et oranges. Lara n’avait jamais rien vue de tel. Il releva alors la tête, souriant avec haine, sévérité et insolence. La jeune femme sentait la situation lui échapper avec violence et perdit de suite sa détermination.
- Je vais te faire gouter – il jeta alors un bras en arrière – AUX FLAMMES DE L’ENFER !!! hurla-t-il en relançant son bras en avant.
Lara porta ses bras à son visage par reflexe de protection. Le sol se mit alors à dégager une chaleur horrible et une odeur de souffre suffocante. Transformé en un terrain de lave, il semblait pourtant inoffensif, comme une illusion. Alors une arène de flamme entoura les deux adversaires. Prise dans une chaleur intenable et une lumière aveuglante, Lara en eu la vue et le souffle coupés tellement le choc de température lui broyait le corps. Elle toussa et eu l’impression de suffoquer. La danse des flammes autour d’elle et le son qui s’en dégageait lui donnait le vertige. Prise au dépourvu, elle ne vit pas l’inconnu se jeter sur elle avec une violence et une rapidité hors du commun qui la dépassèrent totalement. Il lui offrit un coup circulaire qui la propulsa en l’air à la verticale alors qu’un jet de flamme explosa de l’arme du jeune homme. La peau de Lara fut brûlée. Cet inconnu pouvait créer et contrôler le feu ?!
L’aventurière suffoqua, prise dans une chaleur impossible, dégoulinante de sueur, dans un état de transe complètement déstabilisant tellement la tension du combat avait bouleversé son âme. A peine fut-elle réceptionnée sur ses jambes qu'elle fut alors ruée de coups. Prise dans les flammes la jeune femme ne pu réagir, se contentant de subir les attaques dévastatrices. Elle gémit de par la douleur, sans qu’aucune partie de son corps ne soit épargnée par la chaleur des flammes. Mais prise par son immortelle volonté de vivre, elle serra les points, tourna sur elle-même, se jeta vers le sol en propulsant une de ses jambes en l’air et offrit au jeune homme un majestueux coup de pied dans la tête qui le fit stopper net. Elle enchaîna alors une série de pirouettes arrières et bondit sur ses pieds pour se remettre debout. Respirant la bouche grande ouverte, son corps dégoulinait de sueur, ses vêtements la moulaient au possible, laissant toutes ses formes ressortir au grand jour, la rendant terriblement sexy. Elle sourit alors avec perversité, il lui rendit son sourire de la même manière. Mais soudainement une plaie profonde apparut au niveau de l’épaule de l’aventurière dans un jet de sang, ouverte par la force des acrobaties et des coups précédents. Lara poussa un hurlement de douleur en portant une main à sa plaie.
- C’est la première fois que tu es coupée et brulée en même temps je parie ?!
- En effet, mais il faut bien une première fois.
- T’en redemande ?!
Lara – à bout de force et de bonne humeur – tandit subitement les bras en avant et pressa la détente de ses 9mm qui hurlèrent en déferlant une avalanche de balles. Le tonnerre des coups de feu résonna dans toute la salle malgré le crépitement intense des flammes géantes et les balles chargèrent vers le corps chétif du jeune homme. Alors avec une rapidité inouïe il leva les bras au ciel et tourna sur lui-même. Son corps fut encerclé de flammes titanesques qui semblèrent l’absorber telle la gueule béante d’un dragon surgissant du sol. Les balles transpercèrent le vide en passant à travers le mur de feu sans toucher personne. Il venait de disparaître. Laissant la jeune femme seule au milieu des flammes. Lara tourna sur elle-même plusieurs fois. Le cherchant des yeux. Etourdie par l’arène de feu qui semblait se rapprocher d’elle comme la main d’un titan, ne lui laissant pas de repaire visuel.
- Je suis là…pouffa-t-il en réapparaissant subitement dans son dos.
L’aventurière se retourna à l’écoute de la voix et c’est alors que le jeune homme bondit sur elle. Il surgit du mur de flammes tel un félin enragé. L’aventurière plia légèrement les jambes et se munit de ses 9mm à pleine poigne. Alors dans un jet d’étincelles colorées les lames de l’inconnu s’entrechoquèrent avec le métal des 9mm dans une résonnance de choc de métaux. L’aventurière bloqua les attaques dans une explosion de flammes et d’étincelles avec des mouvements gracieux se jouant à quelques millimètres prêts. Lara sentit la fatigue gagner rapidement son corps. Elle devenait de plus en plus lente et de moins en moins attentive. Poussant un gémissement de part la douleur de son épaule elle ne pu contrer le dernier coup. L’inconnu lui offrit un coup de genoux dans le ventre qui fit plier la jeune femme en avant, le souffle coupé. Soudainement, il recula brutalement et jeta ses deux bras en arrière. Lara stoppa, prise au dépourvu alors qu’il leva les bras au ciel dans un mouvement qui fit surgir une éruption de flammes du sol qui propulsa à nouveau Lara dans les airs, mais cette fois-ci avec une violence nettement supérieure. La jeune femme décolla dans le feu, sentant ses vêtements brûler de même que sa peau à vif alors qu’elle poussa un hurlement de part son exacerbation. Elle ne sentait plus son corps pris dans la danse mortelle des flammes.
Les flammes disparurent dans un éclat de lumière et Lara retomba brutalement au sol dans un horrible son d’os qui se brisent. Presque inconsciente, étendue à plat ventre sur le sol glacé, elle gémit de douleur.
- Et encore j’ai été gentil, j’aurai pu te tuer...
Lara roula sur le dos presque entièrement dévêtue, en sous-vêtements, la peau recouverte de cendres et de débris qui formaient avant ses précédents vêtements. Doucement le jeune homme se rapprocha et stoppa à ses côtés, l’observant de toute sa hauteur, de tout son charisme, de sa toute force et de tout son mépris.
- Tu peux m’appeller Axel, ou encore l’Ange de feu, à toi de voir ! N’oublie pas mon nom et souviens toi de moi.
Il la dépassa et disparut dans les escaliers, Lara n’entendant plus que ses pas se dissiper au fur et à mesure dans le lointain. Mais elle dû rester étalée par terre sur le carrelage. Incapable de faire le moindre geste.

De longues minutes plus tard, péniblement, la jeune femme roula sur le ventre et tandit les bras pour se mettre à genoux et se relever. Une fois debout, elle gémit et tituba vers les escaliers pour sortir de la salle du trésor. Boitant, penchée en avant en s’appuyant contre les murs, elle réussit au bout d’un effort insoutenable à atteindre le hall. Couverts de morceaux de verre et de béton, les tapis ne se laissaient plus distinguer et le manoir ne ressemblait plus qu’à un spectacle d’apocalypse effroyable. Les murs continuaient de s’effriter, le plafond de verre avait complètement explosé et il pleuvait des bouts de verre et de plâtre. Des cadavres de mercenaires gisaient un peu partout dans des marres de sang. Ça puait le brûlé, la sueur, le souffre et la chaire calcinée. Lara était blessée, à moitié nue, sa demeure était en ruine et un artefact venait d’être volé sous son nez.
- D’accord, je ne vois pas comment ça pourrait être pire, pouffa-t-elle au milieu des débris.
Soudainement, un violent coup de tonnerre résonna dans le ciel, suivit d’un éclair qui illumina tout les environs comme un spectre furtif. La lumière des hauts lustres vacilla, formant des ombres effrayantes sur les murs en miettes avant que dans un éclair violent la lumière ne s’éteigne totalement. Les plombs sautèrent et tout le manoir fut soudainement plongé dans les ténèbres. Alors il se mit à pleuvoir une pluie glaciale en une quantité assourdissante. Le sol du salon fut vite recouvert d’eau, gorgeant les tapis du liquide, inondant les débris et les corps en une ruine engloutie, formant une bouillasse opaque et collante. Lara, trempée jusqu’au os, posa les mains sur ses hanches, le regard toujours fixé droit devant elle, vers la porte d’entrée défoncée, sentant l’eau glaciale l’inonder en pénétrant sa chaire jusqu’à frigorifier l’intérieur de ses os.
- Non. En fait, là c’est pire !
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MessagePosté le: Sam 24 Nov 2007, 19:53    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 4

Le lendemain, la jeune femme était toujours épuisée et blessée à l’épaule. Sa maison était en ruine, ainsi elle se trouvait encore de fort méchante humeur. Une pelle à la main, une brouette à leurs côtés, elle et Winston s’occupaient de nettoyer les graviers tombés dans le salon et d’éponger le sol. Une équipe d’ouvriers réparait le toit et les parties défoncées du manoir. L’aventurière soupira fortement en frappant l’ustensile au sol. L’individu sombre enjamba la porte d’entrée délabrée pour pénétrer dans le salon. Observant les alentours d’un regard abasourdi et interrogateur, Heaven stoppa devant l’aventurière, exposant un grand scepticisme sur son visage. Il posa alors ses yeux charmeurs sur la jeune femme qui s’empressa de répondre de manière isolante à sa question muette :
- Oui ce matin je me suis dis, grand ménage de printemps !
- La fête semble avoir été violente.
- Que voulez vous ?! De la bonne musique, de l’alcool et la situation vous échappe sans prévenir.
- C’est fort regrettable, vous n’avez rien de cassé ? demanda-t-il en remarquant de suite son épaule.
- Il m’en faut plus. Au fait, vous êtes venu m’apporter le thé et les croissants ?!
- Non, mieux – il exposa une enveloppe sous le nez de la jeune femme – des informations.

Ils se dirigèrent dans le petit salon en enjambant les décombres. La pièce ne paraissait pas être touchée. A vrai dire personne n’avait semblé être rentré à l’intérieur, comme si les pilleurs savaient exactement où aller hier soir. Prenant place au même endroit que lors de leur première discussion, les deux individus commencèrent à partager leurs dernières expériences.
- Alors qu’avez-vous à me dire ?! demanda Lara, impatiente.
- Le symbole tracé dans le dos des victimes... On a trouvé sa signification, du moins en quelque sorte. Cela serait lié au sacrifice et les analyses du sang retrouvé sur les murs correspondent à chaque fois à celui des victimes.
- Et vous m’avez interrompu dans mon ménage uniquement pour me donner ces infos qui relèvent de l’évidence ?!
- Miss Croft est-ce que Lux Apocalypsis vous évoque des souvenirs ?
La jeune femme se tut, sans émotion, réfléchissant longuement dans ses archives archéologiques. Mais il ne lui fallu que quelques secondes pour secouer la tête de gauche à droite en signe de négation.
- Non rien du tout.
- Nous avons comme à notre habitude fouillé minutieusement les chambres et demeures des victimes. La dernière possédait une sorte de carnet, un journal intime. Une vie ennuyeuse.
- C’est un blasphème que de lire un journal intime ! ironisa-t-elle en croisant les bras.
- Le journal en lui-même n’a aucune importance. Néanmoins il contenait une page arrachée qui ne provenait nullement du même ouvrage. Je l’ai reçu ce matin même.
Heaven sortit un sachet de plastique contenant la page en question. Il s’agissait en réalité d’un morceau de page. Il la tendit à Lara qui la saisit du bout des doigts. Il s’agissait d’une petite page jaunâtre exposant un certain âge. Elle était toute chiffonnée et de grosses taches d’encre dissimulaient parfois l’écriture. La jeune femme arrivait à lire sans sortir la page du sachet, le message était écrit en anglais, juste de quelques lignes.

J’ai alors demandé son nom à la lumière,
Elle a rit quelques secondes et me répondit :
« Lux Apocalypsis »


Lara resta septique quelques secondes en lisant ces lignes plus que mystérieuses. Le reste était totalement illisible. Le morceau semblait le bas d’une page. Ainsi on ne pouvait rien lire d’autre. Elle fronça les sourcils en se concentrant, mais rien ne lui venait de semblable à ses précédentes aventures.
- C’est étrange, reprit-elle sans détacher ses yeux de la page. « Lux Apocalypsis » signifie en latin « lumière de l’apocalypse ». Mais en ce qui me concerne je n’ai jamais rencontré de lumière possédant un don de parole.
- Moi non plus mais celui qui l’a écrit à l’air d’en avoir rencontré une. Je vous laisse ce papier. Ca pourrait certainement vous aider dans vos recherches. Maintenant parlons de vous, qu’est-ce-que vos « invités » avaient de particulier hier soir ?
- L’un contrôlait le feu et a fait jaillir des flammes dans ma salle du trésor. J’ai oublié de vous préciser que son manteau comportait le même signe que celui du dos des victimes, amusant n’est-ce-pas ?!
- Il vous a dis quelque chose ?!
- Qu’il s’appelait Axel ou « L’ange de feu », exagéra-t-elle d’une voix ironique.
- Ca n’a pas l’air d’être un agréable souvenir pour vous.
- Pas vraiment.
- Si un ange possède déjà un tel pouvoir alors quel doit être celui de Dieu…
- Je vous demande pardon ?
L’agent lui lança un regard sans émotion mais Lara ne comprit pas. Il se redressa alors et posa sa tête sur un point fermé.
- Miss Croft, qu’est ce qu’un ange ?!
L’aventurière haussa les sourcils puis répondit :
- C’est un messager, un lien entre les hommes et les dieux.
Puis, quelques secondes plus tard elle ouvrit de grands yeux, comprenant l’allusion d’Heaven.
- Vous semblez avoir compris.
- Vous êtes en train de me dire que cet Axel serait un messager ? ou du moins un sbire sous le contrôle de quelqu’un d’encore plus puissant, possédant des pouvoirs innimaginables ?!
- Ce n’est qu’une hypothèse.
- Oui mais je déteste être carbonisée et plus si infinité par les « hypothèses » …
L’agent se leva et la jeune femme en fit de même. Ils se regardèrent quelques secondes sans un mot avant que Lara ne fronce les sourcils et dise :
- Pourquoi ais-je l’impression que vous me cachez des choses M. Heaven ?!
- Moi ?! s’exclama-t-il avec surprise. Allons Miss Croft, nous sommes collègues, je n’ai rien à vous cacher, sourit-il avec charme.
Lara détacha son regard du sien sans rien ajouter de plus. Elle le raccompagna jusqu’à la sortie et l’agent quitta le manoir sous le regard méfiant de la jeune femme. Il ne lui inspirait pas plus de confiance que ça. Une aura trop mystérieuse l’entourait et l’aventurière en avait des frissons à chaque fois qu’elle croisait son regard.
- Lux Apocalypsis, murmura Lara entre les dents.
L’aventurière tourna les talons et décida d’aller prendre une douche pour se rafraichir les idées.

Une heure plus tard la jeune femme sortit de sa chambre plus ou moins ressourcée et descendit jusqu’à sa salle du trésor. Elle resta figée devant la pièce complètement nettoyée qui n’exposait plus de trace du combat d’hier soir. Les livres qui avaient brulés avait fini aux ordures comme de vulgaires déchets et l’aventurière ne pu s’empêcher de sentir des larmes lui monter aux yeux.
- Miss Croft ?! l’interpella Winston dans son dos.
La jeune femme se retourna en sursautant.
- Pardon Winston. J’étais perdue dans mes pensées.
- Je vous ai sorti vos classeurs sur le bureau.
- Ah oui merci.
Elle tourna les talons pour se diriger au premier étage. Winston avait l’habitude d’archiver tous les dossiers des aventures de Lara dans des classeurs. La jeune femme trouverait surement les infos de la relique volée hier soir par Axel dans l’un d’eux. Bien sur il y avait des tonnes de classeurs rangés dans la bibliothèque, mais comme Winston était quelqu’un de terriblement maniaque et organisé, il classait toutes les reliques par type, lieux de la salle du trésor et autres facteurs. Lara n’eu aucun mal à retrouver la page de la relique concernée.
Elle avait récupéré cette relique il y a des années dans un temple dissimulé sur une île. Ca lui était complètement sorti de l’esprit. Elle possédait toujours les coordonnées du temple et pourrait donc s’y rendre à nouveau sans problème. Le fait de posséder une bonne nouvelle lui redonna le sourire quelques instants, même si le nom de Lux Apocalypsis, imprimé sur sa rétine, lui donnait presque la nausée…

* * *


La barrière de fer émit un léger grincement strident en exécutant le mouvement circulaire qui permit son ouverture. Le jeune homme déboucha ainsi dans le cimetière silencieux. Son arrivée déclencha l’envol d’un groupe de corneilles dont des hurlements paraissant des cris d’enfants et elles décolèrent dans un nuage de plumes noires. La nuit avait tout dévoré et de sombres ténèbres enveloppaient l’église d’un manteau mortuaire qui lui donnait une aura terrifiante. Le bâtiment semblait un monstre de pierre gardant les morts et le vent dansant entre les tombes se transformait en un sifflement diabolique. L’humidité intensifiait l’odeur d’herbe et de terre tandis qu’un froid glacial pénétrait la peau comme une lame. Un endroit terrifiant.
A petits pas étouffés par l’herbe relativement haute vue le manque d’entretient, le jeune homme gravit la pente et traversa le cimetière rapidement.
Appuyée contre la grande porte de bois de l’église une jeune femme releva la tête, remarquant la présence de l’individu se rapprochant de la bâtisse silencieuse paraissant vide de vie. Posant les mains sur ses hanches, elle émit un soupire d’impatience, signe qu’elle patientait déjà depuis un laspe de temps relativement long. Elle chassa les mèches volatiles qui lui piquaient les yeux d’un mouvement de tête sur le côté. Ses longs cheveux d’un rose fushia assez foncé pouvaient paraitre violets dans l’obscurité. Coiffés en trois grosses couettes formées par des torsades circulaires importantes, ils lui donnaient une masse de cheveux imposante. Sa longue robe moulante serait son corps par des ceintures de cuir, dont les boucles en argent en forme de crâne brillaient sous les faibles lueurs de lumière.
- Tu es en retard ! cracha-t-elle avec méprit, aurais-tu eu quelques difficultés ?! sourit-elle avec une insolence venimeuse.
Il stoppa à quelques mètres d’elle, s’appuya contre une poutre de bois, fourra sa main sous son manteau et brandit la coupe avec fierté.
- Ma chère Émi, cette mission fut d’une facilité déconcertante, je me suis assez amusé.
- Et mes hommes ?!
- Tous morts.
- Des témoins ? Otages ?
- Non. Croft les a tous liquidés et j’ai rapatrié les survivants.
- Comme quoi, parfois tu peux faire les choses correctement.
Ils se sourirent dans le silence avec toute l’arrogance qu’ils possédaient. Puis, la demoiselle reprit la parole en haussant un sourcil :
- Tu as combattu Croft ?
- Je l’ai massacré. Mais c’est un adversaire intéressant.
- Massacré dans le sens où tu l’as envoyé à l’hôpital ou tu lui as fait ton numéro de flambeur à la manque en lui laissant de précieux indices ?!
- Ce n’est pas drôle si il n’y a aucune difficulté. Le portail sera ouvert largement avant qu’elle ne face le lien avec cette endroit.
- Je retire ce que j’ai dis. Axel, je constate que ton esprit primitif a encore pris le dessus ! Cette femme est une professionnelle. A cause de tes conneries on va manquer de temps !
- Qu’est ce que t’es belle quand tu te mets en colère, pouffa-t-il, insolant, pour l’envoyer paître.
- Sans blague ? Comme Eliane ?! Ou je suis ta préférée ?!
Il ne répondit pas, détachant même son regard de la jeune femme qui sourit de sa provocation.
- Trêve de plaisanterie, reprit-elle en faisant quelques pas, si Croft fouille de trop près ça va nous causer des problèmes, mais en même temps ça pourrait être utile si elle déniche ce qu’il nous faut.
Axel jeta un bref coup d’œil à Émi qui lui tournait maintenant le dos. Il croisa les bras et regarda à nouveau devant lui.
- Tu pense qu’on pourrait l’utiliser pour…?!
- Pourquoi pas, on verra ce qu’il en pense. Mais grâce à ses talents elle pourrait être le cobaye parfait !
Soudainement la jeune femme ouvrit sa main droite et un couteau de belle taille sortie de sa paume sans qu’aucune séquelle physique particulière n’apparaisse. Elle fit tourner la lame entre ses doigts avec une précision extrême avant de sourire avec sadisme.
- En tout cas « il » ne va pas être content. Entre Eliane qui s’est évaporée dans la nature et Croft qui va s’en mêler, l’ambiance risque d’être tendue. Je vais donc personnellement m’occuper de Croft !
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MessagePosté le: Sam 12 Jan 2008, 14:44    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 5


Illustration par Lithana

Cela faisait maintenant des heures que la jeune femme marchait dans la jungle. Elle transpirait tellement qu’elle avait l’impression d’être tombée dans l’eau. L’air, épais comme du sirop, l’empêchait de respirer correctement. Les moustiques, aussi gros que des rats, la harcelaient sans cesse. Un voile de poussière se soulevait du sol à chacun de ses pas, entourant ses grosses bottes pleines de terre. La jeune femme se sentait lourde et épuisée, respirant telle une bête, sentant ses poumons se remplir de poussière à chaque inspiration. C’était un voyage insupportable.
Elle jeta son sac à dos à terre et s’assit sur un énorme rocher. L’aventurière poussa un long soupire de soulagement. Fatiguée, elle décida de faire une pause. Elle saisit sa gourde et bue à grosses gorgées. L’eau descendit en filet des coins de sa bouche jusqu’à son menton, pour s’écouler en fines gouttelettes sur ses cuisses engourdies. Elle savoura la descente du liquide dans son ventre bouillant. Une fois la gourde vidée, elle sourit en fermant les yeux, profitant de ce moment de repos. Poussant un long soupir, elle se massa fortement la nuque, sentant tout son corps frissonner sous le massage réconfortant.
Elle ignorait depuis combien de temps exactement elle marchait dans la jungle. C’était une île que ses pieds avaient déjà foulée. Une terre qui ne se trouve sur aucune carte. Seule Lara connaissait l’existence de cette île et de ses dangers. Du moins, c’est ce qu’elle pensait.

D’ailleurs, en parlant de danger, un bruit se fit entendre dans les fourrés. Lara rouvrit les yeux et bondit sur ses pieds. Elle dégaina ses 9mm à une telle vitesse qu’elle menaçait déjà le vide alors que la gourde n’était même pas encore tombée au sol. Fixant la masse de végétaux juste en face, elle avança à petits pas discrets. Quelque chose faisait bouger les buissons. Plus elle se rapprochait, plus les bruissements s’intensifiaient et devenaient précis. On aurait dit le son de la chair qu’on arrache, une bête en train de dévorer quelque chose. Délicatement la jeune femme tandis un bras, toujours armé d’un 9mm et commença à pousser les feuilles dans une ultime discrétion. Une odeur monstrueuse prenait ses poumons : celle de la chair en décomposition. La jeune femme serra les dents pour s’empêcher de vomir. Jamais elle n’avait sentit une telle puanteur. Une fois les végétaux suffisamment écartés, elle pu se rendre compte d’où venait cette odeur nauséabonde. Un raptor, s’occupait de dévorer la carcasse d’un de ses congénères mort. Il plongeait sa gueule béante dans le corps trempé de sang, arrachant des bouts de chaires en grosse quantité, pour les avaler goulument.
Soudainement, il leva la tête, ayant flairé la présence de la jeune femme qui délicatement, laissa les végétaux se remettre en place. Le souffle de Lara se coupa, tous ses muscles se crispèrent. Le dinosaure tourna la tête vers elle pile au moment où les végétaux la dissimulaient complètement. Lara soupira discrètement pour reprendre sa respiration. Puis, elle commença doucement à s’éloigner.
Marchant en arrière, les 9mm braqués vers la bête maintenant silencieuse, Lara reculait doucement pour s’éloigner du monstre. Celui-ci avait cessé se repaître. Un silence étouffant pesait dans l’atmosphère oppressante et angoissante qu’offrait l’aura de la bête. Maintenant à deux ou trois mètres, Lara fit volte face brutalement pour courir dans la direction opposée. Mais, à peine eu-t-elle fait demi tour qu’elle stoppa net. Un autre raptor c’était rapproché dans son dos. Il ouvrit la gueule, laissant entendre un sifflement sadique. Ses yeux dorés transperçaient la jeune femme comme une lame. Lara avait croisé dans sa vie le regard de multiples assassins. Mais aucun regard n’était plus terrifiant, pénétrant et dément, que celui d’un vélociraptor.
- Alors voici que sonne le glas de mon jugement dernier ?! ironisa-t-elle en pliant les genoux.
L’animal se cambra, émettant un nouveau sifflement. Lara se concentra sans bouger, attentive au moindre mouvement de la bête. Le raptor bondit vers elle en poussant un hurlement strident qui résonna jusqu’au ciel. Lara poussa de toutes ses forces sur ses jambes. Elle s’élança vers les cieux, esquivant de quelques centimètres les crocs de la bête dont les mâchoires claquèrent dans le vide. Des coups de feu retentirent et le dinosaure fut troué de balles, tombant à terre dans un gémissement d’agonie. L’aventurière se réceptionna dans une roulade et sauta sur ses pieds. L’autre raptor bondit des fourrés en hurlant. Sa vitesse surpris la jeune femme. Elle n’eu que très peu de temps pour se plier sur le côté et échapper au coup de dents de la bête. Elle sentit son halène empestant la chair putride, et sa salive poisseuse imprégnée de sang dégouliner sur son bras. Se relevant brutalement, Lara lui offrit un majestueux coup de pied retourné dans la tête. La bête fut sonnée et tomba en arrière. Lara tandis le bras, s’apprêtant à tirer. Mais elle n’en eu pas le temps. Un nouveau dinosaure la percuta de plein fouet par derrière. Elle tomba en avant, roulant au côté de l’autre bête. Elle sentit la peau visqueuse et glacée de l’animal sur la sienne, lui donnant des frissons dans tout le corps. Il gesticula pour se remettre debout, alors que son camarade hurla en jetant sa tête en avant. En se remettant debout, le dinosaure tenta de croquer un morceau du corps de la jeune femme. Heureusement, elle fut plus rapide et exécuta un salto arrière, bondissant par-dessus l’animal. Elle cribla les dinosaures de balles en plein vol. Les deux bêtes s’écroulèrent au sol dans une marre de sang.
Une fois à terre, la jeune femme tandit les bras à l’horizontal et tourna sur elle-même. Balayant le paysage du regard, à l’affut de chaque bruit, du moindre mouvement futile aux alentours, elle se rendit compte qu’il n’y avait que ça. Les fourrés ne cessaient de bouger, signe que quelque chose se déplaçait rapidement dans les végétaux. Lara était totalement encerclée. Les dinosaures finirent par apparaître. Une douzaine de raptors commença à se rapprocher, resserrant le cercle dont l’aventurière incarnait le centre. Ils sifflèrent leur souffle machiavélique n’inspirant que la démence. L’aventurière se figea, balayant du regard les animaux pour ne laisser à aucun d’eux la possibilité d’attaquer sans qu’elle ne s’en rende compte. La tension venait de tripler en quelques secondes. Le cœur de Lara battait avec une force à en faire exploser sa poitrine. Elle ne pouvait pas s’échapper.

Soudainement, les animaux s’arrêtèrent. Ils levèrent la tête, commençant à gesticuler de manière inquiète. Pivotant sur eux-mêmes rapidement, laissant de petits sons aigus sortir de leur gorge comme des bruits de questionnement, ils quittèrent la jeune femme des yeux. Puis, ils firent demi-tour et foncèrent ensemble dans une direction précise, opposée à Lara. Ils ne lui portèrent plus la moindre attention.
Maintenant seule dans la jungle, l’aventurière resta immobile, les 9mm braquant le vide.
- C’est soit très bon, soit très mauvais, répliqua la jeune femme en se retournant.
Le sol se mit alors à trembler à intervalles réguliers. Des pas de géant, un titan immense se rapprochait en faisant trembler la terre. Les fourrés furent broyés en à peine une seconde dans un bruissement horrible. Puis il apparut : un T-Rex à la peau aussi dure que du cuir, luisante d’un gris pâle sous les rayons du soleil. Une bête gigantesque, aussi haute que les arbres. Ses pattes démesurées laissaient une empreinte boueuse de plusieurs centimètres de profondeur. Sa gueule immense dégoulinait du sang d’un cadavre de raptor qui dépassait de ses dents. Il posa ses petits yeux inexpressifs sur Lara. Celle-ci restait fixe pour ne pas attirer son attention.
- C’est très mauvais…
La bête jeta sa tête en arrière et avala d’une traite le corps du raptor qui s’engouffra en à peine une seconde dans sa gorge. Lara fit volte face et bondit dans une course effrénée, le monstre à ses trousses. Alors que la jeune femme faisait dix pas il en faisait deux. Elle sautait par-dessus les troncs d’arbres couchés à terre, il les écrasait. Elle poussait les végétaux de ses bras griffés, il fonçait à travers sans s’en préoccuper. Rien ne semblait pouvoir arrêter ce monstre. Lara ne savait pas où elle allait. Seul importait : courir le plus vite possible et prendre de la distance. Le sol sursautait à chaque pas du titan, l’aventurière en perdait l’équilibre et craignait à chaque fois de tomber, faisant des mouvements mal calculés, pour tenter de ne pas tomber. Elle se fatiguait à courir à cette vitesse. Son corps ne suivait pas. Ses jambes commençaient à hurler de courbatures. Elle perdait en vitesse, la bête se rapprochant. Le T-Rex se plia en avant et ouvrit grand la gueule. Lara jeta un coup d’œil derrière son épaule. Elle tomba nez à nez avec des dents plus grandes que ses mains, dégoulinantes de sang et exposant des morceaux de chaires. La gueule empestait une odeur à vomir. Alors, dans un mouvement désespéré, Lara se jeta au sol et les mâchoires claquèrent dans le vide tandis que la bête continua tout droit. La jeune femme passa entre les jambes du monstre. Elle n’attendit pas et se remit de suite debout. Le T-Rex ayant remarqué la supercherie commençait à tourner sur lui-même pour faire demi-tour. Rapidement, Lara balaya les environs du regard et s’aperçut que, si la voie du sol était désespérée, la voie des airs pouvait offrir des possibilités pour s’en sortir. La jeune femme bondit vers un immense tronc d’arbre au diamètre démentiel. L’écorce offrait de nombreuses prises et elle pu l’escalader. La bête arriva à ses côtés rapidement et leva la tête pour tenter de la dévorer. Lara envoya ses jambes sur le côté et esquiva l’attaque de justesse, gémissant sous l’effort exemplaire dont ses muscles faisaient l’objet. Les quelques secondes que le monstre mit à relancer sa tête permis à Lara d’atteindre une branche pour se remettre debout. Elle courue sur celle-ci et bondit en avant pour atteindre l’arbre d’en face. Le T-Rex fit exploser la branche d’un coup de tête, en une éruption d’échardes.
Se rattrapant du bout des doigts, l’aventurière se redressa rapidement et continua de sauter de branche en branche. L’animal à ses trousses détruisait tout sur son passage comme un gigantesque engin de chantier. Lara attrapa une liane dans un geste purement instinctif. Elle lança tout son poids en avant afin de prendre de la vitesse. La branche qu’elle visait était trop éloignée pour être atteinte avec un simple saut. Tendant le bras au maximum, elle possédait alors largement assez de vitesse pour atteindre la branche sans problème. Mais, soudainement, elle en perdit et repartit dans la direction opposée. La bête, prise dans les lianes, tirait sur la sienne et Lara se dirigeait droit vers sa gueule ouverte. Elle ouvrit de grands yeux affolés en se rendant compte de l’horreur. Aucune possibilité d’échapper à la mort, elle fonçait droit dans la gueule du monstre. Sans vraiment réfléchir, elle lâcha prise alors que les immenses mâchoires claquèrent encore le vide. Lara s’écrasa au sol plusieurs mètres en dessous. La terre et les feuilles mortes amortirent sa chute.
Epuisée, à bout de souffle, n’étant plus que douleur, Lara se remit pourtant rapidement debout pour recommencer sa course folle. Son corps semblait anesthésié par la souffrance. Seul importait : survivre et échapper à ce monstre.

Soudain, Lara se sentit tomber en avant, perdre l’équilibre. L’inclinaison du sol venait de subitement changer. L’aventurière tomba sur le dos pour commencer à glisser rapidement sur une pente pleine de boue. Battant des bras pour tenter d’agripper quelque chose, la jeune femme ne pu se retenir d’aucune manière et ne parvint pas à stopper sa descente incontrôlée. Elle poussa un hurlement par réflexe de chute alors qu’elle fut propulsée dans le vide. Puis, elle s’écrasa contre une branche d’arbre au dessus d’un gouffre. Gémissant de douleur, serrant les dents, l’aventurière resta figée sur la branche sans mouvement, presque morte. Doucement elle ouvrit les yeux et pu admirer juste au dessus d’elle la tête du T-Rex. Il la cherchait des yeux. Balayant le paysage d’un regard gourmand. Il ne pensa néanmoins pas à baisser la tête, et finit par faire demi-tour sans remarquer la jeune femme.
Lara poussa un soupir de soulagement en sentant tous ses muscles se détendre sous la fuite de pression. Elle commença à se redresser, ses os craquèrent dans un bruissement horrible et une douleur indicible qui la fit gémir.
Mais, soudainement, elle se figea. Elle perçue un nouveau son de craquement, qui ne venait pas de son corps. Elle baissa les yeux. La branche enracinée à la falaise commençait à céder et à pencher dangereusement vers le bas à cause du poids de la jeune femme.
- Ca devient lassant à force… pouffa-t-elle à bout.
La branche se brisa brutalement et Lara fut entrainée vers les profondeurs, sans parachute, sans espoir de survit.
Mais, elle percuta à nouveau quelque chose. Elle fut fouettée avec violence par des feuilles provenant sans doute d’un arbre. Elle perdit en vitesse. Lara traversa plusieurs arbres de cette manière, jusqu’à ce qu’elle finisse par plonger dans l’eau. La température glaciale du liquide lui transperça le corps et l’aventurière eut presque l’impression de pénétrer de plein fouet dans un mur. Elle serra les poings et poussa sur ses jambes pour nager. Une fois à la surface, la jeune femme inspira autant d’air qu’elle le put. Elle savoura le moment comme une boisson curative. N’attendant pas de savoir si la rivière dans laquelle elle pataugeait possédait de la vie aquatique comme des crocodiles ou des piranhas, elle se dépêcha de nager vers le bord et de se hisser sur la terre ferme.
Elle roula sur le dos, les bras et les jambes écartés. La bouche grande ouverte, les yeux fermés, elle respira calmement pour tenter de reprendre ses esprits et surtout des forces. Tout son corps pris de convulsions se contractait, lui causant d’horribles courbatures, la faisant gémir et serrer les dents de douleur.
- Parfois je me dis…que j’aurais dû continuer la danse classique.
Elle se redressa doucement, puis se mit totalement debout. Saisissant sa tresse, elle l’essora et la jeta à nouveau dans son dos.
Les mains sur les hanches, Lara balaya le paysage du regard. Elle resta quelques secondes statiques. Puis la jeune femme laissa échapper un rire avant de reprendre sa marche.
Elle passa son sac à dos devant elle et l’ouvrit. Etanche, celui-ci n’avait pas prit l’eau. La carte qu’elle avait faite se trouvait donc être en parfait état. Délicatement elle la déplia du bout des doigts et la consulta avec attention.
Sa chute avait néanmoins un avantage. D’après le plan, le temple devait se trouver non loin de son propre secteur. Se hâtant, Lara rangea la carte et se remis en marche, ses 9mm soigneusement rangés dans ses holters, au cas où.

Quelques mètres plus loin, elle déboucha dans des ruines. Des colonnes de pierres jonchaient le sol. Totalement recouvertes de végétaux, elles se noyaient complètement dans l’environnement. D’immenses statues montaient jusqu’au ciel, s’imposant comme des gardiens de pierres, aux visages effacés par le temps et la météo capricieuse. L’herbe s’élevait au moins jusqu’aux genoux et dissimulait de fourbes rochers dans lesquels Lara se prenait les pieds de temps à autre. L’aventurière monta sur l’un d’eux, plus haut que les autres, elle possédait ainsi une vue panoramique de l’environnement. Elle détacha les jumelles de sa ceinture et commença à admirer le paysage, prenant possession de celui-ci dans ses moindres détails. L’aventurière ne savait pas vraiment quoi chercher. Il lui fallait des informations. Des inscriptions. Du moins quelque chose qui lui permettrait de connaître les pouvoirs précis de l’artéfact dérobé par Axel, et son lien avec le fameux tatouage des victimes.

La jeune femme sauta du rocher dans les herbes hautes et reprit sa marche vers le cœur des ruines. Elle s’engouffra dans un tunnel. Les rayons du soleil ne passaient pas et des ombres glaciales pénétraient jusqu’au plus profond de ses os. Le froid la prit aussitôt, au point que Lara stoppa net en se serrant dans ses bras. Le changement brusque de température était vraiment violent et de la vapeur s’échappait de la bouche de la l’aventurière maintenant frigorifiée. Elle émit un frisson et se redressa pour continuer d’avancer. Il faisait affreusement sombre dans le couloir, mais des fissures dans les murs permettaient néanmoins à quelques rayons d’illuminer un peu les lieux. Ainsi, la jeune femme pouvait se déplacer sans trop de soucis. L’humidité lui donnait la chaire de poule et plus elle s’enfonçait dans le couleur, plus il faisait froid. Sa peau se couvrait d’une fine pellicule d’eau.
Au fur et à mesure de son sa progression, les murs devenaient de plus en plus lisses et travaillés, signe qu’elle s’enfonçait dans le temple.
Tous les pièges étaient désactivés et elle pouvait avancer sans le moindre mal. Pourtant, elle possédait un vague souvenir de cet endroit où elle n’avait pas pu progresser aussi facilement lors de sa première visite. Elle fit une pause et mit un genou à terre, attirée par un petit objet brillant au sol. Il s’agissait d’une cartouche de gros calibre, une arme qu’elle n’emportait pas lors de ses fouilles, car trop encombrante. Hors, le sol en était jonché ainsi que les murs. Visiblement on avait tiré sur les mécanismes des pièges, dans le but de les détruire et ça avait réussi. Mais, ça ne venait pas d’elle. Ca semblait assez récent. Quelques jours seulement. Deux ou trois, pas plus. Lara se redressa. Les pièces du puzzle ne mirent pas longtemps à se rassembler dans son esprit pour donner des réponses.
Un groupe d’individus était venus ici dans le but de récupérer le trésor. Ils étaient sortis bredouilles et après des recherches, avaient retrouvé la trace de l’objet au manoir Croft. Axel avait certainement dû venir ici.

La jeune femme poursuivit paisiblement sa marche dans le couloir. Elle s’enfonçait toujours plus profondément dans les ténèbres et le froid. Il fallait qu’elle se dépêche, ou du moins bouge un peu, sinon elle mourrait de froid dans ce trou. Au moins les pièges avaient l’avantage de réchauffer.
Elle finit par déboucher face à une gigantesque porte. Elle alluma sa torche et dirigea le rayon sur la surface de pierre. Un œil. Lara se figea, observant le symbole avec attention, elle reconnut le tatouage sur le dos des victimes, le même que sur le manteau d’Axel. Une nouvelle pièce venait de se raccrocher au puzzle.
La jeune femme leva sa main libre et effleura le symbole de ses doigts. La porte était glacée, de même que le regard de cet œil qui la fixait. L’aventurière en eut des frissons dans tout son corps. Elle avait l’impression que cet œil lisait en elle comme dans un livre ouvert.
Passant un bras derrière son dos, la jeune femme recula à petits pas et se munit d’un appareil photo numérique. Elle prit assez de distance pour pouvoir prendre le symbole en entier. Le flash explosa en lumière vive. Aveuglée, Lara du presque fermer les yeux. Le changement d’intensité lumineuse avait été brutal. Mais, elle les rouvrit alors brutalement. Elle serra l’appareil entre ses doigts au point de le briser. Une lame fit pression dans le dos de la jeune femme, la figeant sur place. Lara se haït alors de son erreur.
- Lara Croft, si tu bouges, je te tue !
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MessagePosté le: Ven 25 Jan 2008, 20:23    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 6

La jeune femme resta figée. Elle sentait tous ses muscles se crisper sous la pression de la lame dans son dos. Si elle respirait trop fort, la pointe se plantait dans sa chair. Ainsi, l’aventurière inspirait avec difficulté. Elle ne pouvait faire le moindre mouvement sans risquer d’être poignardée. Ne connaissant pas son ennemi, elle ne devait pas tenter de se dégager brutalement.
- Lara Croft si tu bouges, je te tue !
La voix résonna avec une douceur totalement opposée à la situation. C’était une voix féminine, jeune et délicate. L’aventurière conclut de suite que son ennemi devait être une jeune femme âgée d’à peine vingt ans. Lara serra les doigts sur l’appareil photo. Elle s’ordonna immédiatement de se décontracter. Montrer un signe de faiblesse ne ferait qu’empirer sa position. De plus, si cette inconnue la menaçait dans le but de la tuer, elle l’aurait déjà fait, et cela sans l’informer de sa présence. En effet, la jeune fille avait fait preuve d’une discrétion incontestable. Lara ne l’avait pas remarquée une seule seconde.
- Ne dis rien et écoute, continua l’inconnue, tu viens de pénétrer dans la fosse aux serpents. C’est une histoire bien plus folle que toutes celles que tu as pu entendre jusqu’à présent.
Lara tenta de jeter un bref coup d’œil derrière son épaule. Mais elle ne pu distinguer qu’une grande masse noire. La jeune fille était vêtue d’un long manteau noir et d’une capuche, identique au vêtement porté par Axel. Lara ne pu distinguer le visage dissimulé dans l’ombre. Néanmoins, de longues mèches blondes s’échappaient de sa capuche, descendant plus bas que sa poitrine. L’aventurière essaya également de se servir de la voix de l’inconnue pour l’identifier. Mais, ça ne lui disait rien. Elle ne devait jamais l’avoir rencontré auparavant.
- Tu es déjà prise en chasse par la lumière. Elle va te dévorer de l’intérieur et bruler ton âme. La lumière est partout, même dissimulée par l’ombre. Moi, elle m’a déjà dévorée.
- Tu parles – la lame se resserra contre Lara qui hésita en gémissant – de Lux Apocalypsis ?!
Curieusement, l’inconnue relâcha un peu sa prise et Lara soupira en sentant la pointe s’éloigner de son corps. Elle commençait à transpirer à cause du stress. Le liquide s’écoulait le long de son visage, la démangeant, augmentant son mal-être.
- Tu en sais trop Croft. Maintenant ils ne vont plus te lâcher. Je ne suis pas ton ennemie, ni ton alliée. Pas plus que je suis leur ennemie ou leur alliée à eux.
- Qui es-tu ?
- Méfie-toi de tout. Les ténèbres et la lumière ne font qu’un. Tu n’auras pas de répit, tant que l’œil sera posé sur toi.
Lara leva les yeux vers la porte. L’œil la fixait encore avec ce regard affreux, la transperçant comme une lame enfoncée loin dans son âme.
- Qu’est-ce que vous cherchez ? demanda Lara fermement.
- Arvamlabe…
L’aventurière ouvrit des yeux immenses. Un frisson remonta le long de ses organes. L’inconnue continua :
- La plus grande guerre que l’univers ai jamais connu a déjà commencé.
- Arvamlabe n’existe pas, c’est une légende absurde.
- Il ne manque plus qu’un objet pour libérer la lumière.
Lara sentit une pression sur sa hanche gauche. La jeune fille venait d’enfouir quelque chose dans sa poche. Vu le son produit, il devait s’agir d’un morceau de papier.
- Rappelle-toi Croft, je ne suis l’alliée de personne. Je veux juste éviter encore des morts inutiles.
- Des morts inutiles ? répéta l’aventurière. Tu veux parler des meurtres ?
- Tu découvriras les choses en temps et en heure. Tu es la seule personne qui puisse les arrêter. Si tu échoues, c’est le monde entier qui sera en péril. Vois au-delà, Croft.
Soudain, Lara reçut un énorme choc derrière la nuque. Ses jambes furent lourdes, se plièrent. Lara fut entraînée vers l’avant par son corps. Elle tomba dans la terre et la poussière, assommée.

* * *

La jeune femme gémit en ouvrant les yeux. Etendue au sol, elle ignorait pendant combien de temps elle était restée allongée. Au vu des rayons transperçant encore les murs, soit durant une journée, soit pendant quelques minutes seulement. Elle se redressa et quelque chose glissa le long de son corps. C’était une couverture. Lara regarda autour d’elle. Evidemment la jeune fille avait disparut sans laisser de trace. « Je ne suis pas ton ennemie, ni ton alliée. Pas plus que je suis leur ennemie ou leur alliée à eux ». Ces paroles résonnaient encore dans la tête de l’aventurière. Qui était-elle ? Et qui étaient-ils, « eux » ? Lara replaça les différentes informations dans son esprit. Alors elle bondit sur ses pieds et tata les poches de son short. Sentant le bout de papier, elle se hâta de l’extraire et le déplia avec rapidité et excitation. Il s’agissait d’une page jaunâtre aux airs de déjà vu. C’était le même style et la même écriture que la page donné par Heaven.

On ne peut pas facilement dompter la lumière,
La lumière est sauvage,
Mais on peut l’appâter.
J’ai appâté la lumière,
Mais elle m’a mordu la main.
Je lui ai récité un conte,
La lumière aime les poèmes lugubres.
J’ai trinqué avec elle le sang des élus,
La lumière aime l’alcool.
Et la lumière m’a offert son âme.
Je vis alors la lumière jaillir du néant,
J’eus alors l’impression d’exister,
La lumière vivait tel un Dieu,
J’eus alors le courage d’ouvrir les yeux,
Et je suis mort.
Le plus grand péché est de voler l’âme de quelqu’un.
La lumière m’a fait ouvrir les yeux et elle m’a dit :
« Tu seras le péché, tu seras Dieu. »


La suite se trouvait être déchirée. Lara eu un frisson. Elle se jeta à genoux et prit son sac à dos entre les mains. Rapidement elle en sortie le sachet contenant la page d’Heaven. La plaçant à la suite de la nouvelle page, elle constata que les deux morceaux s’encastraient parfaitement.

La lumière m’a fait ouvrir les yeux et elle m’a dit :
« Tu seras le péché, tu seras Dieu. »
J’ai alors demandé son nom à la lumière,
Elle rit quelques secondes et me répondit :
« Lux Apocalypsis »


Lara laissa ses bras tomber le long de son corps. Pensive et effrayée, elle observa l’œil qui continuait de la fixer de toute sa puissance. Les paroles de l’inconnue continuaient encore de se répéter dans son esprit, «Arvamlabe…».
- Ce n’est pas possible – Lara se remit debout pour marcher vers la porte – j’ai vu beaucoup de choses extraordinaires dans ma vie, mais là, ce n’est PAS possible. Arvamlabe n’existe pas ! s’exclama-t-elle à voix haute.
L’aventurière posa ses mains à plat sur la porte, plia les jambes et poussa de toutes ses forces. Elle sentit la pierre céder et la poussière tomber du plafond. Elle avança doucement et dans une éruption de force ouvrit totalement la porte, tombant en avant. Alors, elle stoppa net, aveuglée par une lumière d’une intensité brutale, surtout par le contraste avec le précédent couloir. Les mains sur ses yeux, Lara dû attendre une longue minute avant d’essayer de les rouvrir. Le choc avait été d’une telle puissance qu’elle en pleurait. Ses yeux la brûlaient, elle avait presque cru avoir perdu la vue. Heureusement, il n’en était rien et la jeune femme prit connaissance des lieux.

La salle était immense, baignant d’une chaleur presque étouffante, dans un cercle parfait entouré de murs gigantesques. Les parois, construites entièrement en matière réfléchissante, exposaient des miroirs immenses. Ils clonaient Lara en centaines de sosies.
Les rayons du soleil rebondissaient sur les miroirs, mais un jet de lumière particulier éclairait l’autel au centre de la salle. Lara se rapprocha à petit pas respectueux. Bien sûr, l’autel était vide. L’artefact avait été pillé par ses soins depuis longtemps. Mais curieusement, Lara ne possédait aucun souvenir de l’intensité lumineuse de cet endroit.
L’aventurière toucha la surface argileuse du bout des doigts. Elle frissonna quelque peu sous la sensation étrange qui émanait de la pierre. Puis, la jeune femme mit un genou à terre et inspecta l’autel : il ne comportait aucune inscription. Soudainement, elle sursauta en posant ses yeux au sol. Celui-ci était couvert de messages étranges, incompréhensibles, dans une langue que la jeune femme ne connaissait pas. Elle plongea à nouveau la main dans son sac à dos, afin dans sortir les photos des meurtres, et en particulier des murs tachés de sang. Elle soupira. Les inscriptions ensanglantées étaient strictement identiques à celles du sol, mais aucun moyen de les décrypter.
- Arvamlabe…
Lara broya les photos en se relevant.
- Foutaises !
L’aventurière leva les yeux vers le ciel. Elle dû placer ses mains en visière afin de se protéger de l’intensité lumineuse.
- Le soleil… semble briller avec plus d’éclat que d’habitude.

Lara pivota sur elle-même, distança l’autel de quelques pas, et alla inspecter plus soigneusement le reste de la salle. Les miroirs continuaient de réfléchir violement la puissance lumineuse. L’aventurière finit par sortir ses lunettes de soleil. Il faisait horriblement chaud, au point que la jeune femme commençait à transpirer et ses vêtements à s’imprégner de sueur. Il devait faire entre quarante et cinquante degrés et il valait mieux ne pas s’attarder ici, au risque de mourir sous la canicule. Vraiment, l’aventurière ne comprenait pas, comment elle avait pu oublier cet endroit, et surtout sa lumière et sa température. Pourtant, elle revoyait bien l’autel et la coupe se reformer dans sa tête. La météo n’avait certainement pas dû permettre autant de lumière lors de son premier passage.
Doucement, le regard figé dans celui de son reflet, la jeune femme se rapprocha de l’un des miroirs. Il la reflétait entièrement. A un pas de la structure de glace, Lara stoppa et s’observa longuement. Alors qu’elle continuait de contempler son reflet, elle ressentit une sensation étrange. Elle avait la désagréable impression que ce n’était pas elle qu’elle voyait dans ce miroir, mais quelqu’un d’autre. Comme si son reflet, l’observait aussi de l’autre côté. C’était une sensation vraiment déplaisante.
Soudainement, un rire arriva jusqu’aux oreilles de la jeune femme. Lara dégaina, et fit volte face vers la provenance du bruit. Menaçant le vide de ses deux 9mm, elle ne vit personne et resta sceptique sur le moment, persuadée d’avoir bien entendu quelqu’un rire dans son dos. Doucement, elle avança, sentant tous les regards de ses reflets posés sur elle, comme si une centaine de clones la regardaient. Alors, un nouveau rire résonna dans son dos. Se retournant à nouveau, l’aventurière était encore seule, braquant ses armes vers son reflet toujours aussi déstabilisant.
- Ne me regarde pas comme ça ! ordonna la jeune femme mal à l’aise.
Elle ne se sentait vraiment pas bien. Pourtant, ce n’était qu’un reflet, mais l’atmosphère qui se dégageait de cet endroit devenait de plus en plus malsaine. Soudain, Lara ouvrit de grands yeux, car cette fois-ci elle était persuadée que le reflet lui souriait d’un air sadique et infâme.
- Ne me regarde pas comme ça !!!! hurla-t-elle de rage, emportée par une certaine folie.
Alors violement, la jeune femme tira sur le miroir. Il explosa en une éruption de morceaux de verre. Les plaques de cristal tombèrent au sol dans une douce mélodie. Ainsi, le flash lumineux de la salle s’amoindrit légèrement.
Lara respira fortement pour se calmer, ne comprenant pas pourquoi elle avait si brutalement changé d’attitude. Elle rengaina ses 9mm et dévisagea le mur droit devant elle. Le miroir dissimulait sournoisement un levier de bois derrière sa façade. La jeune femme arbora un sourire en coin et s’approcha du mécanisme. Elle leva les bras, saisit le levier à deux mains et laissa son poids tomber vers le bas pour l’abaisser. Dans un fracas assourdissant, tous les miroirs explosèrent et Lara dû se recroqueviller sur elle-même pour se protéger. La salle parut alors presque sombre, les miroirs ne diffusant plus la lumière.
L’aventurière se redressa lentement et observa à nouveau les alentours. Absolument tous les miroirs dissimulaient un levier. Mais, ce n’était pas la seule chose qui avait changé. En effet, avec le changement de luminosité, on remarquait que certaines inscriptions dégageaient de la lumière. Lara s’approcha uniquement des leviers placés face aux inscriptions lumineuses et les abaissa. Une fois cette énigme résolue, le sol trembla légèrement et toutes les inscriptions s’illuminèrent. Un nouvel autel sortit du sol au centre de la salle.
L’artefact qui venait d’apparaître semblait voler en lévitation, dégageant une grande quantité de lumière. Fait entièrement de fils dorés extrêmement fins, l’objet ressemblait à l’œil de la porte. Par contre, on aurait dit qu’une seconde partie pouvait s’emboiter sur celle-ci. Lentement, l’aventurière avança une main et saisit l’artefact qui cessa alors de dégager de la lumière. Observant autour d’elle, l’aventurière fut heureuse de ne pas tomber nez à nez avec un gardien assoiffé de sang, ou des pièges mortels. Profitant de ce moment de calme elle observa l’objet avec plus de soin, passant ses doigts sur l’artefact et dégageant un léger sourire à cette découverte.

Mais soudainement, le vent se leva. C’était un vent glacial qui fit trembler la jeune femme. Le rire de tout à l’heure revint à nouveau à ses oreilles. Lara se retourna. Le rire ce cessait pas, résonnant cette fois en écho dans toute la salle. Brutalement l’artefact recommença à émettre une lumière blanche, plus intense à chaque seconde. Lara fut totalement envahie par la lumière… non pire… dévorée par la lumière.
Elle fut alors entraînée dans un voyage qui n’avait pas de sens. Elle semblait voler dans une lumière glacée. Toujours plus vite, elle se rapprochait de quelque chose. Un œil immense apparut face à elle. Il la fixa avec fureur, lui glaçant le corps jusqu’au plus profond de ses os, mais Lara ne pouvait pas s’arrêter. L’œil disparut et Lara déboucha brutalement face à une gigantesque porte noire. Alors qu’elle pensait la percuter, elle ferma les yeux pour ne les rouvrir qu’une seconde plus tard. Surprise, elle se retrouva à nouveau dans la salle vide.
Pivotant sur elle-même plusieurs fois, elle ne vit personne. Perdue, désappointée par la scène qu’elle venait de vivre, elle comprit que ce qu’elle venait de voir devait s’agir d’une sorte de flash dégagé par l’artefact. Elle posa à nouveau ses yeux sur l’objet, puis empoigna son sac à dos qu’elle ouvrit. Positionnant l’artéfact dans une petite partie secrète, l’aventurière se rassura de savoir cet objet bien dissimulé. Axel ayant dérobé la coupe au manoir, elle devait avoir de l’importance. Mais, en venant ici, un aventurier se serait contenté de la prendre, sans penser que cette salle comportait un second artéfact. Ainsi caché, ce nouvel objet devait posséder un pouvoir encore plus important que la coupe.
Lara observa à nouveau la salle, le silence était revenu, et une ambiance paisible avait maintenant reprit possession des lieux. Ils ne paraissaient plus que de simples et magnifiques ruines au milieu de la jungle. L’aventurière ajusta son sac à dos, tourna les talons et se dirigea tranquillement vers la sortie.

* * *

Cela faisait plusieurs minutes que le jeune homme relisait la même lettre. Combien de fois l’avait-il lue ? Des dizaines ? Non, sûrement des centaines. Mais à chaque fois, il semblait ne pas en revenir, ne pas en croire un mot. Il faisait les cent pas dans l’immense hall et seuls les bruits de ses talons résonnaient dans la pièce vide de vie. Il réfléchissait, mais ne trouvait pas de solution à la situation. Il finit par s’arrêter en broyant la lettre dans sa main.
- Merd*, grogna-t-il coléreux.
Brutalement, on ouvrit la porte principale. Le jeune homme se retourna instantanément en dissimulant la lettre dans son dos.
- Qu’est-ce que tu caches ? demanda Émi en pénétrant dans la salle.
- Ca t’regarde ? répondit froidement Axel.
Elle sourit avec sadisme, joignant les mains derrière son dos. Se dandinant comme une vipère en parade, la jeune fille savait exactement de quoi il était question.
- Une lettre d’Eliane ?! Depuis le temps qu’on l’attendait. Puis-je la lire ou c’est trop personnel ?
- Tu n’as personne d’autre à aller enquiquiner ?! Je croyais que tu devais t’occuper de Croft ?!
- J’attends qu’elle parte pour Paris.
- Quelles sont tes sources ? Tu ferais mieux de te dépêcher, avant qu’il n’apprenne que Croft est sur notre piste.
- Tu me donnes des ordres ?! Très drôle ! Alors que tout est de ta faute, à toi et à Eliane.
Émi bondit en arrière, évitant de justesse un jet de flamme jaillissant sur elle comme un dragon enragé.
- Oh oh, et bien mon chou, j’ai encore touché un point sensible ?!
- Tais-toi donc ! Je ne supporte plus ta langue venimeuse.
La jeune fille fendit l’air avec une vitesse imperceptible. Axel n’eut pas le temps de l’éviter. Elle tourna derrière lui et lui arracha la lettre des mains, la brandissant au dessus de sa tête avec fierté.
- Émi je vais te tuer !
- Tu oserais lever la main sur un supérieur ? Tu ne respectes vraiment rien mon pauvre Axel.
Le jeune homme n’exposait plus qu’une colère épouvantable Ses yeux brillaient d’une lueur orangée. L’Enfer lui-même se trouvait dans son regard. Émi, fière d’avoir provoqué le jeune homme, continuait de le narguer sournoisement.
Axel soupira en fermant les yeux, tentant d’évacuer cette colère qui l’empêchait de résonner posément. Il se redressa et posa une main sur sa hanche gauche dans une position presque féminine. Son visage complètement dénué d’expression le rendait froid et ténébreux. Il leva sa main droite en pliant le coude et claqua des doigts. Alors la lettre que tenait Émi s’enflamma instantanément dans une illumination rougeâtre. La jeune fille poussa un cri de stupeur en lâchant le papier enflammé. Celui-ci disparut en cendres avant de toucher le sol.
Émie frotta sa main brulée en foudroyant Axel d’un regard haineux. Il lui sourit avec satisfaction, de manière enfantine et méprisante.
- Tu es pitoyable Axel, murmura Émi en continuant de se masser la main.
La jeune fille jeta ses bras en arrière, un mouvement qui fit mettre Axel de suite dans une attitude défensive. Lorsqu’elle propulsa ses bras en avant, des couteaux tranchèrent l’air, direction pleine tête d’Axel qui sourit malgré l’attaque. Il se pencha en arrière, contorsionnant son dos presque en deux, sentant les lames lui effleurer le visage dans un sifflement semblant provenir d’une vipère.
Le jeune homme se redressa en souriant d’un air victorieux. Mais, il prit vite un air sceptique en remarquant le visage d’Émi. La jeune fille était figée sur place, dans une attitude de stupeur totale, exposant également un grand stress. Axel haussa un sourcil alors que la jeune fille s’inclina dans une courbette respectueuse. Le jeune homme sourit en se massant la nuque.
- Hé bien voilà, tu te rends enfin compte de qui est la maître - Il commença à se retourner - ça fait plai…sir, puis il se figea également.
Le jeune homme laissa également la surprise prendre son visage. Il s’arrêta net dans ses mouvements et ses paroles, dévisageant l’individu qui venait de pénétrer dans la pièce.
- Alors Axel, dis m’en plus, qui est le maître ?! répliqua l’homme d’une voix ferme et glaciale.
Il se tenait droit, de fière allure, d’une hauteur impressionnante car il devait bien mesurer dans le mètre quatre-vingt dix. Vêtu du même manteau que ses semblables, le noir l’affinait et le rendait encore plus grand. Sa peau mate mettait en valeur ses yeux exposant un or flamboyant de lumière. Son regard sadique et machiavélique lui donnait une expression terrifiante emplie d’un charisme démoniaque. De longs cheveux gris s’illuminaient sous la lumière et descendaient un peu plus bas que ses épaules. Cela lui donnait une apparaissance spectrale.
Entre ses doigts brillaient les couteaux d’Émi. Il les avait rattrapés entre ses doigts sans subir une égratignure.
Axel s’inclina dans une courbette de soumission totale alors que l’individu s’avança à petits pas.
- Vous vous battez pour le plaisir ?! c’est une perte de temps et une attitude inacceptable !
- Pardonnez-nous maître ! gémit Émi au loin.
- Je te croyais partie pour Paris ?! continua-t-il en regardant la jeune fille.
- Je…Croft n’est pas encore sur la piste de la clé.
- C’est fort dommage. N’était-ce point toi qui devais t’occuper de ça Émi ?
- Oui…maître. Pardonnez-moi…je vais m’en occuper.
- Mais ne la blesse pas, elle est nécessaire au sacrifice, nous l’avons décidé.
- Oui, je ferais attention.
- J’y compte bien, sinon c’est toi qui verras la lumière.
L’individu posa ses yeux sur Axel n’ayant toujours pas bougé, figé dans sa courbette.
- As-tu des nouvelles d’Eliane ?!
Le jeune homme se redressa, sentant un frisson lui parcourir le corps jusqu’à le tremper soudainement de sueur. Il leva les yeux vers l’être suprême, vers ses yeux d’or qui semblaient le transpercer de toute part comme une lame à chaud. Il sentit alors cette odeur de rouille et de fer pénétrer ses poumons, cette odeur de sang. Il su alors qu’il ne pourrait pas lui mentir.
- Elle est partit avertir Croft pour Arvamlabe, mais j’ignore où elle se trouve maintenant.
- Il faut voir cette attitude comme un atout pour nous. Croft va sans aucun doute chercher à compléter ses connaissances sur Arvamlabe. Elle va elle même se diriger vers son sacrifice.
L’individus pivota et tourna les talons, tournants le dos pour se diriger vers les immenses escaliers permettant d’accéder à l’étage supérieur.
- Vous avez trois jours pour m’amener Croft et la clé, trois jours avant que la lumière ne s’éteigne. Émi, retrouve-la !
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Dernière édition par Eléo le Ven 08 Fév 2008, 20:30; édité 1 fois
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MessagePosté le: Ven 08 Fév 2008, 20:21    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 7

La moto dérapa dans un terrible grincement. La route sembla hurler. Le véhicule se pencha si près du sol que la jeune femme effleura presque le bitume bouillant. La voiture à qui elle venait brutalement de couper la route pila nerveusement. Son conducteur poussa des jurons inaudibles et déformés par la résonnance du klaxon. Mais la moto était déjà loin. L’aventurière émit un sourire sous son casque noir et accéléra de plus belle. Elle sentait sa combinaison frémir au contact du vent. Zigzagant entre les voitures dans des mouvements délicats, la moto semblait danser. La jeune femme prenait un malin plaisir à enfreindre le code de la route. Profitant d’une ligne droite dégagée de véhicule, elle plaça tout le poids de son corps en arrière et leva la moto à la verticale afin de continuer en roue arrière. Passant juste devant une patrouille de police abasourdie, elle ne fit pas attention à eux et continua son petit manège. L’un des policiers poussa un « merd* » qui exposait bien sa stupeur. L’autre, au contraire s’esclaffa à plein poumons. Mais ils ne réagirent pas plus que ça, devinant qui se trouvait sous le casque.
Lara rit encore de sa bêtise. Elle fit redescendre la moto à l’horizontale et disparut dans les petites ruelles de Londres.

Soudainement, elle freina et se pencha en avant. La roue arrière décolla dans un jet de fumée pour placer la moto presque à la verticale. Puis elle retomba dans sa position normale.
Lara coupa le moteur et les rues redevinrent silencieuses. Elle mit pied à terre et enleva son casque, exposant un sourire radieux sur son visage. Ces minutes de vitesse lui avait fait oublier ses problèmes actuels.
Sa tenue de motarde moulait ses formes, lui permettant de garder sa féminité tout en conservant son look de baroudeuse. La jeune femme se sentait particulièrement bien et décida que rien ne lui gâcherait sa journée.

A petits pas tranquilles, l’aventurière se dirigea vers le café qu’elle cherchait. Poussant la porte d’entrée, de délicates odeurs envahirent ses poumons dès l’instant où elle fit un pas dans le bâtiment. Ca sentait bon le chocolat et les pâtisseries, le café et le thé, tout cela sous une légère musique country dans une ambiance Western. On retrouvait vite le moral dans cet endroit, que l’aventurière affectionnait particulièrement, même si elle n’avait plus le temps d’y venir régulièrement.
Soudainement, un son assourdissant de vaisselle qui se brise retentit derrière le comptoir. Le son fut suivit d’un « zut » empli de peine et de désarroi. Lara sourit et s’approcha, distinguant le dos du barman penché en avant pour ramasser les verres qu’il venait de faire choir et briser au sol avec maladresse. Il gémissait des phrases rapides traduisant sa honte, faisant des mouvements saccadés comme un robot détraqué. L’aventurière s’assit sur l’un des tabourets au comptoir. Elle se pencha en avant, s’appuyant contre la surface de bois. Observant le jeune homme dans l’embarra, elle souriait avec amusement et tendresse.
Une fois les débris ramassés, le barman se redressa et tomba nez à nez avec la jeune femme. Il stoppa de suite ses mouvements, les yeux écarquillés, la bouche à demie ouverte.
- Salut Cow-boy, sourit Lara en lui faisant un clin d’œil.
Il resta statique comme si le temps venait de s’arrêter sur lui, la jeune femme rit encore.
- Ferme la bouche tu vas gober les mouches.
Il la ferma de suite et secoua la tête.
- Lara ?! Ca faisait longtemps. Comment tu vas ?!
- Mieux depuis que j’ai franchis l’entrée de ton café. Je constate que tu n’as pas changé, toujours aussi maladroit, le taquina-t-elle.
- Ne m’en parle pas, j’suis vraiment un bon à rien.
- Même si tu casses la vaisselle, tu fais vraiment du très bon boulot ! Dis-moi mon petit Chocho, j’ai besoin de ton savoir, affaire urgente.
- Je suis impatient d’entendre ton histoire. Je termine dans dix minutes et je t’offre un thé.
- Parfait.

Johann Chogun était un jeune homme que Lara avait rencontré il y a dix ans et pour qui elle avait énormément d’affection. Il était jeune et d’une extraordinaire naïveté et maladresse. Ca le rendait très attendrissant, le côté que Lara préférait chez lui. Ils s’étaient rencontrés à la bibliothèque. Johann tenait une pile de livres dans les mains et avait percuté l’aventurière de plein fouet, faisant tomber tous les ouvrages par terre. Lara venait de rencontrer l’un de ses plus grands fans. Mais, le plus impressionnant, était que le jeune garçon possédait une culture ahurissante. C’était un vrai dictionnaire ambulant, avec une capacité de communication passionnante. Ils pouvaient discuter des heures sans se lasser.
Depuis, quand Lara prenait des vacances, elle passait souvent le voir. Elle le considérait comme son petit frère et plus d’une fois il lui avait rendu service en lui donnant des informations que son cerveau de génie avait stockées.

Chocho secoua ses cheveux noirs pour les remettre en place une fois son tablier de travail retiré. Il prit place face à Lara à côté de la fenêtre et apporta un thé et un café. La jeune femme, appuyée sur la table, remarqua le pendentif pendant à son cou.
- Je n’y crois pas. Tu as encore cette horreur ?! rit-elle en portant la tasse à sa bouche.
- Je m’en séparais jamais, c’est mon grigri.
- Il est temps que je t’en offre un autre alors, sourit-elle en posant son menton dans sa main.
Elle regardait ses yeux. Elle les adorait. Chocho possédait de sublimes yeux verts clairs, ça lui donnait beaucoup de charme. S’il n’était pas aussi timide et maladroit, les filles lui colleraient après comme des sangsues, il était très beau garçon.
- Alors raconte-moi tes dernières aventures, demanda-t-il existé.
- Ne t’emballe pas autant, tu ne vas sûrement pas me croire. Je suis déjà complètement dépassée par les événements, c’est pour ça que j’ai besoin de toi. Fais-moi un cours sur Arvamlabe pour me rafraichir la mémoire.
Il haussa les sourcils, observant la jeune femme un instant avec stupeur. Puis, il se massa la nuque, un tic bien à lui quand il réfléchissait.
- C’est une légende qui connait plusieurs versions selon l’origine. Pour les Egyptiens on parlerait d’un sanctuaire immense construit par l’esprit des dieux. Pour les Romains d’une plaine dévastée où reposeraient les âmes damnées des soldats vaincus. Pour les Indiens d’une terre riche mais en dehors du temps. Toutes les légendes parlent de terre promise possédant un grand pouvoir. Un monde parallèle. Mais c’est une légende peu connue par rapport à Nessy ou à l’abominable homme des neiges.
- Chocho, le yéti n’est pas une légende, réplica Lara en montrant une cicatrice sur son bras droit.
- Oui excuses-moi. Pourquoi t’intéresses-tu à cette histoire ?
- Je pense qu’elle existe et que quelqu’un la cherche.
- Arvamlabe est une légende peu fondée. Peu d’ouvrages en parlent. Les mondes parallèles ça n’existe pas.
- C’est ce que je me disais également. Seulement, tout avance trop vite. Je ne pense pas que ces gens avancent dans le noir. Tu en sais plus ?!
- On parle d’un monde où nos lois universelles, comme la gravité, n’existent pas. Un monde de force et de pouvoir, qui promet la victoire lors de l’affrontement finale.
- Ca promet…
Lara porta une main à son sac à dos. Le jeune homme l’observa fouiller pour en sortir un morceau de tissus semblant protéger quelque chose. Délicatement, après avoir vérifié que personne ne les regardait, Lara sortie l’artéfact trouvé dans le temple et le montra à son ami.
Après quelques secondes d’observation, Chocho secoua la tête de gauche à droite en signe de négation.
- Où tu l’as trouvé ?!
- Dans un temple que j’avais déjà fouillé, mais qui dissimulait encore cet objet. Autre chose, Lux Apocalypsis t’évoque-t-il quelque chose?!

Soudainement, Chocho se figea, le regard distant, immobile dans une attitude hypnotique. Lara fronça les sourcils, sceptique, il ne l’écoutait plus et semblait ailleurs. Doucement le jeune homme avala sa salive, semblant suivre quelque chose derrière la jeune femme. L’aventurière se retourna et comprit alors de suite de quoi il s’agissait. Une superbe demoiselle qui devait avoir l’âge de Chocho venait de pénétrer dans le café. Elancée, ses longues et superbes jambes s’exposaient dans la lumière grâce à une jupe bleu clair plissée arrivant en haut de ses genoux. Portant un chemisier blanc cassé, ses vêtements la moulaient comme une seconde peau se qui la rendait particulièrement jolie. Ses longs cheveux blonds descendaient jusqu’au bas de son dos et un mince sourire se dessinait sur ses lèvres. Elle s’appuya au comptoir, alertant le barman qui remplaçait Chocho, tout aussi surpris de voir une telle beauté.
- Un thé s’il vous plait, demanda-t-elle d’une voix extrêmement douce.
Lara fronça les sourcils. La voix lui disait quelque chose. Elle avait l’impression d’avoir déjà vue cette fille quelque part. La demoiselle tourna la tête vers eux, elle possédait de sublimes yeux verrons, une œil d’un bleu ciel superbe et un œil marron, comme la lumière et l’obscurité, ce qui ne faisait qu’accroitre sa beauté.
Lara se retourna à nouveau pour faire face à Chocho. Celui-ci toujours était toujours figé sur place, paraissant une statue de résine, sa tasse de café en l’air avait l’air. Il avait l’air complètement sous le charme. Lara soupira.
- Chocho, elle claqua des doigts devant son nez, revient parmi nous !!
Le regard du jeune homme s’illumina à nouveau. Mais, il lâcha sa tasse, paniquant alors qu’elle allait s’écraser sur la table. Avec une rapidité sans borne Lara tandis le bas et rattrapa l’objet sans qu’aucune goute ne tombe sur la table. Le jeune homme soupira fortement, rassuré, Lara posa la tasse tranquillement sur la table.
- Bon après ce moment de courte pause je propose que nous revenions à nos programmes.
- Oui excuse-moi…c’était quoi ta question déjà ?!
- Je te parlais de Lux Apocalypsis…
- Traduit du latin, cela signifie « la lumière de l’apocalypse ». Ca a surement un rapport avec la soi-disant lumière que l’on verrait lors d’une agonie, avant de rencontrer Dieu ou le Diable. Je crois avoir déjà lu une page d’un rapport bizarre à ce sujet, au Louvre à Paris.
- Un rapport de qui ? Ca disait quoi tu te souviens ?!
Le jeune homme récita alors mot à mot ses souvenirs :
- Je tremblais d’effroi face à la lumière, elle continuait de rire avec désinvolture mais ça me glaçait le sang, et je suis vraiment mort, non je suis devenu Dieu, et j’ai enfin pu la voir… soudain Chocho s’arrêta.
Lara resta sceptique, son ami semblait encore déconnecté, le regard vers la table.
- Et bien continu ! Tu ne te souviens plus de la suite ?!
Doucement il releva la tête.
- Et j’ai enfin pu la voir, Arvamlabe.
Lara croisa les bras en tentant de replacer les pièces du puzzle.
- Bon voilà qui met de l’eau à mon moulin. Arvamlabe et Lux Apocalypsis son directement en lien. En plus, le texte que tu viens de me citer, m’a l’air d’être la suite d’un autre rapport dont j’ai récupéré une page. Connais-tu le nom de celui qui a écrit ce texte ?!
- Il y avait écrit « Rapport d’Inline chapitre III », et Inline signifie littéralement « Dans la lumière. »
- Mon petit Chocho tu es un génie, déclara Lara en se relevant.
- Ah bon, moi un génie ?!
- J’y vois plus clair maintenant. Je pars pour Paris de suite. Quelque chose me dit que ces personnes cherchent Arvamlabe et donc cette fameuse lumière.
La jeune femme jeta une liasse de billet sur la table. Chocho ne bougea pas, désappointé il avait quelque peu perdu le fil.
- Tiens pour le thé et ton aide.
- Je ne veux pas de ton argent.
- Tu le prends ou je te le fais manger !
- Si tu insistes si gentiment. Reviens quand tu veux.
- Je n’y manquerai pas.
Lara lui fit à nouveau un clin d’œil et quitta le bar.

Chocho commença à débarrasser la table. Il rougit, sentant le regard de la demoiselle posé sur lui, souriante, toujours au comptoir. Il était tellement hypnotisé qu’il ne prit nulle attention au nouveau client qui pénétra dans le café. Doucement, il se rapprocha du comptoir. Il serrait fortement les tasses entre ses doigts, attentif pour ne pas les faire tomber. La jeune fille le regardait toujours. Lentement, il posa les tasses sur le comptoir. Lui et la demoiselle étaient si proches, qu’il pouvait sentir son parfum, un délicat arome d’abricot.
- Salut, dit-elle avec douceur.
Chocho se sentit fondre telle une glace sous un Soleil de midi.
- Euh… salut, répondit-il rouge comme une pivoine.
- Ce n’était pas la célèbre Lara Croft avec qui tu discutais juste avant ?!
- Euh… oui, on se connaît depuis longtemps.
- Tu m’as l’air d’avoir beaucoup de culture, j’ai écouté malgré moi…
- Ah… euh… merci pour ton compliment. Je m’appelle Johann -il avala fort sa salive- et toi ?
- Eliane…
- Enchanté de te connaître, sourit-il.
Ils se sourient sans un mot. Chocho continuait de varier dans différentes couleurs de peau. Mais alors, il baissa les yeux et poussa un gémissement. Une douleur atroce paralysa son corps entier. Sa respiration se coupa brutalement, ses lèvres se mirent à trembler, il eu l’impression de devenir lourd. Son épaule droite explosa dans un jet de sang. Il passa un bras tremblant derrière lui, butant sur une lame glacée plantée dans son épaule, sentant le sang visqueux et collant couler sur ses doigts. Il sursauta alors qu’il sentit à nouveau une lame pénétrer dans son corps, cette fois au milieu de son dos. Dégoulinant de sang, sa vue se troubla et il tomba en avant, dans les bras d’Eliane, poussé par la violence des nouveaux coups venant de s’abattre sur lui. Les gens hurlèrent, paniquant et se jetant sous les tables. La peur monta en flèche dans le café alors que l’assassin ne bougeait pas de devant la porte, le bras tendue vers sa cible.
- Émmmmiiiii !!!! hurla Eliane de rage.
L’assassin sourit, toujours face à la porte, dévisageant la demoiselle avec satisfaction et sadisme. Eliane courut vers Émi, ses yeux n’inspirant plus qu’une haine et une sauvagerie immenses. Elle plaça alors ses deux mains l’une au dessus de l’autre et deux boules de lumière commencèrent à se former. Une boule de feu et une boule d’eau. Émi s’arma de couteaux et les deux filles commencèrent à s’entre-tuer.
Chocho, étendu à terre, ni distinguait plus que de vague son. Il ne pouvait penser qu’à la douleur qu’il éprouvait. Il ferma lentement les yeux, un fin filet de sang s’écoula de sa bouche, puis sa respiration se fit lente jusqu’à s’arrêter complètement.
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MessagePosté le: Lun 11 Fév 2008, 18:31    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 8

La sirène d’alarme hurla comme un cri d’enfant. Les portes se fermèrent dans un sifflement d’évacuation de gaz. Le métro démarra. Lara détestait prendre le métro. Compressée, trop de monde pénétrait dans son espace vital. Ca la rendait mal à l’aise et, surtout, de mauvaise humeur. L’odeur des tunnels poussiéreux infectait ses poumons. Elle détestait cette odeur. La chaleur étouffante qui régnait dans les souterrains la faisait transpirer. La jeune femme se sentait sale. Le manque d’espace l’empêchait de bouger, ne faisant qu’augmenter son impatience. Elle n’avait qu’un seul souhait : sortir de ce trou à rat au plus vite et voir le vrai Paris. Lara regrettait presque de ne pas avoir pris un taxi. Mais, elle préférait ne pas s’exposer seule dans un espace confiné. Un de ces ennemis aurait très bien pu profiter qu’elle soit enfermée dans une voiture, pour l’attaquer sans qu’elle ne puisse réagir. Se mêler à la foule était un gage de sécurité.

Quand Lara sortit enfin du métro, elle fut de suite enveloppée d’un sentiment d’apaisement. Il faisait beau, les rayons du soleil effleurant sa peau comme une caresse. La température très élevée, avait poussé grand nombre de personnes à se vêtir de débardeur ou de t-shirt. Mais, un vent léger permettait de se sentir à l’aise malgré la chaleur.
Lara poussa un long soupire, et se munit de ses lunettes de soleil. Vêtue d’un simple jean, qu’elle affectait particulièrement pour son confort, l’aventurière avait décidé de se comporter en n’importe quelle touriste. D’ailleurs, les rues de Paris en étaient bombées. Lara avait décidé de voyager incognito. Elle tenait à faire le vide en elle, pour tenter d’oublier le bourbier incommensurable dans lequel elle s’enfonçait de plus en plus.

* * *

La porte du manoir Croft résonna avec une telle violence, que Winston sursauta brusquement. Il pensait que la maison était encore en train d’exploser. Jetant un coup d’œil à la grande horloge, le vieil homme pris connaissance de l’heure : il était huit heures du soir. Il fronça les sourcils. Miss Croft étant absente, il devait être particulièrement prudent. La jeune femme était rentrée précipitamment, et avait bondit dans un avion tôt dans l’après midi. « Je pars pour Paris. » c’était la seule chose qu’elle lui avait dit. Winston n’avait rien compris, et de toute manière, ne se posait plus de question depuis longtemps.
Dehors, on continuait de tambouriner violement à la porte. Le vieil homme activa la caméra de l’entrée. Il aperçu le visage d’une jeune fille paniquée. Il fut quelque part rassuré, mais aussi surpris.
- Qui est là ?! demanda-t-il méfiant.
- S’il vous plait ouvrez ! Je viens de la part de Miss Croft, son ami est blessé.
- De la part de Miss Croft ? Vous mentez mademoiselle !
Soudainement, Winston reçu la porte en pleine tête alors que la jeune fille lui tomba dessus. A la grande surprise du vieil homme, la demoiselle soutenait un jeune homme dans les bras. Ils chutèrent tout deux au sol. Winston recula, évitant d’être emporté.
- Vous avez défoncez la porte encore une fois !!! Qui êtes vous bon sang ?!!! hurla Winston le doigt sur le bouton d’alarme.
Il ouvrit alors des yeux immenses sous l’horreur. Les deux individus étaient couverts de sang. La jeune fille semblait transpirer le liquide tellement elle saignait. Son visage enflé et tout bleu exposait qu’elle avait certainement dû recevoir de graves coups. Tout son corps était tailladé de plaies plus ou moins profondes. Elle avait dû être battue à mort.
Le jeune homme n’était guère mieux. Lui aussi trempé de sang, son T-shirt était déchiré au niveau du dos. Il semblait inconscient.
Winston ne fit plus le moindre geste, accablé par la pitié. Il vit la jeune fille gémir en se redressant. Elle prit le jeune homme dans ses bras et le redressa, plaçant son visage à découvert. La stupeur de Winston décupla, il s’agenouilla près des deux adolescents.
- Johann ? Mais…
- Aidez-le s’il vous plait. Il est gravement blessé. Il lui faut des soins.
- Des…des soins ?! Ce ne sont pas les soins d’un vieillard qu’il vous faut, mais ceux d’un hôpital entier ! Vous dégoulinez de sang !!!
- J’ai pu cautériser ses blessures en les brûlant. Gardez-le avec vous, mais attendez que je sois partie pour appeler des secours dans ce cas.
- Quoi ?! Avez-vous perdu la raison ?! Vous avez besoin de soins autant que lui. Venez avec moi, je vais m’occuper de vous.
- Non… je dois partir… pour Paris… bafouilla-t-elle en se relevant.
La jeune fille tituba, laissant des traces de pas ensanglantées derrière elle, Winston la rattrapa par le bras.
- Les jeunes d’aujourd’hui sont d’une incroyable bêtise. Pensez au moins aux anciens qui nettoient derrières vous !
- Il ne faut pas… qu’elle trouve la clé… je dois arrêter Miss Croft…
- Miss est en danger ?!
- Si Émi la rattrape, c’est l’univers entier qui sera en danger…

* * *

L’aventurière pénétra dans le Louvre. C’était un véritable bonheur pour elle que de retourner dans ce musée. Elle sourit, se sentant heureuse et apaisée. Traversant les galeries, en passant par l’art de l'Islam ou encore les antiquités égyptiennes, la jeune femme se dirigea à pas pressées vers la partie sur les objets d’arts. D’après Chocho, le livre avait été classé dans cette partie, à cause de sa couverture fabuleuse, et aussi parce qu’on ne connaissait pas sa provenance géographique.
L’aventurière ne comprenait pas trop sa situation, ni ce qu’elle faisait, et à quoi cela pouvait bien lui servir. Mais ce n’était pas la première fois qu’elle avançait dans le noir.
Observant attentivement chaque vitrine, le regard de la jeune femme finit par s’arrêter sur ce qu’elle cherchait. Elle se sentit soudainement extrêmement mal. Le livre n’était pas gros, la taille d’un ouvrage de poche environ. Mais, l’aura qu’il dégageait était terrifiante. Sa couverture noire en relief, exposait en son centre le symbole du temple. L’œil observait à nouveau la jeune femme de toute sa fourberie. Lara se sentit nauséeuse et une impression étrange l’envahit. L’ouvrage semblait l’appeler, sifflant des mots dans une langue incompréhensible. Ces mots résonnaient directement dans la tête de l’aventurière. Un poème de l’enfer, lugubre à souhait, empli de désespoir. Lara eu mal à la tête. Prise de vertige, elle porta une main à son cœur, ne pouvant détacher son regard de l’œil, pénétrant toujours plus profondément dans son âme. Taillés dans la couverture de cuir, des serpents semblaient vivre et se tortiller sous les yeux de la jeune femme. Celle-ci posa les yeux sur les pages déchirées positionnées à côté de l’ouvrage. Elle les lut avec attention.

Je tremblais d’effrois face à la lumière.
Elle continuait de rire avec désinvolture, ça me glaçait le sang.
Et je suis vraiment mort.
Non je suis devenu dieu,
Et j’ai enfin pu la voir :
Arvamlabe.


« Rapport d’Inline chapitre III »



- C’est effrayant pas vrai ?! murmura une voix masculine à ses côtés.
Lara releva la tête brusquement. Sortant de son état de transe, sa stupeur n’en fut que des plus importantes. Il se tenait juste à côté d’elle et la jeune femme n’avait rien remarqué. Alors elle se mit dans une position défensive, prête à se battre.
Les mains sur ses hanches, il avait l’air d’un jeune homme tout ce qu’il y avait de normal. Portant un pantalon de cuir noir, celui-ci s’opposait à son T-shirt blanc sur lequel était dessinée une tête de mort avec inscrit « Trop vif pour vivre, trop jeune pour mourir ». Axel dévisageait la jeune femme sans expression, d’un regard sombre et critique. Il portait des bracelets en argents et des chaines pendaient le long de son pantalon. Il était terriblement beau et son charisme toujours aussi poignant, lui offrait une aura aussi puissante qu’à leur première rencontre.
- Que viens-tu faire ici ?! demanda la jeune femme sévère.
Axel détacha son regard de celui de Lara. Il posa ses yeux sur le livre et dit :
- Je ne sais pas vraiment. Normalement, je suis censé te capturer et récupérer le livre.
Lara fronça les sourcils. Axel avait l’air bizarre, sans détermination ou motivation quelconque. Il semblait s’en foutre totalement. Le jeune homme releva les yeux vers Lara en croisant les bras.
- T’es dans le pétrin Croft. Je te conseil de partir d’ici rapidement, de changer de nom et de couleur de cheveux. Sinon ça risque de barder pour toi.
- Tu m’as attaquée, volée, humiliée et maintenant tu me donnes des conseils ?! C’est très amusant. La fille de la dernière fois, elle était avec toi aussi ?
Axel ouvrit de grands yeux. Il saisit alors Lara par les épaules.
- Quelle fille ?!!! hurla-t-il presque.
- Une fille que j’ai rencontrée dans le temple. Je n’ai pas vu son visage. Elle avait de longs cheveux blonds et m’a prévenue que j’étais également dans le pétrin.
Il la relâcha soudainement en se retournant, portant une main à son front.
- Donc c’est vrai ?! Eliane mais qu’est ce que tu fou ?! murmura-t-il en serrant les poings.
- Je crois que tu me dois des explications, ordonna Lara fermement.
Mais Axel se mit à rire, un rire sadique à en donner froid dans le dos. Il se retourna pour faire face à Lara.
- Je ne te dois rien du tout…
Soudainement, Lara détacha ses yeux du jeune homme, ne voyant plus que l’objet qui tranchait l’air derrière lui. Un couteau fonçant comme une flèche. Elle voulu hurler qu’il se protège. Mais, Axel tendit le bras en arrière, continuant de fixer la jeune femme en lui souriant avec charme. Il stoppa la lame entre ses doigts. Lara fut abasourdie devant la rapidité et la précision du jeune homme. Tout cela sans même voir la source de l’attaque. Elle se rendit compte, qu’il était vraiment fort.
- Tu m’attaques par surprise et par derrière. T’es vraiment une belle pétasse… Émi…
L’aventurière déconcertée leva les yeux. En effet, une jeune fille se tenait non loin. Entre ses doigts brillaient des couteaux acérés, elle semblait d’une humeur accablante.
- Je déteste les traites… cracha-t-elle en commençant à se rapprocher.
- Hé hé, moi un traitre ?!
Lara se sentit alors très bête, ignorée, et ne sachant que faire, pendant que les deux individus se battaient en paroles. Émi reprit :
- Finalement vous allez bien tout les deux, toi et Eliane. Vous êtes la même vermine. On ne peut pas vous faire confiance.
Soudainement, la vitrine explosa dans une éruption de morceaux de verre et l’alarme hurla dans tout le musée. Axel attrapa le livre et les pages déchirées à pleines mains et les lança vers Lara qui les rattrapa au vol.
- Cours Croft, tu as l’avenir du monde entre tes mains, tâche de ne pas te faire prendre.
- Pauvre idiot, la lumière te tuera, c’est tout ce que tu mérites ! menaça Émi en se préparant à l’attaque.
- Franchement je n’en ai plus rien à faire - Axel claqua des doigts et des flammes entourèrent son bras - de votre lumière de pacotille !

Trop absorbée par la situation, Lara n’avait pas remarqué que l’alarme hurlait toujours et que les gardes commençaient à arriver par patrouilles. Dissimulant aux yeux de tous les pages dans le livre et l’ouvrage dans son sac, l’aventurière prit ses jambes à son cou et s’éloigna vite de la scène. Elle connaissait le Louvre par cœur, chaque couloir et porte. Si elle atteignait la cage d’escalier, elle pourrait s’enfuir. Axel et Émi offraient une diversion parfaite, il fallait qu’elle en profite. Se mêlant à la foule de touristes en train de vider les lieux, la jeune femme ne se faisait pas remarquer par les gardes. Pour eux, deux individus entourés de flammes représentaient plus un danger qu’une simple touriste.
En courant, la jeune femme réfléchissait. Elle était surprise de ressentir de la quiétude pour Axel. Elle avait dû le laisser seul avec cette furieuse, Émi. Elle avait dit qu’Axel les avait trahit. Combien la jeune femme avait-elle d’ennemis et surtout qui étaient-ils ? Lara se posait beaucoup de questions.
Profitant d’un moment où les gardes regardaient ailleurs, elle effectua un demi-tour circulaire et s’enfonça dans un couloir désert. Epaule en avant, elle poussa une porte et pénétra dans la cage d’escalier exactement comme prévu.
Elle stoppa pour reprendre son souffle. Sa course et le stress l’avaient épuisé. Lara n’en revenait pas que la situation ait basculé si brusquement. Mais ce n’était pas terminé. L’aventurière se redressa brutalement, alertée par un son familier de pistolet qu’on arme. Figée, le regard droit devant elle, elle avala doucement sa salive. Sans même tourner la tête la jeune femme reconnaissait le canon d’un pistolet, dirigé vers sa tempe à droite. Elle distinguait vaguement le bras de celui qui la menaçait. Vue la musculature, il s’agissait d’un homme. Doucement Lara pivota pour dévisager son agresseur. Elle ouvrit alors des yeux immenses, ne pouvant croire qui se tenait face à elle. L’aventurière serra les points et les dents, se sentant alors pénétrer dans une rage immense.
- Toi ?!!!
- Lara Croft ?! Je m’en doutais…
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MessagePosté le: Lun 25 Fév 2008, 13:25    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 9

La jeune femme sentait sa colère décupler à chaque seconde plongée dans le regard de cet homme. Un homme qu’elle connaissait. Mais, qu’elle n’aurait jamais imaginé revoir un jour. Surtout dans de telles conditions. Alors qu’ils s’étaient autre fois entraidé, là, il la menaçait de son arme, comme une vulgaire ennemie. Statique, sans aucune expression sur son visage, le jeune homme était si froid que son aura s’en trouvait presque maléfique. Une aura identique, à celle de leur première rencontre.
Au bout de quelques secondes, Lara pouffa d’un rire méprisant en posant les mains sur ses hanches.
- C’est drôle, répliqua-t-elle insolente, même musée et même situation. Ca me rappelle notre première rencontre.
- Je n’ai pas envie de rire Croft, répondit Kurtis sans baisser son arme.
- C’aurait été surprenant de ta part. Maintenant, tu m’excuseras, mais j’ai à faire.
Lara fit un pas. Kurtis se rapprocha et la fit à nouveau stopper.
- Donne-moi le livre et tout se passera bien, ordonna-t-il en tendant une main libre.
L’aventurière tourna la tête vers lui. Elle sourit avec toute l’arrogance qu’elle possédait.
- Espères-tu encore me voler ?! Tu ne ris jamais, mais pourtant tu as beaucoup d’humour.
Kurtis ne réagis pas à la provocation. Lara continua :
- En quoi ce livre t’intéresse ?
- Ca ne te regarde pas.
- Attends voir, j’avais oublié le Lux Veritatis. Tu aurais un rapport avec Lux Apocalypsis ?! Une de tes ex?
- Lara…
- Au fait, tu aurais pu me donner quelques nouvelles. Je te croyais mort.
- Lara, ne m’oblige pas à te tirer dessus.
Sans que son sourire ne s’éteigne, Lara fit un pas vers Kurtis. Son regard arrogant, méprisant, insolant, plongea dans celui du jeune homme. Celui-ci, n’exposait qu’une détermination et une concentration sans faille. Mais, il fallait que Lara arrive à le perturber.
- En serais-tu capable très cher ?!
Il ne réagit pas, continuant de viser entre les deux yeux de l’aventurière avec précision. Lara, bien que bonne comédienne, n’était pas du tout sûre de son coup. Néanmoins, elle continua d’avancer à petits pas.
Dans le musée, l’alarme hurlait toujours. Pourtant la jeune femme semblait l’avoir oublié. En faite, sortir de cette cage d’escalier en vie et avec le livre était la seule chose qui lui importait.
Elle fut maintenant tellement proche que la pointe du canon pressait son front. Elle sentit le métal glacial sur sa peau bouillante de sueur. Ne détachant pas son regard de celui de Kurtis, la jeune femme réfléchissait à comment s’échapper. Au moindre mouvement brusque, Kurtis n’hésiterait pas à tirer. Afin de gagner du temps, l’aventurière repris la conversation et dit :
- Le Lux Veritatis combattait la magie noire. J’ai comme l’impression que tu te prends pour un justicier mon cher Kurtis. Rappelle-toi, tu es le dernier.
Il ne répondit pas, se contentant de rester de glace. Sans s’en douter Lara venait de soulever une hypothèse très intéressante. Le fait qu’Axel puisse contrôler le feu avait-il un rapport avec la magie noire ?!
- Chéri je suis désolée, déclara-t-elle, mais j’ai aucune intention de moisir ici.
Soudainement, Lara leva un bras et poussa celui de Kurtis en l’air. Elle se dégagea de l’arme en à peine une seconde. Mais la contre attaque du jeune homme la dépassa. Elle ne pu esquiver le coup qu’il lui infligea en plein ventre. La jeune femme gémit sous la violence de l’attaque qui lui broya l’estomac. Elle dû s’arracher des ténèbres pour ne pas tomber dans le coma. Plongée maintenant dans une rage démesurée, elle se releva brusquement et donna un coup de tête violent en avant. Kurtis recula en portant une main à son nez ensanglanté, buttant contre le mur. Lara serra le point et visa à nouveau direction pleine tête. Mais, le jeune homme eu le reflexe de se baisser à temps, le point frappant l’air dans le vide. Kurtis bondit en avant, attrapa Lara dans ses bras et la propulsa en arrière. Les deux adversaires roulèrent dans l’escalier en métal dans les bras l’un de l’autre, la chute résonnant dans un fracas assourdissant. Ils finirent par stopper à une première plateforme de transition. Lara se prit le mur en plein dos, sentant toute sa colonne vertébrale exploser sous la douleur. Elle dû rester à terre. Kurtis empoigna son sac à dos et tira violement sur celui-ci dans le but de l’arracher. Heureusement la jeune femme réagit à temps. Elle sauta sur ses pieds, jambes pliées et lui affligea un horrible coup de pied dans les tibias. Le choc fut d’une douleur immonde et le jeune homme retomba à terre alors que Lara se remit debout avec vigueur. Refusant de la laisser partir, il pivota à terre et tandis le bras. En lui attrapant la cheville, il bloqua la course de l’aventurière. Elle perdit l’équilibre et tomba en avant dans les escaliers. La chute fut encore plus douloureuse, la jeune femme tombant sur le côté. Elle gémit. Couverte de bleu et d’égratignures elle poussa pourtant encore sur ses bras pour se remettre debout. Les deux adversaires furent sur pied en même temps et Kurtis leva le point pour frapper l’aventurière au visage. Lara se pencha sur le côté, sentant le point effleurer sa tête dans un sifflement sournois. Elle attrapa alors le point de Kurtis avec sa propre main et commença à le pousser pour l’éloigner. Pliant ensuite la jambe, elle lui offrit un terrible coup de pied dans le ventre. Le jeune homme fut propulsé contre le mur dans un horrible son d’os broyés et de chaire aplatit. L’aventurière profita de ce moment de répit pour bondir sur le côté, attraper la balustrade de ses mains et passer ses jambes pas dessus pour sauter directement à l’étage du dessous plusieurs mètres plus bas. Elle disparut sous le regard effaré de Kurtis qui fonça à la balustrade pour la voir réceptionner en catastrophe tout en bas. Trop affaiblie et surtout ayant sauté de trop haut, Lara se fracassa au sol en gémissant. Elle mit du temps à se relever. Titubant comme si elle était ivre, prise de vertiges, elle du s’aider du mur pour reprendre ses esprits.
Elle entendit les pas pressés de Kurtis dévaler l’escalier. Secouant alors violement la tête pour se réveiller, Lara reprit sa course.

Elle arriva devant la porte de sortie de secours. Pivotant sur le côté, jetant son épaule en avant, elle ouvrit la porte avec puissance, déboulant dans une ruelle déserte. N’attendant pas que Kurtis la rattrape, elle continua de courir. Elle devait atteindre le métro. Avec les nombreux couloirs et la foule, elle pourrait semer le jeune homme plus facilement.
Les gens s’écartaient en poussant des cris de surprise pour laisser place aux deux furieux qui traversaient les rues de Paris à une vitesse démesurée. Lara possédait encore une bonne longueur d’avance. Kurtis avait beau être un mercenaire d’exception, il n’arrivait pas à la cheville de l’aventurière en matière de vitesse et d’agilité. La jeune femme bondit dans le métro en sautant presque tous les escaliers. Les gens, au regard effaré, se collaient tous contre le mur pour la laisser passer. Bondissant par-dessus le mécanisme de paiement, la jeune femme fatiguait et perdait de la vitesse. Kurtis la rattrapait.
Elle déboucha dans un des couloirs du métro. La sirène du train résonna alors à ses oreilles. Les portes allaient se refermer et elle redoubla de vitesse. Alors que le mécanisme de fermeture automatique des portes s’enclencha, Lara s’engouffra dans le train, sentant le plastique des portes effleurer sa peau. Se mêlant à la foule, elle repéra Kurtis à l’extérieur, cherchant désespérément la jeune femme des yeux. Il ne la repéra que trop tard quand le train démarra. Lara le suivit des yeux alors qu’il commença à courir sur le quai, le regard déçu et surtout désolé. Lara possédait une expression semblable.
Le train gagna de la vitesse et s’engouffra dans un couloir sombre. Kurtis disparut.

Lara respirait comme une bête à l’agonie. Transpirant de sueur, tachée de sang à cause de ses nombreuses petites plaies à vifs, tous les regards des passants étaient posés sur sa personne. Elle n’en avait que faire. La jeune femme tituba de fatigue jusqu’à une banquette libre et se vautra dessus. Elle s’appuya contre la grande vitre donnant sur les ténèbres, respirant fortement la bouche grande ouverte. Elle retira son sac à dos et le serra fort dans ses bras, se concentrant sur sa respiration afin de reprendre ses forces et ses esprits. Elle n’aurait jamais pensé retrouver Kurtis dans de telles circonstances et n’avait pas eu de nouvelles de lui depuis sa disparition à Prague. Kurtis se trouvait être le dernier membre du Lux Veritatis, un ordre crée au XIIe siècle, voué à combattre la sorcellerie et l’alchimie. Le jeune homme avait combattu aux côtés de l’aventurière contre Pieter Van Eckhardt, un alchimiste noir. Seulement, il avait disparut depuis. Lara réfléchissait énormément, Lux Veritatis, Lux Apocalypsis, quel lien possédait ces deux ordres ? Si, bien sûr, Lux Apocalypsis en était un. Et la Coterie dans tout ça ? C’était une confrérie formée de cinq membres alchimistes et sorciers. Eckhardt avait tué la plupart des membres de cette confrérie. Le Lux Veritatis et la Coterie était donc en combat permanent. Est-ce-que ça avait un rapport aussi ?
Doucement la jeune femme se calma et sentit ses capacités physiques revenir. Elle se redressa sur son siège et fixa son sac des yeux, le caressant du bout des doigts. C’était comme si elle hésitait à l’ouvrir. Son cœur explosait dans sa poitrine et elle possédait la désagréable impression de sentir des battements à l’intérieur même de son sac, comme si le livre vivait. Elle commença à ouvrir son sac, pas totalement comme pour préserver le suspense et surtout se protéger des regards extérieurs. Le livre attendait, semblant un ouvrage quelconque. Seule sa couverture sombre dégageant comme une odeur de souffre le différenciait des autres. Timidement, Lara passa ses doigts sur le bord du livre, ayant la sensation répugnante de caresser la peau d’un serpent. Elle le prit à deux mains et le sortit un peu, assez pour revoir le symbole gravé sur la couverture. L’œil la dévisagea à nouveau de son regard horrifique et pénétrant. Lara eu alors un flash, semblant plonger dans un état de transe. Elle caressa l’œil du bout des doigts, sentant un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale.
- L’œil…qui voit tout…murmura-t-elle doucement.
Soudain l’aventurière sortie de son état second pour relever brutalement la tête, laissant le livre glisser de ses doigts pour retomber au fond de son sac.
- L’œil qui voit tout ?! Le peuple de la… lumière ! réfléchissait-t-elle à voix haute.
Les gens autour d’elle la croyaient folle. Ils la regardaient d’une drôle de façon, s’éloignant d’elle pour se diriger vers des sièges plus à l’écart. Mais la jeune femme n’y faisait pas attention, trop absorbée par son résonnement.
Le peuple de la lumière était une ancienne civilisation capable de contrôler le temps, à l’aide justement du triangle de la lumière, un triangle avec un œil gravé sur l’artéfact, l’œil qui voit tout… Mais les deux « yeux » étaient différents, ils n’avaient pas la même forme et pas le même regard. De plus, Lara avait détruit le triangle il y a longtemps et affronté la secte des Illuminatis. Mais pourquoi avait-elle l’impression qu’il y avait encore un rapport avec Lux Apocalyspis ?!
Lara s’appuya encore contre la vitre, réfléchissant de plus belle. Elle se demandait comment allait Axel, pourquoi elle avait l’impression que cette histoire « puait » au possible, et elle s’en voulait d’avoir frappé Kurtis. C’était un peu barbare comme retrouvailles. Enfin il se remettra surement de ses coups s’il avait survécu à Boaz.
La jeune femme reposa ses yeux sur l’ouvrage et le reprit dans ses main, le sortant cette fois-ci complètement de son sac. Elle inspira fortement et l’ouvrit à la première page. Elle se sentit alors de nouveau nauséeuse et épuisée. Ce livre semblait transpirer le mal et ça la rendait malade. Le livre était écrit à la main, comme un journal intime et son l’écriture était souvent illisible car effacée par la vieillesse. Les pages jaunâtres empestaient le moisi. Des taches d’encre et de sang séché dissimulaient l’écriture, empêchant de comprendre les phrases dans leur totalité. Ecrit en anglais à la grande stupeur de la jeune femme, elle ne pu réussir à déchiffrer que deux lignes sur les premières pages de l’ouvrage :

Ceux qui liront ce journal me prendront surement pour un fou,
Mais ça m’est égal, je ne dis que la vérité,


Le reste était complètement illisible jusqu’aux pages déchirées que Lara avait récupéré à côté du livre et de la main d’Heaven.
« HEAVEN !!!!!! » hurla Lara dans ses propres pensées en ouvrant de grands yeux. Elle ne l’avait pas prévenu, ça faisait depuis des lustres qu’il n’avait plus de nouvelle. Bah peut importe, ça ne changeait pas grand-chose.
La jeune femme continua de feuilleter délicatement le livre. Mais c’était vraiment illisible. Parfois elle arrivait à déchiffrer des phrases, mais ne comprenait pas le fond. Puis, arrivée à la fin de l’ouvrage, la langue changea. Une langue qu’elle ne connaissait pas dans son fond mais qu’elle reconnue dans sa forme. Il s’agissait encore des mêmes inscriptions que sur les murs des victimes et dans le temple, mais il y en avait en plus. Ce « Inline », auteur du livre, devait être un personnage important dans cette histoire. Mais elle ne savait rien de lui.
Lara soupira et ferma l’ouvrage, finalement tout cela ne l’avait pas fait beaucoup avancer dans son affaire. Elle serra fort l’ouvrage contre elle, avant de soupirer encore contre la vitre.

La jeune femme se laissa s’assoupir pendant de longues minutes, au point que le métro finit par arriver à sa dernière station, se vidant totalement de ses passagers. Même les couloirs se vidèrent, le train ne redémarrerait surement pas. La voix off sortit la jeune femme de ses songes. Elle gémit en s’étirant, levant les bras au ciel pour complètement détendre sa colonne vertébrale. Elle sentit tous ses os craquer, se qui lui fit dégager un petit gémissement de douleur. Le train était totalement vide, elle était seule et pas un son ne se faisait entendre de l’extérieur, le calme plat. Lara se leva, épousseta ses vêtements et se plaça au centre de l’allée pour sortir du train. Mais elle s’arrêta net. Des bruits de talons claquant au sol arrivèrent jusqu’à ses oreilles. Ce n’était pas des talons de femme, plutôt masculins. La jeune femme observa les portes ouvertes, attendant de voir quelqu’un rentrer dans le wagon. Pourquoi y rentrer alors que celui-ci était arrêté ? Lara eu un mauvais pressentiment. Soudain elle se glaça alors qu’une ombre pénétrait face à elle, vêtue d’un long manteau noir qu’elle connaissait bien. Le stress envahit à nouveau la jeune femme. L’homme était très grand, mais ne semblait pourtant pas d’une musculature imposante. Son visage dissimulé par la capuche ne permettait pas de l’identifier. Lara fronça les sourcils, l’individu restait silencieux, dévisageant la jeune femme toujours arrêtée au centre de l’allée, immobile.
- C’est toi Axel ?! bafouilla l’aventurière.
Doucement il porta une main à la capuche et la tira en arrière.
- Ah non ce n’est pas toi…
Il avait la peau foncée, comme bronzée et des yeux dorés incroyables, envoutants mais aussi glacials. Surtout irréels. Il portait surement des lentilles. Des cheveux gris lui arrivant aux épaules encadraient un visage dur et sans expressions de sentiments. Il ne possédait pas le moindre sourire, rien ne pouvant traduire la moindre émotion sur son visage.
- Qui êtes vous ?! demanda durement la jeune femme pour paraître sévère.
Mais elle commençait à avoir peur. Elle était épuisée, blessée et le regard de cette homme renfermait une telle puissance, qu’elle semblait transpercée de toute part par des lames aiguisées. Il possédait une telle aura de force et de charisme que l’aventurière s’en trouvait complètement hypnotisée, figée comme si le temps venait de s’arrêter sur elle. Elle était totalement écrasée et étouffée par le charisme de cet homme.
- Seul la lumière peut éclairer la voie vers les forces obscures, déclara-t-il d’une voix posée mais très froide.
Il tendit alors sa main droite en avant.
- Le livre… ordonna-t-il toujours aussi sévèrement.
Lara ne fléchit pas, mais sentait le pire arriver. L’aura de cet homme n’était pas seulement oppressante. Non elle était pire que ça : insondable, comme si il incarnait le vide, ne laissant aucune chance à ses adversaires de le cerner.
- Non ! répondit-elle méprisante.
Il ferma alors les yeux en portant une main à son front.
- Pitoyable humaine…bafouilla-t-il faiblement.
Soudainement Lara fut éblouie dans une lumière qui sembla la dévorer entièrement, surgissant du néant pour l’envelopper dans un décor d’une blancheur morbide. Montant un bras à ses yeux afin de se protéger de l’aveuglement, la scène ne dura pourtant qu’à peine quelques secondes. Ce laps de temps passé, Lara s’écroula. Elle hurla de douleur, sentant tout son corps exploser dans une éruption de sang, la couvrant des pieds à la tête dans une douleur immonde. Elle tomba au sol, se retenant de ses bras en continuant d’hurler par ce choc si brutal, comme un immense coup de fouet. Respirant au point qu’elle pensait que ses poumons allaient exploser, chaque seconde passant semblait durer des heures de par la violence de la douleur que ressentait la jeune femme. Il lui fallut un temps pour réaliser que le livre n’était plus dans ses mains, mais dans celle de l’inconnu, qui se tenait maintenant derrière elle. L’aventurière gémit en relevant la tête alors qu’une autre personne monta dans le wagon. Une jeune fille à la chevelure rose imposante. C’était la fille du Louvre. Lara se voyait presque morte.
- Je te la laisse Émi, déclara l’homme dans le dos de Lara.
- Je peux finir de l’humilier ?! répondit la demoiselle en souriant.
- Oui mais n’oublie pas, elle est importante pour le sacrifice, puis il descendit du wagon.
Lara se remit debout avec peine, s’accrochant au siège que ses mains taguaient de sang.
- Qui êtes-vous… ? murmura-t-elle à bout de force.
La jeune fille bondit alors vers elle à une vitesse telle que l’aventurière ne pu que distinguer son visage souriant proche du sien. Elle quitta alors le sol dans un coup de poing sous son menton. La violence fut telle qu’elle eu peur que sa tête ne soit arrachée. A peine ses pieds furent-ils à nouveau au sol qu’elle fut propulsée en arrière, laissant derrière elle une trainé de sang au sol. Elle entendit la jeune fille rire à l’entrée du wagon, un rire enfantin plein d’arrogance. Lara se releva encore plus durement, à bout de force elle n’arriverait jamais à affronter un tel adversaire dans cet état pitoyable. La jeune fille sembla alors danser, faisant un tour sur elle-même quelque chose brilla entre ses doigts. Elle les exposa fièrement, il s’agissait de couteaux, les mêmes couteaux qui avaient attaqué Axel au Louvre. Sauf qu’elle en avait maintenant quatre dans chaque main et que c’était Lara qu’elle allait viser. Les deux jeune femmes se regardaient de tout leur méprit. Émi continuait de sourire avec fierté, alors que Lara n’inspirait plus qu’une immense fatigue et pitié. L’aventurière plia légèrement les genoux, se préparant à esquiver les armes que la demoiselle pouvait lancer à tout moment. Balayant les lieux du regard, Lara ne possédait que très peu de place, elle ne pouvait pas rouler sur les côtés et les couteaux lui fonceraient dessus en ligne, donc un saut avant ou arrière se trouvaient être fatal, elle ne pouvait pas s’échapper.
- Tu es coincée, provoqua la jeune fille.
Lara était nerveuse. Elle se figea alors qu’Émi jeta ses bras en arrière pour lancer ses couteaux. Les armes transpercèrent l’air dans un sifflement et Lara bondit alors en avant. Sous le regard abasourdi de la jeune fille l’aventurière saisie une des barres du wagon de deux mains, pris de l’élan et fonça vers le plafond, passant au dessus des lames qui allèrent se planter au fond du wagon. La jeune femme réceptionna pile devant la demoiselle prise au dépourvu qui ne pu reculer, butant contre le mur.
- A moi d’égaliser les scores.
Lara leva son point, s’apprêtant à l’exploser en pleine tête de la demoiselle. Pourtant elle recommença à sourire. Émi claqua alors des doigts et Lara écarquilla les yeux, recevant une décharge électrique dans tout son corps. C’était comme si une vague d’énergie venait de surgir du sol pour la dévorer. L’aventurière tomba à terre. Pleine de convulsions, son corps sursautait par l’électricité continuant de circuler. Sa vue devenait de plus en plus trouble. Elle ne pu que lever les yeux vers Émi, continuant de sourire de tout son sadisme. Les paupières de la jeune femme se firent de plus en plus lourdes. Elle eu beaucoup de mal à les retenir mais se força. Elle gémit en pivotant sur le côté, essayant de se mettre à genoux. Mais la douleur et l’épuisement était tels, que la jeune femme ne sentait pratiquement plus son corps. Émi lui adressa alors un terrible coup de pied dans le ventre. Lara sursauta et s’écrasa encore à terre. La demoiselle la saisie par le col et la souleva. Le visage de l’aventurière transpirait de sueur et de sang. Sa tête bascula sur la côté tellement elle paraissait lourde. Émi l’attrapa par les cheveux pour qu’elle la regarde en face, elle dit alors :
- Finalement, ça ne m’étonne pas que ce looser d’Axel ai réussit à te battre. Tu es une femme faible. Lamentable.
Lara lui cracha alors une salive imprégnée de sang au visage. Elle adressa à la demoiselle un regard haineux et méprisant. Émi passa une main pour essuyer la salive sans un mot. Elle adressa alors à l’aventurière un coup de point magistral au visage. Lara s’écrasa en arrière, tombant sur le dos. Un filet de sang s’échappa de sa bouche. Elle ne réagit pas. Comme morte.
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MessagePosté le: Mer 12 Mar 2008, 18:17    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 10

La jeune femme gémit en commençant à se réveiller. Souffrant d’une douleur insupportable, elle ne pu que penser à son mal être. Complètement groggy, harcelée de crampes, l’aventurière avait l’impression d’avoir été ruée de coups pendant des heures. Quelque part, ce n’était pas si éloigné de la réalité. Lara tenta de bouger. Elle réussit à conclure qu’elle était en position agenouillée. Elle voulu relever la tête et ouvrir les yeux. Ses paupières tremblaient et ses yeux remplis de larmes, ne lui permirent pas de suite de distinguer quelque chose. Sa tête retomba alors lourdement en avant. Tirant sur ses bras, elle ne put bouger d’un millimètre. Attachés par des liens extrêmement serrés aux poignets, les bras de la jeune femme étaient tendus à l’horizontale. L’aventurière sentait un sol dur et froid sous ses jambes pliées et restait à moitié debout grâce à ces liens, qui lui tiraient sur les bras. C’était une position vraiment inconfortable.
Lara ne pouvant encore voir correctement, elle se concentra sur les sons qu’elle percevait. Elle entendait de nombreux bruits de fond : des pas d’un groupe en déplacement, des voix murmurant des propos incompréhensibles, la pluie qui s’écoulait le long des vitres et des murs et le tonnerre rugissant de haine à l’extérieur.
Une forte humidité régnait dans le bâtiment. Lara sentait également des odeurs de vieillesse et de moisissure. Elle avait l’impression d’être dans un lieu ancien, comme les vieux châteaux, églises ou sous-sols.

L’aventurière serra les dents et se força de nouveau à relever la tête et à ouvrir les yeux. Au départ, elle ne distingua que des formes brouillonnes, fantomatiques et difformes à cause de sa vue floue. Il y avait en particulier une grosse masse rouge qui se dessinait devant elle Lara cligna plusieurs fois des yeux jusqu’à retrouver complètement la vue, elle ouvrit alors grand les yeux.
Elle se trouvait belle et bien dans une église, de petite taille certes, mais très haute de plafond. Devant elle, l’autel recouvert d’une immense toile rouge semblait dégouliner de sang. L’homme qui lui avait dérobé le livre, se tenait derrière l’autel. Il fixait encore Lara de ses yeux dorés effrayants, avec ce visage glacial. Tenant le livre du Louvre dans ses mains, il était habillé d’un grand manteau rouge et contrastait totalement avec l’environnement sombre. Derrière lui, gravé sur le mur, le symbole de l’œil fixait à nouveau Lara de manière hypnotisant, rendant l’aventurière encore presque malade. Tout autour de la jeune femme, des individus vêtus de grands manteaux noirs, avec des capuches dissimulant leurs visages, patientaient en murmurant comme des chants d’incantations. Lara commença à paniquer et baissa les yeux au sol, se retrouvant à nouveau face au symbole l’entourant complètement de par sa taille imposante. Elle conclut alors que sa situation était désespérée et ressemblait fatalement à une cérémonie de sacrifice. A l’extérieur le tonnerre hurlait de plus en plus, faisant trembler la vieille bâtisse qui semblait sur le point de s’écrouler. L’ambiance malsaine qui régnait dans cet endroit donnait le vertige et pressait l’estomac comme un fruit pourri. Lara déglutit de manière nauséeuse, sa propre salive l’écœura.
Elle reposa ses yeux sur celui qui semblait être le « boss », cet homme au charisme démentiel qui l’avait mutilé dans le métro. Il continuait de la fixer sans expression et ça rendait l’aventurière très mal à l’aise. Lara tentait toujours de défaire ses liens, mais c’était inutile. Elle ne pouvait pas se libérer.
- Quelle ambiance ici, dit la jeune femme. Y’a une fête ?!
Mais l’homme en rouge ne répondit pas et détacha ses yeux de l’aventurière. Soudainement, il saisi un marteau immense et fit trois pas en arrière, se rapprochant d’une cloche de taille imposante. Il frappa l’objet d’un mouvement de bras circulaire et la cloche émit un son d’une puissance qui résonna dans toute la salle. Alors, il posa le marteau à ses pieds et commença à lever les bras au ciel, lentement les autres individus vêtus de noir l’imitèrent dans une synchronisation parfaite. Lara sentit une brève chaleur émaner du sol. Elle baissa les yeux. Le symbole venait d’émettre une faible lueur. Le sol sembla prendre feu, soufflant une odeur de soufre et une chaleur qui brula les jambes de la jeune femme. Elle releva la tête vers l’autel, l’individu prit une coupe d’or dans ses mains. C’était la coupe qu’on avait volé au manoir. Lara se sentit alors devenir haineuse. L’homme en rouge porta la coupe à ses lèvres et bu son contenu, la jeune femme ne voyait rien de là où elle était et ne réussit pas à identifier le liquide. Doucement, il reposa la coupe et ouvrit le livre vers la fin, là où se trouvait les inscriptions dans la langue que Lara ne connaissait pas, qu’elle n’avait pas réussit à déchiffrer. De sa voix froide il commença à lire les inscriptions. Les autres individus répétaient ces paroles, ce qui formait un écho particulièrement lugubre. L’aura de cette incantation glaçait le sang, c’était terrifiant. Alors le symbole s’illumina à nouveau, encore plus fort et plus intensément. La lumière devenait de plus en plus importante à chaque seconde. Lara se débattît de toute ses forces, la chaleur étouffante l’enveloppait entièrement comme la gueule d’un dragon sortant du sol. La douleur était atroce et Lara hurla. Les larmes lui montèrent aux yeux, la lumière était trop forte, finissant par plonger toute la chapelle dans un feu blanc éblouissant.

Quelques secondes plus tard la lumière disparut et tout redevint calme. Même la pluie s’arrêta et la nature se calma d’un coup, comme si on venait d’apaiser sa haine. Les yeux des personnes encore présentent se posèrent sur le centre de la salle. L’individu en rouge referma le livre et pour la première fois depuis des années, il émit un bref sourire qui le rendit encore plus effrayant, plus sadique et fourbe. Lara avait disparut. Les liens pendaient maintenant dans le vide, au dessus d’un tas de cendre qui dégageait une horrible odeur de corps calciné et de sang.
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MessagePosté le: Lun 31 Mar 2008, 19:16    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 11

La jeune femme étendue au sol, gémit péniblement. Ce gémissement fut si futile qu’il se perdit dans le souffle du vent, au point d’en être presque imperceptible. Sentant la poussière s’infiltrer dans ses poumons, Lara souffrait à chaque inspiration. Allongée sur le ventre, les jambes tendues dans le prolongement de son corps, les bras pliés de chaque côté de sa tête, l’aventurière avait l’impression d’avoir été emportée dans un tourbillon. Gémissant à nouveau, elle commença à ouvrir les yeux et se redressa. Doucement, Lara s’assit sur le sol froid et se prit la tête dans les mains. Elle frotta ses yeux et battit des cils pour tenter d’atténuer la douleur qu’elle ressentait. L’aventurière ne voyait pour le moment qu’un gros voile grisâtre et ses sensations étaient des plus étranges, comme au lendemain d’une soirée d’ivresse. Elle sentait également une drôle d’odeur émaner de sa peau. La jeune femme empestait le brûlé, c’était infect. Elle prit le temps de retrouver ses repères sensoriels et, au fur et à mesure, les formes et les couleurs commencèrent à devenir plus nettes.
Lara se rendit compte qu’elle était abandonnée en plein désert. Pourtant, il faisait froid, humide, et le vent traversait les vêtements de la jeune femme comme pour la frigorifier au plus profond.
Doucement, Lara plia les jambes et les bras pour se mettre debout. Une fois debout, elle laissa aller son regard aux alentours. Le ciel nuageux exposait un gris triste, plongeant le désert dans une atmosphère maussade. Le sable ne donnait aucune couleur au paysage, totalement dénué de verdure. De grandes roches de pierre noire s’imposaient partout comme des titans peu rassurants. Un endroit triste qui semblait abandonné de toute vie. Cela n’avait rien à voir avec le désert du Nevada, que la jeune femme avait déjà parcouru lors d’une de ses précédentes aventures.
Lara fit plusieurs tours sur elle-même mais le paysage restait identique. Elle ne voyait que du sable, des roches et des nuages. La jeune femme avait beaucoup voyagé dans le monde, mais elle ne reconnaissait nullement cet endroit.
- Qu’est-ce que c’est ce trou perdu?! demanda-elle à haute voix en continuant de pivoter sur elle-même.
L’aventurière s’arrêta et soupira longuement. Il n’y avait rien ni personne, elle était seule.
Elle décida de commencer à marcher droit devant elle, sans vraiment savoir où elle allait. Ca ne servait à rien de rester là, au milieu de nulle part, mieux valait se déplacer.
Perdue dans ses pensées, elle tentait de trier ses souvenirs et de se remémorer les anciens événements. Capturée dans le métro de Paris après ses retrouvailles désastreuses avec Kurtis Trent, elle avait été séquestrée dans une église pour participer à un rite sordide. Elle semblait avoir été offerte en sacrifice et « dévorée par la lumière » mais ne se souvenait de rien après cela. Elle se retrouvait maintenant en plein désert.
Que lui était-il arrivé après la cérémonie ? On l’avait abandonnée dans cet endroit, en espérant que les chacals en finissent ? C’aurait été bien plus simple de la tuer tout de suite, alors que faisait-elle ici, et surtout c’était où, ici ?!

Lara parcourut plusieurs kilomètres, mais ça n’arrangea pas sa situation. Il n’y avait toujours pas de vie, ni de végétaux, ni de panneaux, ce n’était toujours que du sable et encore du sable, et l’aventurière sentait la fatigue, la faim et la soif gagner son corps épuisé.
Brusquement, elle se tomba assise, laissant sa tête basculer en avant et décida de prendre un peu de repos. A cause de la fatigue, une certaine quiétude commençait à l’envahir.
- J’espère, que je ne vais pas mourir ici… murmura-t-elle.
Elle jeta sa tête en arrière, sentant toutes ses cervicales craquer dans un massage agréable qui agit comme une piqure revigorante. Elle observa encore le ciel plein de nuages. Des nuages qui paraissaient devenir de plus en plus sombres. Ils ne semblaient pas remplis d’eau, on aurait plutôt dit des nuages de pollution, de gaz, cet endroit était vraiment étonnant.
Brusquement, Lara sortit de ses pensées et sursauta en passant une main dans son dos. Elle sentit alors son sac qu’elle avait totalement oublié. L’aventurière fut très excitée et passa son sac à dos devant elle pour l’ouvrir. Elle découvrit son petit kit de secours et quelques barres vitaminées, mais surtout, en passant ses doigts dans la partie secrète, elle pu en sortir avec délicatesse l’artefact du temple. Lara fronça les sourcils, elle ne comprenait vraiment rien à la situation. Pourquoi ne lui avait-on pas dérobé l’œil ? La jeune femme pensait qu’on l’avait capturé justement pour ça. Mais, elle avait été abandonnée avec l’artefact sur elle ! Ca n’avait pas de sens…

Soudainement, Lara sortit de sa réflexion et redressa la tête. Un bruit qui ne venait pas du vent arriva jusqu’à ses oreilles attentives. Le bruit continua de s’intensifier et l’aventurière pu reconnaitre le rythme d’une respiration, un souffle étouffé comme s’il provenait d’une gorge abimée et malade. Lentement, elle rangea l’artefact dans son sac et se leva avec une extrême discrétion. Tournant la tête vers la direction d’où provenait le son, la jeune femme ne pu rien distinguer car la source du bruit était cachée derrière un groupe de rochers à plusieurs mètres. Lara redoubla d’attention et lentement, sans quitter les pierres des yeux, elle baissa les mains vers ses cuisses. Mais elle fut prise de panique. Ses 9mm avaient disparus, elle était désarmée et n’avait rien pour se battre.
Un cri perçant s’éleva vers le ciel et Lara releva violement la tête. Une énorme masse noire apparut alors devant la jeune femme qui commença à douter cruellement de ses chances de survie.

***

Le jeune homme poussa un gémissement, sentant tout son corps hurler de douleur. Il commença à ouvrir doucement les yeux, voyant au départ flou et ne distinguant rien. Une douce chaleur régnait autour de lui et, malgré sa douleur, il se sentait bien et protégé, ce qui le rassura quelque peu. Paisiblement, Chocho ouvrit complètement les yeux et observa un sublime plafond qu’il connaissait bien : celui du manoir Croft.
Un léger clic retentit à sa gauche et la porte de la chambre s’ouvrit de l’extérieur. Winston pénétra dans la pièce, un plateau dans les mains.
- Content de voir que vous êtes réveillez jeune homme, dis le vieux majordome en posant le plateau sur la table de nuit. Comment vous sentez-vous ?!
Chocho se redressa péniblement, ses nombreuses blessures étaient encore très douloureuses.
- Je suis déjà surpris d’être en vie, donc je vais on ne peut mieux.
- Votre optimisme a toujours été l’une de vos plus grandes qualités Johann.
- Où est Lara ?!
- Malheureusement je l’ignore. Elle a disparu depuis plusieurs jours, pour partir en France aux dernières nouvelles.
Chocho se rappela les dernières paroles de son amie : « J’y vois plus clair maintenant. Je pars pour Paris de suite. » L’aventurière n’avait pas perdu de temps et était bien partit pour la capitale française dès leur séparation.
Le jeune homme poussa sur ses bras et essaya de s’assoir sur le lit, gémissant et serrant les dents à cause de la douleur atroce.
- Attention mon garçon, ne vous forcez pas ! Ces efforts précoces ne feront qu’empirer votre état, conseilla Winston en se rapprochant de lui.
- Ca va aller. Il faut que je bouge.
Le vieil homme tendit les bras et aida Chocho à se relever. Au début, le jeune homme eut beaucoup de mal à tenir debout. Il lui fallu quelques pas pour réussir à prendre un rythme de déplacement normal.
Winston saisi son plateau et se dirigea vers la sortie de la chambre. Johann observa l’accessoire d’argent qui soutenait une serviette roulée et un récipient d’eau.

Les deux hommes quittèrent la chambre d’ami à petits pas. Chocho marchait doucement à cause de la douleur et Winston faisait attention à ce que les remous de l’eau ne fassent pas déborder le récipient. La pièce voisine de la chambre de Chocho était une autre chambre d’ami. Le jeune homme fronça les sourcils, sceptique, en supposant qu’il y avait quelqu’un d’autre dans le manoir. Winston ouvrit la porte délicatement et Johann s’arrêta sous la surprise. Dans l’immense lit deux places, dissimulée entre les cousins de soie, dormait Eliane. Les souvenirs commencèrent à se reconstruire dans l’esprit du jeune homme. Lui et la jeune fille s’étaient rencontrés au café, ils avaient discuté, même sympathisé, et puis…
- Cette fille… dit doucement Chocho.
- Elle a refusé que je l’emmène à l’hôpital, continua Winston. Elle a voulu partir après vous avoir « déposé », mais ses forces l’ont vite abandonnée et elle s’est évanouie.
- Cette fille, je crois qu’elle m’a sauvé la vie.
Les deux hommes se rapprochèrent de la demoiselle. Celle-ci exposait sur son visage une exacerbation repoussante, et une peau dégoulinante de sueur. Eliane dormait par-dessus les couvertures et tous ses vêtements étaient trempés et moulaient son corps aux formes parfaites comme une seconde peau. Elle paraissait fondre tellement elle transpirait.
- Comment va-t-elle ?! demanda Chocho préoccupé.
- Je ne suis pas médecin, mais je dirais qu’elle va mal. Mais en même temps cette fille -Winston marqua une pause en montrant une expression d’incompréhension sur son visage - je crois que cette fille a quelque chose d’inhumain, ou alors j’ai totalement perdu l’esprit.
Le vieil homme posa le plateau sur une table de nuit et ouvrit un petit tiroir en dessous. Il en sortit un grand thermomètre, qui semblait être plus un thermomètre de cuisine qu’un accessoire médical. Chocho fronça les sourcils. Winston s’approcha de la jeune fille et plaça l’ustensile dans sa bouche au grand étonnement de Johan.
- Où avez-vous eu ce thermomètre ?! On dirait qu’il sert à prendre la température d’une vache !
- C’est un accessoire pour la cuisine !
- Vous ne possédez pas de thermomètre plus petit ?! Spécialisé pour la médecine ?!
- Il est dans la poubelle, il a explosé.
Chocho resta abasourdi sous la réponse. Il posa ses yeux sur Eliane avec étonnement. Elle était tellement belle, et semblait si innocente sous son épaisse chevelure blonde, comme un ange descendu du ciel.
Le vieil homme saisit à nouveau le thermomètre et observa les indications, il poussa un soupir et secoua la tête de gauche à droite en signe de négation. Il tendit ensuite l’ustensile à Johann.
- Combien lisez-vous ?! lui demanda-t-il.
Toujours septique par le comportement du vieil homme, Chocho saisit l’accessoire sans le regarder tout de suite. Doucement, il baissa les yeux et tourna l’ustensile sur le côté pour voir la barre de couleur et les graduations. Alors ses yeux s’exorbitèrent, la terreur semblait apparaître sur son visage. Il agita la tête comme s’il voulait retrouver la raison et pivota à nouveau l’accessoire dans une position différente pour vérifier les indications. Il lisait bien la même température.
- C’est impossible ! Votre thermomètre est cassé !
- Non il fonctionne parfaitement.
- La température d’un être humain ne peut pas dépasser les 41°C, au-delà c’est la mort !
- Ce qui nous prouve que la science à encore de nombreuses choses à apprendre. Le thermomètre est véridique : cette jeune femme a une température de 110°C et elle vit.
- Arrêtez Winston. Cela signifierait que son sang serait en train de bouillir dans son corps.
- Johann approchez, lui fit signe le vieil homme.
Winston saisi le chemisier de la jeune fille du bout des doigts et le souleva jusqu’au soutien-gorge. Chocho rougit subitement.
- Regardez plutôt par ici jeune homme, ronchonna Winston en devinant la direction de son regard.
Il lui désigna une blessure que la demoiselle possédait au ventre, une plaie profonde surement faite avec un couteau. Johann se rapprocha et affuta son regard pour mieux voir. La plaie semblait cautériser à une vitesse qui permettait de distinguer un changement de couleur. La peau virait dans une teinte marron, comme si elle brulait.
- Cette fille a été poignardée à de nombreux endroits, reprit Winston, et pratiquement que des endroits vitaux. N’importe qui aurait succombé de telles blessures. Mais elle, elle dort là, telle un ange paisible. Son corps cicatrise en cautérisant ses blessures, comme si elle brûlait de l’intérieur.
Chocho s’éloigna, l’incompréhension se laissant facilement lire sur son visage. Winston continua :
- Quand elle est arrivée avec vous au manoir, elle m’a dit « J’ai pu cautériser ses blessures en les brûlant » et en effet vos plaies étaient cautérisées, carbonisées pour êtres précis.
- C’est impossible…
- Cet ange est consumé par les flammes de l’Enfer.

***

Tout en reculant doucement, Lara observait la bête avec précision. Durant sa « carrière » elle en avait croisé des « trucs bizarres » mais elle n’avait encore jamais vu une telle créature, sombre, démoniaque, semblant sortir tout droit des ténèbres. La bête ressemblait un squelette noir muni d’une carapace particulièrement robuste. De la taille d’un immense félin, la créature possédait une tête triangulaire, avec une mâchoire imposante finissant en pointe et ses griffes acérées se plantaient dans le sable. A chaque hurlement du monstre, la jeune femme se crispait, le bruit étant un sifflement très aigu et insupportable.
L’aventurière recroquevillait ses doigts de désespoir à l’endroit où auraient dû se trouver ses 9mm. Elle n’avait rien pour se défendre et l’environnement totalement dégagé ne lui permettait pas de se cacher correctement pour éviter la bête.
Soudainement, Lara perçut un nouveau bruit et se retourna. Une autre créature apparut dans son dos, entourée d’une brume noire empestant le souffre. La tension doubla en quelques secondes alors que Lara se fit encercler par une dizaine de monstres. Ils sifflèrent avec fourberie comme pour communiquer, se préparant à l’attaque. Cette attitude rappela avec effroi à la jeune femme la tactique de chasse des vélociraptors et Lara frissonna. Elle sentait cette odeur de souffre et de sang qu’émanait les créatures et ça lui donnait la nausée, ces monstres étaient effrayants.
La jeune femme pivotait sur elle-même sans s’arrêter, observant chaque monstre pour ne pas être prise au dépourvu, elle déclara alors :
- Je suis encore tombée sur un congrès d’erreur de la nature.
Lara plia légèrement les jambes pour pouvoir esquiver la moindre attaque, les monstres se préparant à bondir sur elle. Désarmée, avec peu de possibilité de se cacher, perdue au milieu de nul part, Lara ne pouvait pas être dans une situation plus désastreuse que celle-ci.
Une des créatures hurla, plia ses postérieurs et bondit sur la jeune femme toutes griffes et dents en avant. Lara décida d’opter pour la voie des airs. Elle força au maximum sur ses jambes et sauta par dessus la bête dans un saut latéral vers la gauche. La jeune femme se réceptionna quelques mètres derrière les créatures qui n’eurent pas le temps de réagir. La jeune femme n’attendit pas une seconde, ne regarda même pas derrière elle, et prit ses jambes à son cou. Elle courut se dissimuler derrière un énorme rocher et se colla contre la pierre glaciale. Restant silencieuse, guettant le moindre bruit, l’aventurière percevait le son dégagé par les pas des créatures qui se rapprochaient.
Pour la première fois, Lara paniquait réellement et commençait à avoir peur pour sa vie. Elle ne pouvait rien faire à par se cacher, ce qui ne lui donnait qu’environ 5% de chance de survivre.

Soudainement, l’aventurière sentit un liquide collant et infect couler sur son épaule. Elle leva la tête et se rendit compte que l’une des créatures venait d’escalader le rocher et l’observait avec gourmandise. La gueule grande ouverte de la bête laissait une salive opaque dégouliner de ses dents acérées. La créature hurla et bondit vers Lara. L’aventurière plongea vers le sol et lança une jambe en hauteur. Grâce à un coup de pied retourné elle explosa la tête de la créature sur la pierre. L’attaque fut d’une telle violence que la bête hurla de douleur et disparut dans un brouillard noir comme elle était apparue. Alors que deux monstres venaient d’escalader la pierre, Lara roula sur le côté pour s’en éloigner. Mais, elle ne se rendit pas compte qu’elle plongeait dans la gueule du loup. La jeune femme hurla, sentant une douleur affreuse émaner de son mollet gauche. Un des monstres se trouvait derrière elle et venait de la morde dans une giclée de sang. Relâchant sa prise, la bête s’apprêtait maintenant à griffer la jeune femme. Lara pivota sur elle-même et évita l’attaque de justesse, le coup de griffe frappant dans le vide. L’aventurière tenta d’oublier sa douleur et s’éloigna en enchainant une série de pirouettes arrières, distançant les créatures de plusieurs mètres. La réception des acrobaties fut difficile et Lara vacilla à cause de sa souffrance. Tout en regardant leur proie, les créatures semblaient rire, amusées par l’embarra de la jeune femme.
Lara se plia en avant, sa jambe n’arrivant plus à soutenir le poids de son corps épuisé. Le désespoir commença à s’emparer d’elle. Blessée et à bout de force, elle ne pouvait rien contre ces créatures venant d’outre-tombe. Lara allait connaître une mort atroce.

***

Lorsque la sonnerie de la porte d’entrée retentit dans tout le manoir Croft comme un hurlement, Chocho sursauta. Le jeune homme regarda Winston quitter la chambre avant de reposer ses yeux sur Eliane, toujours endormie. Dans la tête de Johann, tout était embrumé. Il se souvenait s’être présenté à la jeune fille avant de tomber dans le coma, blessé. Eliane s’était-elle battue contre l’agresseur ? et cette température surélevée qu’elle avait actuellement, comment pouvait-on l’expliquer ?
- Je suis désolé mais Miss Croft est absente, répliqua Winston au rez-de-chaussée.
Curieux, Chocho sortit de la chambre et alla se pencher au dessus de la balustrade pour voir qui était arrivé au manoir. Il s’agissait d’un homme particulièrement élégant, vêtu d’un somptueux costume blanc et d’un chapeau de même couleur, il leva d’ailleurs les yeux vers Johann.
- Tiens tiens, vous avez un invité ?! ironisa Heaven en souriant.
Sans prendre en compte le majordome, l’agent pénétra dans la demeure et commença à gravir les escaliers.
- Monsieur Heaven, l’interpela Winston, s’est inutile de chercher quoi que ce soit. Je vous répète que Miss Croft n’est pas là !
Mais Heaven ne prit nulle attention aux propos du vieil homme et arriva au premier étage où il stoppa devant Chocho. L’agent sourit au jeune homme et lui tendit une main amicale.
- Roy Heaven, FBI, se présenta-t-il. Auriez-vous eu un accident jeune homme ?!
Johann lui serra la main. Il ne se rappelait même plus de son état, torse nu et embaumé de pansements. N’importe qui aurait supposé l’accident.
- Johann Chogun. En effet, j’ai été mêlé à une bagarre.
- Désirez-vous porter plainte ? je peux pour y aider.
- Eu…j’y penserais merci…
Heaven jeta un coup d’œil dans la chambre où se reposait Eliane. Alors, son visage prit un sourire inhabituel, comme un sourire amusé et satisfait. Il tourna ensuite les talons pour descendre les escaliers et s’arrêter à nouveau devant Winston.
- Miss Croft et moi sommes actuellement en collaboration sur une affaire d’homicides de très grande envergure, déclara-t-il naturellement.
Le vieil homme resta de glace. « Je suis accusée de meurtre sur une affaire étrange. » c’étaient les mots de sa Lady. Elle avait dit cela en plaisantant pour rassurer Winston et le majordome avait encore une fois sous-estimé l’étendue du problème. Mais il n’exposa pas sa quiétude aux yeux de l’agent.
- Je ne suis au courant de rien, répondit Winston.
- Ca me rassure, vous n’avez pas à être au courant. Néanmoins, il sera fâcheux que Miss Croft essaye de s’enfuir vous comprenez ?!
- Ce n’est pas du tout dans les habitudes de Miss Croft. Elle est partit depuis plusieurs jours pour Paris, certainement à cause de l’enquête.
- Je sais cela, approuva Heaven.
Winston fronça les sourcils.
- Monsieur Heaven, pourquoi posez-vous des questions dont vous connaissez déjà les réponses ?
L’agent sourit.
- Pour vérifier mes sources. Comprenez-moi, on ne peut se fier à personne dans ce monde.
Le majordome sentit alors un frison remonter le long de sa colonne vertébrale. Les paroles d’Heaven semblaient tout d’un coup terriblement lugubres. L’agent tourna les talons et se dirigea vers la porte.
- Pardonnez encore mon intrusion. Pouvez-vous prévenir Miss Croft de mon passage ? J’aimerais qu’elle me contact le plus rapidement possible dès son retour.
- Votre requête sera transmise Monsieur Heaven.
- Je vous remercie.
Heaven quitta le manoir et Winston referma la porte derrière l’agent.

Chocho appuyé à la balustrade, observa le vieil homme monter les escaliers. Le jeune homme demanda :
- Lara travaille sur une affaire de meurtres avec le FBI ?
- Oui. Cette histoire semble louche, voir pire. Je commence à m’inquiéter.
- Et cet agent ?
- Roy Heaven ? un homme qui m’inspire très peu confiance. Son aura est étrange, je dirais même plus : funèbre. Et croyez-moi Johann, pour ce qui est de percer les gens à jours, je ne me trompe jamais.

***

La jeune femme recula lentement, un pas à la fois. Chaque mouvement lui semblait le pire des supplices. Dans un état de fatigue indicible et de douleur exemplaire, elle se demandait comment elle arrivait à tenir encore debout. Son mollet blessé ne saignait plus, mais la faisait affreusement souffrir. Respirant comme une bête à l’agonie, la bouche grande ouverte, Lara voyait les bêtes se rapprocher lentement dans un demi-cercle mortuaire qui allait lui être fatal. Dans une synchronisation d’avancée parfaite, les créatures sifflaient en semblant rire de la situation, partageant sournoisement leur dernière stratégie d’attaque. La jeune femme ne pouvait plus rien faire pour se sortir de cette situation désastreuse et elle dut finir par accepter la dure réalité : elle allait mourir. Si elle tentait une roulade sur le côté elle serait dévorée, un saut arrière offrirait le même échec et si elle tentait de sauter par-dessus l’armée de créature, elle manquerait certainement à cause de son état ou au pire elle ne ferait que retarder l’inévitable. Tout était peine perdue. Pliant ses jambes, Lara sentit une sueur glaciale envelopper son corps comme un liquide mortuaire. Elle avait froid et s’arrachait des ténèbres pour ne pas tomber dans le coma. Les bêtes hurlèrent alors à nouveau, des cris horribles qui semblaient résonner directement dans la tête de la jeune femme.

Mais, soudainement, un hurlement bien plus puissant couvrit les cris des créatures. Celles-ci s’arrêtèrent d’un coup en levant la tête. La jeune femme perçut le bruit comme un coup de fouet revigorant et brutalement retrouva de l’espoir et des forces. Le bruit continuait de résonner dans le désert en s’intensifiant, ce qui signifiait, que la source du son se rapprochait. Lara reconnut le bruit d’un moteur lancé à pleine vitesse, provenant d’un véhicule d’une puissance démesurée, dont le rugissement semblait celui d’un félin enragé. L’aventurière pivota sur elle-même et alors qu’elle se retournait, une moto gigantesque bondit au dessus d’elle. Le vacarme fut assourdissant et un nuage de poussière entourait le véhicule semblant voler. Brutalement la moto atterrit au sol dans une éruption de poussière et les créatures reculèrent brusquement pour ne pas être heurtées par le véhicule endiablé. La jeune femme resta statique devant l’arrivée de cette moto superbe semblant sortir tout droit d’un film de science-fiction. Mesurant bien cinq mètres de longueur, la moto était munie d’un pot d’échappement énorme rugissant de toute sa puissance alors que le véhicule était protégé par une épaisse carapace noire. Mais, ce n’était pas seulement la moto qui hypnotisa l’aventurière. Son conducteur empoigna une immense épée reposant dans son dos et à une vitesse inimaginable, dans un mouvement circulaire fatal, trancha deux créatures qui eurent le malheur d’essayer de bondir sur lui. Les deux bêtes tombèrent au sol dans un cri d’agonie avant de disparaitre dans une brume noire. Alors le jeune homme rengaina son arme, saisit le guidon de la moto à deux mains et fit à nouveau rugir le moteur. Dans une tempête de poussière, il fit tourner la moto autour de la roue avant et dans un demi-tour ravageur, le reste des créatures fut percuté par la roue arrière du véhicule. Les bêtes furent propulsées dans une brutalité exemplaire plusieurs mètres plus loin. Elles roulèrent au sol avant de disparaître. Lara resta stoïque devant une telle démonstration de puissance. Elle posa ses yeux sur le jeune homme et se sentit alors débordée par son charisme. Il possédait des cheveux blonds qui voletaient dans la légère brise du vent, alors que ses grosses lunettes de Soleil le rendaient d’une classe à en faire pâlir n’importe quelle demoiselle normalement constituée. Il était vêtu d’une tenue bleu nuit pouvant paraitre noire et un de ses bras était dénudé, exposant une musculature non négligeable. Un pull à col moulait le torse du jeune homme comme une seconde peau, alors que son pantalon se terminait par de grosses chaussures, le tout serré par de multiples ceintures et boucles. Il était grand, athlétique, beau et un peu ténébreux. Lara lui donnait environ vingt quatre ans et n’en revenait pas de la classe que dégageait ce jeune homme.
Il releva la tête vers l’aventurière.
- Montes, ordonna-t-il d’une voix froide.
Lara ne se fit pas prier, courut vers lui, enfourcha la moto et commença à s’accrocher alors que l’inconnu démarrait en trombe. Le véhicule bondit en avant comme un tigre en chasse, alors que le rugissement du moteur résonnait encore jusqu’au ciel.
Lara ne pouvant rester accrochée en arrière à cause de la vitesse, elle entoura ses bras autour du jeune homme et s’accrocha grâce à ses dernières forces, sentant l’épée glacée contre son corps fatigué.

L’inconnu continua d’accélérer et le paysage autour de la moto devenait flou à cause de la vitesse. Soudainement, une créature sortit du sol dans un sifflement de haine qui couvrit durant quelques secondes le bruit infernal du moteur. La bête enragée courait à une vitesse telle qu’elle se déplaçait parallèle à la moto. Lara tourna la tête alors qu’une nouvelle créature apparaissait de l’autre côté du véhicule. Ils furent alors vite à nouveau encerclés par les monstres. Lara resserra ses bras autour du jeune homme, se sentant ridicule et surtout d’une incroyable inutilité. Si elle avait disposé de ses 9mm, elle aurait abattu sans difficulté ces créatures de l’Enfer. Mais elle ne pouvait rien faire actuellement.
Une des bêtes bondit sur eux dans un rugissement terrifiant. Plongée dans une fatigue qui lui faisait dégager une colère noire, Lara détacha l’un de ses pieds de la moto et dans une violence inouïe, frappa la bête en pleine tête. L’attaque du monstre fut brutalement stoppée et la créature s’écrasa au sol alors que la jeune femme souriait à sa défense réussit.
Un bruit de métal se fit soudainement entendre et Lara jeta un coup d’œil par-dessus l’épaule du jeune homme. A l’avant de la moto deux compartiments venaient de s’ouvrir, laissant apparaitre une quantité faramineuse d’épées. L’inconnu s’empressa d’en saisir une, ne pouvant atteindre celle qui se trouvait dans son dos à cause de la présence de Lara. Avec une rapidité exemplaire, il leva l’épée et trancha l’une des créatures qui tentait de les attaquer par la gauche. Conduisant d’une main, se battant de l’autre, le jeune homme terrassait les monstres avec une précision et une force fulgurante. Son combat n’avait aucune influence sur sa conduite et il maitrisait absolument tout, faisant passer l’épée au dessus de sa tête et tranchant les créatures attaquant de tout côté. Sa force était gracieuse, son agilité féline. Tout cela semblait naturel pour le sauveur de Lara. L’aventurière conclut qu’il devait être habitué à ces situations.

Les monstres devenaient de plus en plus mécontents de voir leurs proies s’enfuir. Ils redoublèrent de vitesse, finissant par dépasser la moto de quelques mètres. L’une des créatures fit volte face et bondit en avant pour réceptionner sur le véhicule. L’inconnu brandit son épée à l’horizontale, réussissant de justesse à stopper le coup de mâchoires de la bête qui aurait pu lui être fatal. Ne pouvant pas conduire, contraint de luter contre la créature qui voulait le dévorer, le jeune homme ne pouvait plus tenir le guidon et la moto filait tout droit. Lara ouvrit des yeux immenses lorsqu’elle se rendit compte qu’ils allaient percuter de plein fouet une masse de roches droit devant eux. La jeune femme réfléchit rapidement et décida de prendre les choses en main. Elle plaça ses mains sur les épaules de l’inconnu, plia les genoux et tenta de se mettre debout sur le véhicule. La vitesse démesurée l’empêchait de garder un équilibre correct et le mouvement était particulièrement délicat. Une fois debout, elle se munit de son lance-grappin et envoya le câble vers la créature. Le lance-grappin se planta dans une patte de la bête et Lara tira alors de toutes ses forces. Le monstre perdit l’équilibre et tomba en avant dans un cri de surprise. Seulement, il effleura la jeune femme qui trébucha et bascula en arrière. L’aventurière se sentit tomber dans le vide sans pouvoir réagir, elle ne pouvait se rattraper et à cette vitesse là elle mourrait sur le coup en touchant le sol. Heureusement, le jeune homme se retourna, la saisit par le bras et la tira en l’air. Lara passa au dessus de lui et se retrouva à nouveau assise, mais cette fois-ci à l’avant de la moto. La panique la gagna, ils allaient s’écraser sur les rochers.
Mais brutalement, l’inconnu se pencha sur le côté et la moto dérapa dans un hurlement de moteur, Lara dut fermer les yeux à cause de la poussière. Une fois que le véhicule eut retrouvé son équilibre normal, les créatures se retrouvèrent distancées car elles ne pouvaient pas prendre un virage aussi serré. Lara rouvrir les yeux et les écarquilla en regardant devant elle. Le désert se terminait par une pente fortement inclinée et ils fonçaient vers le vide. La moto décolla dans un silence fulgurant presque apaisant. Plus de hurlement, plus de bruit, rien qu’une brise légère durant une phase de vole reposante parfaitement maîtrisée. Lara apprécia ce moment avec bonheur.
Le véhicule commença à descendre et percuta le sol dans un rebond et un nuage de poussière, il roula plus doucement, zigzagant entre des ruines noires semblant les vestiges d’une ancienne ville. La tension semblait retomber, les créatures ne les suivant plus, Lara fut rassurée.
Calmement le jeune homme commença à freiner et la moto perdit de la vitesse. Elle finit par s’arrêter devant un gigantesque bâtiment.
Le cœur de Lara battait la chamade, elle venait de vivre certainement l’expérience la plus excitante de toute sa vie.

L’inconnu coupa le moteur et un profond silence tomba autour du couple. L’aventurière passa une jambe par-dessus la moto et mit pied à terre, le jeune homme en fit de même. La jeune femme dit alors :
- Je te suis infiniment reconnaissante. Tu m’as sauvé la vie.
- Ce n’est rien, répondit-il sèchement en portant une main à ses lunettes.
Il retira alors sa paire de lunette de Soleil et l’aventurière ouvrit de grands yeux. Elle n’avait jamais vu un regard pareil. Des yeux d’une couleur irréelle, mélange de bleu et de vert. Mais surtout, on aurait dit qu’ils dégageaient de la lumière. Lara en resta abasourdie.
Le jeune homme observait l’aventurière sans aucune expression ou fragment d’émotion. Il exposait un visage neutre, avec un soupçon de froideur et il n’en fut alors que plus charismatique. Lara prit l’initiative des présentations.
- Mon nom est Lara Croft, sourit-elle. Je suis désolée de t’avoir causé du souci. Je suis perdue.
Le jeune homme ne lui rendit pas son sourire, restant statique d’expression faciale.
- Cloud, d’où viens-tu ?!
- De Surrey en Angleterre.
Le jeune homme haussa un sourcil, exposant un gros scepticisme, comme si la jeune femme venait de dire une chose complètement dérisoire. Il pivota alors sur lui-même et commença à s’éloigner, la jeune femme le suivit, ne sachant de toute manière pas où aller.
- Où sommes-nous ? demanda-t-elle sans le quitter des yeux.
- Dans les ruines de Migard.
« Midgard ?! » jamais Lara n’avait entendu parler de cette ville et encore moins de ses ruines malgré sa culture en la matière.
- Nous sommes sur quel continent ?!
- Le continent Ouest.
- En Amérique tu veux dire ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
Lara sentit un frisson parcourir tout son corps comme un coup de fouet. Cloud stoppa devant deux gigantesques portes de bois, les poussa et s’engouffra à l’intérieur du bâtiment. Doucement Lara pivota sur elle-même, observant le paysage dévasté de ses yeux tristes, enfermant un désespoir profond et une grande quiétude.
- Mais où suis-je… ?! murmura-t-elle d'un ton presque inaudible.

***

La Lune illuminait de ses rayons l’immense manoir plongé dans l’obscurité nocturne. Un vent léger offrait un sifflement sournois en s’engouffrant entre les feuilles des arbres. Le fond de l’air était froid, des bruissements lugubres s’élevaient des ombres rendant l’atmosphère très angoissante ce soir.
A l’intérieur du manoir, il y avait peu d’activité et seule la cuisine exposait de la vie, alors que tout le reste de la maison était éteint et parfaitement silencieux.
Winston et Chocho dinaient tranquillement dans la cuisine sans un mot. Leur solitude les inquiétaient et ils ne parlaient même pas.
Soudainement, un son se fit entendre, un bruit que les deux hommes attendaient tout les deux depuis longtemps : on venait d’ouvrir la porte d’entrée. Ils levèrent la tête simultanément, échangèrent un regard qui voulait tout dire et bondirent de leur chaise pour se précipiter dans le hall d’entrée.
- Bonsoir vous deux, vous tirez une de ces têtes ! répliqua Lara avec ironie.
- Miss Croft ?! Je commençais à me faire du souci, où étiez vous passée ?! bougonna le majordome en posant les mains sur ses hanches.
- Je me suis un peu attardée en France. Désolée de ne pas vous avoir prévenu.
La jeune femme sourit sadiquement et ôta sa veste. Ces deux idiots n’avait pas fléchi une seconde, ils ne se rendraient surement compte de rien.
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Eléo
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MessagePosté le: Dim 08 Juin 2008, 11:07    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 12

Lara resta plusieurs secondes statique à l’extérieur pour observer les ruines de fer silencieuses. Bien que les bâtiments étaient très délabrés, ils exposaient une architecture très particulière, comme futuriste, que l’aventurière n’arrivait pas à identifier. La jeune femme aurait pu trouver un indice grâce au climat de la région, mais ce ciel nuageux et étrange ne lui évoquait pas le moindre souvenir. De plus, la ville de « Midgard » ne lui disait rien du tout.
Lara réfléchissait et de drôles de paroles vagabondaient dans sa tête: « OK ma vieille pas de panique ! » se disait-elle « Si tu es vraiment dans un autre monde, le principal est que tu ais encore tes deux jambes ! ». La jeune femme n’arrivait pas à croire ses propres pensées. Bizarrement, l’hypothèse d’un « autre monde » lui était venue automatiquement à l’esprit. Mais peut être était-elle tout simplement trop épuisée pour penser posément et que les choses allaient se remettre vite dans l’ordre.
Lara fit volte face et se dirigea à pas décidés vers le bâtiment dans lequel avait pénétré Cloud. Levant les yeux, elle découpa la vieille bâtisse délabrée du regard : d’après son architecture, le bâtiment ressemblait à une ancienne église. L’aventurière eut un mouvement de recul en se remémorant ses douleurs passées, mais elle reprit vite ses esprits, serra les points, avança vers la bâtisse et poussa les deux gigantesques portes pour s’engouffrer à l’intérieur.

A peine les portes furent-elles ouvertes que la jeune femme stoppa net. Le choc fut violent, mais non en mal, car les yeux de Lara furent apaisés par la splendeur. Le plafond de l’église était en partie détruit, ce qui permettait aux rares rayons de Soleil de pénétrer dans la grande salle pour l’illuminer. Les banquettes de bois soigneusement réparties de chaque côté de la pièce formaient au centre une allée assez large, qui menait plus loin vers un immense parterre de fleurs. Un parfum délicat de nature régnait dans l’église, un parfum qui n’avait rien à voir avec l’odeur de gaz et de fer qu’on pouvait sentir à l’extérieur. Ici, on sentait un délicat arôme de fleurs, de bois vernis et de marbre. Le vent ne fouettait plus mais caressait la peau comme une main délicate et il n’y avait plus de monstre, mais des oiseaux qui chantaient et nichaient en haut des poutres de bois. Les vitraux colorés peignaient les murs de reflets colorés, formant comme des vagues de différentes teintes. L’atmosphère était réconfortante et poétique, ce qui apaisait l’aventurière, la beauté de l’environnement la fit sourire. Pendant un instant, elle fut enlacée d’une douceur sédative et oublia sa situation. Son regard était émerveillé et son stress venait de s’évaporer : cette église n’avait rien à voir avec son précédent lieu de séquestration.
Levant les yeux, Lara remarqua Cloud au fond de la salle. Le jeune homme se tenait proche du parterre de fleur, en train de fouiller dans des affaires. Il était silencieux, le visage toujours sans expression de gaité ou autre sentiment positif.
A petits pas respectueux Lara commença à s’approcher de lui, continuant d’observer les environs avec fascination.
- C’est beau ici…dit-t-elle paisiblement.
L’aventurière remarqua que le jeune homme avait installé une couverture et d’autres accessoires divers, comme des ustensiles de camping.
- Tu habites ici ?!
- Je viens m’y reposer de temps en temps.
Soudainement, Lara gémit alors que sa jambe lui offrit une douleur horrible, comme une brûlure. Elle se pencha et observa son mollet. Celui-ci était tout noir et de grosses cloques et croutes verdâtres se formaient sur la peau de l’aventurière. La blessure empestait le moisi et la chaire pourrie ; on aurait dit que la peau de la jeune femme se décollait. Lara grimaça de dégout, jamais elle n’avait vu une blessure pareille : c’était tout simplement répugnant. Elle se rappela alors que c’était à cet endroit que la créature l’avait mordu.
- Assieds-toi, ordonna Cloud.
L’aventurière s’exécuta. De toute manière, elle n’arrivait plus à tenir debout à cause de la douleur. Elle avait l’impression que la plaie s’agrandissait et qu’elle commençait à remonter le long de sa jambe devenant glacée, comme une sorte de gangrène. Ca ne présageait rien de bon et Lara s’inquiétait. Perdue dans le désert, la jeune femme doutait qu’un hôpital puisse se trouver à proximité pour la soigner.
Cloud ouvrit un coffre à côté de lui, saisit une petite sphère que la caisse contenait et se retourna à nouveau vers Lara qui fronçait les sourcils. La sphère n’était pas plus grosse qu’une balle de tennis et émettait une légère lueur verte. La jeune femme ne savait pas de quoi il s’agissait et se demandait bien ce que le jeune homme allait pouvoir en faire.
- On dirait que tu as été mordue, déclara Cloud en saisissant la jambe de Lara. Il faut arrêter le poison, sinon il va se répandre jusqu’à ton cœur et tu vas mourir. Heureusement il me reste encore une matéria.
Cloud approcha la sphère de la jambe de Lara qui ne comprenait rien. L’artéfact émit alors une lueur plus importante et la plaie de l’aventurière commença à virer dans des teintes blanches. La jeune femme ne sentait rien si ce n’était une légère chaleur sur sa peau, c’était agréable, bien que surréaliste. Puis la sphère cessa soudainement de dégager de la lumière et commença à se liquéfier dans la main de Cloud. Lara ouvrit de grands yeux : sa blessure avait totalement disparu. L’aventurière inspecta soigneusement sa jambe. Sa peau avait reprit une couleur et structure tout à fait normales et la douleur s’était évaporée. Lara était totalement guérie : c’était impossible !
- Comment ?! bafouilla-t-elle abasourdie. Comment as-tu fais ?!
Le scepticisme revint sur le visage de Cloud, il fronça les sourcils, comme si la réponse semblait évidente.
- C’était une matéria qui permettait de guérir certains empoisonnements. Visiblement sa magie est épuisée et c’était la dernière fois que je pouvais l’utiliser.
L’aventurière ignorait ce qu’était une « matéria » ce qui ne fit qu’accroitre ses doutes. Mais elle décida de ne rien demander de plus à ce sujet pour le moment, elle se ridiculisait assez comme ça.
Cloud referma le coffre duquel il avait extrait l’artéfact et le verrouilla à clé. Depuis qu’il avait sauvé la jeune femme, il n’avait pas exposé un soupçon d’expression positive. Sans le connaître, Lara déduit qu’il devait posséder un passé particulièrement pesant pour être ainsi.
- Je suis désolée, reprit Lara, tu as utilisé ta matéria pour moi.
- C’est normal, je n’allais pas te laisser mourir.
- Je dois te paraître bizarre, seulement je ne sais pas du tout où je suis.
Le jeune homme ne répondit pas tout de suite et continua de fouiller dans ses affaires. Lara le regarda faire en silence et se releva. Cloud sortit une feuille jaunie, la déplia, la mit dans le bon sens et la tendit à la jeune femme, il s’agissait d’une carte du monde.
- Ca va peut être t’aider, répliqua-t-il en se relevant aussi.
A peine les yeux de la jeune femme furent-ils posés sur la carte qu’ils s’écarquillèrent subitement. Il n’y avait pas d’Europe, d’Amérique, d’Australie ou d’Afrique, mais juste deux continents principaux appelés « Continent Ouest » et « Continent Est » et des noms de villes inconnues comme Luca, Midgard ou encore Port Royal : Lara n’y croyait pas, se refusait d’y croire.
Elle ferma les yeux et poussa un long soupire qui voulait tout dire. L’aventurière rendit la carte à Cloud en exposant un signe de négation de la tête. La jeune homme fourra la carte dans sa poche et baissa les yeux, semblant réfléchir.
Dans la tête de Lara tout était embrumé : « Un autre monde ?! non c’est impossible, je suis en train de faire un mauvais rêve c’est tout ! » se disait-elle pour se rassurer.
Soudainement, le silence fut troublé par un gargouillis monstrueux qui semblait un hurlement : Lara se crispa. Son ventre lui offrait des crampes horribles, elle était épuisée et affamée. Le jeune homme releva la tête et commença à marcher vers les deux grandes portes.
- Quittons cet endroit, reprit Cloud, il n’est pas des plus appropriés pour parler de tes problèmes.
- Où m’emmènes-tu ?!
- Là où tu pourras manger et te reposer.
Lara avait posé la question par réflexe mais globalement elle n’en avait que faire. Comme elle ne savait pas où elle était et où aller, elle préférait rester avec Cloud pour obtenir des explications. Elle le suivit et ils quittèrent l’église dans le silence. Enfourchant à nouveau la moto, ils démarrèrent cette fois-ci dans le calme. Doucement ils sortirent des ruines de fer noires et se dirigèrent vers une immense masse de métal : le cœur de Midgard.

Comme la moto roulait à une vitesse plus modérée, Lara put profiter plus facilement du paysage que lors de son dernier voyage. Elle n’avait jamais vu une ville pareille : les immeubles gigantesques semblaient piquer un ciel portant encore les stigmates d’une pollution extrêmement importante et des ruines d’anciens bâtiments gisaient un peu partout entre les grues et autres engins de chantier : toute la ville était en reconstruction. Ce n’était que du fer et du béton, avec une architecture très futuriste que seul des auteurs de Science-Fiction aurait pu imaginer. La ville de Midgard semblait porter un poids de destruction immense dans ses entrailles de bétons, Lara le ressentait.

Quelques minutes plus tard, la moto stoppa devant un café. L’aventurière mit pied à terre et leva les yeux vers l’enseigne : « Le Septième Ciel », c’était le nom du bâtiment. Ce nom offrait un peu de poésie dans cet univers délabré. Cloud coupa le moteur et se dirigea vers la porte d’entrée, Lara le suivit.
L’intérieur était celui d’un café tout ce qu’il y avait de plus banal : les tables carrées remplissaient la salle de manière homogène, les grands ventilateurs au plafond offraient une climatisation agréable et diverses photos accrochées aux murs permettaient une distraction visuelle. Lorsque le couple entra dans la salle, une jeune femme occupée à faire la vaisselle derrière le comptoir leva les yeux. Son visage d’une extrême douceur la rendait particulière jolie et ses longs cheveux noirs s’accordaient à sa tenue de cuir synthétique de la même couleur. Elle émit un sourire réconfortant tout en continuant d’essuyer le verre qu’elle avait dans la main.
- Je commençais à me faire du souci, dit-elle en s’adressant à Cloud, même si tu as ton téléphone sur toi tu ne réponds jamais !
- Désolé…
L’inconnue posa ses yeux sur Lara de manière interrogatrice. L’aventurière se sentait un peu gênée, elle espérait n’être pas tombée en pleine scène de ménage.
- Lara était perdue dans le désert, déclara Cloud en désignant l’aventurière.
- Dans le désert de Midgard ? heureusement qu’on a pu te retrouver, ça grouille de monstres en ce moment. Je m’appelle Tifa, enchantée.
- Moi de même, répondit Lara en souriant.
Le sourire de Tifa offrait du réconfort. Cette fille exposait une grande pureté d’âme et sa présence rassurait énormément. Lara savait qu’elle pouvait dès lors lui offrir toute sa confiance.
- Tu veux boire ou manger quelque chose ?! demanda la demoiselle.
- Oui je suis affamée mais...
Lara passa une main dans son dos afin de farfouiller dans son sac.
- Je n’ai que très peu d’argent.
Elle en sortit quelques Euros datant de son voyage en France qu’elle posa sur le comptoir. Tifa se pencha au dessus de l’argent et le regarda d’un air interrogateur, Cloud en fit de même. Le jeune homme tendit la main et attrapa un billet du bout des doigts pour l’observer avec plus de précision.
- C’est ton argent ?! questionna-t-il en retournant le billet dans tous les sens.
- Oui, se sont des Euros, la monnaie Européenne…
Lara se sentit alors tomber au plus profond du ridicule.
- On paye partout en Gils normalement, répondit Tifa septique.
L’aventurière reprit son argent et le fourra à nouveau dans son sac à dos.
- Bon ce n’est pas grave, soupira-t-elle, donc je passe de « pauvre » à « fauchée comme les blés ».
- Je t’invite, sourit Tifa en posant son torchon sur le comptoir.
- Merci.
Lara plongea sa tête dans ses mains en soupirant. Un autre pays, une autre monnaie, soit l’aventurière avait complètement perdu l’esprit, soit l’hypothèse d’avoir été transférée dans un autre monde se renforçait encore. Dans un éclair d’illumination désespéré elle releva soudainement la tête et demanda :
- Dites moi, est-ce-que le nom d’Arvamlabe vous évoque quelque chose ?!
Tifa et Cloud froncèrent les sourcils, échangèrent un regard interrogateur, puis se retournèrent à nouveau vers Lara.
- Non cela ne me dit rien, répondit Tifa en tournant le dos pour fouiller dans les placards.
Cloud émit une expression qui voulait clairement dire « non ». Lara soupira encore. Au moins s’ils avaient dit « oui » la pièce du puzzle se serait rattachée et le moulin aurait continué à tourner. Là, la jeune femme ne comprenait rien de sa situation.
- D’où viens-tu?! demanda Tifa en posant un verre devant l’aventurière.
- Surrey, Angleterre, mais ça ne semble pas exister dans « ce monde ».
Tifa haussa un sourcil avant de remplir le verre de ce qui semblait être de l’eau.
- Il y a des chambres à l’étage, dit Cloud en se levant, tu vas pouvoir y prendre du repos.
On la prenait pour une folle, c’était clair. Lara ne savait pas quoi faire mais il fallait en effet qu’elle dorme un peu, ça remettrait peut être les choses au clair et si ça ce trouve tout cela n’était qu’un affreux mauvais rêve.
Le jeune homme pivota sur lui-même et à petits pas se dirigea vers la porte.
- Où tu vas encore ?! demanda Tifa avec un soupçon de colère dans sa voix.
- Je sors, j’ai quelque chose à faire, et il disparut en fermant la porte derrière lui.
Tifa posa les mains sur ses hanches et soupira longuement en basculant la tête de gauche à droite.
- Qu’est ce qu’il a ? demanda Lara curieuse.
- Rien, ne fais pas attention, il est toujours comme ça.
Lara déjeuna en silence, ne désirant pas se faire remarquer d’avantage et surtout trop fatiguée pour discuter. Tifa l’avait bien compris et ne lui posa aucune question.
Une fois son repas achevé, la jeune femme fut conduite à l’étage où en effet il y avait plusieurs chambres. Tifa lui souhaita bon repos, Lara se déshabilla, se laissa tomber sur le lit, s’engouffra dans les couvertures et s’endormit très rapidement.

* * *

Winston plaça délicatement la théière bouillante sur le plateau garni de plusieurs gourmandises. Il empoigna l’ustensile argenté et quitta la cuisine pour traverser le hall d’entrée et se diriger vers le petit salon, où Lara prenait actuellement du repos.
Délicatement il posa une main à plat sous le plateau et libéra son autre main pour ouvrir la porte. Il tourna la poignée, reprit le plateau normalement et pénétra dans la pièce. A peine avait-il fait un pas dans le salon qu’il lâcha tout et le plateau tomba au sol dans un son de fracas assourdissant. Les gâteaux roulèrent sur les tapis alors que la théière se vida de son contenu sur l’épaisse moquette colorée. Le vieil homme abasourdi porta un point à sa bouche et commença à tousser, ayant presque du mal à respirer. Lara, affalée dans le canapé, savourait une cigarette, non, un joins à l’odeur immonde. Comme toutes les fenêtres étaient closes, la fumée volait dans la salle en se compactant dans un insupportable parfum de tabac. Winston se frotta les yeux, les larmes commençant à le piquer à cause de la fumé.
- Miss Croft qu’est ce qui vous prend ?! hurla le vieil homme. Cette odeur est infecte !
D’un pas décidé Winston se dirigea vers la fenêtre et l’ouvrit en grand, savourant l’air pur qui s’engouffra de suite dans la pièce. Il ferma les yeux pour reprendre ses esprits, avant de pivoter sur lui-même dans un état de rage exécrable.
- La cigarette est extrêmement mauvaise pour la santé ! Pire ce que vous fumez empeste les substances illicites ! Avez-vous perdu l’esprit ?!
- Je me permets un petit plaisir.
- C’est cela, et bien ce sera le seul !
La jeune femme lui lança un regard vicieux et écrasa sa cigarette dans le cendrier sans quitter le vieil homme des yeux.
- Au lieu de vous prendre pour ma mère, vous ferriez mieux de nettoyer votre bazar Winston, ordonna-t-elle brutalement au vieil homme.
Le majordome en resta pantois face au comportement impensable de sa Lady.
- Vous allez rester planté là à me regarder encore longtemps ?! Assumez votre incompétence et dépêchez vous un peu ! Si vous ne voulez pas finir en maison de retraite, assurez vos taches sans broncher !
Le vieil homme s’inclina dans une courbette respectueuse, les points serrés.
- Oui Miss, à vos ordres.
Calmement la majordome s’agenouilla et commença à ramasser les pâtisseries, sentant une colère torride bouillir en lui. Cette colère ne fit que s’accroitre lorsqu’il entendit Lara rire, mais c’était pire que rire : elle ricanait, gloussait, se moquait de lui.
Soudainement, la jeune femme se redressa et donna un coup de pied dans la théière, faisait rouler celle-ci jusqu’à Winston, en finissant de déverser tout le thé par terre.
- Vous n’oublierez pas d’éponger le sol ! le nargua-t-elle en s’affalant à nouveau dans le canapé.
Winston approuva en hochant la tête, se releva et quitta la salle en fermant la porte derrière lui, le regard noir. Le vieux majordome ne pouvait y croire : Lara avait arrêté de fumer depuis des années car cela nuisait à ses facultés respiratoires et donc à ses capacités physiques, indispensables à sa « profession ». De plus la manière dont elle lui avait adressé la parole était impensable, inimaginable, inconcevable !

Soudainement, Winston croisa Chocho qui allait vers le petit salon, il le retint par le bras.
- N’entrez pas, ordonna-t-il d’un ton ferme et froid, cette « personne » n’est pas Lara…
Le jeune homme ouvrit des yeux immenses mais le regard du vieil homme ne pouvait que lui donner raison. Winston exposait une colère monstrueuse, mais la douleur, tristesse et peine, pouvaient facilement se lire dans ses yeux ridés.
- Je connais Lara depuis suffisamment longtemps et même si elle était possédée par les démons de l’Enfer, jamais, au non au grand jamais elle ne m’aurait parlé sur ce ton !
- Winston vous êtes sûr de ce que vous dite ?! insista Chocho désappointé.
Le majordome avait des yeux noirs, Chocho en eut presque peur. Winston continua et dit :
- L’aura qui enveloppe cette « Lara Croft » est bien trop différente de celle de « ma » Lara. Tous les pores de cette femme empestent le mal. Je vous le répète Johan, ce n’est PAS Lara Croft. Je suis sûre qu’elle est possédée, droguée ou autre !
- Il a raison, résonna une voix faible au dessus du couple masculin.
Les deux hommes levèrent tout deux les yeux vers la voix. Ils aperçurent Eliane, appuyée à la balustrade. Les longs cheveux blonds de la jeune fille pendaient dans le vide, dissimulant un visage épuisé et une terrible exacerbation. Ils se précipitèrent alors en haut des marches pour aller à sa rencontre. Par réflexe, Winston posa une main sur le front de la jeune fille : il se brula et retira sa main immédiatement.
- Vous m’avez l’air encore très affaiblie, répliqua le vieil homme en tentant de l’aider.
- Ne parlez pas si fort, chuchota-t-elle presque, elle pourrait nous entendre.
Elle leur fit signe de la suivre dans sa chambre, ils s’exécutèrent, elle referma la porte derrière eux. Winston et Chocho, debout côte, à côte semblaient hypnotisés par la demoiselle. Ils la dévisageaient avec beaucoup d’émotions. Tout d’abord, ils ressentaient de la pitié et de l’inquiétude, car la jeune fille débordante de beauté était encore dans un état de santé pitoyable. Elle transpirait encore énormément, signe de sa forte fièvre et les plaies béantes lacéraient son corps pourtant parfait. Ensuite, ils étaient stressés et impatients que la demoiselle leur dise la vérité. Elle dit :
- Je n’ai pas beaucoup de temps pour vous expliquer la situation désastreuse dans laquelle le monde est en train de plonger. Johann et moi, nous devons partir immédiatement avant qu’elle ne se rende compte de notre présence ici, surtout la mienne.
- Jeune fille, la coupa Winston, je ne sais pas qui vous êtes, mais dites-moi au moins où est ma Lady, implora-t-il.
- Si elle est où je pense, alors elle très proche et très loin à la fois, dans un autre monde.
Ils la dévisagèrent tout deux comme si elle était folle, Eliane haussa les épaules.
- C’est bien trop long à vous expliquer. Johann je suis navrée que tu sois entraîné dans cette histoire. Les autres te croient mort et c’est tant mieux, ils ne viendront plus te chercher.
Eliane lança un trousseau de clés au jeune homme. Il le rattrapa avec maladresse.
- Ce sont les clés d’un appartement secret dans le centre de Londres.
Eliane lui tendit un morceau de papier où semblait inscrite l’adresse.
- Vas t-y cacher jusqu’à nouvel ordre, ne sors que pour le nécessaire et surtout ne parle de cet endroit à personne !
Le jeune homme ne savait pas quoi répondre, il se contenta alors d’hocher la tête de manière ahurie pour approuver. Winston reprit :
- Vous nous dites que Lara est dans un autre monde et que la personne qui se trouve à l’étage inférieur est un imposteur. Que dois-je faire ?
- Ne changez rien de vos habitudes avec elle. Johan l’a échappé belle, mais son sort est réservé à tous ceux qui en savent trop.
- Et toi qu’est-ce-que tu vas faire ?! demanda Chocho dépassé par la situation.
- Rejoindre les miens, en espérant avoir mis Lara suffisamment sur la piste, pour qu’elle nous revienne, car elle est la seule personne capable de sauver le monde maintenant.
- WWWIINNNSSTTOOONNN !!!!! hurla une voix monstrueuse au rez-de-chaussée.
Les trois individus sursautèrent à l’entente de la voix qui paraissait un hurlement d’enfant égorgé. Pourtant, le vieux majordome avait l’habitude d’entendre « sa » Lady l’appeler de ce type de manière, lorsque sa mauvaise humeur atteignait un paroxysme démesuré, mais jamais elle ne se permettrait d’utiliser un ton de voix si maîtrisable, orgueilleux et prétentieux. Winston en eut presque des nausées.
- Je ne pensais pas que Lady Croft pouvait devenir pire que ce qu’elle n’était déjà, dit le vieil homme avec ironie.
Winston se dirigea vers la porte de la chambre et sortit sur la balustrade, fermant la porte derrière lui.
Chocho reposa ses yeux sur Eliane, celle-ci se dirigea vers la fenêtre, l’ouvrit et commença à l’enjamber.
- Hé attends !!! hurla-t-il en plongeant en avant, qu’est ce qui te prends ?!
Il la rattrapa par le bras alors qu’elle allait sauter de plusieurs mètres de hauteur.
- Ne t’en fais pas pour la vraie Lara, elle saura revenir j’en suis sûre, j’ai confiance en elle, répliqua Eliane en lui souriant.
- Moi aussi j’ai confiance en elle, ce n’est pas ça le problème, le problème c’est que tu as parlé de « fin du monde ». Lara m’a parlé de « Lux Apocalypsis », est ce que ça a un rapport avec sa disparition ? Pourquoi parles-tu d’un autre monde ?
- Johan tu te souviens du sort qui arrive à ceux qui en savent trop ?!
- Euh…il baissa alors les yeux, oui…
Soudainement ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’il sentit une peau extrêmement douce effleurer la sienne, ressentant toute la chaleur de la jeune fille qui l’embrassa sur la joue, son parfum délicat débouchant dans les poumons du jeune homme comme un élixir curatif.
- Alors ne soit pas trop curieux, déclara-t-elle tendrement, puis elle bondit par la fenêtre.
Il resta un instant statique dans une expression complètement idiote, portant une main à sa joue si doucement que le mouvement parut se dérouler au ralentit. Puis soudainement son regard s’éclaira à nouveau et il bondit à la fenêtre, observant la jeune fille plus bas qui avait commencé à courir. Celle-ci se retourna, lui sourit avant de reprendre sa course pour disparaitre dans le parcours d’entrainement.
- Oh mince Lara après quelle catastrophe cours-tu encore ?! murmura-t-il en observant le trousseau de clés.

* * *

La jeune femme poussa un gémissement de plaisir en se retournant dans le lit, sentant les draps délicats et frais sous sa personne encore groggy par le sommeil. Doucement, elle roula sur le dos et laissa un sourire se peindre sur ses lèvres. Elle allait ouvrir les yeux délicatement et se réveillerait dans sa chambre dans le plus simple du quotidien. Après cela, elle irait prendre une douche avant de descendre à la cuisine où Winston l’accueillerait avec un superbe petit déjeuner bien garni, elle en frémissait d’avance. Ainsi, doucement, elle commença à ouvrir les yeux, hésitant presque, comme si elle doutait, voulant préserver le suspense. Lorsque ses yeux furent totalement ouverts, elle se redressa dans son lit.
- Raté, bafouilla-t-elle à haute voix.
En effet, alors qu’elle avait espéré que les événements précédents n’étaient rien d’autre que des mauvais rêves, elle se trouvait pourtant toujours dans la même chambre où elle s’était endormie et non pas dans son gigantesque manoir à Surrey. Poussant un soupire en se massant la nuque, l’aventurière passa les jambes par-dessus le lit et mit pied à terre. Il ne fallait pas qu’elle se laisse abattre. Maintenant reposée, elle était bien décidée à monter dans l’arène et à prendre le taureau par les cornes. C’était mieux que de déprimer sur son sort.

La jeune femme s’habilla, on avait d’ailleurs lavé ses affaires, une délicate attention. Puis, elle sortit de la chambre, descendit les marches et se dirigea au rez-de-chaussée pour retourner au bar. Tifa l’accueillit avec un sourire chaleureux.
- Bien dormi ?! lui demanda-t-elle en lui proposant de s’assoir.
- Oui, parfait je te remercie.
Elle s’assit en face de la jeune fille qui lui proposa de déjeuner, la table était déjà garnie de boissons et de biscuits et bien que Lara ne se trouvait pas dans son « chez elle », elle ressentait un bien être et une chaleur de compassion presque égalable à celle de son manoir. Lara se servit et laissa aller son regard dans la salle, le bar était encore vide.
- Tu es fermée aujourd’hui ?!
- Non, mais en ce moment, les affaires ne marchent pas très bien, les gens ne sortent pas beaucoup avec tout ce qui se passe en ville.
- Et qu’est ce qui se passe en ville ?!
- Des meurtres très glauques : les gens sont retrouvés morts avec un tatouage dans le dos.
Alors qu’elle allait s’étouffer, Lara avala subitement sa gorgée et commença à tousser horriblement, se tapant la poitrine de son point.
- Un…un tatouage… ?! Que représente-t-il ?! demanda-t-elle presque démente.
- Je ne l’ai pas bien vu, un œil je crois d’après ce que racontent les médias.
Lara ouvrit des yeux immenses, bascula son sac à dos sur le côté, l’ouvrit et en sortit les photographies du temple qu’elle avait prise sur l’île. Les prenant du bout des doigts, elle les tendit à Tifa.
- Cet œil là ?!
La demoiselle affuta son regard pour mieux voir, puis elle rendit la photo à l’aventurière.
- Oui c’est exactement ça, où as-tu eu cette photographie ?!
Soudainement, la porte d’entrée fut ouverte de l’extérieur et un homme pénétra dans le bar en tombant à terre, gémissant sous le choc. Il émit des jurons déformés par sa voix tremblante et peina à se relever, tombant à nouveau : Tifa se précipita pour lui venir en aide. L’homme empestait l’alcool à des kilomètres, Lara sentait l’odeur de sa place éloignée, il faisait des mouvements saccadés et il n’arrêtait pas de basculer dans tous les sens.
- Mer…zi…made…moizal, dit-t-il une fois sur ses pieds, soutenu par Tifa.
Il n’arrivait pas à tenir debout après deux pas, Tifa dut le rattraper à nouveau alors qu’il allait encore tomber.
- Je crois qu’il est bien mur, répliqua Lara en préparant une chaise.
L’homme s’affala sur la chaise en se cognant dans table, faisant vibrer les verres au point que certains se renversèrent sur la surface de bois vernis.
- Lara aide-moi s’il te plait, je vais lui donner un verre d’eau, répliqua Tifa en s’éloignant.
L’aventurière prit la place de Tifa pour soutenir l’homme ivre, celui-ci posa ses yeux endormis sur elle.
- Z’est Lara tonom ? tenta-il de bafouiller.
L’homme ivre était très bel homme : il avait des cheveux bruns très courts, était vêtu d’un élégant costume gris et donc physiquement, n’avait rien d’un dépravé. Lara lui répondit en se moquant :
- Oui, mon nom est Lara Croft, et toi ton petit nom c’est quoi ?
- John Smith.
Il se dandina sur la chaise et sa tête plongea en avant, Lara dut le rattraper de justesse avant qu’il ne s’encastre dans la table. Il se redressa douloureusement en gémissant, levant les yeux vers Tifa qui apportait la bouteille d’eau.
- Tu es Tifa Lockheart… ?! La proprio de ze bar ?! bredouilla-t-il maladroit.
- Oui c’est moi pourquoi ?
- Si ça ce trouve, il cherche du boulot, reprit Lara.
Soudainement, l’homme ivre se redressa parfaitement et son regard reprit une lueur tout à fait sobre.
- C’est toi le boulot, déclara-t-il d’une manière très claire.
Brutalement, il passa une main sous sa veste et dégaina un pistolet armé d’un silencieux, la situation bascula à une telle vitesse, que les deux jeunes femmes n’eurent pas la temps de faire un mouvement. En même pas une seconde, l’aventurière se retrouva menacée par l’inconnu, dont le regard était devenu tout à fait clair et déterminé, le regard d’un tueur, visant la jeune femme entre les deux yeux.
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MessagePosté le: Dim 06 Juil 2008, 12:07    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 13

- Lèves les mains ! doucement, très doucement ! ordonna l’homme menaçant.
Lara se haït d’avoir été aussi naïve. Il y a quelques secondes elle se moquait de cet homme ivre et maintenant il la menaçait d’une arme à feu dans un parfait état de sobriété : La situation venait de basculer totalement.
Le regard de l’inconnu était maintenant celui d’un tueur, glacial, exposant une forte détermination et assurance.
Lara n’eut pas le choix : elle ouvrit ses mains et délicatement commença à les lever jusqu’à sa tête. L’homme recula alors la chaise dans un horrible grincement et tout en continuant de menacer l’aventurière se leva.
- Très bien maintenant debout !
Au départ, Lara pensait que l’objectif de cet homme était de cambrioler la maison, mais il ne portait aucun intérêt à Tifa : c’était bien l’aventurière qu’il voulait. Lara ne comprenait pas pourquoi on s’intéressait si rapidement à elle dans ce monde qu’elle ne connaissait pas. Cela l'intrigua.
L’homme pivota sans quitter l’aventurière des yeux et s’approcha légèrement de Tifa sans prendre garde : une grossière erreur. La demoiselle profita de l’opportunité et envoya une jambe direction pleine tête de l’agresseur. Lara profita de la déconcentration de son adversaire pour bondir sur lui et tenter de le désarmer mais celui-ci l’esquiva parfaitement. Lara tomba en avant, roula sur le côté et bondit vite sur ses pied pour se redresser. Seulement, à peine fut-elle à nouveau debout qu’elle dut s’arrêter à nouveau : une arme pressait son front. L’aventurière plongea dans les yeux de celle qui la menaçait : une femme et pas n’importe qu’elle femme ; Lara ouvrit des yeux immenses devant la surprise.
- C’est impossible ! dit-elle déstabilisée.
La complice de l’agresseur regarda sa cible avec un regard tout aussi surpris. Les deux femmes s’observaient de leurs yeux abasourdis sans bouger. L’homme qui tournait le dos à la scène, menaçant Tifa de son arme, ricana pour se moquer et dit :
- Tu tombes à pic chérie !
- Heureusement, la situation t’échappait, répondit-elle sans quitter Lara des yeux.
Les deux femmes continuaient de s’observer, ayant en réalité toutes les deux l’impression de se regarder dans un miroir. Lara ressemblait comme deux gouttes d’eau à la complice : des yeux marrons formant un regard mélangeant la sensualité et la sévérité, de longs cheveux bruns attachés en queue de cheval, des lèvres pulpeuses, des formes avantageuses et élancées et enfin une maîtrise parfaite des armes à feu. Elles semblaient sœurs.
- Jeune fille va rejoindre ta collègue, ordonna John Smith, mais pas de mouvement brusque cette fois !
Tifa alla rejoindre Lara sans rien tenter et fut tout aussi abasourdie par la ressemblance physique des deux femmes.
- Bon chérie, ne tardons pas trop ! N'oublie pas que les Colmac nous attendent ce soir, rit John Smith en se retournant.
- Oui, merci de me le rappeler.
Le jeune homme eut un mouvement de surprise en remarquant également la ressemblance de sa femme et de la cible.
- J’ignorais que tu avais une sœur jumelle.
- Moi aussi.
Lara fronça les sourcils et posa les mains sur ses hanches. Elle laissa de côté la coïncidence de la ressemblance physique un instant pour réfléchir au vrai problème de la situation : on la menaçait d’une arme à feu.
- Qu’est ce que je peux faire pour vous ?! demanda-t-elle fermement.
John Smith répondit :
- Nous suivre sans discuter. On va t’emmener faire une petite balade en campagne.
- Et si je refuse ?!
Soudainement l’agresseur passa dans le dos de Lara, saisit son bras droit et le monta violemment vers le haut pour la soumettre par la douleur. L’aventurière se cambra en gémissant et fut dans l’incapacité totale de riposter.
- Lâchez là !! ordonna Tifa en se rapprochant.
La jumelle de Lara dirigea son pistolet vers la tête de la jeune femme qui dut s’arrêter.
- Ne te mêles pas de ça ! ordonna sèchement la complice. On ne va pas lui faire de mal si elle se tient tranquille et ça vaut aussi pour toi.
Impuissante, Tifa ne tenta rien, laissant un regard triste et coléreux se peindre sur son visage. Lara se débâtit, la douleur la rendant folle, elle demanda coléreuse :
- Qui êtes vous ? Et que me voulez vous ?
Calmement, la jumelle de l’aventurière se dirigea vers la porte du café, l’ouvrit et répondit :
- Mr et Mrs Smith, tueurs à gages. Nous devons juste te « livrer » à notre commanditaire, le reste ne nous regarde pas.
John Smith poussa brutalement Lara vers la sortie du café, l’aventurière avait beau se débattre ça ne changeait rien : Smith était bien trop fort et l’avait placé dans une position de soumission totale.
Tifa regarda son amie se faire emporter sans pouvoir réagir et serra les poings de colère. Lorsque le trio fut à l’extérieur du café et que la porte se referma derrière eux, la jeune femme se précipita sur le téléphone et composa nerveusement le numéro de portable de Cloud. Après quelques sonneries il décrocha.
- Cloud ils ont emmené Lara !
- Oui je sais, je viens de les voir. Je suis non loin de l’entrée du bar en fait.
- Qu’est ce qu’on fait ?
- Je ne connais pas bien cette Lara Croft, mais on ne va pas la laisser dans le pétrin, donc on va les suivre.

L’aventurière fut jetée à l’arrière d’une voiture noire, Mrs. Smith s’assit à ses côtés, continuant de la menacer par sécurité alors que Mr. Smith prit le volant et démarra calmement. L’aventurière lança un regard noir à sa jumelle et demanda :
- Votre nom ne serait-il pas Lara par hasard ?
- Non, Jane.
- Où m’emmenez-vous ?!
- Tu ne connais pas ce monde, donc à quoi cela t’avancerait de le savoir ?
Ce n’était pas faux, Lara se contenta donc de grincer des dents sans rien ajouter de plus. Si elle tentait le moindre mouvement brusque, elle serait maîtrisée de suite par Jane. Il ne lui restait plus qu’à attendre et de voir la suite sans broncher, à son grand regret : cette situation la rendait furieuse.
Elle se retourna vers la fenêtre pour admirer le paysage défilant sous ses yeux. La voiture quittait Midgard pour s’enfoncer en pleine campagne. C’était une campagne totalement vide d’arbre, buisson ou autre végétal : rien qu’une plaine immense s’étendant jusqu’à l’horizon. Le voyage fut d’un ennui assommant et Lara faillit s’assoupir plusieurs fois. Cette campagne semblait vraiment sans fin et l’aventurière se demandait comment une ville comme Midgard, technologiquement très avancée, pouvait ainsi se trouver finalement au beau milieu de nulle part. En levant les yeux vers le ciel elle se rendit compte que la grosse masse nuageuse s’était dissipée.
Au bout d’une heure de trajet Jane Smith ne la menaçait plus et l’atmosphère était plus détendue ; Lara décida de poser quelques questions et demanda :
- Nous avons quitté Midgard ?!
- Depuis longtemps, répondit John Smith, mais nous sommes toujours dans « la région de Midgard » car elle reste encore la ville la plus proche.
- Midgard est entouré de désert et de plaine ?
- Oui l’important taux de pollution qu’a connu la ville a en partie tué toute la végétation limitrophe.
- Pourquoi Midgard est-elle en ruine ?
- Tu as vécu chez Cloud Strife et Tifa Lockheart sans le savoir ?
- Je ne leur ai pas demandé… J’avais d’autres préoccupations.
- La ville de Midgard était le siège de la Shinra, une société qui pompait l’énergie de la planète pour la transformer en source d’énergie, source de cette pollution. Mais la Shinra menait également des expériences atroces sur des êtres humains et l’une de ses « expériences », Sephiroth, autrefois considéré comme un héros, est devenu fou en l’apprenant et a entreprit une vengeance sanglante. Il a réussi à invoquer le météore divin qui s’est effondré sur Midgard, heureusement, Cloud et son équipe sont sortis vainqueur de ce combat…mais sans compter les séquelles pour la ville et pour eux… C’était il y a deux ans.
Il y eut alors un profond silence dans la voiture et l’atmosphère devint particulièrement maussade. Lara ne se serrait jamais doutée que la ville avait connue une telle tragédie et elle comprit alors la raison pour laquelle Cloud était si enfermé.

Quelques minutes après leur conversation, John Smith stoppa la voiture devant une maison de bois perdue dans la campagne.
On ouvrit la portière vigoureusement et un jeune homme saisit le bras de Lara pour la faire sortir brutalement du véhicule. Une fois sur ses pieds la jeune femme l’observa : jeune, au visage neutre d’émotion, l’inconnu avait une longue cicatrice sur son visage qui partait du milieu de son front pour terminer en dessous de son œil gauche, il possédait des yeux d’un bleu glacial et tout vêtu de noir, avait tout du « beau brun ténébreux ». Il ne dit pas un mot et continua de tenir Lara avec fermeté quand tout d’un coup la porte de la maison s’ouvrit, laissant apparaître une belle jeune femme blonde. Ses cheveux attachés par une barrette laissaient pendre deux longues mèches encadrant un visage délicat et doux, néanmoins enfermant un soupçon de sévérité. Habillée dans des teintes orangées, la jeune femme apportait quelque peu de « couleur » par rapport aux précédentes rencontres de Lara ; ses bottes noires à talon la grandissaient et sa jupe lui offrait une forte féminité malgré le fouet attaché à sa ceinture qui n’inspirait rien de bon. Tenant une enveloppe dans ses bras elle s’approcha du véhicule et tandis le paquet à Jane Smith qui s’était installée à l’avant, aux côtés de son collègue.
- Dix-milles gils exactement, répliqua-t-elle, vous pouvez vérifier.
- Pas la peine je vous fais confiance, répondit Jane.
Alors John démarra la voiture et ils disparurent, laissant l’aventurière seule avec les inconnus.
La jeune femme tourna la tête vers Lara. Elle dévisagea sévèrement l’aventurière avant de tourner les talons.
- Squall on y va, déclara-t-elle en se dirigeant vers la porte d’entrée.
Lara ne tenta rien pour se dégager. Elle avait repéré l’immense épée dans le dos du jeune homme et avait donc décidé de ne pas s’y frotter : de toute manière se libérer pour ensuite fuir dans une campagne pleine de monstres ne lui semblait pas l’option la plus intelligente.

Calmement, le trio pénétra dans la demeure et la jeune femme blonde verrouilla la porte d’entrée.
L’intérieur de la maison exposait une rusticité archaïque, avec des meubles en bois, une cheminée en pierre, des murs dépourvus de décorations et seulement deux autres pièces : une cuisine et une chambre : c’était une maison de campagne des plus banales. Mais l’aventurière sentait son instinct la chatouiller : il y avait quelque chose dans cette maison. L’aventurière suivit la jeune femme blonde du regard alors que celle-ci se dirigeait vers la cheminée. Elle pressa une pierre et alors un bruit étouffé se fit entendre. Lara baissa les yeux : un passage secret venait de se dégager devant elle, exposant un escalier descendant dans les ténèbres. L’aventurière fut tirée dans le noir par Squall tandis que la jeune femme blonde passait devant eux, une lampe torche à la main.

Plus ils avançaient dans le couloir plus il faisait horriblement froid et humide : Lara frissonna. Il n’y avait pas un bruit et seul le son des pas résonnaient dans les ténèbres opaques. Les pierres apparentes qui formaient le tunnel dégoulinaient d’eau et il n’y avait que trois mètres de large pour pouvoir se déplacer : c’était un couloir très étroit.
Au bout de quelques minutes le trio arriva au bout du couloir et Lara s’arrêta brusquement. Devant elle se dressèrent deux portes avec gravé en leur sein cet œil maudit au regard abjecte qui foudroya encore Lara de son pouvoir diabolique. L’aventurière se sentit paniquer face à la douleur ressentie lors de sa « disparition » et elle voulut reculer. Mais le jeune homme la tenait avec une telle force que l’aventurière ne pouvait rien faire contre lui et elle fut tirée vers les deux portes sans résistance. Ils pénétrèrent alors dans un lieu immense : une chapelle sous-terraine semblable en tout point au dernier lieu que Lara avait connu dans « son monde ». L’œil était à nouveau gravé sur le sol et l’autel recouvert d’une nappe rouge semblait toujours dégouliner de sang. Le cauchemar allait-il recommencer ?!

L’aventurière avait beau se débattre, rien n’y faisait, elle ne pouvait se dégager et sentait la peur la posséder à nouveau.
- Inutile de vous débattre Miss Croft, nous ne vous ferons rien rassurez vous, répliqua une voix masculine.
L’aventurière leva les yeux vers l’autel et une grande silhouette apparut. Un homme vêtu d’un long manteau blanc, dont la blancheur contrastait totalement avec l’environnement sombre et glauque : son apparition sembla divine. Mais ce n’était pas seulement cette aura angélique qui surprit la jeune femme. Un soupçon de terreur l’envahit lorsqu’elle observa le visage de l’inconnu : il était identique à celui qui avait attaqué Lara dans le métro pour lui dérober le livre. Les deux hommes semblaient strictement identiques, excepté que l’individu face à Lara avait les cheveux plus courts, les yeux verts et était beaucoup plus âgé.
- Lâche la Squall ! ordonna-t-il, elle ne s’échappera pas.
Le jeune homme s’exécuta sans un mot et Lara découvrit à nouveau le bonheur d’être libre. Elle massa son bras douloureux sans pour autant tenter de prendre la fuite. L’homme toujours debout en hauteur possédait une grande prestance : dès que Lara avait croisé son regard, elle avait sentit qu’il s’agissait d’une personne importante. Il reprit et dit posément :
- Vous devez certainement vous poser beaucoup de questions Miss Croft ?!
- En effet.
- Très bien, je suis à votre disposition pour vous apporter des réponses.
Lara haussa un sourcil tandis que sa peur commençait à muter en colère. On l’avait kidnappé et maintenant on lui proposait des informations gratuitement ?! C’était totalement incohérent. La jeune femme jeta un bref coup d’œil aux deux individus statiques derrière elle. Si elle tentait le moindre mouvement brusque elle serait de suite arrêtée, elle décida donc de profiter de l’opportunité offerte tout en restant méfiante et demanda :
- Pourquoi m’avez-vous réellement amené ici ?
L’inconnu esquiva un sourire et répondit :
- Ce n’est pas la bonne question.
Lara fronça encore plus les sourcils et serra les poings. Il se moquait d’elle et ça la rendait furieuse. L’homme reprit :
- La première question que vous auriez dû me poser est de me demander qui je suis ?!
- Pourquoi ?!
- Parce que ça vous intrigue.
- Trop de choses m’intrigues, répondez à mes questions !
- Nous vous avons amené ici, pour justement vous donner des réponses, c’est la vérité.
- Quel est ce monde ?
- Vous êtes dans un autre monde que celui où vous avez grandi. C’est un monde qui peut dépasser presque toutes les lois que vous avez apprises, un endroit différent.
- Comment suis-je arrivée ici ?!
- Je suppose par le sacrifice à la Lumière, qui vous a permis de traverser la Porte.
Rapidement l’aventurière essayait d’analyser les réponses. En effet elle se souvenait bien d’une lumière aveuglante qui l’avait « dévoré » lors de son sacrifice et de cette gigantesque porte noire que la jeune femme avait vu sur l’île en découvrant l’artéfact. Les deux mondes serraient donc séparés par cette Porte ? Lara reprit :
- Comment puis-je retourner dans mon monde ?!
- Grâce à un nouveau sacrifice, vous devez faire le chemin inverse. Ou bien, invoquer la lumière elle-même.
- Vous parlez de Lux Apocalypsis ?!
- Tout à fait, ce pouvoir sacré dont vous ne pouvez imaginer la puissance. L’ultime pouvoir de destruction, le premier pouvoir des dieux suprêmes Arvamlabe avec celui de la création.
Intérieurement Lara fut bouleversée par toutes ses réponses. Elle resta malgré tout neutre physiquement. Elle s’efforçait de prendre ces informations avec des pincettes, ne devant pas accorder sa confiance au premier gus venu même si ce qu’il disait semblait cohérent. Lara prit alors un air sévère, commença à tester l’inconnu et dit :
- Arvamlabe, la citée perdue des premiers dieux, à l’époque où la Terre elle-même n’existait pas. Vous voulez me faire croire qu’elle existe vraiment ?!
- Bien sûr qu’elle existe ! Lux Apocalypsis étant un lien sacré, qui unit les deux mondes terrestres et Arvamlabe.
- Ce monde et le mien, c’est ce que vous appelez les deux mondes terrestres ?
- Absolument, comment croire qu’il existe deux mondes n’est ce pas ?!
Au grand jamais Lara n’aurait pu croire à l’existence d’Arvamlable qu’elle avait toujours prise pour une légende absurde, mais maintenant les choses avaient changé : Arvamlable était au cœur du problème.
- Qu’est ce vraiment qu’Arvamlabe ?! demanda la jeune femme.
- La citée des dieux renfermant encore tous leurs pouvoirs et la puissance des deux mondes, une citée sacrée protégée par des murailles immenses, infranchissables, que seuls la matérialisation de la lumière et le sang des gardiens peuvent ouvrir.
- Matérialisation de la lumière ? Vous parlez d’une clé ?
- Oui, c’est un artéfact divisé en deux parties, dispersées quelque part dans chacun des mondes, dans le temple de la lumière.
Lara se figea soudainement et lentement elle porta une main à son sac à dos. Le sourire de l’inconnu s’intensifia et l’aventurière s’arrêta. L’artéfact qu’elle avait trouvé dans le temps sur l’île, c’était donc lui la « clé » pour accéder à la citée ? L’aventurière reposa ses yeux sur l’inconnu, il continuait de sourire de manière satisfaite et bien que l’aventurière n’avait pas sorti l’objet, il se doutait largement qu’elle le possédait et il le confirma :
- Vous possédez la première partie Miss Croft.
Lara croisa les bras, cette situation commençait à l’agacer.
- Qu’en savez-vous ? Et comment êtes vous au courant pour Arvamlable et Lux Apocalypsis ?
La jeune femme se sentait bouillir de l’intérieur, elle demanda enfin :
- Qui êtes-vous ?
A petits pas l’inconnu débuta la descente des marches et se rapprocha de la jeune femme. Il commença alors à réciter un poème que l’aventurière ne connaissait que trop bien et Lara resta tétanisée par la révélation.
- Je tremblais d’effrois face à la lumière, elle continuait de rire avec désinvolture mais ça me glaçait le sang, et je suis vraiment mort, non je suis devenu dieu, et j’ai enfin pu la voir, Arvamlabe…
Lara ouvrit des yeux immenses en tremblant presque d’effroi.
- Inline ?! bafouilla-t-elle presque inaudible.
Il sourit de plus belle avant de se retourner et de marcher au hasard devant la jeune femme.
- La lumière m’a offert la vérité Miss Croft, j’ai vu Arvamlabe de mes propres yeux et par la suite la lumière m’a renvoyé ici, laissant derrière moi une âme et un corps maudit par le pouvoir.
« Une âme et un corps maudit », parlerait-il de cet homme qui avait attaqué Lara et qui lui ressemblait ?! L’aventurière commençait à comprendre : Inline avait consacré toute sa vie à chercher Arvamlable et avait réussit à voir la Porte et la Lumière. Il avait écrit le livre et l’avait laissé dans l’autre monde avant d’être transféré dans celui-ci. Cet ouvrage était un rapport exceptionnel renfermant toute les réponses, mais que personne ne pouvait comprendre à part ceux qui savaient ce qu’il contenait.
- Autre chose, reprit la jeune femme, je suppose que vous êtes aussi au courant pour cette série de meurtres glauques en rapport avec Lux Apocalypsis, en quoi ces meurtres sont importants ?
- Pour que le sacrifice soit possible tous les éléments doivent être réunis. Il est nécessaire de posséder le sang des dieux, ou du moins celui de leurs résurrections pour pouvoir invoquer la lumière.
- Résurrection des dieux ?
- Des personnes possédant les pouvoir des divinités d’Arvamlable, que ce pouvoir soit endormi ou non. Une fois leur pouvoir réveillé ces personnes sont capables d’invoquer la puissance divine de ce monde pour l’utiliser dans l’autre.
- Je ne comprends rien, vous mentez !
- Vraiment ?! N’avez-vous pas rencontré de tels personnages Miss Croft ?!
Lara laissa vagabonder sa mémoires et elle émit un léger frisson, « Je vais te faire gouter AUX FLAMMES DE L’ENFER !!! » les souvenirs revenaient se greffer un à un pour compléter les réponses et Lara eut un spasme de terreur.
- En fait…si…j’en ai rencontré, dit-t-elle doucement.
- Je m’en doutais, sinon vous ne seriez pas là.
- Que cherchent-t-ils ?!
- A récupérer le pouvoir d’Arvamlable bien sûr et libérer la force ultime pour régner sur les deux mondes.
- Pourquoi me dites-vous tout ça ?!
- Parce que vous êtes la seule à pouvoir les arrêter.
Non il y avait autre chose, ça n’allait pas, Lara sentait un mal être autour d’elle qui la dérangeait, elle ne se sentait pas du tout à l’aise ici et cet homme qui se prétendait être Inline dégageait une aura trop imprécise, mélange de bien et de mal, de mystère indéchiffrable.
- Revenons au sacrifice, reprit Lara calmement, comment se produit-il ?
- Le corps du sacrifié est brûlé par la lumière puis restructuré une fois la Porte traversée, heureusement aucun morceau n’est égaré en route.
- Remarque très constructive, vous êtes plein d’humour, grimaça Lara de dégout. Et cette âme maudite, votre « jumeau maléfique » qui est-il ?
- Les deux mondes sont comme une gigantesque équation, ils sont égaux. Ainsi, nous possédons tous un « jumeau » dans le monde opposé, mais lorsque l’on quitte un monde pour aller dans l’autre, l’équation est faussée. La lumière créée alors une nouvelle âme pour égaliser de nouveau l’équation. Néanmoins cet être, incarne souvent les sentiments négatifs de son model.
La jeune femme repensa alors à Jane Smith. Alors cette femme était sa « jumelle » dans ce monde, cela expliquait leur ressemblance frappante. Finalement les réponses d’Inline semblaient justes. Les deux mondes sont identiques et chaque être humain possède un « double », si ce double disparaît, un nouveau est crée par la lumière et…Lara se figea.
- Vous allez donc me dire, qu’en ce moment un double se promène dans mon monde en se faisant passer pour moi ?!
- Oui, c’est inévitable.
La jeune femme ne fut alors que des plus inquiètes, il fallait qu’elle rentre au plus vite.
- Si un sacrifice n’est pas forcément nécessaire, alors comment puis-je retourner dans mon monde ?
- Vous devez invoquer la lumière grâce à l’artéfact dont vous avez la première partie.
Inline enfouit alors une main sous son long manteau blanc et en sortit une petit boite nacrée et incrustée de fil d’or. Il l’ouvrit avec délicatesse et du bout des doigts en sortit un grain à peine visible, de quelques millimètres seulement.
- Voir le monde dans un grain de sable…murmura-t-il en l’exposant à la jeune femme.
Lara n’en revenait pas, elle avait vue juste en repensant au Triangle de Lumière.
- Toutes les légendes sont liées autour d’Arvamlable Miss.
Il lui tendit la boite lentement, Lara s’en saisit et la rangea dans son sac à dos. Inline reprit :
- Un grain de sable est indispensable pour souder les deux parties de l’artéfact, car il représente la Terre. Gardez-le précieusement.
- Et si jamais je le perds? j’en ramasse un autre au hasard ?! répliqua-t-elle avec un sourire vicieux.
- Tout à fait, c’est facile non ?!
L’aventurière fut dégoutée de voir sa répartie tomber à l’eau. Inline prenait un malin plaisir à se moquer d’elle. Tout cela semblait fou.
- Où se trouve la seconde moitié de l’artéfact ?! demanda la jeune femme.
- Les temples de la lumière sont chacun dissimulés sur une île en pleine mer, à vous de braver les dangers. Mais attention les monstres de ce monde n’ont rien à voir avec ceux que vous avez pu affronter dans le votre monde Lady.
- Il faut bien que quelqu’un prennent le risque non ?! ironisa-t-elle pour le défier.
Il y eut une pause dans la conversation puis Inline sourit à nouveau de cet air si sûr de lui. Lara croisa les bras et fronça les sourcils, prenant un air méfiant et arrogant.
- Pourquoi ai-je l’impression que vous allez me demander quelque chose ?!
- En échange de toutes ses informations j’aurais besoin que vous récupéreriez quelque chose pour moi, une sphère.
- Pourquoi en avez-vous besoin ?!
- Ca, ça ne regarde que moi. En échange je vous offrirais une carte rare très détaillée vous permettant de vous rendre à un port où vous pourrez trouver un navire afin de rejoindre le temple de la lumière.
- Port Royal ?! demanda Lara en se remémorant la carte de Cloud.
- Oui, mais vous devrez redoubler de prudence. Port Royal est un port de pirates. Les pirates sont des individus aux principes archaïques, refoulant la technologie et ne vivant que pour leur amour de l’océan et du pillage et leur respect pour les femmes est quelque peu limité.
- J’en ferais mon affaire, quelle sphère voulez vous que je ramène ?
- Une matéria, Quistis et Squall vont vous guider.
Matéria ? cet objet que Cloud avait utilisé pour soigner la jeune femme ?! Inline devenait alors de plus en plus louche aux yeux de Lara.
La jeune femme se retourna vers Squall et Quistis qui n’avaient pas dit un mot depuis l’arrivée d’Inline, en fait elle les avait oublié. Lara observa encore une fois le vieil homme qui continuait de lui sourire avec compassion, il demanda alors :
- Avez-vous d’autres questions Miss ?
La jeune femme réfléchit mais aucune nouvelle question ne lui vint à l’esprit.
- Non pas pour l’instant.
Sans rien ajouter de plus Lara tourna les talons et se dirigea vers Squall et Quistis. Le trio se dirigea alors en silence vers le couloir secret et quittèrent la cathédrale. Lara ne se rendit alors pas compte qu’Inline souriait de manière perfide, la regardant s’en aller d’un air victorieux.

* * *

Le vieil homme stoppa face à la porte de la chambre alors que sa main allait saisir la poignée. Il resta durant de longues secondes face à la porte, en silence, pensif et attristé alors que pour la première fois de sa vie, depuis des années de services et de bonheur, il hésitait aujourd’hui à pénétrer dans la chambre de sa lady. Soupirant longuement en fermant les yeux, Winston finit par saisir la poignée et à se rapprocher de la porte. De son autre point fermé il frappa quelques coups sur la porte qui résonnèrent dans sa tête comme des coups de tonnerre.
- Oui entrez, répondit la jeune femme de l’autre côté.
Winston tourna la poignée et entra vigoureusement à l’intérieur de la chambre.
- Vous m’avez fait deman… ?!!!!
Ses yeux s’exorbitèrent alors durant quelques secondes avant que le vieil homme ne baisse les yeux de hontes de colère.
- Vous avez un problème Winston ?! demanda la jeune femme en continuant de farfouiller dans ses affaires.
- Si... Si j’ai un problème ?! Bien sûr vous êtes entièrement nue Miss Croft !!
En effet Lara se promenait nue dans sa chambre, cherchant des affaires de rechange pour aller prendre sa douche. Elle répondit :
- Et alors vous n’avez jamais vu de femme nue de votre vie ?! Il serait temps de vous dépuceler Winston !
Le vieil homme soupira en serrant les dents, dégouté par cette attitude qui le rendit terriblement honteux et désappointé. Au grand jamais « sa » Lara ne se serait permis un tel affront devant lui et là il avait presque envie de se jeter au cou de cette autre femme qui faisait tout le contraire que ce que le vieil homme s’était échiné à apprendre à sa Lady. C’était comme si cette femme faisait exprès de prouver qu’elle n’était pas Lara Croft.
Continuant de farfouiller dans un tiroir, la jeune femme finit par sortir des vêtements et fit volte face.
- Je voulais vous dire que je vais prendre un bain Winston, je ne veux pas qu’on me dérange, il faut que je réfléchisse à certaines choses.
- Très bien Miss, répondit Winston en s’inclinant dans une courbette respectueuse, je vous laisse.
La jeune femme se dirigea vers la salle de bain à petit pas sereins et élégants. Le vieil homme la découpa de son regard critique. Il était vrai que les deux femmes étaient d’une ressemblance aberrante, chaque ligne de leur corps étant parfaitement identiques. Winston reconnaissait ainsi trait pour trait les longues jambes affinées et athlétiques de Lara, son buste long aux muscles développées et toutes ses lignes clairement féminines mais trompeuses à souhait : une main de fer dans un gant de velours. Mais le vieil homme eut une profonde sensation de mal aise lorsque ces yeux se posèrent sur le dos de la jeune femme. Un dos d’une beauté paroxystique mais orné d’un tatouage terrifiant, repoussant, aberrant. Un tatouage couvrant tout le dos en un œil méprisable dont le regard abjecte pétrifia le majordome comme si subitement ce regard l’avait pénétré jusqu’au plus profond des os pour tout lire de lui. Un œil entouré d’inscriptions indéchiffrables et de signes étranges et oppressants. Winston fut alors terrifié et eut une profonde envie de vomir. Il ne put détacher ses yeux du dos de l’aventurière et tout autour de lui sembla se fondre dans une lumière abominable, une lueur morbide comme si la mort elle-même s’approchait pour venir lui arracher le cœur. Alors brutalement l’aventurière s’enferma dans la salle de bain et le vieil homme retrouva simultanément ses esprits dans un sursaut atroce qui le fit presque décoller du sol.
Portant une main à son front dégoulinant de sueur, son cœur battait la chamade et une sensation de mal être prenait son corps glacé et bouillant à la fois. Il fit alors demi-tour et quitta la chambre en refermant la porte derrière lui. S’appuyant contre la surface de bois, Winston resta une longue minute dans cette position.
- Ce tatouage m’évoque de pales souvenirs, se murmura-t-il à lui-même.
Il fut alors en colère, car n’arrivant pas à se souvenir de ce tatouage dont il était persuadé de connaître la provenance.

Décidé à avoir le dernier mot sur sa sénilité, le vieil homme débuta une marche déterminé vers la bibliothèque. Il franchit la porte et se dirigea avec hâte vers le bureau. S’abaissant il passa sous le meuble et se plaça dans une position très inconfortable pour une personne de son âge. Faisant une manipulation délicate et ardue, le majordome finit par réussir à déclencher ce qu’il voulait : l’ouverture d’un espace caché dans le bureau. Cet espace, seule Lara et lui-même connaissait son existence et l’aventurière y dissimulait toujours des documents importants. Sortant de sous le meuble le vieil homme ouvrit le tiroir secret et débuta sa fouille dans les divers documents. Il finit par trouver ce qu’il cherchait : une enveloppe jaune qu’il avait distingué avant l’attaque du manoir. Il y sortit les papiers et tomba alors sur des clichés de meurtres sordides qui lui donnèrent la nausée. Puis ses yeux s’écarquillèrent lorsque les photos affichèrent les dos des victimes, des dos tatoués d’un œil, de « cet » œil. Winston commença à trembler, voire à pleurer. Il demanda alors d’une voix tremblante :
- Bon sang…je…qu’est ce que je dois faire Lara dites le moi par pitié ?!
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MessagePosté le: Dim 06 Juil 2008, 12:14    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 14

L’entrée de la grotte s’imposait comme la gueule béante d’un dragon empestant le souffre et le magma en fusion. Lara restait statique face aux ténèbres qui se présentaient face à elle. La jeune femme hésitait presque à entrer tellement l’aura de cet endroit la terrorisait jusqu’à la faire douter de ses capacités. Un frisson la frigorifia, remontant tout le long de sa colonne vertébrale au point de presque la faire trembler. Mais l’aventurière serra les poings comme pour broyer tout signe de faiblesse que son corps pouvait exposer, tentant de se ressaisir et d’empêcher l’incertitude de la faire douter d’elle même. Cette grotte ne présageait rien de bon, certes, mais il ne fallait pas qu’elle se déstabilise pour si peu.
- Au fait, l’interpella Quistis en s’approchant de l’aventurière.
Lara se retourna vers la jeune femme dont la voix l’ôta de ses pensées. Quistis lui présentait une grande mallette noire qu’elle déposa au sol. L’aventurière fronça les sourcils, s’abaissa et ouvrit la mallette : elle contenait des holsters, des ceintures de chargeurs ainsi que deux pistolets semblables à ses 9mm. Au départ Lara ouvrit des yeux immenses, exposant facilement sa stupeur et sa surprise. Elle saisit alors les armes à pleine poigne et les observa avec un grand sourire, comme si elle tenait tout simplement « l’espoir » dans ses mains.
- Un cadeau d’Inline pour vous, reprit Quistis.
Lara observa la jeune femme en perdant son expression de gaité. Comment Inline avait-il récupérer ses armes ? Ou bien étaient-ce des 9mm identiques aux siens mais différents ? La seconde hypothèse était plus plausible car la jeune femme avait « quitté son monde » désarmée. De plus ces deux pistolets étaient bien plus gros et plus lourds et que ses 9mm. Mais de toute manière le mystère qui entourait Inline s’intensifiait, car de base, comment avait-il pu savoir que Lara était une experte en armes à feu ?
Lara décida de chasser ces nouvelles questions pour l’instant afin de se concentrer sur sa mission : trouver la matéria dans la grotte. Puis l’essentiel était qu’elle pouvait maintenant se défendre et elle se sentait déjà plus forte.
Lara s’équipa soigneusement, attachant les holsters autour de ses cuisses avant d’y placer les deux pistolets. Après les dernières vérifications elle se retourna vers Squall et Quistis.
- La matéria se trouve dans cette grotte c’est cela ? demanda l’aventurière.
- Oui, répondit Squall, nous allons t’accompagner pour t’aider en cas de besoin.
- Très bien, merci.
La jeune femme pivota sur elle-même et se retourna à nouveau vers l’entrée de la grotte. Elle inspira une grande bouffée d’air comme pour se donner du courage, tata les deux pistolets et maintenant déterminée et revigorée par la présence de ses deux porte-bonheur, elle fonça dans « la grotte de souffre. »

Dès que la jeune femme pénétra dans la grotte, une chaleur étouffante prit son corps comme si une main de titan la broyait avec fureur et elle dut s’arrêter un instant. Il faisait tellement chaud que la jeune femme eut des difficultés à respirer et elle suffoqua.
Des torrents et cascades de lave s’écoulaient des roches rouges qui formaient la grotte, encerclant de toute part le chemin sur lequel progressait le trio : un chemin de terre dégageant une poussière brulante collant à la peau comme pour la bruler. Les rivières de lave dégageaient une lumière vive et ténébreuse, paraissant un torrent de feu ensanglanté. Lara commença à transpirer sauvagement à cause de la température accablante : elle était en Enfer.
La grotte immense de plafond ne permettait pas de voir celui-ci dissimulé dans les ténèbres les plus opaques. Cette caverne devait être immense et l’aventurière en avait certainement pour des heures. Elle poussa un soupir en se retournant vers son couple garde du corps qui ne disait pas un mot. Quistis armée de son fouet observait les alentours avec fascination, Squall tenait fermement une épée semblant le mélange d’une arme à feu et d’une épée classique. Lara n’avait nulle crainte : ces deux là semblaient savoir se défendre et après tout elle n’avait rien d’une débutante.
L’aventurière débuta sa marche en observant attentivement les alentours. Si il y avait des monstres ici mieux valait être prudent et avancer calmement.

Plus le trio s’enfonçait dans la grotte, plus la température devenait exécrable. Lara dégoulinait de sueur et ses vêtements maintenant trempés la moulaient comme une seconde peau. Son cuir-chevelu la démangeait, elle empestait le souffre et le charbon et maintenant n’avait qu’un seul rêve : plonger dans sa piscine à Surrey. La nostalgie s’empara de la jeune femme lorsqu’elle pensa à son manoir et aux personnes auxquelles elle tenait. Elle s’inquiétait énormément pour Winston, Axel, Kurtis, Chocho et toutes les personnes qui étaient maintenant mêlées à l’aventure et qui pourraient avoir des problèmes par sa faute. Il y avait aussi Roy Heaven mais lui elle s’en fichait totalement.
Soudainement un hurlement la fit sortir de ses songes :
- ATTENTION !!! cria Quistis.
Sans qu’elle ne puisse réagir l’aventurière fut violemment tirée en arrière, sauvée de la mort alors qu’un manque de vigilance aurait pu lui couter la vie si elle avait été seule : une colonne de flamme sortit du sol à sa place précédente. Si Quistis n’avait pas eu le réflex d’entourer son fouet autour du bras de Lara pour la tirer de ce mauvais pas la jeune femme aurait été brulée vive en quelques secondes à peine. L’aventurière leva les yeux pour mettre un visage à son agresseur. Elle tomba alors nez à nez avec un monstre grotesque et fascinant, drôle et terrifiant à la fois. Une sorte de ballon énorme, une boule de feu en fusion semblant planer en lévitation. Le monstre dévisagea la jeune femme de ses deux petits yeux sadiques et semblait rire de sa grande bouche noire découpées dans son corps. Lara eut presque envie de rire en voyant ce « machin » devant elle, mais il ne valait mieux pas car il ne semblait pas commode. L’aventurière dégaina et sans se faire prier cribla le monstre de balles. Les tirs résonnèrent dans toute la caverne comme des coups de tonnerre et les balles furent absorbées par la boule de feu. Lara vida ses chargeurs, les balles disparaissaient dans le corps de la bête, mais quelque clochait : le monstre grossissait et avait maintenant doublé de volume, comme si il se nourrissait de ses balles.
- Attends, arrêtes ! la stoppa Quistis en posant une main sur son bras.
L’aventurière cessa alors de tirer, observant la boule de feu qui était maintenant prise de convulsions, sursautant dans les airs en riant.
- C’est un Bombo, continua la jeune femme, un monstre local de l’élément du feu, une bombe.
- Si tu continues de lui tirer dessus il va exploser, reprit Squall sèchement.
L’aventurière se sentit presque fautive. Soudainement la bête hurla et cracha trois grosses boules de feu sur ses adversaires. Lara fit une roulade sur le côté et évita l’attaque de près. Comment pouvait-on battre ce monstre sans le toucher ?
Quistis se redressa et dit :
- Je n’en ai pas pour longtemps.
La jeune femme s’approcha à petits pas du monstre puis elle s’arrêta. Elle tandis les bras en l’air et une vague de froid commença à l’entourer. Lara se tétanisa à cause du changement soudain de température et recula à cause de la surprise. La vague blanche commença à se condenser au dessus de la tête de Quistis, formant un énorme bloc de glace. Alors la jeune femme jeta ses bras en avant et le bloc bondit vers le Bombo pour le percuter de plein fouet. Le monstre hurla de douleur en tombant au sol, gesticulant comme une bête blessée. Il finit par s’évaporer dans une brume rouge et la grotte redevint silencieuse.
Quistis se frotta les mains pour en évacuer la glace, tourna les talons et retourna vers le couple resté en arrière. Lara était admirative, surprise et ne savait pas quoi dire.
- Je suppose que tu ne sais pas utiliser la magie ? demanda naturellement Quistis à l’aventurière.
Dans le monde de Lara, la magie n’existait que dans les contes de fée, les films et les jeux vidéo, mais là, devant ses yeux et son incompétence, elle venait de voir une jeune femme tuer une bête de feu par l’invocation de la magie de la glace.
- Non ça n’existe pas, et je n’ai encore jamais croisé de « Bombo » dans le métro.
Quistis dégagea un sourire amusé et fouilla dans sa poche. Elle sortit alors une sphère blanche qui tenait tout juste dans son point.
- C’est une matéria ?! demanda Lara.
- Oui, et nous devons en récupérer une autre dans cette grotte.
- Qu’est-ce exactement ?!
- Les matérias sont des sphères qui possèdent l’énergie de la planète et les pouvoirs des dieux. Ils existent des matérias de magie blanche, de magie noire, d’invocation et beaucoup d’autres. C’est grâce à elles que nous pouvons utiliser la « magie ».
- Le mot « magie » fait référence aux capacités auscultes des matérias, reprit Squall, mais ce n’est pas de la magie, c’est de la « science ».
- Tout juste approuva Quistis, les matérias ont des pouvoirs qui diffèrent selon leurs caractéristiques et une durée de vie aléatoire.
- Elles se liquéfient quand elles n’ont plus d’énergie c’est cela ? demanda Lara.
- Oui.
L’aventurière y voyait maintenant plus clair et commençait à comprendre certaines choses : elle se sentait rassurée et moins bête.
- Donc les monstres de cette caverne sont sensibles à la magie de glace ?
Squall répondit :
- Il est important de connaître les caractéristiques élémentaires des ennemis. Une bonne maîtrise des éléments permet souvent d’augmenter sensiblement l’efficacité d’une attaque. Il existe quatre éléments principaux qui sont le feu, la glace, l’eau et le tonnerre. Par exemple une créature de feu est sensible aux attaques de glaces et un monstre d’eau est vulnérable face au tonnerre. Dans ce monde les gens étudient au maximum les lieux qu’ils traversent pour pouvoir s’équiper correctement en cas d’attaque ennemie.
Lara se sentait bouillir de l’intérieur : Inline l’avait tout simplement envoyé à la potence. Elle ne pouvait pas se défendre correctement sans connaître les lois de ce monde qui n’avaient strictement rien à voir avec celles du sien. Quistis continua :
- Mais il existe d’autres éléments comme le sacré ou les ténèbres et certaines matérias ont également des capacités d’influencer l’état d’un individu, on les nomme « altérations d’état bénignes ou malignes », elles peuvent doubler la vitesse ou la réduire de moitié par exemple.
- Donc plus on possède de matérias, plus on accroit sa puissance ?
- Exactement.
C’était effrayant, Lara ne pouvait imaginer qu’un tel pouvoir puisse exister. Si ces matérias tombaient entre de mauvaises mains le résultat pouvait être catastrophique. En pensant qu’Inline voulait récupérer celle qui se trouvait dans la Grotte de Souffre Lara frissonna : elle ne lui faisait pas confiance et était de moins en moins déterminée pour lui rapporter.
- Bien reprenons notre route, déclara Squall, on ne doit pas rester trop longtemps dans cette grotte sinon notre sang va finir par bouillir à cause de la chaleur.

Le trio reprit sa marcha et s’enfonça de plus en plus profondément dans la grotte. Lara suivait le chemin volcanique en étant attentive au moindre bruit et mouvement ennemi. Quelques mètres plus loin les trois individus durent s’arrêter, le chemin cessant sur un torrent de lave en fusion. L’aventurière leva les yeux pour observer les alentours, si la terre s’arrêtait il fallait tenter la voie des airs. Lara sourit : elle réussit à trouver un chemin fait de corniches en hauteur creusées dans la montagne qui permettaient d’escalader la paroi. Elle se retourna vers le couple et dit :
- Je vais y aller seule, attendez moi ici et couvrez moi en cas de besoin.
Squall et Quistis approuvèrent d’un bref mouvement de tête. Lara se positionna sur le côté et sauta contre la paroi rocheuse pour s’accrocher à la première corniche. La pierre extrêmement chaude lui brulait la peau et l’aventurière tentait d’éloigner au maximum son corps du mur pour limiter sa souffrance et avancer dans les meilleures conditions possibles. Elle escalada la paroi et était maintenant éloignée du sol de plusieurs mètres. Ne pouvant pas aller plus loin elle se déplaça sur sa gauche et s’arrêta à l’extrémité de la paroi. S’apprêtant à bondir sur le côté pour pouvoir atteindre un autre bloc de pierre, Lara fit un mouvement de balancier pour prendre de l’élan. Elle sauta par-dessus le torrent de lave et tendit son bras gauche pour saisir la corniche qu’elle visait. Alors une flèche de flamme jaillit du torrent, effleurant l’aventurière qui perdit sa concentration et l’équilibre. Elle se rattrapa du bout des doigts de justesse en se cognant contre la roche, égratignant son corps et gémissant sous la douleur. Elle se permit d’attendre quelques secondes pour respirer et se calmer. La flamme l’avait attaqué au bon moment. Il n’y avait pas que les monstres, la caverne elle-même semblait vivre et devenir une créature mortelle.
La jeune femme leva les yeux et aperçut une plateforme en hauteur. Elle poussa sur ses pieds et put se propulser et saisir le bord de la paroi. L’aventurière se hissa et se laissa rouler sur le sol, profitant de ce moment de répit quelques instants. Elle se redressa ensuite et découvrit avec bonheur un levier incrusté dans le mur de pierre. Doucement elle se rapprocha à petits pas, saisit le levier de bois et mit tout son poids dans ses bras pour l’abaisser. Un bruissement se fit alors entendre en contre bas, Lara se rapprocha du bord du ravin pour prendre connaissance de l’action qu’avait entraîné l’abaissement du levier et constata qu’un pont venait d’être abaissé au niveau de Quistis et Squall pour permettre de traverser le torrent de lave. Lara sourit à la réussite de son action : finalement elle pouvait utiliser ses compétences avec brio.
L’aventurière pivota sur elle-même afin de tourner le dos au ravin, sauta dans le vide, se rattrapa au bord et se laissa tomber jusqu’à la plateforme en contre bas. Faisant le chemin inverse elle réussit à retourner sans difficulté jusqu’à Squall et Quistis qui l’attendaient.

Ils traversèrent la rivière de feu et finirent par arriver jusqu’à une plateforme arrondie positionnée au centre du torrent de lave. La roche montait en formant de grands pics sur les bords du cercle : ça ressemblait à une arène de combat, Lara eut un mauvais pressentiment. Au centre de l’arène patientait un autel avec une sphère rouge planant en lévitation, c’était la matéria. L’aventurière avança à petit pas vers l’autel ; la sphère émettait une lumière rouge aux reflets orangés comme si elle brulait de l’intérieur. Un frisson parcourut le dos de la jeune femme comme un signe de mauvais présage. « C’était facile en réalité » se disait-elle comme pour se rassurer, mais son instinct et son expérience en pillage de tombe lui hurlait de se méfier, que quelque chose allait se passer. Doucement, elle leva sa main droite et avança ses doigts vers la sphère, celle-ci émettait une douce chaleur et l’aventurière marqua un temps d’hésitation. Elle se retourna légèrement, Squall et Quistis attendaient paisiblement derrière elle, tout aussi attentifs et prêts à un événement inattendu. Une fois à nouveau face à la sphère Lara avança sa main d’un seul coup et saisit la matéria à pleine poigne. Alors la sphère émit une gigantesque vague de lumière et le sol se mit à trembler violemment tandis qu’une explosion violente propulsa Lara en arrière.
La jeune femme roula dans la poussière par un enchainement de galipettes arrières avant de stopper aux pieds de Quistis qui l’aida à s’agenouiller. Un terrible hurlement résonna devant eux, faisant trembler les murs de la caverne et se propageant dans un écho interminable. La température sembla encore augmenter et une lumière aveuglante de flammes flamboyantes apparue au centre de l’arène. Une bête immense bondit des flammes dans un rugissement de haine torride et elle se dressa sur ses pattes arrières devant le trio tétanisé. C’était une chimère d’une beauté transpirante de puissance alors que sa fourrure brune s’illuminait dans la lumière des flammes de sa crinière flamboyante. Son haut du corps semblait le torse d’un homme à la musculature démesurée exposant des bras immenses qui s’achevaient par des mains pourvues de griffes noires acérées, de même que ses pieds dont les griffes se plantaient de rage dans la roche. Deux cornes noires immenses partaient du haut de sa tête et s’abaissait jusqu’au milieu de son dos entre les poils orangés de la chimère qui poussa à nouveau un hurlement féroce, mélange du cri d’un lion et d’un ours enragé.
- Mortels arrogants, commença-t-elle d’une voix grave, quelle prétention de penser pouvoir vous mesurer à Ifrit !
Lara resta statique devant une telle incarnation de force, elle se remit debout avec l’aide de Quistis et dégaina ses 9mm. Quistis s’arma de son fouet, Squall de sa Gunblade : ils allaient devoir se battre. Plus déterminée que jamais, Lara s’adressa à la chimère et dit :
- Nous avons franchit les épreuves de cette grotte avec sincérité, prête nous ta force désormais !
La chimère lui lança un regard haineux de ses petits yeux noirs avant de serrer ses mains immenses.
- Quelle insolence ! Votre audace vous perdra, vous allez mourir ici !
Soudainement, Ifrit se propulsa en hauteur et décolla du sol, vola en lévitation en poussant à nouveau un hurlement de fureur et cambra son dos pour jeter ses immenses bras vers l’arrière. Une énorme boule de feu se forma entre ses mains et lorsque la bête enragée lança ses bras en avant, la boule en fusion se dirigea de plein fouet vers les trois aventuriers : ils durent esquiver dans des directions opposées. Lara roula sur le côté et aussi tôt remise sur ses pieds tira sur la chimère. Les balles atteignirent leur cible et pénétrèrent la peau de la créature. Celle-ci ne bougea pas, ne semblant même pas sentir les balles et jeta à Lara un regard froid plein de sadisme. L’aventurière plia les jambes, prête à devoir esquiver à nouveau les représailles de la chimère. Alors le sol se mit à trembler dangereusement, Lara perdit l’équilibre et tomba à genoux sans pouvoir réagir. La roche sembla se dérober sous ses pieds et une éruption de flammes jaillit du sol juste sous elle, la jeune femme fut projetée dans les airs par la puissance du feu. La douleur fut horrible et d’autant plus que Lara s’écrasa lourdement sur le sol, percutant la terre dans un horrible son d’os qui se brise. Malgré son état comateux ses réflexes ne l’abandonnèrent pas et l’aventurière roula de suite sur le sol pour étouffer le feu qui commençait à consumer ses vêtements.
La chimère rugit à nouveau, un hurlement exposant toujours sa rage mais également une grande satisfaction de victoire. Lara s’agenouilla difficilement, respirant fortement de part la douleur de son corps. Cette attaque lui rappela son combat contre Axel : allait-elle subir la même défaite humiliante ?
Ifrit leva son bras et avec une rapidité exemplaire l’envoya s’effondrer sur la jeune femme chétive incapable de réagir. Mais soudainement un bruit de claquement sec retentit et l’attaque de la chimère fut stoppée à un mètre à peine du corps de Lara. Quistis tira sa jambe en arrière afin de garder le meilleur équilibre possible tandis que son fouet entouré autour du bras de la créature put la retenir et protéger l’aventurière. Lara leva les yeux et aperçut Squall bondir par-dessus la chimère prise au dépourvu. Le jeune homme leva son épée au dessus de la tête de la bête alors que la lame de la Gunblade commençait à dégager une lueur blanche. Tirant son épée en arrière afin de prendre de l’élan, le jeune homme se retrouva en quelques secondes à la hauteur de la tête de la chimère. Celle-ci utilisa alors son autre bras libre pour tenter de stopper l’attaque du jeune homme et lui porta un coup de griffe. Alors Lara bondit sur ses pieds, saisit ses 9mm et tira dans la main de la chimère. La puissance de feu déporta le bras de la créature qui rata sa cible. Squall tomba derrière la créature et son épée explosa d’une lumière blanche glaciale. Il trancha le dos d’Ifrit qui hurla de douleur et de fureur en tombant à terre. Ne perdant pas de temps, Quistis déroula son fouet, tendit ses bras à l’horizontale et brutalement les leva au dessus de sa tête. Alors un pic de glace immense jaillit du sol sous Ifrit et le propulsa en l’air : la chimère était totalement vulnérable à la glace ; Squall avait dit vrai. La bête retomba lourdement au sol, affaiblie et groggy par l’enchainement d’attaques dévastatrices. Le trio se rassembla au centre de l’arène, réfléchissant à la suite du combat.
- Humains pitoyables ! Vous pensez vraiment m’avoir vaincu ?! grogna la chimère de rage.
Lara frissonna en entendant ces paroles haineuses comme si elle était face au Diable lui-même. Ifrit commença à trembler alors que ces grognements redoublèrent et brutalement sa fourrure explosa dans un jet de flammes. En quelques secondes ses plaies cicatrisèrent et la bête se redressa, plus forte que jamais.
- Cette grotte est mon élément, je m’y renforce à chaque seconde, vos attaques navrantes ne me font aucun effet !
L’aventurière serra ses 9mm comme pour se donner du courage, mais sa détermination venait de chuter en flèche : comment pouvait-on vaincre une telle créature ?

- Lara ?!!!!!! hurla une voix féminine dans le dos de la jeune femme.
L’aventurière se retourna, reconnaissant la voix douce et délicate, elle eut presque du mal à y croire. En portant ses yeux de l’autre côté du pont Lara reconnut Tifa et Cloud qui accouraient à pleines jambes. L’aventurière fut heureuse de voir des visages « familiers » et de confiances ce qui lui fit esquisser un sourire, oubliant durant un instant la chimère de plus en plus enragée. L’aventurière remarqua que la demoiselle tenait dans sa main droite un objet brillant d’une couleur blanche. Tifa jeta alors son bras en arrière pour prendre de l’élan et envoya l’objet vers l’aventurière. Lara tendit le bras et rattrapa la sphère à pleine main, c’était encore une matéria, elle émettait une température glaciale, si bien que la jeune femme semblait tenir un glaçon entre ses doigts : c’était une matéria de glace.
- Utilises la Lara ! c’est le seul moyen !!!!! hurla Tifa pour se faire entendre.
Lara ne savait pas comment utiliser une matéria, mais guidée uniquement par son instinct et sa soif de victoire elle approuva d’un hochement de tête, pivota sur elle-même et à grandes enjambés se dirigea vers Ifrit. La chimère hurla pour l’impressionner, dégageant une odeur de souffre torride au point que Lara dut stopper à plusieurs mètre. Prenant bien appui sur ses pieds, se tenant droite les poings serrés, l’aventurière stoppa dans une posture fière et sûre d’elle. Alors elle leva la sphère et rapprocha ses deux mains l’une de l’autre avant de les écarter lentement, la matéria resta en lévitation en commençant à émettre une lumière blanche de plus en plus intense. Des flocons de neige commencèrent à tourbillonner autour de Lara dans une danse poétique alors que l’aventurière sentait un froid délicat sur sa peau comme une caresse.
Alors brutalement un intense bruit de fracas rugit derrière elle et trois immenses glaçons tombèrent du ciel pour se planter dans la roche en fusion. Lara sursauta, Ifrit recula et une silhouette féminine transparente comme du verre descendit du ciel. La femme descendit dans les trois glaçons et son corps sembla alors se matérialiser dans la glace. Subitement les trois blocs de glaces explosèrent et la chimère apparut au grand jour. Sa peau bleue parsemée de glace semblait dégager une pale lueur et ses longs cheveux bleus coiffés de fils d’or ne faisaient que l’embellir de plus bel. Lara resta submergée par la beauté de cette créature qui lui sourit de manière sensible et maternelle.
- Ils possèdent Shiva ?! grogna Ifrit en reculant.
Shiva leva ses bras vers le ciel et une vague de neige commença à l’entourer, remontant tout le long de son corps jusqu’à ses doigts avant d’émettre une mince explosion au dessus de sa tête. La créature jeta ses bras en avant et une terrible vague de glace entoura Ifrit, la chimère de feu hurla et finit par devenir totalement prisonnière dans la glace. La créature de feu ne put faire le moindre mouvement, fossilisée. Doucement, Shiva tendit un bras en avant et claqua des doigts : la glace explosa dans une éruption de morceaux de cristal qui se répandirent au sol, délivrant Ifrit de sa prison. La chimère de feu tomba au sol dans un hurlement exposant toute son exacerbation, prise de convulsions elle commença à trembler violemment, l’attaque l’ayant achevé.
- Non c’est impossible ?! bafouilla Ifrit d’une voix tremblante.
Lara leva les yeux vers la chimère de glace, Shiva ?! Tel était le nom de cette sublime créature qui avait été leur salut.
Ifrit plia les bras et se redressa tant bien que mal sur ses pattes arrières, titubant de part la douleur dont son corps devait être atteinte par l’attaque dévastatrice de Shiva.
- De simples mortels qui possèdent une telle chimère ?! Vous m’avez vaincu…
Alors la créature commença à émettre une lumière rouge et la lueur explosa au point que Lara du porter un bras à ses yeux pour limiter son aveuglement. Quelques secondes plus tard quand les ténèbres de la caverne reprirent possession des lieux, l’aventurière rouvrit normalement les yeux. Les deux chimères avaient disparu. L’aventurière regarda à ses pieds, la sphère blanche y reposait tranquillement. Elle se baissa, la ramassa puis se dirigea vers celle d’Ifrit positionnée au centre de l’arène. Une sphère dans chaque main, Lara les observa avant de pivoter sur elle-même, vers Quistis et Squall restés en arrière plan. Subitement elle rangea les deux sphères dans son sac à dos et avança de quelques pas.
- Ifrit et Shiva sont des chimères ?! demanda Lara.
- Tout juste Miss Croft, la plus grande magie de ce monde, reprit une voix masculine.
Lara fronça les sourcils et dirigea son regard vers le pont : Inline arriva derrière Tifa et Cloud.
- Les chimères sont des entités divines d’une puissance que vous ne soupçonnez même pas, la puissance de la magie à son plus haut paroxysme ! continua-t-il en levant les bras au ciel.
Lara posa les mains sur ses hanches et haussa les sourcils, la présence d’Inline en ces lieux l’étonnait déjà, mais sa simple présence la rendait mal à l’aise.
- Depuis combien de temps êtes-vous là ?! demanda-t-elle avec un soupçon de colère dans sa voix.
- Cela a-t-il tellement d’importance ?! répondit-il en souriant.
Inline stoppa devant la jeune femme, tendit les mains en avant et dit :
- Vous avez été parfaite Miss Croft, les matérias à présent s’il vous plait.
- Prêts pour les affaires dès la fin de la bataille, sourit la jeune femme ironique.
- Il faut savoir prendre les devants.
Alors la jeune femme tendit une main en avant en imitant l’homme d’un sourire identique.
- La carte pour commencer…
Inline sourit face à la provocation de la jeune femme, enfouit une main sous son manteau et en sortit un papier jaunit par le temps. Lara le récupéra, ouvrit la carte qu’elle inspecta soigneusement.
Inline avait pointé l’île de l’artéfact qui se trouvait en effet en pleine mer. Port Royal se trouvait vers le Nord et le voyage pour s’y rendre prendrait certainement beaucoup de temps, il ne fallait pas trainer.
- Les matérias s’il vous plait Miss Croft.
- Je vous donne celle d’Ifrit, celle de Shiva ne vous appartient pas.
- Si, maintenant elle m’appartient.
Lara jeta un regard surpris à Tifa et Cloud. La demoiselle lui répondit par un sourire tendre renfermant néanmoins un soupçon de tristesse : ils avaient offert leur matéria à Inline ?
L’aventurière n’eut pas le choix, elle tendit les deux matérias au vieil homme qui les saisit avec un grand sourire satisfait.
- Vous ne m’avez toujours pas dis ce vous désirez en faire, demanda Lara coléreuse.
- Dans les mains du bien la puissance du monde est inoffensive.
La jeune femme ne crut pas du tout aux paroles fourbes d’Inline, il ne lui inspirait aucune confiance et ce marché ne la satisfaisait pas du tout.
- Vous ne devriez pas perdre de temps Miss Croft, reprit-il. Chaque seconde perdue accroit le danger.
La jeune femme le foudroya du regard et à petits pas le distança pour rejoindre Tifa et Cloud. Le trio commença à s’éloigner, observé par Inline qui souriait encore de manière perfide.
- C’est pour bientôt…murmura-t-il sadiquement en observant les deux matérias dans ses mains.
Doucement Quistis s’approcha à petits pas et demanda :
- Quels sont vos ordres Maître ?
- Suivez Lara Croft, je n’ai que faire des deux autres, mais je veux connaître les moindres faits et gestes de notre Lady.
- Très bien Maître, ce sera fait.
- Je vais me retirer à Bevelle, prévenez Altaïr pour qu’il me rejoigne : j’ai une mission à lui confier, une mission de la plus haute importance, qui nécessite les capacités du plus brillant des assassins.

* * *

La sonnerie du manoir résonna comme un hurlement dans tout le bâtiment silencieux. Dès que le son arriva aux oreilles de Winston le vieil homme s’empressa de sortir de la bibliothèque dans laquelle il faisait le ménage. Il descendit au rez-de-chaussée et prit connaissance de qui sonnait avec tant de ferveur. Il activa la caméra de surveillance et l’image de l’individu derrière la porte se matérialisa sur le petit écran de télévision devant le majordome. Il y découvrit un jeune homme ténébreux au visage pincé par la colère et la fatigue, les cheveux coiffés en bataille alors que ses vêtements larges lui donnaient une apparence "bad boy" qui inspira peu le vieil homme. Winston éteignit l’écran de télévision et s’approcha de la porte.
- Qui est-ce ?! demanda-t-il sévèrement.
- Kurtis Trent, je suis venu voir Miss Croft c’est urgent, répondit-il froidement.
- Vous avez rendez vous ?!! insista Winston.
Soudainement, le vieil homme fut projeté en arrière par l’ouverture brutale de la porte et il roula à terre sur plusieurs mètres. Ayant reçu le choc en pleine tête le majordome complètement assommé ne se releva pas, restant étendu au sol dans une position fœtal.
Kurtis bondit dans le salon et se rapprocha de lui pour le mettre sur le dos afin de prendre connaissance de sa santé. C’était une personne âgée mais plus que résistante, il n’avait rien de grave hormis un bleu de taille importante au milieu du front.
- Désolé vieil homme, s’excusa-t-il en se redressant.
Kurtis se releva, dégaina son Boran X qu’il arma et dit :
- Mais Croft ne sait pas ce qui l’attend !
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MessagePosté le: Mar 22 Juil 2008, 11:24    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 15

Chocho serrait fermement le morceau de papier dans sa main. Il avait peur de le perdre à cause de sa maladresse légendaire. Soucieux et surtout très stressé, il regardait partout autour de lui comme s’il s’attendait à ce que le Diable en personne lui saute dessus à tout instant. Pour ne pas s’isoler, le jeune homme se mêlait à la foule, abondante dans les rues de Londres à cause de la journée splendide. Mais même le Soleil réconfortant n’arrivait pas à rassurer Chocho, qui avait maintenant prit réellement conscience du danger qui le menaçait. Il était plongé dans une paranoïa mécanique et se méfiait de toute personne qui l’approchait à moins de trois mètres.
A pas pressés le jeune homme tentait de trouver l’appartement qu’indiquait le morceau de papier, le trousseau de clés dissimulé dans sa poche. Regardant sans cesse autour de lui pour vérifier qu’il n’était pas suivi, le jeune homme marchait de manière saccadée en percutant même des passants par son manque d’attention.
Il finit par devoir quitter la foule abondante pour s’engouffrer dans une ruelle sombre. Les immeubles immenses délimitaient la ruelle par des murs titanesques grisâtres tagués d’obscénités et autres décorations très « artistiques », tandis qu’une odeur infecte de déchets et d’ordures s’élevait dans l’importante humidité de l’environnement. Chocho déglutit avec difficulté, ne se sentant pas du tout à l’aise dans cet endroit peu réconfortant.
Jetant à nouveau un coup d’œil au morceau de papier, il fut néanmoins heureux de constater qu’il se trouvait bel et bien au bon endroit. Chocho déboucha face à un escalier qu’il s’empressa de descendre pour s’enfoncer dans un couloir sombre. Après ce couloir, une porte de bois à la peinture complètement écaillée se présenta face à Chocho. Le jeune homme sortit alors le trousseau de clés de sa poche, saisit la clé la plus importante et l’enfonça dans la serrure. Il put la tourner et un léger clic retentit : la porte était déverrouillée. Chocho bondit de l’autre côté et claqua la porte derrière lui, se plaquant contre le mur dans une attitude de stress exagérée. Il resta ainsi collé à la porte quelques secondes avant de la verrouiller à nouveau. Face à un nouvel escalier le jeune homme monta les marches et arriva encore face à une porte close. Une autre clé permit de la déverrouiller et cette fois-ci Chocho put réellement pénétrer dans l’appartement.

Curieusement le jeune homme se sentit tout de suite bien dans ce petit studio. Il n’y avait pas de fenêtre, donc aucun risque que des personnes à l’extérieur ne l’épient. L’appartement comportait trois pièces : une salle de bain avec des toilettes, une douche et un lavabo, une grande pièce aménagée comme une chambre, avec plusieurs épais matelas étalés par terre et enfin une salle principale avec une grande table et une cuisine aménagée.
Le salon comportait une télévision équipée d’une console de jeux, ainsi qu’un lecteur DVD, tout ça avec de nombreux films et jeux à disposition. Chocho sourit, amusé de cette découverte, avant de se diriger vers la petite partie cuisine. Le frigo ( terme familier) était rempli de produits frais, les placards de conserves et de bouteilles. Le jeune homme découvrit aussi des médicaments de toute sorte : il y avait des vivres pour des mois.
Chocho pivota sur lui-même pour faire face à l’appartement, il posa les mains sur ses hanches et dit à voix haute :
- Je vais devoir rester ici, sans pouvoir sortir, à jouer à la console toute la journée…
Il haussa alors les épaules et se dirigea vers le matelas posé devant la télévision.
- Ca me va…

* * *

Kurtis Trent marqua un temps d’arrêt, attentif au moindre bruit dans le manoir. Visiblement la sonnerie et l’ouverture de la porte ne semblaient pas avoir averti Lara. Ca l’étonna quelque peu. Doucement, il emboîta le pas et décida de directement monter à l’étage supérieur, arme au point, prêt à tirer sur le moindre mouvement suspect. Le son de ses pas étouffé par les épais tapis, Kurtis monta les escaliers dans la discrétion la plus totale. Arrivé face à la porte de chambre de la jeune femme, il tendit doucement une main, saisit la poignée et ouvrit la porte discrètement. Jetant un coup d’œil à l’intérieur, il ne vit personne et pénétra dans la chambre. Il perçut de suite un son familier facilement reconnaissable : de l’eau en train de s’écouler et il se dirigea vers la salle de bain. Son pistolet pointé en avant, le jeune homme marcha doucement vers le fond de la chambre. Il stoppa devant la porte fermée et hésita longuement. Déranger une Lady (surtout Lady Croft) dans son bain manquait de pudeur et la mettrait certainement très en colère. Mais en y réfléchissant bien, c’était une opportunité parfaite pour la surprendre et obtenir un avantage certain. Lara était prudente, mais pas au point de se doucher avec ses holsters et ses 9mm.
Kurtis ouvrit soudainement la porte et bondit dans la salle de bain. Il fut immédiatement plongé dans une vapeur chaude opaque et aveuglante. Avec une rapidité exemplaire il menaça la baignoire dont la douche activée laissait s’écouler l’eau, mais dans le vide le plus total : Lara n’était pas là.
Le jeune homme fronça les sourcils et baissa légèrement son arme avant de tourner la tête pour inspecter le reste de la pièce. L’immense fenêtre de la salle de bain donnait vue sur le parcours d’entraînement. Kurtis se rapprocha et jeta un coup d’œil à l’extérieur : il n’y avait personne.
Mais soudainement il se figea comme une statue de résine. Une paire de bras féminins entoura son corps avec délicatesse et sensualité.
- Tu as mis du temps à venir, déclara une voix féminine qu’il reconnut de suite.
Le jeune homme ne bougea pas, en colère contre lui-même de s’être fait prendre à son propre piège. Il sentit les mains humides de Lara caresser son torse, trempant son t-shirt. Une main de l’aventurière descendit ensuite lentement le long du bras droit du jeune homme, laissant une traînée humide d’eau sur sa peau. La jeune femme saisit le pistolet de Kurtis et le jeta au sol. Elle laissa ensuite sa main descendre jusqu’à la ceinture du jeune homme et en retira les chargeurs. Intérieurement, Kurtis sourit à la technique sensuelle que Lara utilisait, identique à la sienne lors de leur première rencontre au Louvre. Il s’était fait avoir en beauté. Il se retrouva désarmé et dans l’incapacité totale de réagir.
- Entrer dans la salle de bain d’une femme… tu as des idées bien perverses Kurtis. Tu mérites une bonne correction.
- Je ne veux pas me battre Lara.
- Moi non plus. Pourquoi as-tu toujours des pensées aussi noires ?!
Kurtis se sentait particulièrement mal à l’aise. Lara le serrait dans ses bras avec tendresse, une attitude bien étrange vu leur dernière rencontre.
Doucement le jeune homme releva la tête et il ouvrit alors des yeux immenses en remarquant le reflet de la vitre face à lui. Lara était entièrement nue et l’enlaçait passionnément.
- Qu’est-ce qui te prend ? Bafouilla Kurtis très gêné.
- Qu’en penses-tu ? Tu te sens en forme ?! Répondit Lara sensuellement.
- Tu as bu ?!
- Non je me sens très bien.
- Je suis venu récupérer le livre, Lara. C’est tout ce que je veux !
Kurtis sentit alors la jeune femme s’éloigner mais il ne se retourna pas tout de suite. Il baissa également les yeux pour ne pas épier la jeune femme à l’aide de la vitre.
L’aventurière reprit :
- Tu parles de l’ouvrage que tu as tenté de me voler au Louvre ?! Demanda-t-elle en s’habillant.
- Oui, tu ignores le danger que contient ce livre.
- C’est bon tu peux te retourner.
Il s’exécuta. Lara était maintenant vêtue d’une robe de bain et appuyée contre le lavabo, menaçait le jeune homme d’un 9mm.
- Pourquoi veux-tu ce livre ?! Demanda-t-elle toujours en souriant.
- Je te l’ai dit, il contient des informations dangereuses.
- Mais encore ?
Kurtis ne répondit rien d’autre, se contentant de croiser les bras en dévisageant l’aventurière sans expression. La jeune femme sourit de plus bel, très satisfaite : en cachant la vérité cet idiot ne faisait que confirmer l’importance du livre.
Lara se décolla du meuble et avança à petits pas, son 9mm tendu vers le milieu du torse du jeune homme restant de glace.
- Pourquoi faudra-t-il toujours qu’on s’affronte toi et moi ?! Demanda-t-elle doucement.
- Ca serait plus simple si tu me donnais le livre noir, il est dangereux.
- Alors tu veux me le prendre pour me protéger, c’est très touchant.
Il baissa les yeux sans rien répondre. Alors Lara lâcha son 9mm qui tomba au sol, saisit le visage de Kurtis à deux mains et l’embrassa fougueusement. Le jeune homme plongé dans une stupeur sans borde resta figé alors que Lara continua de l’embrasser avec passion durant de longues secondes. Lorsque enfin leurs lèvres se séparèrent la jeune femme entoura ses bras autour du cou de Kurtis et lui sourit tendrement.
- Ne crains rien le livre est en sécurité. Et si on se prêtait main forte tous les deux comme au bon vieux temps ?! Qu’en penses-tu ? Ca serait certainement plus utile que de ce faire des cachotteries inutiles non ?!
Kurtis resta de marbre et transperça l’aventurière d’un regard froid. L’attitude de Lara était impensable, ce numéro de charme n’avait aucun effet sur lui. Mais le jeune homme rentra dans son jeu et approuva d’un hochement de tête. Toujours souriante Lara détacha ses bras et s’éloigna de quelques pas.
- Va m’attendre dans le salon ! Je m’habille et je te rejoins. A moins que cette tenue ne t’aide à réfléchir ?!
Le jeune homme tourna les talons et sortit de la salle de bain en fermant la porte derrière lui. Lara le regarda s’en aller, un sourire perfide aux lèvres.

* * *

Lorsque l’aventurière sortit de la caverne elle reçut un choc immense : le changement de luminosité l’aveugla et elle eut également froid. Ce bouleversement demanda à la jeune femme un léger temps d’adaptation. Elle profita de ce moment pour réfléchir et faire le point : elle devait se rendre à Port Royal au plus vite, trouver un navire et aller sur l’île pour récupérer l’artéfact. Ca semblait simple, mais l’aventurière savait qu’il n’en était rien.
Tifa et Cloud débouchèrent derrière la jeune femme. Lara se retourna alors que le couple stoppa à ses côtés. Lara repensa à l’histoire que lui avait contée John Smith, elle s’excusait d’un air gêné.
- Je suis désolée des problèmes que je vous ai causés, vous m’avez encore aidé et je vous suis infiniment reconnaissante.
- Ce n’est rien voyons, répondit Tifa en souriant.
- Tu dois te rendre à Port Royal c’est ça ? demanda Cloud en croisant les bras.
- Oui.
A petits pas Tifa et Cloud se dirigèrent vers la moto gigantesque du jeune homme. Ils enfourchèrent le véhicule, Cloud mit ses lunettes et fit un signe à l’aventurière.
- Monte ! Nous venons avec toi. Port Royal est loin, tu risques de peiner voir de mourir si tu y vas seule.
La jeune femme sourit chaleureusement devant autant de compassion et d’entraide. Elle courut vers la moto, monta derrière Tifa et Cloud démarra pour s’enfoncer à nouveau dans la campagne.

* * *

La jeune femme descendit les escaliers pour se diriger vers son petit salon de réception. Vêtue d’une tenue confortable : un jean et un débardeur, elle alla rejoindre Kurtis en souriant. Poussant la porte du petit salon, Lara découvrit alors Winston, un fusil à pompe dans les mains, menaçant la gorge du jeune homme assis paisiblement sur le canapé.
- Winston mais que faites-vous ?!!! Hurla-t-elle en se rapprochant.
- Lady !! cet individu mal famé est entré de force dans la maison !!! et il…IL A ENCORE DEFONCE LA PORTE !!!!! hurla le vieil homme presque fou.
- Ce n’est rien on s’est expliqué, répondit la jeune femme, vous devriez aller vous soigner Winston, vôtre front est tout bleu.
Le majordome baissa son fusil dans un grognement qui exposait sa colère. Kurtis tant qu’à lui restait neutre de toute émotion. Lara reprit et dit :
- Winston nous sortons prendre l’air dehors.
Les deux hommes furent tout aussi surpris par cette déclaration. Kurtis se leva alors et alla rejoindre la jeune femme.
- Très bien Lady, répondit Winston maintenant calmé, allez-vous rentrer pour dîner ?
- Je ne sais pas, mais ne nous attendez pas.
Puis le couple quitta la pièce, laissant le vieil homme seul. Celui-ci se laissa tomber sur le canapé en soupirant, plongeant la tête dans ses mains. Cette femme, ce n’était pas Lara, pas « sa » Lara, elle se comportait comme-t-elle et les gens qui la fréquentaient croyaient en elle sans savoir qui elle était. Le vieil homme ne savait pas quoi faire à son grand regret. « Faites comme s’il s’agissait de la vraie, Johan l’a échappé belle, mais son sort est réservé à tous ceux qui en savent trop. » les paroles de la demoiselle le rappelèrent à l’ordre, il ne devait rien tenter et laisser faire le destin. Ce jeune homme, allait-il le revoir un jour ?

Alors que la jeune femme ouvrit la porte d’entrée pour sortir du manoir, elle fut surprise de trouver face à elle un homme en costume particulièrement élégant. Celui-ci fut tout aussi surpris. On lui avait ouvert avant même qu’il ne sonne. Il sourit chaleureusement à la jeune femme et dit :
- Et bien Miss Croft vôtre vivacité légendaire ne vous fait pas défaut.
- M.Heaven, le salua-t-elle, je suis navrée mais je m’apprête à sortir, avez-vous quelque chose d’urgent à me dire ?
- Non, j’ai appris que vous étiez de retour et comme vous ne me donnez pas de nouvelle, je suis venu en prendre moi-même, sourit-il en posant ses yeux sur Kurtis, vous avez un invité ?!
- Pardonnez-moi je manque à tous mes devoirs, dit-elle en se tournant vers Kurtis. Je vous présente Kurtis Trent ancien mercenaire et ami, Kurtis voici Roy Heaven, brillant agent du FBI.
- « Brillant » ? vous me flattez Lady.
- Le FBI ? Questionna Kurtis surpris.
- Je t’expliquerai, répondit Lara.
- Bon et bien je me retire, déclara Heaven en saluant le couple, appelez-moi Lady.
- Je n’y manquerais pas.
L’agent tourna les talons en souriant et retourna à sa Mercedes tandis que Lara entraîna Kurtis dans le garage.
Elle s’installa au volant d’une Jaguar et démarra calmement. Kurtis était assis sur le siège passager et ne lui adressait pas un regard, se contentant de regarder droit devant lui.
- Tu es si froid, déclara la jeune femme pour attirer son attention.
- Je suis inquiet de la situation.
- Ne t’en fais pas, je t’ai dit que le livre était en sécurité.
- Tu n’as pas l’air de mesurer l’ampleur des dégâts Lara, ce n’est pas qu’une histoire de livre.

Ils roulèrent calmement jusqu’à la place centrale de Londres abondante de monde à cette heure de la journée. Les gens s’entassaient le long des trottoirs et des terrasses de café, tentant de trouver une place à l’ombre alors que la chaleur étouffante exposait un mois de mai semblable à un mois d’août.
La jeune femme gara la voiture sur un parking et stoppa le moteur avant de descendre. Elle guida Kurtis jusqu’à un café et le fit s’asseoir à la table la plus isolée de la terrasse.
- Puis-je prendre votre commande, demanda poliment le serveur.
- Un thé, répondit la jeune femme.
- Café, suivit Kurtis sèchement.
Le serveur les salua et disparut à l’intérieur du bâtiment, la jeune femme se tourna vers Kurtis un sourire romantique aux lèvres.
- Si tu m’expliquais maintenant, j’y verrais sûrement plus clair.
Lara avança ses mains et saisit celle de Kurtis au milieu de la table. Le jeune homme ne réagit pas, restant impassible et aussi froid que le marbre.
- Je ne sais pas par où commencer…répondit-il simplement.
- Parle-moi du Lux Véritatis, ça doit avoir un rapport non ? Sinon tu ne serais pas ici.
- Tu sais que le Lux Véritatis combattait l’alchimie et la magie noire ?! Mon père m’avait parlé d’un ordre nommé Lux Apocalypsis venant d’une magie très puissante du même nom. Ses représentants, faisant partie de la Coterie, ont été exterminés depuis longtemps. Mais il semblerait que la secte se soit reformée de nos jours. Le principal objectif du Lux Apocalypsis est de trouver « Arvamlable » et de libérer sa magie, une magie qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer.
- Voilà pourquoi tu te sens directement concerné…je comprends mieux.
Soudainement, la jeune femme se leva et quitta la table. Elle passa dernière Kurtis et dit :
- Attends moi je reviens tout de suite.
Lara caressa son visage avant de tourner les talons pour s’enfoncer à l’intérieur du café. Kurtis poussa un soupire de nervosité et regarda autour de lui. Lara semblait avoir changée, son attitude envers lui était suspecte.

Quelques minutes plus tard Lara revint mais ne se rassit pas, elle fit signe au jeune homme de se lever.
- Viens allons marcher, je ne suis pas tranquille ici où tout le monde peut écouter.
Kurtis haussa les épaules et se leva. Lara le prit par la main et l’entraîna vers un jardin public. Le couple s’enfonça dans la nature, prenant soin de s'engager entre les buissons et les arbres pour se dissimuler au maximum des curieux.
- Continue ! Ordonna Lara au jeune homme.
- Où en étais-je déjà ?!
- Tu me disais que le Lux Véritatis combattait le Lux Apocalypsis et que leur but était de trouver « Arvamlabe ».
- Le Lux Véritatis a écrit de nombreux ouvrages sur la magie noire et l’alchimie. Mon père en possédait une partie et les a caché. Bien sûr je les ai lus et c’est ainsi que j’ai pu tout connaître d’Arvamlabe. Selon le Lux Véritatis notre « monde » n’est qu’une première facette de l’esprit terrestre, il pourrait exister un autre monde où dragons, sorciers et magies pourraient exister.
- Qu’est-ce que tu racontes ?! Rit-elle presque.
- C’est sérieux Lara, et l’équilibre de ces deux mondes serait réglé par les dieux d’Arvamlabe, une citée portail entre les deux mondes, qu’il n’est possible d’ouvrir qu’avec le sang des gardiens et la clé.
- Une clé ?!
- Une clé séparée en deux est répartie dans chaque monde. Arvamlable possède donc le pouvoir de créer mais bien sûr de détruire les mondes et c’est ce pouvoir que le Lux Apocalypsis désire récupérer.
Lara s’arrêta alors. Le jeune homme limita et croisa les bras en la dévisageant, étudiant sa réaction. L’aventurière lui lança un regard empli de scepticisme et de quiétude. Le vent souffla brusquement une bourrasque maussade et glaciale qui fit frissonner l’aventurière. Celle-ci se serra dans ses bras alors que les buissons qui dissimulaient totalement le couple frissonnèrent également.
- C’est effrayant, déclara-t-elle d’une voix triste. Tu es en train de me dire qu’il existe un autre monde à part le nôtre, que nos deux mondes sont contrôlés par les dieux d’Arvamlabe et que la secte du Lux Apocalypsis tenterait de s’approprier ce pouvoir pour des raisons peu orthodoxes ?!
- Libre à toi de ne pas me croire, mais tu as assez d’expérience pour comprendre que les légendes peuvent complètement nous dépasser.
Alors la jeune femme sourit et passa un bras derrière la nuque de Kurtis. Elle rapprocha son visage du sien et l’embrassa à nouveau avec douceur.
- Tu tiens là un savoir exceptionnel…
- C’est un héritage du Lux Véritatis, je suis obligé de le porter.
- Alors laisse-moi te libérer de ce fardeau !
Soudainement, un bruit sourd retentit et Kurtis se figea alors qu’une horrible douleur prit son corps tout entier. La balle venait de transpercer son ventre dans un rire sarcastique et il sentit le sang s’écouler jusqu’à sa ceinture, trempant son t-shirt du liquide rouge jusqu’à son pantalon. Lara abaissa son 9mm munit d’un silencieux et commença à éloigner le corps lourd du jeune homme agonisant du sien.
- Voilà un savoir trop dangereux pour un idiot bien moins informé qu’il ne le croit, déclara-t-elle sadiquement.
Kurtis recula d’un pas tremblant. Il se plia en avant et posa une main moite à son ventre, sentant le liquide chaud tremper sa paume. Pris de convulsion tout son corps se mit à trembler et une sueur glacée commença à s’écouler le long de sa peau.
- Lara…pourquoi… ?! Bafouilla-t-il en tombant à genoux.
La jeune femme sourit avec sadisme. Elle tendit le bras et visa le jeune homme entre les deux yeux.
- Parce que…tu n’es rien, répondit-elle sèchement.
Alors elle pressa la détente, le coup fut étouffé par le silencieux et la tête de Kurtis émit une éruption de sang. Lara pouffa de rire en observant le corps tomber lourdement en arrière, elle dissimula ensuite son 9mm dans son sac à dos et tourna les talons. Kurtis resta seul, allongé dans les feuilles mortes, les yeux grands ouverts, la bouche dégoulinante de sang, mort.
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MessagePosté le: Mer 30 Juil 2008, 14:12    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 16

Une bourrasque intense de vent souleva des feuilles qui s’envolèrent. Les gens se pressaient de rejoindre un abri, persuadés que l’orage allait éclater dans quelques minutes à peine. Le temps venait de brutalement changer. Les nuages se resserraient entre eux, devenant noirs et menaçants. Des coups de tonnerre violents résonnaient en écho durant de longues secondes et le vent semblait un hurlement strident. La tempête allait éclater d’ici peu.
Dans toute cette agitation, personne ne fit attention ou même ne distingua entre les végétaux le cadavre de Kurtis Trent, trempant dans une marre de sang, immobile, les yeux grands ouverts vers le ciel, n’exposant plus que la stupeur et la mort.
Un nouveau coup de tonnerre retentit et alors une pluie diluvienne s’abattit sur Londres. L’eau se mêla au sang, le faisant pénétrer dans la terre et s’écouler entre les feuilles. Le cadavre fut vite trempé, commençant à s’enfoncer dans la boue.
Alors soudainement, les doigts du jeune homme émirent un geste furtif, presque invisible à l’œil nu. Puis violemment il serra son poing. Kurtis cligna des yeux alors que l’eau s’écoulait sur son visage, la pluie le piquant et l’empêchant de voir correctement. Tout en restant allongé il leva une main et la passa sur son visage. Il sentit alors l’odeur immonde du sang dont sa main était trempée. Kurtis se redressa et observa sa main d’un air déconcerté et surpris. Puis les traits de son visage se crispèrent, s’étirèrent et le jeune homme commença à rire, un rire sarcastique plein d’ironie.
- Et bien voilà ça me fait une mort en plus, ironisa-t-il en se redressant.
Le jeune homme s’agenouilla avant de se mettre totalement debout. Doucement, il s’étira et observa les alentours. Lara avait disparut bien sûr.
- Croft est donc bien passée de l’autre côté, dit-il en essuyant sa main ensanglantée sur son t-shirt, tout se passe comme prévu.
Il fourra les mains dans ses poches et commença à marcher paisiblement entre les buissons alors que l’orage redoublait de fureur.
- Bien, allons nous occuper de ce « Kurtis Trent » maintenant. Si cette fausse Croft revoit le vrai Trent en vie, l’histoire risque de tourner au désastre. Cet auteur est vraiment tordu, même moi je commence à m’embrouiller avec tous ces clones.
L’inconnu se mit alors à rire de plus bel et disparut entre les arbres.

* * *

L’air se faisait plus frais, le ciel prenait des teintes rougissantes, embrasant la plaine d’un magnifique couché de Soleil : c’était l’arrivée du crépuscule. Cloud avait roulé toute l’après-midi, mais le trio n’avait toujours pas quitté les immenses plaines de Midgard semblant interminables.
Fatiguée par son combat contre Ifrit, Lara s’était assoupie sur le dos de Tifa. Elle se réveilla lorsque Cloud stoppa la moto et coupa le moteur.
Le trio mit pied à terre et Lara s’étira, engourdie à cause de ce long trajet.
- Nous allons faire une halte pour cette nuit, dit Cloud, nous sommes tous les trois fatigués et il serait plus prudent d’être en forme pour traverser la forêt.
Les deux jeunes femmes approuvèrent.
Lara observa les alentours. Ils s’étaient arrêtés devant ce qui semblait être une ferme. La jeune femme remarqua la présence d’un grand silo, de paddocks, d’une maison d’habitation et de ce qui semblait être une écurie.
- Vous pensez qu’ils accepteront de nous loger ? demanda Lara intriguée.
- Oui certainement. Nous nous sommes déjà reposés ici autrefois, répondit Tifa.
« Autrefois », est-ce qu’elle évoquait leur aventure contre Sephiroth dont lui avait vaguement parlé Smith ? Le fait de se retrouver au calme tout les trois permettrait peut être à Lara de poser quelques questions à ses compagnons.

Calmement Cloud et Tifa se dirigèrent vers l’écurie. Lara les suivit en restant en arrière, préférant les laisser faire comme ils disaient connaître les lieux. L’aventurière pénétra dans le bâtiment, le regard curieux et intéressé. Elle se demandait à quoi pouvait bien ressembler les chevaux de ce monde. Lara les imagina très grands et puissants, avec pourquoi pas une corne et des ailes, comme les chimères qu’on surnommait « licorne » et « pégase » dans son monde. La jeune femme fut presque excitée et pressa le pas pour se rapprocher d’un des box. Elle sentait la bonne odeur de la paille et du cuir dans l’écurie, cet endroit était rassurant et la jeune femme se sentait très bien, sereine et en sécurité. Cela la réconforta après toutes les émotions qu’elle avait vécues ces derniers jours.
L’aventurière observa la porte du box : elle était couverte de plaques colorées, prix offerts généralement lors des concours d’équitation. Encore plus excitée de rencontrer un « crack », Lara s’avança et jeta un coup d’œil dans le box : ses yeux s’exorbitèrent soudainement. Il y avait bien un animal dans le box, mais ça n’avait rien d’un cheval ou même d’un quelconque équidé. C’était un oiseau. L’animal était aussi grand qu’une autruche, mais possédait un plumage jaune flamboyant et des grands yeux doux et expressifs. Il observa Lara en hochant la tête tout en poussant un petit piaillement aigu, amical et curieux. L’aventurière resta statique face à l’oiseau, le regard totalement ahuri. Doucement elle se retourna et interpella Cloud et Tifa.
- Excusez-moi si je pose encore une question idiote, mais…qu’est-ce que c’est que cette « chose » ? demanda Lara en désignant l’oiseau du doigt.
Le couple échangea un regard septique. Visiblement c’était encore une réponse évidente. Cloud répondit :
- C’est un « Chocobo ». Les Chocobos sont très dociles et idéales pour les déplacements. Ils sont courageux, extrêmement rapides et endurants, ils permettent ainsi d’éviter les monstres en cas d’attaque.
- Cette ferme est un élevage de Chocobos, reprit Tifa, on élève des Chocobos pour se déplacer, certes, mais aussi pour le loisir, comme les courses par exemple.
Lara tourna la tête vers l’animal. Celui-ci continuait de la regarder avec curiosité de ses grands yeux pétillants de malice. Cet animal respirait la gentillesse. Donc les « Chocobos » remplaçaient les traditionnels « chevaux » du monde de Lara. Chaque jour l’aventurière découvrait de nouvelles choses.
- Puis-je vous aider ? Interpella une voix masculine avec un fort accent rural.
Lara fit volte face et tomba nez à nez avec un homme plutôt âgé, habillé d’une cotte et d’un chapeau de paille.
- Certainement, répondit Tifa en se rapprochant, nous avons un long voyage à faire et pour cette nuit nous voudrions nous reposer dans votre logis.
Le vieil homme fronça les sourcils et observa Tifa et Cloud avec attention. Un grand sourire niait illumina son visage lorsque le couple lui revint en mémoire.
- Mais bien entendu, j’ai deux chambres de libres ! Vous pourriez y passer la nuit si vous le souhaitez. J’ai également de la soupe si vous voulez vous restaurer.
- Merci énormément, répondit Tifa avec un sourire bienveillant.
Lara fut apaisée devant tant d’entraide. Elle était heureuse de pouvoir prendre du repos dans un lieu si chaleureux. Ca serait certainement plus réparateur que de dormir dans les bois.

Le vieil homme les invita à pénétrer dans la maison d’habitation et leur désigna une table pour dîner. Quelques minutes plus tard le trio put savourer un repas simple mais fort appétissant. Lara profita du calme et de la plénitude qui leur permettait de se reposer. Le feu crépitait dans la cheminée, laissant une douce chaleur planer dans la pièce. A l’extérieur le Soleil se couchait, exposant un ciel sublime peint de couleurs flamboyantes. La plaine devenait rougissante et commençait à disparaître dans l’obscurité au fur et à mesure que la nuit s’avançait.
Lara réfléchissait énormément mais n’osait pas demander à Cloud et à Tifa de lui conter leur histoire. Ca la gênait. Pour se vider la tête elle observait l’intérieur de la demeure. La maison était simple, faite de pierres apparentes avec des meubles de bois. Une maison de campagne aussi banale que celle qu’on pouvait trouver dans son monde. Cela ne rassasia pas l’aventurière en matière de découverte. Soudainement elle prit son courage à deux mains et interpella Cloud et Tifa.
- Dites-moi…
Les deux amis, assis l’un à côté de l’autre, levèrent la tête en même temps vers l’aventurière. Celle-ci baissa les yeux, un peu honteuse.
- Je suis désolée et je comprendrais si vous ne voulez pas me répondre mais…Smith m’a vaguement parlé de votre histoire. Comme quoi vous auriez sauvé le monde de la haine d’un certain Sephiroth.
Lara releva les yeux. Les deux amis la regardaient, silencieux et désappointés. Tifa tourna la tête vers Cloud d’un air désolé. Le jeune homme baissa les yeux en serrant les poings. Lara se sentit alors vraiment bête, elle n’aurait jamais dû leur rappeler ce qui semblait être un si mauvais souvenir pour eux.
- Je suis désolée, s’excusa la jeune femme embarrassée.
- Ce n’est pas grave, répondit Cloud soudainement.
Le jeune homme releva la tête. Ses yeux exposaient une tristesse importante mais aussi du courage et de la détermination, comme s’il était prêt à enfin sauter d’un haut plongeoir, de se débarrasser d’un fardeau trop longtemps porté.
- Je vais tout te raconter, reprit-il, mais ça va être long.
Lara sourit en approuvant d’un hochement de tête. Cloud débuta alors son récit. Cela durant plus d’une heure et durant ce laps de temps, Lara ne dit pas un mot. Elle ne posa aucune question, ne fit aucune remarque. La jeune femme fut comme aspirée par l’histoire que lui contait le jeune homme, une histoire bouleversante, tragique. Cloud n’omit aucun détail, de l’histoire dramatique de Zack à l’assassinat d’Aeris par Sephiroth. Il lui expliqua la chute de JENOVA sur terre et comment ses cellules avaient été utilisées dans des expériences sur les membres du Soldats, dont Sephiroth. Il lui décrit les horreurs commises par la Shinra et les expériences de Hojo. Toute leur quête contre Sephiroth et son désir de vengeance furent racontés avec une telle sincérité, que Lara en fut bouleversée jusqu’au plus profond de son âme, au point d’en avoir les larmes aux yeux. Lorsque enfin ce récit prit fin, Lara sentait son cœur exploser dans sa poitrine comme si elle venait de subir un effort physique intense.
Il se passa de longues secondes dans le silence le plus total. Personne ne savait quoi dire ou n’osait faire une remarque. Lara restait statique, les yeux tristes et compatissants. Tifa observait Cloud avec douceur, comme pour l’encourager. Le jeune homme restait les yeux baissés, les poings serrés tremblant sur la table. Pour lui, raconter cette histoire était comme agiter un couteau dans son âme, une blessure profonde et sanglante qui n’arrivait pas à guérir. Cloud se sentait responsable de la mort de Zack et d’Aeris et ce poids lui pesait de plus en plus.
- Tu sais, je pense qu’ils ne t’en veulent pas…déclara soudainement Lara.
Cloud releva la tête vers l’aventurière, ses beaux yeux bleus n’exposant que la tristesse et le remord.
- Zack et Aeris sont morts pour ce en quoi ils croyaient et ça c’est la plus belle mort qu’un être humain puisse s’offrir. Tu te dois d’être heureux d’avoir survécu et tu dois continuer de vivre et de garder le sourire, pour ceux qui sont à tes côtés.
Doucement, Cloud tourna la tête vers Tifa. La jeune fille avait les larmes aux yeux mais malgré sa douleur, elle souriait. Un sourire doux, paisible et réconfortant. Le sourire qu’elle se forçait à garder, même dans les moments les plus durs. Alors Cloud baissa les yeux en fermant les yeux, silencieux. Puis après quelques secondes, il sourit lui aussi, comme si son âme venait de subitement s’apaiser. Il releva la tête vers Lara et tout en continuant de sourire dit :
- Merci.
Lara lui rendit son sourire et l’atmosphère s’apaisa, devenant moins lourde, plus réconfortante. Lara fut heureuse d’en savoir autant. Elle avait l’impression de mieux comprendre ses deux amis et enfin elle avait pu leur rendre service après ce qu’ils avaient fait pour elle.
- Et toi comment est ton monde Lara ? demanda Tifa d’une voix enjouée.
L’aventurière fut surprise d’entendre cette question. Généralement c’était toujours l’inverse, Lara questionnait les gens sur ce qui l’entourait mais jamais on ne lui avait posé des questions sur son monde à elle.
- En y réfléchissant, ce qui sépare nos deux mondes ça serait la magie. La magie est inexistante dans mon monde. Mais on y trouve aussi des continents, des océans, des villes, des campagnes. Mais pas de monstre et autres chimères.
- Pas de monstres ? La vie doit être bien paisible.
- Non détrompez-vous. Les êtres humains se suffisent à eux même pour semer le désordre dans la société. Les gens peuvent rire, pleurer, ou bien se faire la guerre, comme ici.
- La guerre est donc commune aux deux mondes, c’est une bien triste situation, répondit Cloud.
- Oui…
- Heureusement qu’il y a des gens comme toi dans ton monde, dit Tifa en souriant à la jeune femme.
- Et heureusement qu’il y a des gens comme vous, dans votre monde.
Les trois amis se sourirent et finirent de dîner. Lara se sentait bien mieux. La situation venait de changer et l’atmosphère était maintenant sereine et détendue. L’aventurière se sentait plus proche de Cloud et Tifa et avait aussi l’impression de s’être rapprochée un peu plus des mystères qui enveloppaient ce monde.
- Bien il se fait tard, fit remarquer Cloud en se levant. Allons prendre du repos, les jours qui s’annoncent ne vont pas être des plus paisibles.
Les deux femmes se levèrent également et les trois amis quittèrent le salon. Tifa et Lara dormirent ensemble tandis que Cloud se reposa dans une chambre à part. Tous les trois purent sombrer dans un sommeil réparateur et paisible.

* * *

Lorsque le jeune homme arriva enfin à Bevelle un soupçon de stress l’envahit subitement et il s’arrêta. La ville s’imposa devant lui avec une aura peu rassurante : l’aura de la Mort. Pourtant Bevelle était une ville magnifique, nacrée dans des teintes rouges et elle restait encore aujourd’hui l’une des villes les plus importantes du monde. Son influence religieuse était immense et il était facile aujourd’hui, avec tout ce qu’il s’était passé, d’influencer les habitants par des propos divins et occultes : d’où la puissance de Bevelle. Représentés par Yevon, grand prêtre mondiale adulé, les principes religieux de Bevelle refoulaient la technologie et accordaient encore énormément d’importance à la magie et autres forces occultes : parfois trop d’importance.
Dans la tête d’Altaïr tout était parfaitement clair, mais en arrivant face à la gigantesque passerelle qui menait aux portes de la ville, il prit quelques secondes pour se remémorer les ordres d’Inline. Il devait s’infiltrer au siège de Yevon, trouver le prêtre et l’assassiner, discrètement ou pas. « Yevon manipule la population en lui transmettant des valeurs archaïques, c’est suicidaire pour l’avenir » les propos d’Inline semblaient justes. « En mourant Yevon libéra la population qui pourra avancer vers l’avenir et la religion n’entraînera plus de guerres abjectes. », mais quelque chose clochait. Altaïr se sentait mal, il avait une totale confiance en son maître, mais au fond de lui une petite voix lui murmurait de s’en méfier.
Mais le jeune homme décida de chasser toutes mauvaises pensées qui pourraient le déconcentrer et le faire douter. Il commença à avancer à grands pas vers l’entrée de Sainte Bevelle. Pénétrer dans la citée ne serait pas chose facile. Elle était en effet soigneusement surveillée par des gardes armés. Le jeune homme réfléchissait. Attirer l’attention dès le départ sur sa personne engendrait des difficultés pour la suite de sa mission. Altaïr devait trouver un moyen pour contourner les gardes. En continuant de traverser la passerelle qui le menait à la porte principale, le jeune homme remarqua un groupe d’érudits en train de prier. Il y avait beaucoup d’érudits à Bevelle, mais on pouvait aussi en croiser dans le reste du monde, en particulier près des temples des priants. Entièrement vêtus d’une tunique blanche, les érudits se déplaçaient lentement en priant et pouvaient facilement pénétrer dans les villes comme ils n’inspiraient aucun risque particulier. Il ne fallut pas longtemps à Altaïr pour réagir. Sa tenue étant presque identique à celle des érudits, il se mêla au groupe et s’y dissimula dans une attitude de prière. Ainsi il avança vers les deux gigantesques portes de la ville, lentement mais sûrement. Plus il se rapprochait, plus son cœur semblait prêt à exploser dans sa poitrine. Il sentait les yeux des gardes posés sur lui comme ceux de rapaces à l’affût. L’atmosphère était particulièrement tendue.
Mais le jeune homme se décontracta immédiatement lorsqu’il entendit les deux portes s’ouvrir. Bevelle lui ouvrait les bras et il sentit une vague de quiétude l’envahir. Il passa à côté des gardes comme si de rien n’était, alors qu’il était un assassin, qui allait tuer l’une des personnes les plus importantes du monde. Ca semblait finalement facile.

Une fois qu’Altaïr fut assez éloigné de l’entrée de la ville, il se redressa et quitta le groupe d’érudits. La foule abondante dans les rues lui permit de passer inaperçu. Aux yeux des gardes c’était maintenant un individu comme les autres. Mais cela n’allait sûrement pas durer. En effet on ne pouvait pas pénétrer au siège de Yevon facilement et encore moins rencontrer le prêtre comme n’importe qui. Plus le jeune homme réfléchissait et plus ses possibilités se réduisaient à une chose : passer par les toits. Il n’y avait que cette alternative. En hauteur il pourrait atteindre le siège plus facilement et plus rapidement. De plus il serait à l’abri des regards, excepté quelques gardes postés sur les toits.
Le jeune homme s’enfonça dans les entrailles de Bevelle. Il devait trouver une bâtisse disposée à l’escalade, lui offrant des prises nécessaires pour atteindre les toits et surtout dans un endroit où aucun garde ne le verrait grimper. Au bout de quelques minutes il finit par trouver l’endroit adéquat. Apercevant quelques gardes en patrouille, Altaïr s’assit sur un banc et décida de patienter jusqu’à ce que les alentours soient dégagés.
- C’est vrai, je suis sûr de ce que j’ai entendu, il ne s’agit pas que de rumeurs ! Déclara une voix masculine.
- C’est de la folie, qui a tenu de tels propos ?
- Yevon lui-même !
Altaïr releva la tête en percevant la conversation. Il aperçu non loin vers la gauche deux hommes en train de discuter nerveusement. Espionner les conversations faisait partie des compétences que l’assassin devait maîtriser pour mener à bien ses missions. Même si les deux hommes se trouvaient à plusieurs mètres de lui et que leurs paroles se noyaient dans le brouhaha de la ville, Altaïr n’avait aucun mal à « trier » les sons pour entendre parfaitement leurs paroles. Il tendit une oreille attentive et écouta avec attention.
- Yevon est un vieux fou sénile !
- Ne parle donc pas si fort, on pourrait t’entendre !
- Je n’en crois rien. Une personne d’un autre monde, c’est grotesque.
- Et JENOVA qu’est-ce que tu en fais ?
- C’est totalement différent. JENOVA ne venait pas d’un autre monde, c’était une entité extraterrestre. Elle n’a pas franchi de portail divin ou je ne sais qu’elle autre invocation mystique.
- Mais j’ai ouïe dire que cette personne avait été aperçue à Midgard, en compagnie justement de Cloud Strife et Tifa Lockhart ! Ca confirme les prédictions de Yevon.
- Je perds mon temps à discuter avec toi ! Je ne veux plus entendre tes histoires à dormir debout !
Alors l’un des hommes tourna les talons en haussant les épaules et quitta son camarade pour s’éloigner dans la foule. Le second homme resta seul, perplexe, exposant une forte nervosité. Altaïr continua de l’observer tout en réfléchissant. L’homme avait parlé de Yevon et cela intriguait l’assassin. Si cet inconnu savait quelque chose sur sa cible il fallait que le jeune homme en sache plus, il pourrait peut être obtenir des informations sur le siège de Yevon qu’il ne connaissait pas et ainsi mieux l’infiltrer.
L’assassin se leva et calmement commença à suivre l’inconnu. Celui-ci n’était pas très grand et devait avoir plus de soixante-dix ans : une cible facile. Altaïr patienta jusqu’à ce que le vieil homme débouche dans une ruelle déserte. Alors subitement il fonça sur lui. Il le frappa au visage et l’inconnu tomba à terre en gémissant.
- Non pitié ne me faites pas de mal ! Pleurnicha-t-il en protégeant son visage.
- Parle ! Ordonna Altaïr d’une voix ferme. Je veux en savoir plus sur l’histoire à propos des prédictions de Yevon.
- Ye…Yevon a eu une vision récemment. Il a prédit qu’une personne d’un autre monde serait arrivée sur nos terres et que l’univers serait grandement menacé…
- Un autre monde ? Vieil homme aurais-tu perdu l’esprit ?!
- Non je ne mens pas, ce sont les dires de Yevon lui-même. Selon lui il n’existerait pas un seul monde mais deux et une personne de l’autre monde aurait été envoyée ici avec la clé. C’est un signe comme quoi l’équilibre des mondes est rompu et qu’il va se passer quelque chose de grave.
- La clé ? De quelle clé s’agit-il ?
- Je l’ignore mais cette clé permettrait d’ouvrir les portes d’une citée gigantesque au pouvoir démentiel. Un pouvoir capable de remettre les mondes à nue. Cette personne qui a la clé veut tout détruire, elle veut nous anéantir, TOUS !
- Quand Yevon a-t-il eu ses visions ?
- Il y a quelques jours. Il se rend au temple pour prier tous les jours à seize heures et il communique ensuite ses visions aux érudits pour qu’ils prient dans le monde entier et demande la félicité aux dieux.
- Tu es un érudit toi aussi, c’est comme ça que tu as été mis au courant ?
- Oui, je vous en supplie laissez-moi partir, je dois avertir la population qu’un danger immense nous menace.
- Je suis désolé, mais je ne peux pas te laisser vivre.
Soudainement, Altaïr saisit le vieil homme et lui offrit un terrible coup de poing dans le ventre. L’érudit se figea en gémissant alors que sa tunique blanche fut vite tachée de sang. Le mécanisme de la lame secrète s’enclencha alors à nouveau et l’arme se dissimula dans la manche de l’assassin qui se pressa de quitter les lieux. Le jeune homme perçut en effet des pas dans la rue. Rapidement il pivota à quatre-vingt-dix degrés et se dissimula derrière un mur de pierres.
- Qui a fait ça ? Hurla une voix masculine mécontente.
- Il y a un assassin parmi nous ! répondit un autre homme.
Les gardes avaient envahit la zone du crime. Altaïr n’attendit pas plus longtemps et se pressa pour quitter les lieux. Son interrogatoire lui avait apporté l’information qu’il désirait. Yevon allait prier au temple de Bevelle à seize heures, c’est à ce moment là que l’assassin devrait agir. Mais les propos du vieil homme l’interpellaient, « un autre monde », ça semblait absurde et l’idée que le monde puisse replonger à nouveau dans le chaos fit frissonner le jeune homme. S’il avait l’occasion il faudrait qu’il interroge Yevon.

Altaïr sortit des ruelles sombres et se mêla à nouveau à la foule. Il devait se dépêcher, la grande horloge de Bevelle affichait quinze heures quarante cinq, il fallait que le jeune homme se presse s’il ne voulait pas rater sa cible. L’assassin vérifia qu’aucun garde ne l’observait et sans hésiter il bondit sur un mur pour l’escalader. Les passants s’éloignèrent et poussèrent des cris de stupeur, surpris par une telle attitude.
- Ces enfantillages ce n’est plus de son âge, dit un vieil homme en observant l’assassin escalader la paroi.
- Il va finir par se blesser, et qu’il ne compte pas sur moi pour l’aider !
- Vous êtes cruel ! Il faut l’arrêter il va finir par se faire mal !
Mais Altaïr ne prit nulle attention aux remarques des habitants. En quelques secondes il déboucha sur le toit et eut alors une vue panoramique splendide de la ville. De là où il était il pouvait voir le temple de Bevelle, une bâtisse superbe illuminant la ville de sa lumière. L’assassin se mit alors à courir, sautant de toits en toits afin de progresser rapidement. Son agilité lui permettait de se déplacer sans faux mouvements et cela en un temps record. Il lui fallut moins d’une minute pour arriver au-dessus du temple et apercevoir Yevon se rapprocher. Le prêtre était entouré d’une troupe de gardes sauvagement armés. Les provoquer serait trop dangereux et inutile. Altaïr devait pénétrer dans la salle du Priant. Ca serait le seul instant où Yevon serait seul et donc entièrement exposé.
L’assassin fit volte face et commença à escalader le toit du temple. Il devait trouver la fenêtre de la salle du Priant pour s’y faufiler. Il y avait toujours une fenêtre dans ce type de salle car elle permettait de faire pénétrer la lumière Divine. Altaïr déboucha sur un nouveau toit, juste en dessous de lui se trouvait la salle du Priant. Yevon devait déjà être à l’intérieur.
- Hé qu’est-ce que tu fais là ?! Hurla une voix dans son dos.
Altaïr se figea subitement, il venait de se faire grossièrement surprendre. Calmement l’assassin se retourna, il tomba alors nez à nez avec un garde le menaçant d’une flèche pointée droit entre ses deux yeux.
- Vas-t-en paysan ou j’te botte le train ! Ordonna le garde sévèrement.
Le jeune homme leva les bras en signe d’apaisement en approuvant d’un hochement de tête. Il fit signe de disparaître et contourna le cloché du temple pour s’y dissimuler. Collé contre le mur, l’assassin jeta un coup d’œil vers le garde pour vérifier sa position. Celui-ci lui tournait le dos, une erreur fatale qui allait lui coûter cher. Altaïr activa le mécanisme de sa lame secrète et à pas de loup se rapprocha de son ennemi. Lorsqu’il fut suffisamment proche, il le saisit violemment. Alors qu’une main plaquée sur la bouche du garde l’empêcha de hurler, la lame secrète pénétra sa gorge dans une giclé de sang. Le garde tomba à terre dans un bruit sourd, neutralisé. L’assassin put alors aller là où il souhaitait. Silencieusement il se rapprocha de la fenêtre et jeta un coup d’œil dans la salle du Priant. Yevon était bien à l’intérieur, seul, accroupi dans une position de prière face à la gigantesque statue du Priant. La statue représentait une créature immense et ténébreuse, presque glauque, Altaïr en eut des frissons en voyant ce monstre qui était censé représenter « Dieu ». Mais l’assassin ne fléchit pas. L’heure était venue. Il bondit alors de la fenêtre et atterrit à quelques mètres de Yevon. Le vieil homme avait bien sûr entendu l’assassin arriver mais il ne bougea pas, restant accroupi, les yeux fermés. Le vieil homme commença alors à chanter, sa voix était fatiguée, tremblante et triste, mais il chanta, avec sincérité et dévotion.
- Ieyui…Nobomeno…Renmiri…Yojuyogo…Hasatekanae…Kutamae...
Altaïr ne bougea pas, respectant la prière du vieil homme qui laissa les larmes dégouliner de son visage. Cette chanson, l’assassin ne la chantait que très rarement, la chanson des Priants. Une chanson qui pouvait se traduire par :

« Prie, Yevon-ju,
Rêve, enfant de prieur,
Pour encore et toujours,
Donne-nous la gloire. »


- Ieyui…Nobomeno…Renmiri…Yojuyogo…Hasatekanae…Kutamae...chanta encore Yevon alors que les larmes continuaient de s’écouler de son visage.
Calmement, le vieil homme releva la tête, les mains encore jointes il observa la statue.
- Fithos Lusec Wecos Vinosec. Sortez de votre sommeil, mes enfants, les années de l'innocence sont révolues. Sortez de votre sommeil, enfants marqués par le destin. Le repos n'est plus. Avancez et n’ayez crainte. Vivez vos rêves et devenez l’héritage vivant de vos aïeux. Car il n’y a pas de plus grande gloire, que de mourir au nom de Dieu…
Alors doucement Yevon tourna la tête vers Altaïr.
- et de lutter pour ses convictions.
Altaïr serra les poings et resta statique, silencieux, durant de longues secondes. Mais quand Yevon lui sourit avec douceur et maternité, le doute de l’assassin s’évapora et il bondit sur le prêtre. La gorge du vieil homme émit un jet de sang lorsque la lame secrète trancha sa chaire. L’assassin s’agenouilla et porta Yevon pour éviter que le prêtre ne tombe douloureusement à terre.
- Mon fils ne craint rien, gémit Yevon, Dieu ne renie pas la Mort dans son sanctuaire.
- Pardonnez-moi Yevon, mais vos propos démentiels ne pouvaient continuer d’effrayer la population.
- Que crois-tu savoir ? Penses-tu connaître la vérité ? Moi je la connais et elle n’a rien de « démentielle »…
- Quelle vérité ?
- Celle que la guerre est proche. L’ultime bataille qui plongera les mondes dans un bain de sang. Le sang qui a déjà commencé à couler le long de tes doigts.
- Cette hypothèse qu’il existe deux mondes est absurde !
- Non pas absurde, improbable, mais possible. L’équilibre des mondes est menacé et Arvamlable est à découvert. Son pouvoir est recherché, le pouvoir ultime : Bristilla.
- Arvamlable ? Bristilla ?
- La chimère ultime, la puissance paroxystique de Lux Veritatis et de Lux Apocalypsis réunies. Une seule matéria, capable de tout anéantir et de redonner aux mondes leur virginité ! La création et la destruction ensemble en un pouvoir unique. Le Britilla anéantira les mondes, les êtres humains et toute forme de vie, ne laissant derrière le chaos que des élus pour refaire le monde et repartir sur des bases nouvelles. C’est l’ultime pouvoir des Dieux d’Arvamlable, pour repartir de zéro si les choses dégénéraient.
- Je ne comprends pas, Lux Veritatis ? Lux Apocalypsis ? Qu’est-ce ?
- La Lumière…mon fils…la vie…et…la Mort…répondit Yevon d’une voix tremblante et faible. Deux Lumières Divines pour deux pouvoirs Divins. Mais aujourd’hui c’est plus que ça, ils existent des ordres pour ces deux Lumières, qui recherchent tout deux la vérité et…la source de…déséquilibre…
La peau du vieux prêtre virait en une blancheur spectrale effrayante. Il était glacé et tremblait alors que ses yeux devenant livides peinaient à rester ouverts. Altaïr le soutenait comme il le pouvait, comme pour l’empêcher de partir, assoiffé de savoir et de vérité alors que son esprit semblait se perdre dans un épais brouillard de confusion et de doute. Yevon leva une main tremblante vers le visage de l’assassin et doucement posa une main sur sa joue.
- Ne lui donne pas, Nosferatu, ne le laisse pas le prendre !
Altaïr tourna la tête vers la statue de la chimère avant de les rebaisser vers ceux de Yevon qui dégoulinaient de larmes.
- Pourquoi ? Et de qui parlez-vous ?
- Les chimères, elles sont nécessaires à l’invocation du Bristilla, il faut sacrifier les chimères et le sang des gardiens. Ne laisse pas Inline sacrifier les Dieux.
Les yeux d’Altaïr s’exorbitèrent sous la surprise. Le corps de Yevon se mit à trembler sauvagement sous les convulsions : il allait mourir. Alors le vieil homme se mit à sourire, un sourire apaisé et confiant.
- Elle est notre seule chance…
- Qui cela ?
- Lara…Croft…la source de…déséquilibre, l’anomalie…
- Lara…Croft ?!
- Prie, Yevon-ju, rêve, enfant de prieur, pour encore et toujours, donne-nous la gloire...
Yevon continua de pleurer et sans pour autant cesser de sourire, il chanta, d’une voix douce et paisible, triste et mélancolique. Alors Altaïr chanta avec lui, leurs deux voix s’élevant jusqu’au ciel dans un chant poétique.
- Ieyui…Nobomeno…Renmiri…Yojuyogo…Hasatekanae…Kutamae...
A la fin de ces paroles, le corps du vieil homme s’aplatit alors qu’il cessa de respirer et il ne dit plus un mot.
Altaïr resta silencieux. Doucement, il déposa le corps du prêtre à terre et d’un mouvement de bras lent et respectueux il lui ferma les yeux. Il observa le corps de Yevon d’un regard neutre mais dans son esprit de multiples questions venaient de naître ainsi qu’un doute draconien. L’assassin enfouit une main sous sa tunique et en sortit une plume blanche dont la pureté s’illumina sous la lumière du Soleil. Il caressa la gorge ensanglantée du vieil homme à l’aide la plume qui se tacha aussitôt de sang. L’assassin se releva alors et observa la statue. « Lux Veritatis, Arvamlable, Bristilla, Lux Apocalypsis, création, destruction…vie et mort » tous ses mots résonnaient en écho dans la tête de l’assassin qui semblait être au bord d’un gigantesque gouffre. Il ouvrit la paume de sa main et contempla la plume ensanglantée. « Ne laisse pas Inline sacrifier les Dieux. » « Elle est notre seule chance. » « Lara…Croft…la source de…déséquilibre. ».
Alors soudainement, d’un mouvement de bras rageur, Altaïr serra le poing et broya la plume. Il la jeta à terre et courut vers la fenêtre qu’il escalada afin de sortir du temple en trompe. Il lui avait menti, il s’était servi de lui et…il allait le payer !

* * *

Le jeune homme aperçut l’assassin sortir du temple en toute hâte. Il l’observa quelques secondes avant qu’Altaïr ne disparaisse de son champ de vision pour s’enfoncer dans Bevelle. Le jeune homme attendit encore quelques minutes, les bras croisés, observant l’entrée du temple avec une certaine impatiente. Cela faisait plusieurs heures qu’il attendait sur ce toit, au Soleil, alors qu’il se sentait fondre sous ses vêtements en cuir et en plus en s’ennuyant profondément. Lorsqu’une certaine agitation commença à apparaître au niveau du temple, le jeune homme sentit qu’il n’en avait plus pour très longtemps à attendre.
- Yevon est mort !!!! Le prêtre a été assassiné !!!! Hurla un garde en bondissant du temple.
Un brouhaha immense s’éleva du sol alors que l’agitation redoublait de seconde en seconde. Le jeune homme ne réagit pas plus que ça à cette nouvelle, de toute manière il le savait déjà. Calmement il se leva, chassa les mèches de ses cheveux gris qui tombaient devant ses yeux et saisit son téléphone portable. Il composa un numéro et attendit quelques sonneries avant qu’on ne décroche.
- Dante ? C’est Nero, l’assassin est sortit du temple et Yevon est mort.
- Très bien.
- Que dois-je faire ?
- Rattrape l’assassin bien sûr ! Ne me dis pas que tu l’as perdu de vue !
- Hé qui est en train de cuir à Bevelle pendant que « papy » se tourne les pouces ?
- « Papy » s’occupe de Croft.
- Toujours en train de courir après les jolies filles hein ?!
- Ouais je suis impatient de la « tester ».
- J’espère qu’elle te fera ravaler ton orgueil.
- Pendant que tu me parles l’assassin s’éloigne je crois ?!
- Oui j’ai compris, j’y vais !
Brutalement Nero raccrocha, enfouit son téléphone dans sa poche et bondit du toit. Il fallait qu’il rattrape l’assassin rapidement, mais ça ne devrait pas trop poser de problème, après tout comparé à lui il n’était…qu’un simple humain.
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MessagePosté le: Sam 04 Oct 2008, 00:13    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 17

Il régnait dans la salle une tension presque palpable. Les membres de la réunion ne disaient rien, trop stressés pour débuter une conversation. Ils restaient tous droits sur leurs chaises, face à la table, le regard fixant un poing invisible devant eux. Certains patientaient ainsi depuis plusieurs heures, ressemblant à des statues de résine figées par le temps.
Tout d’un coup la porte d’entrée s’ouvrit à la volée et tous les membres présents sursautèrent. Les regards se dirigèrent vers l’homme qui venait de pénétrer dans l’immense pièce. Certains furent admiratifs, d’autres ne réagirent pas plus que ça. Inline apparut dans la salle, son habit blanc illuminant la pièce lugubre. Il sourit avec égocentrisme et à petits pas se dirigea vers la grande table ronde encerclée par tous les membres de la réunion. Il s’assit sur le fauteuil le plus important, celui du président, salua ses invités et dit :
- Je vous remercie tous du fond du cœur d’être venus assister à cette réunion. Je ne dispose que de peu de temps, alors nous irons tous droit au but.
Tous les membres approuvèrent en hochant la tête.
- Grâce à la puissance des matérias et de la technologie, il nous est possible de nous réunir plus facilement et rapidement. Il faut que chacun face le point sur sa situation.
Inline se retourna vers la gauche de la salle. Émi Izuzu se leva, chassa ses cheveux en arrière et dit :
- Lara Croft a été sacrifiée il y a de cela plusieurs jours. La matérialisation de son double a prouvé qu’elle a bien passé la Porte. La fausse Lara Croft a rejoint le manoir Croft à Surrey et a rencontré Kurtis Trent, dernier membre du Lux Veritatis pour ce monde. D’après le rapport de Xeanos, Kurtis Trent est toujours en vie et sous contrôle.
Lorsque le nom de Xeanos s’éleva dans la salle un brouhaha se forma subitement. Les membres réagirent spontanément à ce nom qui les surpris. Inline calma l’assemblée en levant les mains en signe d’apaisement.
- La fausse Lara a-t-elle réussi à connaître l’emplacement d’une des dagues de lumière ? demanda-t-il.
- Négatif. En fait nous n’avons pas pu la mettre au courant. Mais cela sera fait dans les plus brefs délais.
- Parfait, dîtes à la fausse Croft de retrouver Kurtis Trent et de le faire parler. Nous devons trouver les dagues de lumière.
L’un des membres sur la droite leva le bras. Inline lui donna la parole d’un mouvement de tête.
- Pardonnez notre ignorance, mais qu’est-ce que les « dagues de lumière » et en quoi peuvent-elles nous être utiles ?
- Il est temps que je vous éclaire sur Arvamlabe et son pouvoir. Nous n’avons qu’un seul but : Bristilla. Ce pouvoir est enfermé dans Arvamlabe et pour l’invoquer il est nécessaire de posséder plusieurs choses. Tout d’abord les chimères, représentant les divinités, doivent être sacrifiées à Bristilla pour créer la chimère ultime. Ensuite les dagues de lumière vont permettre de matérialiser l’épée suprême de lumière qui permettra d’invoquer Bristilla.
- Vous possédez déjà les chimères ?
- Une grande partie oui. Mais les deux dagues de lumières sont détenues par le Lux Veritatis dans le monde de Croft : la Matrice.
- Donc, interrogez ce « Kurtis Trent » vous permettra de récupérer les dagues ?
- Exactement.
Les membres de la réunion sourirent et le brouhaha se dissipa. Inline ordonna à Émi de poursuivre.
- Émi quelles autres nouvelles as-tu à nous apporter ?
- Deux membres de notre unité, Axel et Éliane ont déserté et sont actuellement introuvables. Nous pensons qu’ils ont rejoins le groupe ennemi.
- C’est fort dommage, ils étaient tous deux de brillants spécimens. Je vous laisse gérer ce problème, mais basez votre priorité sur Kurtis Trent.
Émi approuva et se rassit. Inline pivota et dirigea sont regard vers un autre membre de la réunion qui se leva pour prendre la parole.
- Comment se passent les tests et les expériences ? demanda Inline.
- Nous avons réalisé plusieurs tests qui se sont avérés très concluants. Claire Bennet, spécimen de sexe féminin, a réussi brillamment les tests par rapport aux matérias curatives. Elle présente une capacité de guérison et de régénération extraordinaire, voir proche de l’immortalité.
A nouveau un brouhaha s’éleva, mélange de surprise et d’hystérie. La recherche de l’immortalité étant l’un des projets les plus importants, sa réussite ne pouvait que satisfaire une grande partie de l’assemblée.
- C’est très intéressant, approuva Inline. Quand est-il des autres ?
- Max Guevara possède également des résultats extrêmement intéressants. Sa vitesse en particulier a subi une croissance importante. Quant a la demoiselle surnommée Xya, elle est malheureusement décédée…nous en sommes désolés.
La salle se tut. Certains regards se tournèrent vers Émi dont les yeux venaient de s’exorbiter. Elle serra les poings, tentant temps bien que mal de contenir sa colère. Inline, qui avait remarqué la peine de la jeune fille, prit un faux air compatissant.
- Que s’est-il passé ?
- Ses résultats étaient pourtant très positifs. La jeune fille possédait une puissance dévastatrice grâce au pouvoir de la foudre. Mais dans un excès de folie elle s’est suicidée, en utilisant ce même pouvoir.
- C’est une bien triste situation.
Le silence retomba à nouveau dans la salle. Émi peinait à retenir ses émotions. Elle se souvenait parfaitement de Xya, avec qui elle avait partagé la même douleur et le même pouvoir. Sa perte pesait lourd dans le cœur de la jeune fille.
Un des membres de la réunion décida de briser ce silence en levant la main. Inline lui autorisa la parole.
- Nos deux univers forment un parfait équilibre. Ainsi il existe une secte du Lux Apocalypsis dans chaque monde, réunies toutes les deux autour de cette table.
Les membres de la réunion approuvèrent d’un hochement de tête en se lançant des regards familiers.
- Mais il en est de même pour le Lux Veritatis. Dans la Matrice Kurtis Trent est seul et donc inoffensif, mais à Spira où se trouve actuellement Lara Croft, le Lux Veritatis compte plusieurs membres très puissants. Ils vont certainement tenter de rentrer en contact avec elle.
Inline sourit à ces dires et répondit :
- Oui c’est sûr et certain. D’ailleurs ils sont déjà en action. Les membres du Lux Veritatis à Spira surveillent Croft depuis sont arrivée dans leur monde. Ils ont également récupéré l’un de mes anciens assassins, Altaïr, après qu’il eut « exécuté » son travail. Mais cela n’a pas d’importance. Le Lux Veritatis est nécessaire au Lux Apocalypsis, l’un ne va pas sans l’autre, leur action est donc vitale, mais n’est pas un mal pour nous. Le Lux Veritatis va forcément rabattre Croft dans leur camp et lui conter toute la vérité.
Il y eut à nouveau un brouhaha. La plupart des membres ne comprenaient pas en quoi l’intervention de leur ennemi, le Lux Veritatis, pouvait être bénéfique pour eux. Inline saisit la situation et reprit :
- Le Lux Veritatis doit protéger les dagues de lumière et former « la source de déséquilibre », donc Croft, à combattre. Ce sont là ses deux principaux objectifs. Lorsque Lara Croft retournera dans son monde, elle va forcément chercher les deux dagues de lumière, pensant qu’entre ses mains, elles seront en sécurité. Nous interviendrons à ce moment là pour le lui voler.
Tous les membres approuvèrent avec joie. Inline dut à nouveau calmer l’assemblée en levant les mains.
- Les choses avancent donc comme prévu. Lara Croft va continuer de progresser dans Spira pour trouver la seconde partie de l’artéfact. Une fois qu’il sera en sa possession, le Lux Veritatis interviendra et la formera pour qu’elle puisse utiliser tous ses pouvoirs. Ils l’a renverront par la suite dans la Matrice, ici même, pour qu’elle recherche les deux dagues de lumière et le sang des gardiens. Lara Croft va faire tout le travail pour nous ! Mes frères, la fusion de nos deux mondes n’est plus qu’une question de temps. Bristilla lavera l’univers de ses flammes purificatrices et nous pourrons gouverner notre nouveau monde en nous élevant au rang des Dieux !
Après ces paroles la salle sembla exploser. Les membres hurlèrent de joie et se prosternèrent face à Inline. Celui-ci ce contenta de sourire sadiquement, paisible et heureux de voir les choses si bien avancer. Bientôt il deviendrait le dieu tout puissant des deux mondes et celle qui aura les mains tachées de sang sera non plus lui, mais Croft. Il ne pouvait espérer mieux.

* * *

Cloud stoppa la moto à l’entrée d’une forêt silencieuse. Les arbres étaient si serrés qu’ils semblaient former une barrière noire infranchissable. Une fois le moteur du véhicule coupé, un silence pesant envahit les lieux. Il n’y avait pas un souffle de vent, ni un chant d’oiseau, rien que l’entrée d’une forêt ténébreuse et effrayante.
Le trio avança de quelques pas et stoppa devant les arbres gigantesques. Lara sortit la carte et l’observa soigneusement.
- Nous devons traverser cette forêt, informa-t-elle en rangeant le morceau de papier.
Tifa et Cloud ne répondirent pas, trop hypnotisés par cet endroit lugubre presque repoussant.
- Vous connaissez cette forêt ? demanda Lara.
- Non, fit Tifa. Nous ne l’avons jamais exploré, il paraît qu’elle est très dangereuse.
Lara déglutit avec difficulté. Si Tifa tenait de tels propos c’est qu’entre ces arbres noirs devait se dissimuler quelque chose de vraiment terrifiant.
Cloud sortit son téléphone portable et le porta à son oreille.
- Qui appelles-tu ? demanda Tifa curieuse.
- Cid, normalement il n’est pas loin et j’aimerais qu’il récupère la moto.
Au bout de longues sonneries on décrocha, une voix hargneuse répondit :
- Quoi qu’est-ce qu’il y a ?
- C’est Cloud, j’ai un service à te demander.
- Je suis occupée !
- J’aimerais que tu viennes récupérer ma moto à l’entrée de la forêt de Lucas.
- Tu m’emmerdes Cloud ! j’ai pas que ça à faire !
- Merci Cid je te revaudrai ça, puis il raccrocha.
Le jeune homme rangeant son téléphone, Tifa demanda :
- Alors qu’est-ce qu’il a dit ?
- Tu connais Cid, il a dit oui bien sûr.

Une fois ce problème réglé, le trio s’avança avec détermination vers la forêt. Ils s’enfoncèrent entre la masse épaisse des arbres noirs et disparurent, comme engloutis par les végétaux.
Le changement de température en pénétrant dans la forêt fut presque choquant. Il y faisait très froid et l’air était tellement humide que Lara avait l’impression de respirer du sirop. Les rayons du soleil ne pouvaient transpercer l’épaisse barrière de feuillage que formaient les arbres gigantesques, empêchant la lumière et la chaleur de pénétrer dans la forêt. Le sol marécageux formait une boue noirâtre collante sous les semelles et une odeur horrible mêlée de terre et d’humus infectait les poumons comme du poison. Mais cette ambiance de nature déjà malsaine n’était rien comparée à la population qui peuplait cet endroit maudit : des moustiques gros comme des rats, des mille-pattes s’entourant autour des troncs d’arbres comme des serpents et surtout des créatures invisibles dissimulées dans les branchages, qui grognaient avec sadisme.
Doucement Lara dégaina ses 9mm en jetant un coup d’œil en hauteur et dit :
- J’ai un mauvais pressentiment…

* * *

Kurtis ne comprenait pas comment la situation avait-elle pu basculer aussi vite. Il y de cela quelque minutes, il se trouvait assis à la terrasse d’un café avec Lara, dont l’attitude étrange le dépassait quelque peu. La jeune femme venait de disparaître dans le café quand des hommes en costumes sombres étaient venus à la rencontre de Kurtis, lui présentant leur badge du FBI. Le jeune homme reconnut de suite l’agent Roy Heaven, qu’il avait rencontré au manoir Croft quelques minutes avant.
- Monsieur Trent, j’aimerais que vous suiviez mes collègues s’il-vous plait. Nous avons des questions très importantes à vous poser.
Kurtis m’étant un peu trop de temps à réagir, il fut tirer par le bras par l’un des collègues d’Heaven, comme si le temps jouait contre eux.
- Laissez-moi au moins avertir Lara de mon départ ! fit Kurtis pris au dépourvu.
- Ne vous en faites pas, je me charge de cela, avait répondu Heaven.
Kurtis fut engouffré dans une voiture sombre qui démarra rapidement. Il s’éloigna du café, ne quittant pas l’agent Roy Heaven des yeux à travers la vitre du véhicule. Le dernier membre du Lux Veritatis ressentait une impression étrange envers cet agent, un mauvais pressentiment inconfortable. Le sourire d’Heaven lui glaçait le sang et Kurtis n’arrivait pas à décrire son pressentiment correctement.
Lorsque la voiture fut trop éloignée pour qu’il puisse continuer de voir Heaven, il finit par comprendre ce sentiment qu’il ressentait. Pour Kurtis, Heaven représentait le « Mal » absolu, un sentiment de terreur qui l’empêchait de résonner. L’ancien mercenaire regretta alors d’avoir laissé Lara seule avec lui, craignant…le pire.
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MessagePosté le: Sam 08 Nov 2008, 11:20    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 18

Axel incéra la clé dans la serrure avec une extrême discrétion. Même lui n’entendait pas les bruits provoqués par ses gestes, tellement ils étaient futiles. Après avoir jeté un bref coup d’œil derrière lui pour vérifier encore une fois que personne ne le suivait, il ouvrit la porte et pénétra dans l’appartement. Refermant la porte derrière lui, il stoppa en posant ses yeux sur le tas d’immondices en lequel la pièce avait muté. La table était pleine à craquer de bouteilles vides, d’assiettes sales, de restes de nourriture, de papiers et autres déchets. Il faisait extrêmement sombre dans la pièce et seule la télévision allumée permettait d’émettre une faible lueur. L’écran affichait une image fixe avec un immense « Game over » d’inscrit. Devant la télévision, un jeune garçon était affalé sur les matelas, complètement vautré comme un tas de linge sale, une bouteille de Vodka à moitié vide dans sa main droite, la manette de la PS2 dans sa main gauche.
Axel fronça les sourcils en se rapprochant de lui. Il le regarda dormir en silence. L’inconnu était plongé dans un sommeil profond, la bouche grande ouverte qui laissait s’échapper une haleine empestant l’alcool. Ses cheveux noirs ébouriffés partaient dans tous les sens, lui donnant une apparence de vagabond. Il devait être âgé d’à peine 18 ans et comme ça, ne semblait pas méchant pour un sou. Enfin peu importait qui il était, il fallait surtout le réveiller.
Axel se retourna et se dirigea vers la cuisine. Il saisit l’immense poubelle de métal pleine à craquer, la retourna pour qu’elle se vide par terre (vu l’état de désordre ça n’allait pas changer grand-chose) et la posa à côté de la tête du jeune homme endormi. Par la suite il attrapa une bouteille vide et la jeta de toutes ses forces dans la poubelle. La bouteille se brisa dans un son de fracas assourdissant au fond du récipient de métal.

Chocho se réveilla en hurlant et en gesticulant pendant une bonne dizaine de secondes. Son réveil brutal ne lui permit pas de comprendre tout de suite ce qu’il venait de se passer. Il dut attendre quelques secondes avant de reprendre ses esprits.
Ces secondes écoulées il finit par se calmer. Il poussa un immense soupir mais en tournant légèrement la tête il se figea. Quelqu’un se trouvait à côté de lui, debout et l’observait. Chocho leva les yeux vers ceux de l’inconnu. Il était mince, avec des cheveux roux flamboyants, vêtu entièrement de noir avec quelques chaines pendouillant un peu partout, son visage exposait de nombreuses marques : bleus, cicatrices, semblant récentes, mais surtout il transperçait Chocho d’un regard sombre, sévère qui lui glaça le sang. Le jeune homme déglutit avec difficulté. Il avait des hauts de cœur et ses sens n’étaient pas vraiment au point à cause de son taux d’alcoolémie relativement élevé.
- Merde c’est maintenant que je meurs ? fit-il d’une voix tremblante.
Axel haussa un sourcil avant de dégager un léger sourire amusé.
- Nan mais t’es qui ? demanda t-il avec une fausse voix énervée.
Chocho n’eut pas le temps de répondre qu’il sentit son estomac se contracter violemment. Le gout de l’alcool remonta jusqu’à sa bouche qui devint subitement pâteuse. Il porta une main à sa bouche alors que ses yeux s’exorbitèrent.
- Je vais vomir…
Chocho courut jusqu’à la salle de bains en trébuchant dans les matelas, perdant plusieurs fois l’équilibre. Axel le regarda disparaître, le regard septique et perdu.
- Non mais je rêve…Eliane, faudra vraiment penser à revoir tes relations !
L’Ange de Feu se laissa tomber sur le matelas en soupirant. Il était complètement vanné et ne désirait qu’une chose : dormir. Mais ça n’allait sûrement pas être aussi évident. En rouvrant les yeux il observa l’écran de la télévision. Lorsqu’il reconnut clairement le « game over » il saisit la manette de PS2 à pleine main, appuya sur plusieurs boutons pour afficher un nouvel écran. Axel ouvrit encore des yeux immenses et cria :
- En plus il m’a flingué ma sauvegarde de Prince of Persia !


* * *

Alors que Lara, Cloud et Tifa s’enfonçaient profondément dans la forêt, ils percevaient des grognements de plus en plus intenses provenant de la cime des arbres. Le pire c’est que ces grondements semblaient se diriger vers eux. La faune locale les observait depuis leur entrée dans les bois. Le trio restait donc perpétuellement au « garde à vous ». Lara tenait fermement ses 9mm, Cloud, une main dans le dos, serrait le manche de son épée, prêt à la dégainer, tandis que Tifa les couvrait à l’arrière, poings serrés.
Les monstres dissimulés en hauteur semblaient rire, leurs grognements paraissant le mélange d’un cri aigu et d’un grincement de porte. Ces sons offraient à l’environnement déjà peu rassurant une atmosphère vraiment angoissante.
- Je n’aime pas ça, répliqua Lara en observant vers le haut.
Cloud suivit le regard de l’aventurière en levant la tête vers les arbres, mais les créatures étaient invisibles, parfaitement dissimulées entre les feuilles. Il répondit.
- Nous sommes observés et pris en chasse depuis notre entrée dans la forêt.
- Que peuvent nous faire ces créatures?
- Nous tuer et nous dévorer, reprit Tifa à l’arrière.
- C’est triste.
Soudainement, une masse de taille moyenne bondit d’un arbre en poussant un cri horrible. Dirigée par le son, Lara tendit les bras vers le haut et tira une rafale de balles en direction de la bête. Celle-ci fut mortellement touchée et tomba à terre en ratant sa réception, frappant lourdement le sol en dégageant un nuage de poussière. Elle gesticula nerveusement à terre à cause de sa souffrance, poussant des petits cris d’agonie stridents. Puis elle s’arrêta, morte.
Le trio se rapprocha du cadavre gisant dans une marre de sang bleu. Le petit monstre n’était pas plus gros qu’un chat mais possédait une fourrure grise très fournie en poils et de longues pattes couvertes de griffes rétractiles. Sa tête ronde possédait d’énormes yeux noirs, de grandes oreilles arrondies mais surtout une bouche énorme pourvue de dents acérées.
Dans les arbres les hurlements redoublèrent, les petits monstres poussaient des cris coléreux à cause de la mort de l’un des leurs. C’est un véritable capharnaüm qui débuta entre les feuilles.
- Le public est en émoi, répliqua Lara d’une voix ironique.
Les trois amis ne cessaient de pivoter sur eux mêmes, s’attendant à être attaqués de n’importe quel côté. Mais leur position actuelle les gênait. Les arbres trop sérés ne permettaient pas de se battre correctement. S’ils restaient ici ils courraient à leur perte. Il ne leur fallut qu’à peine une seconde pour comprendre. Ils échangèrent un regard avant que Cloud ne rengaine son épée pour dire :
- Courez !
Ils prirent alors leurs jambes à leur cou dans un départ de course fulgurant. Lara et Tifa passèrent devant, leur agilité et leur vitesse surpassant légèrement celle de Cloud qui les couvraient en arrière. Les nombreux obstacles : racines, branches, flaques de boue, rendaient la course très périlleuse et il était difficile de progresser correctement. Lara faillit trébucher plusieurs fois mais arrivait à se rattraper sans perdre de vitesse. Cette fuite lui rappela sa course contre le T-REX sur l’île où elle avait trouvé la première partie de l’artéfact. La Mort ne prenait-elle donc jamais de vacances ?

Mais l’aventurière dut mettre sa question philosophique de côté car un nouveau problème s’interposa. Un énorme tronc d’arbre bloquait le chemin quelques mètres droit devant. Pas le temps de le contourner, il ne restait plus qu’aux trois aventuriers l’option de passer par-dessus. Lara bondit dans les airs grâce à un saut de l’ange élégant avant de se réceptionner de l’autre côté dans une roulade. Tifa appuya ses deux mains à plat sur le tronc pour soulever ses jambes au-dessus. Cloud dégaina son immense épée et d’un coup sec éblouissant trancha l’arbre en deux sans pour autant s’arrêter de courir. Le trio put continuer sa course toujours plus vite, au point que leur esprit devait maintenant surpasser leur physique pour que leur corps ne lâche pas. Lara respirait comme une bête. Quand elle jetait un œil sur le côté elle voyait un paysage flou défiler. Elle courait à une vitesse incroyable, explosant son record personnel de plusieurs kilomètres heure. Ses capacités semblaient plus importantes depuis son arrivée dans ce monde. Heureusement car elle n’avait pas le droit à l’erreur. Derrière elle une vague de monstres les pourchassait, gagnant du terrain à chaque seconde.

Mais c’est à contre cœur que Lara dut ralentir. Devant le trio se dressa un mur gigantesque formé de racines et de végétaux, leur bloquant la route. La façade montait à une hauteur indéterminable et était impossible à contourner. Ils venaient de déboucher dans un cul de sac. Bloqués dans une sorte de puits géant, les trois amis durent faire face à leur destin et se retournèrent vers la masse de monstres. Ils étaient des centaines, transperçant leurs victimes de leurs yeux haineux. Une première vague se trouvait à terre, tandis que d’autres soldats s’apprêtaient à bondir des hauteurs. Le trio était encerclé.
- Pas terrible notre plan, dit Tifa en pivotant sur elle-même, on fait quoi maintenant ?
- Je suis timide en public, cette situation ne m’est pas confortable, sourit Lara en menaçant le haut du mur de ses 9mm.
Cloud dégaina son immense épée, la saisit fermement à deux mains et dit :
- Il semblerait que la cavale soit terminée.
Les créatures plongèrent sur leurs proies dans des hurlements tapageurs. Les trois individus durent se séparer afin d’utiliser le maximum de place possible sans se gêner.
Tifa évita les crocs acérés de justesse en exécutant une roulade sur le côté. A nouveau sur ses jambes elle projeta plusieurs créatures contre le mur de racines grâce à un majestueux coup de pied retourné.
Comme les monstres étaient nombreux et attaquaient de tous côtés, il était assez simple dans toucher un, voire plusieurs en enchaînant des attaques rapidement.
Tifa l’avait très bien compris et ne laissait pas ses pieds toucher le sol plus d’une seconde. Elle esquivait les créatures dans une danse mortelle et sensuelle à la fois. Ses poings et ses pieds volaient, alliant la finesse et la brutalité dans une technique de combat parfaitement maitrisée et ravageuse. Les monstres tombaient au sol avec les os brisés, les mâchoires tordues et les membres désarticulés. Bien qu’elle soit une femme d’une extrême gentillesse, Tifa n’en était pas moins une combattante redoutable, presque aussi puissante que Cloud.
Le jeune homme armé de son épée gigantesque n’avait rien à craindre : il tranchait et assommait les bêtes sans qu’aucune d’elles ne puisse le toucher. Un cercle de cadavres entourait le jeune homme dont le visage reflétait une concentration de fer. Rien ne lui échappait. Ses mouvements parfaitement calculés ne lui faisaient jamais rater sa cible. Dans les mains de son propriétaire, la gigantesque épée semblait extrêmement légère. Cloud étant également équipé d’une matéria de type « foudre », il arrivait qu’une vague électrique foudroie de temps en temps une vingtaine de monstres en une seule fois. Le pouvoir de destruction du jeune homme ne semblait pas avoir de limite. Pour lui le combat semblait extraordinairement simple, mais à vrai dire Lara n’avait finalement pas beaucoup de difficulté non plus.
L’aventurière criblait les créatures de balles en enchaînant pirouettes et saltos dans tous les sens. En un saut elle terrassait au moins une dizaine de monstres. Le tonnerre dégagé par ses tirs résonnait en écho dans le puits. Le bruit était tellement uniforme et répétitif que Lara ne paraissait même plus l’entendre. Le sol commençait à être recouvert de cartouches vides, mais l’aventurière ne s’arrêtait pas pour autant.
Revenue à terre après un salto arrière, elle courut vers le mur de racines et marcha sur celui-ci à la verticale. Après quelques mètres elle bondit en arrière et dans un saut superbe terrassa les créatures restées au sol. La jeune femme accélérait sa puissance de tire à chaque second et la vitesse de fusillade était maintenant terrible. Les monstres tombaient comme des mouches et n’avaient aucune opportunité pour riposter.

Débarrassés de leurs assaillants au sol, Cloud et Tifa se rejoignirent au centre du puits. Lara enchaîna alors des saltos-arrières pour les rejoindre. Les deux amis joignirent leurs mains pour former une catapulte avec leurs paumes et dans un dernier saut arrière Lara réceptionna un pied dans leurs mains. Alors Cloud et Tifa propulsèrent l’aventurière dans les airs. La jeune femme semblait voler, tournant sur elle-même en criblant de balles les créatures dissimulées en hauteur. Un moulin mortel, déchainé, qui anéantissait tout ce qui passait à sa portée. Les bêtes tombèrent au sol en hurlant d’agonie et lorsque Lara cessa le feu le puits devint entièrement silencieux.
L’aventurière enchaîna une série de galipettes aériennes pour amoindrir sa vitesse de descente.
Se plaçant correctement en-dessous d’elle, Cloud la rattrapa dans ses bras. Puis plus aucun son ne se fit entendre.
Mais soudainement il se mit à pleuvoir, à pleuvoir des cartouches de balles vides qui chutèrent au sol dans des petits sons aigus. Le sol en fut vite couvert et lorsque cette pluie prit fin, il ne se passa plus rien.
- C’est terminé ? demanda Lara calmement.
- Il s’emblerait que oui, répondit Tifa en tournant, observant les alentours.

Cloud reposa Lara à terre et celle-ci épousseta ses vêtements pour en chasser la poussière et le sang bleuté. Elle releva ensuite les yeux vers le puits. Celui-ci montait si haut qu’on ne pouvait en distinguer la fin et les racines très épaisses formaient un mur semblant impossible à détruire. Déçue elle reculant en haussant les épaules.
- On dirait bien que nous sommes coincés, bafouilla t-elle tristement.
La jeune femme porta une main à son sac à dos pour en sortir la carte et chercher un autre chemin. Cloud et Tifa se rapprochèrent également pour apporter leur aide au choix de la direction qu’il faudrait prendre pour contourner le mur. D’après la carte cette paroie s’étendait sur des kilomètres.
- C’est bien ce que je pensais, fit Cloud en observant la carte.
Lara lui demanda où il voulait en venir.
- Ce mur sépare la forêt des plaines de Luca, la ville se trouve juste derrière cette muraille. Elle fut construite pour éviter que les monstres locaux n’attaquent la ville ou ne se reproduisent dans les plaines.
- Il existe une porte pour traverser cette muraille ? demanda Lara enthousiaste.
- Non.
Le visage de la jeune femme refléta sa déception.
Cloud se rapprocha du mur et posa ses mains sur la surface de racines et de pierres. Il se retourna à nouveaux vers les deux femmes et dit :
- Si on ne pas contourner ce mur, on va le traverser !
Calmement le jeune homme s’éloigna du mur et lui fit face. Il saisit son épée à une main et resta statique quelques secondes à observer le mur tout en se concentrant. Puis il jeta son bras en arrière, plaçant sa gigantesque épée derrière lui. La lame se mit à dégager une lueur bleue, une vague de magie devenant de plus en plus intense.
Tifa tira Lara en arrière pour l’éloigner alors que l’épée continuait de dégager de la lumière. La lueur finit par se condenser pour s’introduire à l’intérieur de la lame, comme pour disparaître. Alors, avec une puissance démesurée, Cloud jeta son bras en avant et un rayon fulgurant surgit de l’épée, fonçant à une vitesse presque imperceptible vers la muraille. L’attaque lumineuse percuta le mur de plein fouet dans une explosion de poussière et de blocs de pierres. Une fois la grande quantité de poussière tombée au sol, Lara rouvrit les yeux pour prendre connaissance des dégâts qu’avait fait l’attaque dévastatrice. C’est avec une stupeur et une admiration sans borne qu’elle constata qu’un trou béant de cinq mètres de profondeur venait d’être creusé dans la pierre. Lara n’en revenait pas des dégâts qu’avait produit l’attaque de Cloud. Sans compter qu’elle semblait encore banale par rapport à ce que le guerrier pouvait faire. Mais il ne s’arrêta pas là. Cloud poussa une de ses jambes en arrière et se propulsa en avant dans une course effrénée, fonçant droit vers le mur, prenant de l’élan avec hargne et sauvagerie. Encore dans une puissance démesurée il frappa le mur de plein fouet et disparut à nouveau dans une explosion de poussière. Lara resta statique et hypnotisée d’admiration alors qu’il apparut de l’autre côté du mur dont il venait de dégager un passage. Une lumière aveuglante s’infiltra dans le trou, exposant des plaines verdoyantes.
Les deux femmes sourirent et avancèrent calmement dans le tunnel dégagé.

Le trio déboucha dans un endroit totalement opposé à la sombre et lugubre forêt qu’il venait de traverser. Une ville flamboyante de lumière s’imposa à quelques centaines de mètres comme un titan de pierres blanches. Une ville sublime, entourée d’eau où des navires colorés naviguaient dans la brise portant un doux parfum d’épices et de sucrerie. De multiples décorations colorées embellissaient la ville de couleurs. Des guirlandes, confettis et ballons s’envolaient jusqu’au ciel, distançant des milliers de rires, chants et cris de joie, un bonheur total exposant une fête grandiose. L’aventurière ne put s’empêcher d’être déjà submergée par l’amoncèlement de sentiments positifs que dégageait la ville lointaine. Un sourire radieux prit alors ses lèvres, tous ses muscles se décontractèrent et elle crut oublier durant un instant tous ses soucis.
- Il doit y avoir un match de Blizt, répliqua Tifa en remarquant l’entrain de la foule.
Lara lui lança un regard surpris ne comprenant pas cette notion de « match de Blizt ». Encore elle aurait dit « match de foot ou de rugby » la jeune femme aurait compris, mais là il semblait qu’elle allait encore faire une découverte peu commune.
- Bienvenue à Luca ! continua Cloud en croisant les bras.
Lara reposa ses yeux admiratifs sur la ville blanche continuant de baigner de joie et de rires. Alors elle décida quelque chose promptement, une chose qu’elle n’aurait jamais pensé s’accorder en de telles circonstances. Mais c’était justement ces circonstances qui faisaient qu’elle était obligée de prendre cette décision afin de ne pas perdre la tête et continuer d’affronter ses problèmes avec toute la force qu’elle possédait.
Lara sourit encore, commença à avancer à petits pas vers la ville et dit :
- Accordons-nous une pause !

* * *

Chocho arrêta de taper sur son clavier et s’accorda une pause. Il s’étira en poussant un gémissement avant de se frotter les yeux. Ses longues heures passées devant l’ordinateur l’avaient quelque peu fatigué. Il pivota sur sa chaise et se retourna. Axel était encore en train de jouer à la Playstation. Il jouait à Prince of Persia depuis ce matin pour récupérer sa sauvegarde, étant donné que Chocho avait fait n’importe quoi dessus. Il était nul, fallait l’avouer.
Cela faisait plusieurs jours que les deux hommes n’étaient pas sortis de l’appartement. Volets et portes verrouillés, vu de l’extérieur l’immeuble ne semblait pas être habité.
Seules les montres des deux hommes leur permettaient de connaître l’avancé du temps.
Les deux amis s’étaient rencontrés il y a quelques jours dans des conditions peu valorisantes. Axel avait paru à Chocho comme un sadique aigri et froid, tandis que Chocho avait paru à Axel comme un gamin alcoolo immature et stupide. Ces journées passées ensemble leur avaient permis de changer leur point de vue. Maintenant ils s’entendaient fort bien.
Chocho avait passé du temps au-dessus de la cuvette des toilettes pour comprendre que l’abus d’alcool était bien dangereux pour la santé. Désormais frais, il se posait pas mal de questions mais n’avait pas encore osé les poser à son colocataire. Une sorte de peur l’empêchait de rentrer dans le vif du sujet. Puis la mise en garde d’Eliane l’empêchait de franchir le pas. Il regarda encore Axel de dos sans l’interpeller, n’arrivant vraiment pas à lui poser la moindre question.
Finalement, il fit volte-face pour se replacer devant l’écran de l’ordinateur et continuer son activité. Se consacrer à son projet lui permettait de mettre un peu de côté ses soucis. Ca lui vidait la tête. Il restait collé à l’écran du levé jusqu’au couché, excepté lors des pauses déjeuner ou quand Axel lui proposait de regarder un film avec lui. De toute manière leurs journées ne se résumaient plus qu’à ça ces derniers temps. Au début Chocho trouvait cela amusant, mais maintenant vite lassant. Il se demandait combien de temps encore Axel et lui devraient rester cloîtrés dans cet appartement.
- Qu’est-ce que tu fais ?
Axel se trouvait derrière lui et observait l’écran. Visiblement il faisait une pause dans son jeu.
Chocho lui exposa son travail et répondit :
- Je suis en train de réaliser un site sur Lara.
- Un site sur Lara ? répéta Axel septique.
- Oui. Ca sera le meilleur site Internet sur Lara Croft, dite « Tomb Raider ». On y trouvera sa biographie, le récit de ses aventures, des photos et tous un tas d’autres informations.
- Tu es sûre que Lara sera d’accord pour ça ?
- Bien entendu ! et puis je lui fais de la pub, elle ne va pas s’en plaindre !
Axel rapprocha son visage de l’écran pour mieux distinguer la page ouverte. Il s’agissait de la page d’accueil du site en question, avec les news et le slogan.
- « Captain-Alban…vous dit…tout » ? lut-il avec attention.
- Exactement ! répondit Chocho fièrement. Le site de « Captain-Alban », Captain-Alban vous dit tout sur Lara Croft !
- Tu as même un forum ?
- Oui et plein de membres d’inscrits ! Lara a un sacré nombre de fans.
Axel lut rapidement la liste des membres en ligne.
- Lithana, Keviouk, Scorpnix, Alexy, TimJ, Momwalker, Clara, Arvin, Diaz, TeHb, Céréales-killeR, Eléo…Hè « Eléo » c’est par l’auteur qui écrit cette fic ?
- Si, elle est inscrite et publie la fic sur le forum.
- Envois lui un mp pour savoir comment ça finit !
- Non c’est de la triche et de toute manière elle me le dira jamais.
- Insiste !
- Fais gaffe c’est une modo, elle va nous bannir si on n’est pas sages, sont cruels et sans pitié les modos ! ils te bannissent à grand coup de coquelicots magiques !
- T’es un grand malade toi !
Axel observa encore la page.
- Et pourquoi t’as plein de « voter » qui clignotent partout ?
- Parce qu’on peut voter pour le site toutes les deux heures, pour qu’il reste N°1 !
Soudainement, Chocho pointa Axel du doigt d’un air menaçant. Celui-ci recula sous la surprise.
- Tu votera pour le site toutes les deux heures hein ?
Axel sourit face à la fausse menace de son ami.
- Oui après avoir sauvé le monde, j’y penserai.

Soudain, un bruit se fit entendre à l’entrée. Les deux hommes se turent pour observer la porte. On était en train de déverrouiller les nombreuses serrures.
Chocho sentait son cœur exploser dans sa poitrine. Il restait statique comme une statue de marbre. Axel ne plaisantait plus et en position offensive, s’apprêtait à faire « feu » à tout instant.
Une fois toutes les serrures déverrouillées la porte s’ouvrit dans un léger grincement. Une jeune femme pénétra dans l’appartement. Axel et Chocho soupirèrent de soulagement.
- Bienvenue à la maison sœurette, fit Axel avec un clin d’œil.
Eliane leur fit « coucou » de la main avant de jeter son blouson sur le porte-manteau. Elle s’approcha des deux hommes et les embrassa à tour de rôle. Chocho sentit son cœur à nouveau battre la chamade en sentant les lèvres l’Eliane sur sa joue.
- Tu as du nouveau ? demanda Axel d’une voix sérieuse.
- Oui. Lara a bien passé la Porte ça ne fait plus aucun doute. Le Lux Apocalypsis a tenu une réunion hier avec tous les membres des deux mondes réunis.
- Comment ont-il fait ?
- Je l’ignore. Il semblerait qu’Inline connaisse une méthode pour pouvoir se matérialiser ainsi que ses fidèles dans notre monde le temps d’une réunion. Ca leur a permis de faire le point.
- Et donc ?
- Inline aurait réussi à manipuler Lara pour qu’elle trouve les matérias et la seconde partie de l’Oeil. Nous avançons tête baissé dans la gueule du dragon. De plus il semblerait que le dernier membre du Lux Veritatis de notre monde, Kurtis Trent, soit aussi sous le contrôle du Lux Apocalypsis.
- Pour résumer on est dans la merde.
- Oui c’est un bon résumé.
Chocho ne dit rien. En fait il ne comprenait pas de quoi il parlait. La seule chose dont il était sûr c’est qu’il s’inquiétait affreusement. Il se décida enfin à demander des explications.
- J’aimerai que vous me disiez la vérité maintenant !
Axel et Eliane lui jetèrent un regard dubitatif, mais Chocho ne fléchit pas.
- Nous sommes dans le même bateau désormais. Je me fiche bien d’être en danger de mort si je connais la vérité. Tout ce que je veux c’est aider Lara, même si je dois y laisser la vie.
Le couple échangea un regard complice mais ne répondit pas tout de suite. Chocho se força à posséder un regard déterminé et sûr de lui. Il était plutôt stressé mais voulait à tout prix savoir de quoi il en coûtait.
Axel croisa les bras et répondit :
- Tu n’as pas tort. Je ne vois pas pourquoi on devrait, en plus de te retenir ici contre ta volonté, te cacher la vérité. Si c’est toi qui le demande alors...
L’Ange de Feu invita Chocho à s’asseoir à table. Le jeune homme s’exécuta et le trio fut rassemblé autour du meuble. Chocho sentait une tension palpable planer autour d’eux. Le regard d’Axel était sombre, sévère, il ne plaisantait pas du tout sur ce coup là. Chocho en eut des frissons et durant un instant regretta presque de s’être jeté à l’eau. Mais c’était trop tard maintenant, il écouterait tout et allait se préparer à se battre à leurs côtés.
- On ne peut pas tout te dire, reprit Axel, pour la simple raison que nous-mêmes nous ne sommes pas au courant de tout. Seuls les hauts placés dans la hiérarchie de la secte connaissent toute la vérité.
- Pourquoi ?
- Pour justement éviter que les traîtres comme nous ne divulguent la vérité au camp adverse.
Chocho se tut. Il y eut une coupure dans la conversation où Axel chercha le regard d’Eliane. La jeune fille lui donna la parole et l’Ange de Feu débuta son récit.
- La Lumière est à la base de toute chose. Lux Veritatis, la Lumière créatrice, représente la « vie » et la « naissance » tandis que Lux Apocalypsis correspond à la « mort » et à la « destruction ». Au commencement il n’existait que ces deux lumières. Lux Veritatis a créé le monde, les hommes, les animaux, les plantes, bref toute forme de vie. Mais le monde est un parfait équilibre, la vie et la mort forment une équation qui ne peut être déséquilibrée facilement. Ainsi Lux Apocalypsis est nécessaire pour détruire et équilibrer le monde. Jusque là tu me suis ?
Chocho approuva d’un hochement de tête timide. Axel continua.
- Ces deux lumières sont l’ultime force créatrice et destructrice de l’univers et en-dessous d’elles existent les Dieux. Les Dieux d’Arvamlabe.
Les yeux de Chocho s’écarquillèrent, lui qui avait toujours pensé qu’Arvamlabe n’était qu’un conte pour enfant, mais Axel ne lui laissa pas le temps de l’interrompre.
- Arvamlabe est une citée parallèle aux mondes, un endroit au quel on ne peut accéder qu’en possédant l’Oeil de lumière et le sang des gardiens. Le but du Lux Apocalypsis est de trouver Arvamlabe et de s’emparer de son pouvoir.
Cette fois Chocho ne put ne rien dire.
- Je ne comprends pas. Tout à l’heure tu as dis « LE monde est un parfait équilibre » et maintenant « une citée parallèles AUX mondes ».
- Oui, il existe deux mondes. Au commencement de la vie il n’y avait qu’un seul monde, dirigé par les Dieux d’Arvamlabe et les Lumières. Les humains pouvaient utiliser les pouvoirs divins pour améliorer leur quotidien, mais certains ont fini par s’en servir pour faire le mal. Ainsi les Dieux ont décidé de diviser l’univers en deux mondes différents. Il existe donc un autre monde que celui où nous sommes actuellement, où monstres, chimères et magie existent : Spira. Notre monde est nommé la Matrice.
Chocho resta neutre physiquement mais en vérité il était bouleversé. Sans s’essouffler l’Ange de feu continua ses explications.
- Les deux mondes sont séparés par une immense porte noire qui ne peut s’ouvrir que dans deux cas. Celui qui possède l’Oeil de lumière est libre d’aller et venir entre les deux mondes comme il le souhaite, l’Oeil est une clé ultime. Sinon il faut faire un sacrifice grâce au sang des réincarnations divines, la Coupe de lumière et réciter un texte antique. Lara possédait la Coupe de lumière, j’ai été chargé de la lui voler. Ensuite les réincarnations divines sont des êtres humains qui paraissent normaux, mais qui d’une certaine manière sont liés aux dieux. Les pouvoirs divins sommeillent en ces humains. Une fois qu’ils sont réveillés ces individus peuvent les contrôler.
Axel ne répondit rien et échangea un regard triste avec sa soeur. Eliane baissa également les yeux en posant une main sur celle de son frère. Chocho comprit tout de suite où ils voulaient en venir.
- Vous faites partie de ces personnes n’est-ce pas ?
Axel et Eliane relevèrent leurs yeux tristes vers Chocho.
- Oui, répondit Axel, notre sang a servi à sacrifier Lara. Pour ceux qui ont refusé de se lier à la secte, ils ont été assassinés et une partie leur sang congelée pour être conservée.
Il plana dans la pièce une ambiance morose. Pendant de longues secondes plus personne ne parla. Axel et Eliane laissaient le remord s’effondrer sur eux tandis que Chocho, secoué par toutes ces révélations, tentait de tout trier et rassembler dans son esprit. Il décida de trancher ce silence malsain en reprenant la parole.
- Très bien alors résumons. Finalement votre histoire pourrait être représentée par une grande pyramide.
Le jeune homme saisit une feuille de papier et un crayon et tout en parlant schématisa ses dires.
- Tout en haut se trouvent Lux Veritatis, la lumière créatrice et Lux Apocalypsis, la lumière destructrice. Ensuite vient Arvamlabe et les dieux, qui contrôlent les deux mondes.
- Visiblement dans chacun des deux mondes, le coupa Axel, il existe une secte pour chaque ordre. Un ordre pour le Lux Veritatis et un autre pour le Lux Apocalypsis, ces deux ordres étant en guerre.
Chocho acheva son schéma. Il y voyait maintenant bien plus clair.
- L’objectif du Lux Apocalypsis est de s’emparer du pouvoir d’Arvamlabe, fit-il. Mais quel est ce pouvoir ?
Axel haussa les épaules.
- Ca fait partie des choses que nous ignorons.
- Lara se trouve actuellement dans l’autre monde. Elle recherche l’Oeil de lumière, l’artéfact qui une fois complet lui permettra de revenir ici mais aussi d’ouvrir Arvamlabe. Tu m’as parlé du sang des gardiens, qui sont exactement ces gardiens ?
Axel haussa encore les épaules. Visiblement cette réponse ne faisait pas partie des choses que lui et Eliane connaissaient. Chocho reprit.
- Donc le Lux Apocalypsis n’a pas choisi Lara au hasard comme sacrifiée. Ses connaissances et ses goûts pour le pillage de tombe allaient forcément la mettre sur la piste de l’Oeil dont elle possédait déjà une partie. En bref ils la manipulent dans le but qu’elle ouvre Arvamlabe à leur place ?
- Tu as tout compris, c’était notre but depuis le départ. Même si Lara n’avait pas possédé la Coupe je l’aurais provoquée d’une manière ou d’une autre pour la mettre sur la piste de l’Oeil.
Il y eut à nouveau un silence. Chocho avait du mal à s’en remettre. Il venait en un coup d’apprendre tout un tas de choses qu’au grand jamais il n’aurait imaginée. C’était une histoire complètement folle. Le jeune homme baissa les yeux vers son schéma. Quand il lut « Lux Veritatis » il lui vint une idée.
- Et le Lux Veritatis ? il combat le Lux Apocalypsis non ? ne peuvent-ils pas nous aider ?
Etrangement pour Chocho, le nom de Lux Veritatis sonnait dans sa tête avec un son déjà entendu. Une impression étrange qu’il n’arrivait pas à expliquer. Eliane lui répondit.
- Le problème est que le Lux Veritatis de notre monde a pratiquement été entièrement exterminé. Il n’existe plus qu’un seul homme : Kurtis Trent. A lui seul je doute qu’il puisse faire quoique ce soit.
- Mais il n’est pas seul !
Chocho avait presque hurlé sa dernière phrase. Axel et Eliane en furent surpris. Le jeune homme serrait les poings de rage et de stress, ses yeux pétillaient à cause de la formation de larmes.
- Pour l’instant nous sommes tous séparés, nous trois, Lara, Kurtis Trent, mais une fois réunis nous seront bien plus forts. Nous devons rassembler nos forces et nous battre !
Le jeune homme se tut, un peu honteux de s’être emporté de la sorte. Eliane reprit et dit :
- D’après ce que je sais, Kurtis Trent est déjà entre les mains de l’ennemi. Ca va être délicat de l’approcher maintenant. Et puis avec la fausse Croft qui se promène, difficile de faire la part des choses sans tomber dans un piège.
Chocho se ressaisit. C’est vrai que depuis le début ils n’avaient pas parlé de la fausse Lara. Il était temps d’en savoir plus à ce sujet.
- D’où vient-elle ?
Axel répondit.
- Les deux mondes forment un équilibre. En passant dans l’autre monde Lara l’a perturbé. Ce clone a été créé pour équilibrer à nouveau les mondes. Comme Inline.
- Inline ? celui qui a écrit le journal du Louvre ?
- Oui. Il a consacré toute sa vie à Arvamlabe et a réussi à passer de l’autre côté de la Porte. Maintenant il dirige le Lux Apocalypsis de l’autre monde tandis que son clone contrôle le Lux Apocalypsis de ce monde-ci.
- C’est donc lui le « méchant pas beau » de l’histoire ?
- Ouais on peut voir ça comme ça.
- Et la fausse Lara est avec lui ?
- Assurément.
Chocho baissa à nouveau les yeux. Même s’il tournait et retournait toutes ces informations dans tous les sens possibles il ne voyait pas de solution.
- Concrètement que pouvons-nous faire ?
- La seule qui puisse rétablir l’ordre des mondes qu’elle a déséquilibré c’est Lara. Sans elle on ne peut rien faire. L’ennemi est trop important, trop puissant par rapport à nous. On ne sait même pas si nous avons des alliés de l’autre côté.
- Tu parles du Lux Veritatis de l’autre monde ?
- Oui. Rien ne nous dit qu’il existe. Si c’est le cas, seule Lara pourra les trouver comme elle est sur place. A son retour elle connaitra toute la vérité, celle cachée en profondeur. Elle saura quoi faire et avec qui. Nous devons donc l’attendre.
A nouveau un silence pesant coupa la conversation. Chocho resta statique, les yeux baissés et tristes. Une pensée noire envahit soudainement ses pensées.
- Et si jamais…elle ne revenait pas ?
Les larmes s’écoulèrent doucement le long de ses joues. Le jeune homme n’arrivait pas à contenir ses émotions. D’un coup c’était trop pour lui.
Soudainement il sentit les mains délicates et douces d’Eliane prendre les siennes. Chocho releva la tête. La jeune fille lui souriait avec tendresse, compassion et réconfort.
- Elle reviendra, fais lui confiance.
Chocho resta neutre, sans réagir. Il passa des yeux d’Eliane à ceux d’Axel sans dire un mot. L’Ange de Feu lui sourit avec amusement et dit :
- Oui ne t’inquiète pas, c’est « Lara Croft, Tomb Raider », pas n’importe qui.
Chocho sourit et essuya ses larmes avant de répondre.
- Oui vous avez raison. J’ai confiance en elle, je vais l’attendre.
Les trois amis se sourirent et un nouveau silence tomba dans la pièce. Mais ce silence n’avait rien à voir avec les précédents. C’était un silence calme, serein, qui apaisa les esprits.

Au bout de quelques secondes Axel poussa un gémissement volontairement exagéré en s’étirant et dit :
- Raconter tout ça m’a donné faim. Sœurette c’est toi la femme de cette maison, tu aurais dû nous préparer de bons petits plats !
- Hè tu parles comme un macho ! Si t’as faim bouge tes fesses et prépare à manger !
Chocho rit en assistant à cette dispute enfantine. Il se demandait bien comment il pouvait rire dans cette situation, maintenant qu’il connaissait une partie de la vérité. Une vérité sombre et terrifiante. Mais finalement, mieux valait en rire pendant qu’on le pouvait encore. Les larmes, seraient versées bien plus tard.
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MessagePosté le: Lun 22 Déc 2008, 14:36    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 19

Les trois amis franchirent les immenses portes d’entrée de Luca en laissant tous leurs problèmes derrière eux. Lara sentit une vague de quiétude parcourir son corps entier. Elle ne ressentait plus le moindre mal. Toute cette splendeur et cette lumière la réconfortaient.
L’architecture de la ville était un véritable plaisir pour ses yeux : tout simplement sublime, comme tout droit sortie d’un rêve. Les bâtiments blancs reflétaient la lumière, semblant eux-mêmes dégager une lueur, tandis que les toitures roses paraissaient rougir sous les rayons du soleil. Les multiples couleurs et les formes circulaires donnaient aux bâtiments l’apparence de sucreries, sans compter les nombreuses décorations : guirlandes, confettis et ballons, qui plongeaient la ville dans une ambiance colorée et festive. Lara n’en revenait pas. A côté de Luca, Londres ressemblait à un cimetière gris et froid. De plus, la population abondante n’offrait pas la même sensation d’étouffement ou de stress qu’on pouvait ressentir justement comme à Londres ou à Paris. Ici les gens souriaient et riaient, au point que toute la ville paraissait déborder de sentiments positifs. Cette foule se hâtait vers le Sud. On ressentait une impatience et une joie démesurée s’élever dans les airs. Visiblement Luca était aujourd’hui illuminée d’un grand événement.

Lara posa ses yeux au sol et ramassa un prospectus qui voletait à ses pieds. Le prenant soigneusement, elle l’épousseta pour en chasser le peu de poussière et commença à en prendre connaissance. A sa première lecture en diagonale elle conclut qu’il s’agissait du programme d’un championnat sportif.
Relevant les yeux, elle vit Tifa revenir vers elle et Cloud en courant. Elle s’était renseignée auprès d’un passant et dit :
- C’est aujourd’hui que se clôture le championnat de Luca. C’est la grande finale que tout le monde attendait : les Besaid Aurochs contre les Balamb Garden. Cela devrait être du grand spectacle !
Lara fourra le programme dans son sac à dos pour le garder et avec plein d’entrain débuta sa série de questions.
- Qu’est-ce que le Bliztball ? un jeu ?
- C’est plus qu’un jeu, répondit Cloud, c’est une véritable obsession.
Lara fit le lien avec le football ou le rugby de son monde. Elle supposa que le Bliztball devait, comme chaque sport, avoir son joueur fétiche et ses coupes du monde.
- En quoi ça consiste ? continua l’aventurière vraiment intéressée.
Tifa prit la parole en accompagnant les gestes de ses mains. Ainsi elle lui fournit les informations les plus détaillées possibles.
- Deux équipes s’affrontent sur une rencontre de dix minutes par deux périodes de cinq. Le but est d’avoir marqué un nombre de buts supérieurs à l’équipe adverse à la fin de la rencontre.
- Dix minutes ? c’est très court, déclara Lara surprise.
- Ca se joue en apnée, reprit Cloud.
Lara se figea sous la révélation. Elle-même ne pouvait pas tenir dix minutes en apnée, mais en plus en disputant un match, cela relevait du livre des records. Comment une telle chose pouvait-elle être possible ?
La jeune femme fut alors prise d’un sursaut d’excitations comme une enfant à l’approche de rencontrer le Père Noel. Il n’y avait aucune alternative : il fallait qu’elle voit ça.
- Je pense que toutes les places sont prises, dit Cloud en anticipant sa question.
L’aventurière fut très déçue et perdit son sourire. De toute manière elle ne possédait pas de Gils sur elle et ne pourrait pas acheter de billets. Elle fit la moue, vraiment contrariée.
- On peut quand même essayer, on ne sait jamais ! répliqua Tifa avec optimisme.
Le trio alla s’entasser dans la queue au milieu de la foule surexcitée par le match approchant. Lara ne se reconnaissait presque pas. Elle avait été utilisée en sacrifice dans une scène morbide après avoir été accusée de meurtre par un agent du FBI (d’ailleurs pauvre Heaven : il devait vraiment se demander où elle était passée…), maintenant elle était dans un autre monde, ne savait pas si elle allait un jour pouvoir rentrer chez elle et pourtant, elle s’entassait dans une queue pour voir un match de Bliztball. C’était vraiment pas sérieux. Elle s’en fichait royalement.
Le sourire aux lèvres, espérant qu’il reste des places, Lara patienta durant leur approche lente vers le guichet. Après de longues minutes de patience le trio finit par arriver devant une femme radieuse qui les accueillit avec un grand sourire.
- Vous êtes chanceux, déclara t-elle en sortant trois billets, ce sont les derniers.
Lara fut plus qu’heureuse. Ce comportement d’enfant la surprenait vraiment. Si elle sortait vivante de toute cette histoire, elle en aurait des choses à raconter. On ne la croirait surement pas mais l’aventurière était délibérément en train de vivre l’expérience la plus passionnante de toute sa vie.

Heureux et profitant de ce moment de détente, le trio débuta sa marche vers le stade. Lara, toujours émerveillée par la beauté de l’environnement, avait vraiment tout oublié de ses problèmes jusqu’à la moindre pellicule de sang. Un sourire radieux se peignait sur son visage.
Calmement, les trois amis commencèrent à se diriger vers le stade, suivant la foule qui courait presque, ne tenant pas en place. Lara fut alors alertée par une masse de fans piétinant sur le côté. Elle prit le temps de s’arrêter pour prendre connaissance de ce qui pouvait bien les attirer de la sorte. Hurlant, sautant de joie et d’entrain, les fans brandissaient des ballons qui devaient être des ballons de Blizt. Ces ballons étaient relativement gros et peints de deux couleurs : bleu et blanc.
Au milieu de toute cette foule en délire souriait un jeune homme paraissant assez jeune, dix neuf ans peut-être. Il dédicaçait les ballons avec plaisir. Lara fronça les sourcils et affuta son regard pour mieux le distinguer : blond, yeux bleus, peau légèrement bronzée, fin mais athlétique, encore un beau garçon.
- On peut avoir un autographe ? demanda timidement une demoiselle en tendant sa balle.
- Bien sûr ! répondit-il en lui dédicaçant.
- Bonne chance pour le match ! répliqua une autre jeune fille.
- T’en fais pas ! il lui dédicaça aussi sa balle et l’a fit tourner sur son doigt, c’est dans la poche !
Son sourire était craquant et toutes les filles le collaient avec fascination. Il portait une sorte de salopette noire qui ne s’arrêtait pas au même niveau pour les deux jambes. Un gilet coloré lui couvrait les épaules mais dévoilait son torse athlétique au grand jour. Il était classe et sexy. Ce n’était guère étonnant de voir autant de filles autour de lui. Visiblement il devait être un joueur très apprécié.
A petits pas Tifa rejoignit Lara qui continuait d’observer la scène. L’aventurière s’empressa de suite de lui demander le nom de l’inconnu.
- Qui est-ce ?!
- Tidus, champion des Besaid Aurochs, un joueur mythique champion du monde.
- Un garçon génial, reprit Cloud, mais qui fréquente une fille vraiment stupide.
- Cloud !!!! le réprimanda Tifa surprise.
Lara se mit à rire.
- En fait tu es jaloux, le nargua-t-elle.
- Non ça ne risque pas.
L’aventurière reposa ses yeux sur le joueur. La quantité de fans commençait à s’amoindrir, la foule se dirigeant vers les gradins. Encore plus excitée, Lara prit une expression et attitude enfantine exagérée, se tourna brutalement vers Tifa et Cloud et dit :
- Moi aussi je veux un autographe !
Puis elle les distança en fonçant vers Tidus.
Cloud haussa un sourcil alors que Tifa rit à la comédie de l’aventurière.
- Elle a perdu l’esprit ? demanda Cloud en l’observant.
- Elle s’amuse !
Lara arriva face à Tidus. Tout de suite le joueur lui fit un sourire. Elle le lui rendit.
- Je peux avoir un autographe ? demanda-t-elle.
Lara eut envie d’éclater de rire. D’habitude c’était à elle qu’on venait demander des autographes. Aujourd’hui personne ne la connaissait (excepté ceux qui voulaient la tuer) et c’était finalement elle qui demandait des autographes aux stars de ce nouveau monde. Ce n’était pas du tout le moment, mais Lara voulait profiter de sa journée pour s’amuser et tout oublier.
- Tu n’as pas de balle de Blizt ?! demanda Tidus interloqué.
- Non je suis novice, je découvre.
Lara s’empressa alors de basculer son sac à dos pour en sortir son carnet de voyage. Il pourrait le lui signer.
- Attends bouges pas, l’interrompit-il en se retournant.
Il empoigna alors une balle de Blizt qui se révélait être en fait une reproduction miniature, un peu plus grosse qu’une balle de tennis.
- Comment tu t’appelles ?
- Croft, Lara Croft.
Tidus dédicaça la balle avant de la tendre à l’aventurière.
- Merci, répondit-elle vraiment contente.
- J’ai une idée ! reprit-il. Quand je marquerai un but je ferais comme ça, et il leva les bras au dessus de sa tête. Ca voudra dire que je te le dédie !
- Et bien merci encore, c’est un honneur !
- C’est quoi ta place ?
L’aventurière sortit son billet, chercha son numéro de place et répondit.
- Section Est, au premier rang ! Moi, c’est la cinquième en partant de la droite.
- Je m’en souviendrais.
- Encore faudrait-il que tu marques un but ! nargua soudainement une voix masculine.
Lara se tourna vers la voix et tomba nez à nez face à un jeune homme également blond semblant du même âge. De longues mèches pointaient en hauteur au niveau de son front et un tatouage noir style celtique peignait la partie gauche de son visage. Il avait une peau plus blanche que celle de Tidus mais possédait des yeux bleus tout aussi beaux. Lui aussi était entouré de sa troupe de fans. Il s’approcha de Tidus pour lui tendre la main.
- Alors prêt pour le match ? demanda t-il avec entrain.
- Pourquoi, le grand Zell a peur de perdre ? rit-il en acceptant sa poigné de main.
Les deux adversaires discutèrent en riant. Malgré qu’ils allaient s’affronter dans le match le plus important de leur vie, aucune tension ou haine ne se dégageait de leur conversation. Soudainement, Zell passa son bras autour du cou de Lara et dit :
- Pour la peine je te pique tes fans !
Dans un autre cas l’aventurière l’aurait envoyé promener avec un coup de pied bien placé. Mais là c’était différent. Aucune mauvaise arrière pensée ne s’échappait des deux joueurs. Lara n’avait donc pas de raison de réagir violemment. Zell baissa les yeux vers le visage de l’aventurière et demanda :
- C’est quoi ton nom ? demanda t-il en se redressant.
- Lara Croft.
L’aventurière sortit sa balle et la tandis à Zell. Il lui dédicaça également.
- OK Lara, j’espère que tu vas me porter chance, dit-il en narguant Tidus du regard.
- Sans vouloir vous faire peur à tous les deux, j’ai plutôt tendance à attirer la poisse.
Tifa et Cloud échangèrent un sourire face à la remarque.
Soudain une sirène d’alarme retentit dans tout Luca. Les hurlements de la foule ne se firent alors que plus intenses, délirants, explosant jusqu’au ciel au point de dépasser la sirène. Le match allait bientôt débuter.
- Bon et bien bonne chance mec, ricana Zell en donnant un coup de poing amical sur l’épaule de Tidus, et même quand je t’aurais mis une pâtée on sera toujours potes pas vrai ?
Les deux joueurs se dirigèrent vers l’entrée réservée aux participants, riant et se narguant comme des gosses. Lara les regarda s’en aller en souriant. Mais elle fut vite tirée de sa rêverie par un raclement de gorge. Elle tourna la tête et au milieu de la foule finissant de s’engouffrer dans le stade, elle se rendit compte qu’elle avait lamentablement planté Tifa et Cloud. Elle les rejoignit en courant, confuse et désolée.

Le trio traversa un immense pont qui menait au stade de Luca. Le bâtiment était construit sur l’eau, formant un grand dôme coloré de bleu. Les gradins entouraient un centre vide qui montait en arc de cercle.
Les trois amis pénétrèrent à l’intérieur et cherchèrent leurs places au milieu de la foule en délire. Lara se sentait prendre au jeu et n’arrêtait pas de gesticuler. Bien sûr elle ne savait pas qui encourager. Elle n’y connaissait rien et s’était prise d’amitié avec les deux joueurs rivaux. Elle encourageait donc les deux. D’ailleurs alors que les hurlements de la foule redoublaient, ils apparurent. Tidus leva un bras pour saluer ses fans tout en menant l’équipe des Besaid Aurochs qui sortaient des vestiaires. En face de lui, les Balamb Garden guidés par Zell furent tout aussi acclamés.
Sans s’en rendre compte, Lara criait déjà à gorge déployée. Il ne lui avait fallu pas moins d’une seconde pour plonger dans cette ambiance paroxystique. La foule hurlait si fort que l’aventurière n’entendait même pas ses propres cris.
Mais tout d’un coup elle se tut alors que des éclairs jaillirent subitement au centre du stade. Ses éclairs étranges se condensèrent en une boule bleue lumineuse avant d’exploser brutalement comme un feu d’artifice. Une paroi circulaire formant une grande bulle apparue et d’immenses jets commencèrent à la remplir d’eau. Lara n’en revenait toujours pas de voir une telle chose. Il ne fallut pas moins d’une minute pour qu’une immense bulle d’eau apparaisse devant ses yeux. Cela allait enfin commencer.

Les joueurs plongèrent en retenant leur respiration, plaçant chaque membre de leur équipe selon leur spécialité : attaquant ou défenseur. Cela représentait six joueurs dont un gardien de but par équipe.
Chaque terrain était délimité par des lignes lumineuses éclairées sur les parois de la bulle. En hauteur un écran géant diffusait le match en gros plan ainsi que les scores pour l’instant encore à zéro. La balle fut placée au centre du terrain sur une trappe tandis que les joueurs stagnaient maintenant sous l’eau, le souffle coupé, attendant le début du match.
Lara remarqua que le public s’était subitement tut. Plus un son ne s’échappait du stade maintenant entièrement silencieux. L’aventurière ne disait plus rien non plus. Le regard fixé sur la balle au centre de la bulle, elle sentait son cœur exploser dans sa poitrine à cause de la tension presque palpable qui régnait dans le stade.
Puis la balle fut soudainement propulsée et le public se remit à hurler. Lara bondit comme une folle de son siège en levant les bras, comme si c’était son corps lui-même qui venait d’être poussé dans les airs. Maintenant la partie commençait.

La première équipe à engager était les Besaid Aurochs. Ainsi Tidus réceptionna la balle à pleine main et se mit à nager à une vitesse folle. Lara eut du mal à s’en remettre. Elle venait de voir son propre record pulvériser par un jeune athlète de 19 ans. Le liquide semblait l’élément naturel de chaque joueur. Comme s’ils étaient tous nés dedans, qu’ils y avaient baigné toute leur vie. Ils y nageaient comme des créatures marines avec des mouvements absolument fabuleux, mélange de souplesse et de virilité, d’agilité et de brutalité. C’était tout bonnement fascinant et Lara ne pu détacher son regard du spectacle incroyable qui se déroulait devant elle.
Zell, premier attaquant de son équipe des Balamb Garden, vint de suite faire front à Tidus pour le bloquer. Un sourire taquin se laissait vite deviner sur ses lèvres. Le jeune homme ne lui laissa pas l’occasion de récupérer la balle et fit rapidement une passe à un de ses équipiers. Lara en resta à nouveau complètement couac. Tidus s’arrêta en pleine nage, jeta son bras en arrière et propulsa la balle sur le côté. Il y mit une telle puissance qu’un chemin d’écumes flamboyant se traça derrière le projectile semblant devenu une étoile filante. La balle traversa tout le terrain jusqu’au joueur positionné le plus à l’ouest. Il la réceptionna à pleine vitesse, si bien qu’il du faire une pirouette arrière pour atténuer la puissance de réception. Prenant la balle à deux mains le joueur débuta une nage d’une rapidité encore exemplaire. Mais il dut s’arrêter rapidement, bloqué, voire encerclé par trois défenseurs des Balamb Garden qui lui firent face. S’arrêtant, le joueur jeta un rapide coup d’œil sur les côtés afin de distinguer l’un de ses équipiers à qui il pourrait faire une passe. Mais il n’eut pas le temps. Un de ses adversaires lui fonça dessus et lui arracha la balle des mains grâce un tacle acharné. La balle passa alors dans les mains de l’équipe adversaire.
Tidus sachant que Zell était le meilleur joueur et meilleur tireur de son équipe se rapprocha de lui à grande vitesse pour le gêner. Mais les défenseurs avaient deviné son idée et le jeune homme fut poussé violemment sur le côté d’un coup d’épaule. Tidus roula sous l’eau plusieurs mètres plus loin, impuissant. Zell sourit à la maîtrise parfaite de son équipe. S’apprêtant à réceptionner la balle, il fit une pirouette pour se retrouver la tête en bas, jambes tendues. Dans un geste d’une extrême précision il resserra les pieds et rattrapa la balle entre ses chevilles. Le public hurla sous le geste impossible. La tension augmentait à chaque seconde, la foule sentant le premier but approcher. Zell lâcha alors la balle et dans une rapidité et puissance fulgurantes lui adressa un coup de pied monstrueux tout en se retournant. La balle fusa droit devant elle, vers les buts des Besaid Auroch. Le gardien bondit sur le côté en tendant les bras pour tenter de stopper le projectile. Inutile. La balle pénétra dans la cage lumineuse de plein fouet. Une sirène s’enclencha, signe que le but était accepté.
Les fans des Balamb hurlèrent de joie, fières d’avoir marqué le premier but du match. Lara hurlait elle aussi, complètement plongée dans un état de transe sportif. Elle n’eut pas le temps de souffler. La balle retourna sur sa trappe de lancement et les joueurs se replacèrent rapidement. Il restait une minute avant la fin de cette première période.

La balle fut à nouveau projetée et Tidus la rattrapa à plaine poigne avant de débuter sa nage hargneuse, poussé par la soif de victoire. Zell se présenta à nouveau face à lui. Il lui fonça dessus dans un tacle sournois et brutal. Les deux joueurs se percutèrent de plein fouet, échangeant leurs places précédentes. Mais c’est avec une grande déception que Zell se redressa les mains vides. Tidus avait toujours la balle en main et lui sourit d’un air victorieux et satisfait.
Tout d’un coup le jeune homme lança la balle quelques mètres au-dessus de sa tête et se mit à tourner sur lui-même telle une toupie. A chaque tour il gagnait de la vitesse, tournant toujours plus vite, poussé par les hurlements de la foule qui venait de reconnaître cette technique culte. Tidus stoppa sa figure alors qu’il était maintenant plongé dans une rapidité et puissance démentielles. Il donna un coup de pied à la balle qui fusa vers le but des Balamb alors que le joueur se trouvait pourtant à plus de la moitié du terrain. Le projectile invisible passa à travers les défenseurs dans l’incapacité totale de l’arrêter. On ne distinguait qu’une pointe lumineuse les effleurer pour s’enfuir vers le gardien paniqué. L’attaque d’une force incommensurable et dangereuse ne permettait pas d’arrêter la balle au risque d’en perdre un bras. Le gardien tenta quand même le coup et plongea sur le côté. Mais il rata la balle qui s’enfonça dans la cage. La sirène hurla en même temps que le public alors que les scores s’égalisèrent.
Tidus se retourna avec un sourire victorieux et leva les bras vers Lara qui applaudit comme une furie la dédicace du joueur mondial. Une seconde après une sirène s’enclencha encore, symbole de la mi-temps.
Lara et une bonne partie du public se calma. La jeune femme reprit sa respiration comme les joueurs qui sortirent de l’eau.

La tension chuta un peu durant cette période calme. Le trio décida de sortir du stade pour prendre l’air quelques instants.
Arrivée dehors Lara explosa de rire. Cloud la dévisagea comme si elle était folle et lui demanda :
- Pourquoi ris-tu ?
La jeune femme se calma, reprit son souffle et répondit :
- J’ai l’impression que si je ne ris pas maintenant, je ne pourrai plus jamais le faire. Je suis dans la pire des situations et pourtant je me sens très bien. Je profite de l’instant présent et je m’amuse comme une folle.
- Il n’y a pas de sport dans ton monde ?
- Si, mais je ne m’y intéresse pas du tout. Ici je découvre vraiment des choses passionnantes.
Lara ferma les yeux et laissa les rayons du soleil caresser sa peau. Elle profitait de ce moment à fond comme pour s’en purifier au maximum, sachant que dans quelques heures elle devrait à nouveau s’immerger dans son affaire de lumière démoniaque.
Trop plongée dans ses pensées, elle continua de marcher sans faire attention et percuta un enfant de plein fouet. Elle baissa les yeux pour le regarder. Il faut dire qu’il était vraiment très petit. Elle ne distingua au premier coup d’œil qu’une tignasse blonde coiffée en tresse et un long manteau rouge. L’enfant fut déséquilibré à cause du choc mais la jeune femme le rattrapa par le poignet pour lui éviter une chute.
- Excuse moi mon p’tit, se fit pardonner la jeune femme en lui tapotant la tête.
Mais l’excuse n’adoucit nullement la situation. Au contraire cela empira. Le jeune garçon sembla exploser dans une rage incommensurable. Tous les traits de son visage se froncèrent dans une expression démentielle de colère. Il serra les poings et dans un saut de haine féroce bondit sur la jeune femme.
- QUI S’EST LE SUPER-PETIOT PAS PLUS GRAND QU’UN HARRICOT ICI ?!!!! hurla-t-il en la saisissant pas le col.
L’aventurière fut attrapée avec haine par ce gamin qui ne devait pas mesurer plus d’un mètre cinquante à tout casser. Elle se débattit comme une folle pour se libérer.
- Mais j’ai jamais dis tout ça ! protesta-elle en lui saisissant les poignets.
Brutalement elle le repoussa en arrière, arrachant les gants blancs qu’il portait et son manteau rouge. Il trébucha en arrière, ses vêtements tombant au sol. Alors la jeune femme ouvrit des yeux immenses. Le bras droit du garçon s’illumina sous les rayons du soleil. Il ne possédait en effet pas un bras fait de chair et d’os, mais de métal, de vis et de câbles. C’était une prothèse unique, exceptionnelle, un agencement de pièces qui fonctionnait comme un bras normal. De plus cela offrait à ce garçon un charisme et une classe non négligeable. Lara fut encore admirative.
- Hé là FullMetal ! résonna soudain une voix masculine, on ne frappe pas les jolies femmes !
La frustration et le stress vinrent remplacer l’admiration. Lara se figea, la voix agissant dans son dos comme un violent coup de fouet. Cette voix, elle la reconnut tout de suite, mais jamais elle n’aurait imaginé l’entendre ici. Cela ne se pouvait. Il ne pouvait pas être là, derrière elle.
Doucement, l’aventurière commença à se retourner. Elle pivota avec une extrême lenteur, comme si elle refusait l’évidence. Alors qu’elle fut totalement retournée ses yeux s’exorbitèrent et lui confirmèrent ses doutes. La jeune femme resta de marbre, face à « lui » qui lui souriait avec son éternel charisme et charme démentiel.
- Heaven mais que faites-vous ici ? hurla t-elle presque pour exposer toute sa stupeur.
L’agent afficha un air surpris. Puis chose étonnante, il se mit à rire. Un rire différent de l’habitude : authentique. Un véritable rire amusé. Lara n’en fut que plus déstabilisée. Heaven se rapprocha alors d’elle, lui saisit la main et tel un vrai gentleman la baisa délicatement.
- C’est moi qui devrait vous comparer au Paradis mademoiselle, fit-il. Votre beauté n’est comparable qu’à celle de tous les anges de l’univers.
Lara ne dit rien et continua de regarder l’agent de ses yeux ahuris. Le FullMetal haussa les épaules en levant les yeux au ciel alors que Cloud et Tifa observèrent également la scène de leurs yeux interloqués. Heaven finit par lâcher la main de Lara et continua de lui sourire avec ce charme à tomber. La jeune femme ne comprit pas cette attitude étrange de la part de l’agent qu’elle venait de retrouver subitement. Elle fronça les sourcils et s’ordonna alors immédiatement de se détendre et de réfléchir. Physiquement l’homme qui se tenait face à elle était bien strictement identique à Heaven : même visage, taille et sourire dragueur à moitié égocentrique. Mais quelque chose clochait. Il ne dégageait pas la même « aura ». Lorsque Lara travaillait avec l’agent du FBI elle se sentait immédiatement mal à l’aise, comme compressée par une force diabolique hypocrite, fausse. Là c’était différent. Elle ne sentait pas de sentiments négatifs émaner de cet homme jumeaux d’Heaven.
- A qui ai-je l’honneur ? demanda t-elle suspicieuse.
L’inconnu se redressa, prenant une pause charmeuse et répondit :
- Mustang, Roy Mustang.
« Roy ? » se répéta mentalement la jeune femme. Ils avaient en plus le même prénom. Mais visiblement Lara avait vu juste : ce « Roy » n’était pas Roy Heaven, c’était quelqu’un d’autre qui lui ressemblait.

Soudainement, la sirène d’alarme du stade éclata de nouveau et le public commença à se ruer avec fureur dans les gradins.
- Lara le match va reprendre, l’interrompit Cloud.
La jeune femme reposa ses yeux sur Mustang continuant de lui sourire.
- Je vous prie de m’excuser M.Mustang mais je dois vous laisser, ce fut un réel plaisir.
- Mais je vous en prie, plus qu’un plaisir.
Il tourna les talons et retourna auprès du FullMetal. L’aventurière observa les deux hommes s’en aller en réfléchissant énormément, commençant à émettre des hypothèses. D’après Inline les deux mondes formaient un équilibre et on pouvait trouver un clone dans chacun d’eux. Lara avait déjà rencontré le sien : Jane Smith. Elle venait tout simplement de rencontrer la doublure de Roy Heaven, à savoir ce Roy Mustang. Il fallait simplement qu’elle garde son calme et s’attende à croiser des gens ressemblant à des personnes qu’elle connaissait déjà. Elle espérait simplement ne pas tomber sur une Natla, Bartoli ou Willard deuxième génération. Cela risquait de la mettre mal à l’aise, voire de la faire mal réagir…

S’empressant d’oublier cette petite parenthèse, Lara suivit Tifa et Cloud pour se repositionner dans les gradins. Le public hurlait toujours, mais de son côté Lara s’était calmée. Le fait de revoir Heaven, même si ce n’était pas vraiment lui, venait de faire descendre son moral. Cela lui rappelait la dure réalité et elle se demandait ce que pouvait bien faire l’agent en ce moment même.
Néanmoins elle décida de chasser cette pensée de son esprit et de se concentrer à nouveau sur le match. Inutile de se ruiner le moral maintenant, c’était se torturer pour peu de chose.
Lara reposa ses yeux sur la balle au centre de la bulle. Les joueurs venaient de replonger et étaient positionnés.
La balle fut engagée et Zell la réceptionna dans une pirouette athlétique. N’attendant pas que Tidus vienne faire une tentative de récupération, il décida d’opter pour une passe. Il jeta son bras porteur vers l’avant et envoya la balle sur le côté. Un de ses partenaires la réceptionna sans problème. Mais brutalement, à peine le joueur venait-il de récupérer la balle qu’il fut projeté en avant par un tacle. L’équipe adverse récupéra alors la balle. Nageant tout de suite à une vitesse démesurée, le joueur essaya d’atteindre rapidement les buts. Seulement les défenseurs des Balamb Garden, toujours aussi efficaces, le bloquèrent rapidement. Le joueur chercha alors rapidement son leader des yeux. Tidus se trouvait non loin, lui faisait un signe particulier couplé à un sourire sûr de lui. La foule semblait elle aussi pressentir quelque chose de particulier. Lara s’attendait encore à voir un « coup spécial » magistral. Et ce fut le cas. Le joueur saisit la balle à deux mains et la propulsa en hauteur avec une telle force que celle-ci transperça la bulle d’eau pour s’envoler dans les airs. Le public leva les yeux vers les nuages tandis que Lara, le souffle coupé, admira Tidus nager vers les hauteurs de la bulle pour se propulser en dehors de celle-ci. Il exécuta un somptueux saut de l’ange retourné, la tête vers le bas, ses jambes s’apprêtant à frapper la balle.
Mais bizarrement, alors qu’il s’apprêtait à obtenir la victoire grâce à un mouvement parfait, Tidus perdit sa concentration et son sourire. Ses yeux se détachèrent de la balle pour observer quelque chose à l’horizon, une chose étrange. Lorsque la « chose » fut identifiée, les yeux du jeune homme s’exorbitèrent et il poussa un cri étouffé.
Soudainement, le sol émit une secousse qui fit trembler les gradins. Le public poussa un cri, mais c’était un cri bien différent des précédents. Cette fois c’était un cri de peur. Un terrible tremblement de terre se mit alors à ébranler tous les lieux et les gens hurlèrent pour de bon avant de commencer à courir vers la sortie. Lara ne vit rien venir. La bulle d’eau explosa totalement en un rien de temps et la jeune femme fut trempée et poussée dans les gradins. Elle roula par terre sur plusieurs mètres. La situation venait de se renverser sans que personne ne s’en doute.
Lara se redressa douloureusement et leva les yeux vers les hauteurs. C’est avec effroi qu’elle vit Tidus retomber, sans eau pour amortir sa chute, sans espoir de survie. Il ne put que se rattraper avec maladresse et désarroi à une poutre de métal qui délimitait précédemment la bulle maintenant vide. Les secousses de plus en plus violentes l’empêchaient de s’équilibrer et de remonter, mais il s’accrochait comme il pouvait. Après de multiples tentatives il réussit à se hisser et à s’accrocher pour ne pas tomber. Lara soupira de soulagement en le voyant tiré d’affaire.
Mais elle n’eut pas le temps de souffler très longtemps : on la tira par le bras. Tifa venait de l’attraper par le poignet pour la tirer vers la sortie. L’aventurière détacha définitivement ses yeux de Tidus maintenant hors de danger et commença à courir au milieu de la foule en délire.
Le trio sortit du stade qui tombait en ruines pour pénétrer dans une Luca plongée dans la démence et l’apocalypse. Les gens hurlaient, couraient, se bousculaient à cause de leur panique. Quelque chose semblait les effrayer à un tel point qu’ils en perdaient la raison. La ville s’effondrait, les bâtiments tombant en ruine sur le sol. Le soleil venait de disparaître derrière d’immenses nuages noirs menaçant qui n’avaient rien de « naturel ». Lara suivit ce cataclysme pour en trouver la source. Son regard partit vers les plaines qui entouraient la ville. La « source » du problème semblait provenir de là-bas. Cette hypothèse fut confirmée lorsqu’un bruit atroce, comme un rugissement, surgit des plaines pour s’élever jusqu’au ciel.
Lara fronça les sourcils. Visiblement quelque chose venait de s’attaquer à Luca. Elle tourna la tête vers Cloud et Tifa. Vu leurs expressions, ils pensaient la même chose.
- Allons-y, dit Cloud en prenant les devants.
Les trois amis coururent vers l’entrée de la ville. Lara dégaina ses deux 9mm, Cloud son épée titanesque alors que Tifa serra ses poings. Ils zigzaguèrent entre les gens affolés et les bâtiments en train de s’effondrer jusqu’à l’entrée de la ville.
Plus ils se rapprochaient des plaines, plus une odeur de souffre et de mort s’infiltrait dans leurs poumons. Le vent était maintenant glacé et les fouettait avec haine et surtout, ces grognements et bruits métalliques se faisaient de plus en plus intenses.
Lara venait de se faire une raison : sa pause était terminée.
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