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[FanFic] Die Liste

 
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Astrificum
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MessagePosté le: Ven 15 Fév 2013, 13:40    Sujet du message: [FanFic] Die Liste Répondre en citant

Prologue

Cinq ans de prison pour haute trahison. Il en ricanerait presque, si sa colère et sa haine, moteurs si puissants en lui, ne prenaient le dessus. Sa cellule était petite et spartiate, mais, compte tenu de son statut, il y était seul et allait bénéficier de certains traitements de faveur. Comme la possibilité de voir son secrétaire tous les jours. Mais de toute façon, il ne fera pas ces cinq années. Il en était convaincu. Il posa son paquetage sur le lit, prit sa sacoche et s’installa sur la petite table, face à la fenêtre. Il sortit papiers et crayons et se mit à écrire, sans perdre de temps.
Trois semaines et des dizaines de feuilles manuscrites plus tard, il fut satisfait du résultat. En haut de la première page, il écrivit le titre : « Mein Kampf ». Voilà, son ouvrage, son autobiographie, son parcours, ses idées, tout était consigné dans ces pages noircies d’encre. Il ne lui restait plus qu’à convoquer son secrétaire, tous les jours s’il le fallait, pour améliorer son œuvre et la rendre accessible au plus grand nombre. Il passa les jours suivants à relire le manuscrit, en prenant la position d’un lecteur lambda découvrant les thèses exposées. Il s’étonna lui-même des émotions que son futur livre déclenchait chez lui : tour à tour tristesse, colère, haine. L’impact sur un véritable œil neuf serait terrible. Il était très fier de son œuvre, et il faisait assez confiance à Hess pour retranscrire le tout sans le dénaturer. Il posa le manuscrit sur un coin de la table et prit une nouvelle feuille vierge : maintenant, il allait s’attaquer à une autre partie importante de son plan à long terme. Au sommet de la page, comme pour son autobiographie, il écrivit le titre, lentement : « Die Liste ». Une simple énumération d’objets qu’il devait rechercher. Plus exactement, faire rechercher. Inutile d’en parler à Hess, ou à qui que ce soit d’autres. C’était sa liste, et elle devait rester secrète. Rapidement, il écrivit les trois premiers objets, les plus évidents : l’Arche d’Alliance, qui contenait les Tables de la Loi. Un pouvoir divin à portée. Puis le Saint-Graal, la coupe dans laquelle le Christ but le vin de son dernier repas, et qui servit également à recueillir son sang, qui s’écoulait de la plaie mortelle faite à son flanc par… la Lance du Destin. Trois artefacts bibliques, qui pouvaient lui offrir l’immortalité et des pouvoirs divins. La base. Il regarda par la fenêtre, cherchant à mettre de l’ordre dans ses idées. Rapidement, il nota deux nouvelles lignes: la Main de Midas, qui pouvait changer le plomb en or, et les Mines du Roi Salomon. L’un ou l’autre lui offrirait une fortune quasi infinie. Parfait, la liste prenait forme. Il repartit dans la contemplation du ciel, laissant divaguer son esprit. Soudain, une idée terrible lui vint, si puissante et si impérieuse qu’il en manqua tomber de sa chaise. Tremblant d’excitation, il écrivit sur la feuille, d’un trait mal assuré. Le souffle court, il laissa tomber son crayon. Comme épuisé par ce qu’il venait d’écrire. Lentement, il baissa les yeux sur la feuille et relut : la dernière ligne semblait irradier, comme si le pouvoir incommensurable transpirait déjà à l’évocation de son nom. Fasciné par ses propres mots, il se força à reprendre ses esprits. Une telle puissance serait… Tremblant de froid et malgré tout en sueur, il reprit le crayon et raya précautionneusement la dernière ligne. Trop, c’était beaucoup trop. Soulagé de ne plus pouvoir lire ses propres mots, il soupira et repoussa la feuille. Il prit son manuscrit posé à côté et retrouva une certaine sérénité. Il se leva et approcha de la porte : un gardien venait le chercher pour l’amener au parloir et à son secrétaire zélé.

***

Fou de rage. Il était fou de rage. Il arpentait son imposant bureau en long et en large, en gesticulant et en vociférant. Son subordonné responsable de ce fiasco, s’il n’était pas déjà mort, allait goûter aux joies d’Auschwitz ! Non seulement cet Indiana Jones l’avait privé du Graal, mais en plus, il l’avait fait disparaitre à jamais dans les ruines de Petra. Et ni Donovan, son pion américain, ni Elsa Schneider, son espionne, n’ont pu l’empêcher. Des gens allaient payer : peu importe qui, tant que cela apaisait sa rage. Deux fois ! Indiana Jones l’avait déjà privé de l’Arche d’Alliance, quelques années plus tôt, et venait de recommencer. Une sale manie, qu’il convenait de punir comme il se doit. Mais il verrait ça plus tard : dans l’immédiat, il devait lancer une nouvelle quête et poursuivre le déroulement de la liste. Il lui restait encore la Lance du Destin ou… Soudain frappé par cette pensée, il s’arrêta, toute rage envolée. Lentement, il passa derrière son bureau, s’assit et ouvrit un tiroir. Il en sortit la fameuse liste, dont le papier avait jauni du fait des quinze années qui la séparaient de son écriture. Au bas de la liste, la rature était encore bien présente, empêchant la lecture des mots en dessous. Il prit une profonde inspiration et écrivit sous la rature. Les mêmes mots. Immédiatement après, il reposa son stylo et trembla comme une feuille. Son regard avait du mal à soutenir l’incandescence – irréelle, bien entendu – des mots. Son esprit, submergé par les conséquences de ce qu’il s’apprêtait à noter dans sa liste semblait prêt à imploser. Luttant contre la douleur suggérée, s’aidant de la rage et de la haine qu’il ressentait contre cet Indiana Jones, il reprit le stylo et entreprit de noter, sous le titre « incandescent », tout ce qu’il savait sur le sujet : lieux, moyens et autres étapes cruciales. Il écrivait lentement, à cause des tremblements de sa main, et évitait de laisser trainer son regard sur ce qui précédait, afin de ne pas détourner son esprit déjà surchargé. Enfin, vidé de toute énergie, il reposa le stylo. Il se leva péniblement et prit plusieurs calmants, qu’il avala à l’aide d’un grand verre d’eau. Puis il se posta face à la fenêtre, ignorant les risques que cette position lui faisait courir, et resta près d’une heure à contempler Berlin. Une fois son esprit relativement reposé, il retourna à son bureau et rangea la liste dans le tiroir, non sans un dernier coup d’œil dessus : en quelques lignes manuscrites, il venait de condamner l’humanité.
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Astrificum
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MessagePosté le: Ven 15 Fév 2013, 13:45    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 1


Vautré dans son fauteuil, dans son bureau, l’inspecteur Allister McRiddell bataillait ferme sur une tâche importante : retirer un morceau de viande de sa dent creuse. Cette activité lui prenait toute son énergie et toute son attention. Aussi sursauta-t-il quand la porte s’ouvrit immédiatement après un coup discret. L’opulent officier de police manqua tomber de son fauteuil. Prêt à incendier l’impudent, il se renfrogna aussitôt en voyant son bureau investi par quatre hommes en costume.
- Inspecteur McRiddell ? demanda le plus âgé.
- Ca dépend qui le demande, répondit-il en se forçant à l’impassibilité.
- Agent Jack Bristow. CIA.
- Ah carrément… Et que vient faire le Renseignement de la bannière étoilée dans le bureau d’un petit inspecteur du Yard ?
- Discuter, simplement.
McRiddell se renfrogna un peu plus : avoir les services secrets dans son bureau, même s’il ne s’agissait pas des britanniques et que de fait, leurs pouvoirs étaient limités, était un fait assez inquiétant.
- Eh bien, discutons, alors ! s’exclama-t-il. Mais je ne suis pas obligé de vous répondre, bien entendu.
Sans répondre, Bristow plongea la main dans la poche intérieur de son veston et en sortit plusieurs feuilles correctement pliées.
- Voici deux accords signés par le chef du MI-6 et par le chef du Scotland Yard, fit-il simplement en les jetant sur le bureau.
McRiddell fit une grimace gênée mais ne toucha pas les documents.
- OK, j’en déduis que vous ne venez pas me parler d’un petit branleur qui télécharge des MP3…
- Excellente déduction, inspecteur.
- Je vous écoute.
- Vous connaissez Lara Croft.
Ce n’était pas une question. Ces types savaient tout sur tout le monde, il était donc inutile de mentir ou de cacher la vérité. D’ailleurs, pourquoi le ferait-il ? Il ricana.
- Ah ok, notre petite Lady est devenue une chieuse internationale ?
Il n’obtint aucune réponse : Bristow le regardait, impassible.
- Elle vous a fait quelque chose ? continua McRiddell.
Toujours pas de réponse.
- Oui, soupira-t-il enfin, je la connais.
- Elle est en fuite et se cache quelque part dans le monde, reprit enfin Bristow. Nous pensons qu’elle va essayer de contacter les gens qu’elle connait. Nous avons déjà mis sous… « contrôle » un certain nombre de ses proches.
- Je ne suis pas un proche de Croft. Vous êtes mal renseignés.
Bristow balaya l’objection d’un revers de main.
- Si elle vous contacte, que ferez-vous, inspecteur ?
La question était claire et cinglante. McRiddell fit la moue : une mauvaise réponse aurait de fâcheuses conséquences sur sa carrière, voire pire. Et il n’existait qu’une seule bonne réponse.
- Je vous préviens immédiatement, répondit-il.
Bristow eut l’air satisfait de la réponse : il acquiesça d’un imperceptible mouvement de tête. Il tendit sa carte à l’inspecteur bedonnant.
- Nous avons… « investi » le manoir Croft, fit-il. Afin d’être aux premières loges si elle se manifeste. Nous y resterons le temps qu’il faudra. Mais avec l’aval de la police locale, bien entendu.
- Bien entendu.
McRiddell s’avait très bien qu’il se moquait totalement d’avoir l’aval ou non de la police locale : sa phrase devenait alors lourde d’ironie et de menaces. Bristow et les trois autres agents sortirent du bureau, sur un vague salut.
- Connard… lâcha McRiddell entre ses dents, la porte de son bureau à peine fermée.
Il ne sut jamais si Bristow avait entendu.

***

Plusieurs voitures noires stationnaient déjà dans les allées du manoir Croft. Jack Bristow monta la volée de marches menant à la porte d’entrée et pénétra dans le manoir d’autorité.
- Au rapport ! aboya-t-il.
Aussitôt, un homme en costume s’approcha.
- Nous avons bientôt terminé de faire le tour du manoir, monsieur, dit-il. Et nous avons dû faire face à différents… imprévus.
- Exprimez-vous clairement.
- Beaucoup de pièces sont piégées, monsieur.
- Piégées ?!?!?
- Plusieurs agents ont été blessés, certains pour avoir simplement ouvert une porte.
- Je vois… Quoi d’autres ?
- Nous avons mis à jour tout un système de galeries secrètes. Toutes les pièces communiquent entre elles par des couloirs cachés.
- Un manoir plein de surprises…
- Selon vos directives, le majordome a été mis en quarantaine. Il se trouve dans la cuisine, et n’en a pas bougé.
- Parfait. Continuez à découvrir les secrets de ce manoir. Secouez également Alister Fletcher. Faites-lui peur et recueillez ses confidences. Je ne pense pas que Croft se soit confié à lui, mais sait-on jamais. Je m’occuperais personnellement du majordome. Vous avez compris ?
- Oui, monsieur.
- Alors rompez !
L’agent fit un salut de la tête et partit déléguer les ordres à ses hommes. Jack ne perdit pas une seconde : il se dirigea vers le centre informatique du manoir, une pièce incroyable digne de la CIA. Une technologie de pointe, qu’il était étonnant de trouver dans la maison d’un particulier. Certains moniteurs de contrôle affichaient les images des caméras de surveillance : Jack y repéra plusieurs de ses hommes. D’autres écrans passaient des informations de différents pays en continu, tandis que les derniers se positionnaient sur des sites Internet. Jack termina son repérage visuel : la pièce était vide. Ou, pour être exact, « semblait » vide, car il savait qu’elle ne l’était pas. Il prit une profonde inspiration.
- MARSHALL !!!!!! hurla-t-il soudain.
A peine une demi-seconde plus tard, il entendit un bruit sourd et vit les objets posés sur une table sauter légèrement. Le visage impassible, il regarda le jeune technicien de la CIA se redresser en se tenant le sommet du crâne. Il grimaçait d’une façon qui aurait été jugée comique par n’importe qui d’autre que Jack Bristow.
- Cessez de faire le pitre, Marshall, et présentez votre rapport, lâcha-t-il d’un ton cinglant.
- Euh… Bien… Bien sûr, mon… monsieur, répondit le jeune homme en retenant ses gémissements.
- Alors ?
- C’est super, euh… Je veux dire, c’est… enfin, c’est… impressionnant, c’est… enfin, super, comme… c’est… wow !
- Ai-je l’air intéressé par le côté hi-tech des lieux ? grinça Jack.
- Oui… Je veux dire non, monsieur ! C’est que… enfin… c’est quand même…
- Aux faits, Marshall !
- Oui, alors, euh… J’ai terminé le piratage du système. Il est sous… sous contrôle, monsieur.
- Concrètement ?
- Nous serons au courant de toutes informations numériques entrantes ou sortantes. Ca sous-entend e-mails, téléphonie, visiophonie, etc…
- Mouchard invisible ?
- Oui, monsieur, à moins de le chercher et d’être aussi bon que… euh… moi…
- Y’a-t-il un moniteur dans la bibliothèque du manoir ?
- Oui, monsieur.
- Appelez l’agent Dixon et passez-le-moi dans la bibliothèque.
Marshall acquiesça, dans le vide : Jack avait déjà quitté la pièce.

***

- Première chose, as-tu des nouvelles de Sydney ?
- Oui, j’ai eu Vaughn hier, répondit Dixon sur l’écran plat. Ils sont partis pour la Russie..
- La Russie ?
- Vortuka, une ville minière au pied de l’Oural.
- La liste se trouverait dans les mines du plus grand goulag de l’Union Soviétique ?
- Plutôt un indice donnant le lieu exact ainsi que le code pour ouvrir le coffre contenant la liste.
Jack fit une moue dubitative. Puis il fronça les sourcils.
- Je t’écoute, fit Dixon.
- Une liste d’objets surnaturels. Comme le Saint-Graal ou l’Arche d’Alliance. Protégée comme s’il s’agissait de l’artefact le plus puissant du monde…
- Cette liste contiendrait la localisation des objets surnaturels. Dans les mains de Tsombo…
- D’accord, mais à ce point-là ? Des indices disséminés aux quatre coins du monde ?
- Et si tu explicitais clairement le fond de ta pensée, Jack ?
- OK : cette liste contient plus que des objets surnaturels et leurs localisations.
- Comme ?
- Je l’ignore. Mais je sens de moins en moins cette histoire.
- Je comprends et partage tes inquiétudes. Mais finalement, ça renforce notre volonté de mettre la main sur cette liste, avant Tsombo et avant Croft.
- C’est vrai. Tu me tiendras au courant de la mission de Sydney
- Oui, évidemment. De ton côté, ça donne quoi ?
- Tout est sous contrôle. Le majordome et l’assistant sont muselés, Scotland Yard est tenu en laisse. Tu retiens toujours Pezzini ?
- Oui, elle est sous contrôle.
- Parfait. Nous avons également mis sous surveillance les comptes bancaires de Croft. Si elle fait une opération dessus, on la repérera. En clair, Croft est isolée, sans argent et sans soutien. Tsombo ?
- Il est sous surveillance éloignée. Se rapprocher serait trop dangereux.
- Bon… J’attends ton retour dès que tu as des nouvelles de Sydney.
- Oui. Bonne continuaiton, Jack.
- A toi aussi.
Il raccrocha, relativement satisfait. Cette histoire de liste l’inquiétait de plus en plus. Mais, d’un autre côté, ils étaient en bonne voie de la récupérer en premier. Tsombo était sous surveillance, Croft totalement seule, sans soutien ni argent. Tout en se laissant aller à ses réflexions, il descendit jusqu’au grand salon : il n’avait plus qu’à attendre des nouvelles de sa fille.[/i]
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MessagePosté le: Ven 15 Fév 2013, 15:09    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 2


Vortuka, au pied de l’Oural, était une ville fantôme. Ni morte, ni déserte, ni abandonnée. Fantôme. Parce que le soleil ne perçait presque pas la couche de brouillard permanent qui englobait la ville, parce que le froid polaire faisait tourner la ville au ralenti, comme engourdie, parce que les rares voitures ou piétons présents dans les rues sales et grises se déplaçaient telles des ombres, leur silhouette mal définie. Tout dans la ville, de l’architecture aux rues, des voitures à l’ambiance générale, portait les stigmates de l’histoire : Vortuka était une ville minière et un ancien goulag stalinien, et ce passé lourd se voyait, se sentait et se ressentait. Un étranger, voire un russe extérieur à la région, pouvait aisément qualifier la ville d’enfer. Un enfer glacé et inhumain. Le dernier endroit sur terre où deux américains voudraient se trouver.
Kurtis Trent conduisait prudemment. D’abord parce que la neige rendait les routes dangereuses, ensuite parce que, toute finie que soit la Guerre Froide, la discrétion restait de rigueur en Russie. Enfin, parce que, malgré tous leurs efforts, ils se laissaient envahir par l’ambiance des lieux. Depuis plusieurs heures, Sydney Bristow et lui ne se parlaient plus, chacun se laissant aller à la mélancolie et aux réflexions profondes. Et quand enfin ils sortirent de la ville, ce fut pire : aux immeubles délabrés et gris succédèrent les contreforts menaçants et noirs de l’Oural. La route se dégrada rapidement, pour devenir chaotique avant même le début de l’ascension. Après une heure de chaos, ils commencèrent enfin à monter les premiers contreforts.
- Combien de temps de montée ? demanda enfin Sydney.
- Deux bonnes heures, peut-être trois, répondit Kurtis. Nous avons deux cols à passer avant d’arriver sur le plateau principal.
- Super…
Et elle retomba dans le mutisme. Kurtis ne pouvait pas vraiment lui en vouloir : il n’était pas quelqu’un de foncièrement bavard à la base, alors dans un tel contexte… Il se contenta donc de conduire avec prudence et concentration, la route de montagne étant dépourvue de parapets de sécurité.
Sur trois heures de montée, ils n’avaient croisé qu’une demi-douzaine de véhicules, et la plupart était de lourds camions qui redescendaient vers la plaine pour rallier Moscou. De toute façon, les deux américains ne craignaient pas spécialement les autorités, bien que la discrétion fût de mise : ils étaient déclarés comme historiens faisant une étude sur le goulag de Vortuka. Enfin, après des heures de voyage harassant, ils débouchèrent sur le fameux plateau. Une immense carrière, creusée dans la montagne, formait une cuvette rocheuse d’une dizaine de kilomètres de diamètre. Des camions et autres machines-outils, pour certains d’une taille impressionnante, trônaient au milieu de cabanes de chantier délabrées. Toute la carrière était à l’abandon : un vrai décor de film d’horreur. Kurtis gara la voiture non loin des premiers rails. Sydney regarda l’entrée de la mine avec une moue inquiète.
- Cette ambiance fait froid dans le dos… fit-elle.
- Oui, clairement, acquiesça Kurtis.
- Rappelle-moi pourquoi on doit plonger là-dedans ?
La jeune femme voulait juste être rassurée : n’importe quel homme attentif, comme Vaughn, l’aurait compris. Pas Kurtis. D’un ton professoral agaçant, il préféra répondre directement à la question.
- Vortuka était le plus grand goulag soviétique, fit-il. Selon nos sources, Rudolf Hess, le secrétaire particulier d’Hitler, y passa quelques années avant de rejoindre la prison de Spandau, à Berlin. Et Hess, qui connaissait la liste, aurait caché des indices au fond de la mine…
- Merci, agent Trent, répondit Sydney, légèrement ironique.
- Le seule problème, c’est que nous ne savons pas vraiment ce qu’on vient chercher, continua Kurtis.
- Et il y a combien de centaines de kilomètres de galeries, là-dessous ?
- Plusieurs, c’est vrai… Mais je pense que le ou les indices sont assez… « simples » à trouver.
- Parce que le but était de pouvoir retrouver la liste…
- Précisément.
- Donc ?
- Je pencherais plutôt pour un endroit assez fréquenté… Un endroit accessible par Hess sans pour autant éveiller les soupçons des gardiens.
- Donc pas très loin des galeries principales.
- Voilà.
Sydney regarda l’entrée de la mine, aussi béante que noire. Elle ne retint pas un frisson, tandis que Kurtis sortit leur équipement sommaire de la voiture.
- Ca donne vraiment pas envie… reprit Sydney, le regard fixé sur l’entrée.
- Non, en effet…
Kurtis restait placide, afin de ne pas affoler sa partenaire, mais il ne se sentait pas du tout à l’aise. Quelque chose le tiraillait, une sensation imprécise qui lui intimait l’ordre de faire demi-tour et de s’enfuir à toutes jambes. Et ce n’était pas une peur puérile du noir : c’était bien plus. Il tendit la torche à Sydney, qui lui prit des mains sans le regarder.
- Allons-y, dit-il en mettant son sac à dos.
Sydney acquiesça, alluma sa torche et s’engagea dans le tunnel sombre. Kurtis la suivit aussitôt, sa main libre posée sur son chirugaï.

***

Under posa le téléphone sur la table basse, délicatement. Il attrapa la flasque dans laquelle reposait un excellent whisky et se servit une solide rasade. Puis il se remit à l’aise dans son épais fauteuil, son verre à la main. Il fit tourner le précieux alcool, faisant miroiter les lumières tamisées du salon. Fasciné, il se perdit dans ses pensées. Plusieurs minutes s’écoulèrent ainsi. Enfin, il prit une gorgée et la dégusta avec délectation.
- Vous êtes bon, docteur Jones, lâcha-t-il enfin, les yeux rivés au plafond.
N’obtenant pas de réponse, il reporta son regard sur son vis-à-vis. D’un regard sans équivoque, qui forçait la victime à baisser les yeux et à répondre aux questions. Ce qui fit Indiana Jones. Satisfait, Under réitéra sa remarque.
- De bonnes nouvelles ? fit Indy, sans regarder son interlocuteur.
- Plutôt… La CIA vient de pénétrer dans les mines de Vortuka, répondit Under.
- D’accord…
Under afficha un sourire inquiétant.
- Vous n’avez pas l’air aussi satisfait que moi, docteur Jones…
- Parce que je ne comprends pas votre stratégie.
- Oui, bien évidemment. Vous n’en avez pas les capacités intellectuelles. Néanmoins, j’accepte de répondre à vos interrogations. Je vous écoute, donc.
Indy prit une profonde inspiration : il devait orienter ses questions, les adoucir, les formuler de la bonne façon pour éviter la colère d’Under.
- Je vous ai raconté l’histoire de Rudolf Hess, commença-t-il. Je vous ai aiguillé sur Vortuka, je vous ai même dit où se trouvait l’indice, dans la mine.
- Dans le vestiaire du niveau quatre, je me souviens, oui.
- Avec de telles précisions, vous seriez déjà en possession de l’indice, voire de la liste…
- C’est sûrement vrai.
- Pourquoi ? Pourquoi ne pas avoir envoyé une de vos équipes ? Pourquoi laisser la CIA s’en occuper ?
Under sourit de plus belle. Il se replongea dans la contemplation de son verre de whisky, sans répondre : agacer le célèbre Indiana Jones, même si celui-ci était sous contrôle et donc dans l’incapacité d’utiliser l’intégralité de ses compétences, était un petit jeu fort délectable. Donc Under s’en délecta. Ne manquait que l’humiliation pour le satisfaire pleinement…
- Docteur Jones, laissez-moi vous guider jusqu’à la réponse, fit-il, tout en regrettant que l’insulte ne portât pas autant que si Indy avait été « libre ». Imaginons que la CIA trouve la liste… Qu’y liront-ils ?
- La liste des objets surnaturels d’Hitler, dont ce qui vous intéresse, le…
- Certes, le coupa Under. Certes, ils verront tous les objets, ainsi que toutes les annotations. Mais réfléchissez… Que vont-ils voir réellement, sur cette liste ?
Indy voulut répondre instantanément, mais se retint : il devait réfléchir. Et en effet, après quelques secondes, une autre réponse lui vint à l’esprit.
- Ils y verront ce qu’ils ont envie d’y voir… murmura-t-il.
- Exactement ! se réjouit Under. Poursuivez, je vous en prie…
- Lara Croft ne verra que le rajout fait par Natla…
- Trop obnubilée par son ennemie jurée, elle ne s’occupera pas du reste. Quant à la CIA, termina Under, ils vont raisonner de la même manière. Mieux : ils vont se focaliser sur Croft, et donc sur Natla eux aussi.
- Ils ne regarderont pas au bon endroit sur la liste… souffla Indy, heurté par cette évidence. Ni Lara, ni la CIA…
Petit à petit, l’esprit embrumé d’Indy recolla les pièces du puzzle, et les conséquences le terrifiaient.
- Ceci dit, reprit Under, je ne voudrais pas qu’ils arrivent aux mêmes conclusions que vous. C’est pourquoi j’ai quand même envoyé une petite équipe à Vortuka. Oh ! Rien de bien important. Quelques hommes bien armés, histoire de tenir la CIA disons… concentrée sur l’objectif…
Mais Indy n’écoutait pas vraiment : dans son esprit, le puzzle venait de se résoudre en partie.
- Mon dieu… gémit-il. Malgré les apparences, vous n’avez aucune opposition… Même dans les mains de vos ennemis, la liste est en sécurité…
Satisfait, voire ravi, Under leva son verre en direction d’Indy et trinqua.

***

La progression dans les galeries des deux premiers niveaux était relativement aisée. Abandonnée depuis plusieurs décennies, la mine était encore en très bon état, la plupart des boyaux étant toujours accessibles. Toujours très prudents, Kurtis et Sydney avançaient néanmoins avec un peu plus de confiance. La jeune femme se sentait même beaucoup plus à l’aise dans la mine qu’à l’extérieur : l’ambiance, bien qu’identique à celle de l’extérieur, était prévisible et attendue dans ce genre de lieu. Elle jeta un coup d’œil à son partenaire : comme à son habitude, il était impassible. Comment faisait-il pour être aussi détaché quelque soit le contexte ?
- J’ai une idée, fit-elle soudain. Dans une mine de cette taille, il y a forcément une salle de repos, un vestiaire ou une cantine, non ?
- Ca me paraît crédible, oui, confirma Kurtis.
- Ne serait-ce alors pas le lieu idéal pour stocker l’indice ? Je veux dire, c’est un endroit très fréquenté par les mineurs, et où Hess aurait pu agir sans éveiller les soupçons des gardiens.
- Ca nous offre une piste intéressante. Je pense qu’il doit y avoir ce type de salle à chaque niveau.
- Inutile de remonter au premier niveau, il n’y en avait pas.
- Alors cherchons celle du second.
Un objectif plus précis en tête, ils se relancèrent dans l’exploration de la mine. Mais Kurtis ne pensait pratiquement plus à l’indice. Son esprit était de plus en plus obnubilé par cette sensation d’angoisse diffuse qui tentait de prendre le contrôle depuis qu’ils s’étaient arrêtés aux abords de la mine. Cette peur insidieuse qui voulait le submerger, qui le poussait à fuir cet endroit. Et dont les assauts devenaient plus pressants et plus violents au fur et à mesure de leur progression dans les profondeurs de la montagne.
- Voilà une salle ! s’exclama soudain Sydney.
Kurtis sortit de sa « rêverie » et suivit la jeune femme. La salle se révéla être dédiée au stockage des outils et du matériel minier : pelles et pioches rouillées, lanternes vides, casques cassés se trouvaient pêle-mêle au milieu d’armoires métalliques renversées. La fouille fut rapide et infructueuse : rien ne ressemblait à un quelconque indice. Kurtis vérifia même la disposition des éléments, en vain. Le troisième niveau de la mine leur offrit le même type de salle, pour le même résultat.
- Direction le quatrième niveau, soupira Sydney.
- Ca devrait être le dernier, fit Kurtis.
- Ah ? Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
- L’étayage, la largeur et la « qualité » des galeries qui se dégradent rapidement.
- Une telle mine n’aurait que quatre niveaux ?
- Peut-être qu’ils ont eu des problèmes qui ont empêché l’avancement…
- Oui, c’est possible… des problèmes comme une inondation ou un coup de grisou.
- Voilà.
Kurtis confirma les suppositions de sa partenaire mais n’en pensa pas un mot. Les problèmes rencontrés étaient tout autre, mais il était incapable de les définir. Son esprit continuait de lui hurler de fuir et la violence de l’agression abordait les limites du tolérable. Cette peur semblait tellement irrationnelle, mais aussi tellement réelle… Chassant ses doutes, il se concentra sur l’objectif et suivit Sydney, qui s’engageait déjà dans la galerie.
Le quatrième niveau se présentait sous la forme d’une grande caverne naturelle. Les mineurs l’avaient mis à jour en creusant la galerie que les deux agents venaient d’emprunter. Les aménagements étaient nombreux : les mineurs avaient descendu le réseau électrique pour illuminer la caverne et avaient installé des rails menant vers trois nouvelles percées. Face à deux de ces ouvertures se trouvaient encore les foreuses.
- Bon, je suggère qu’on se sépare, fit Sydney. La caverne est grande, et je ne tiens pas à traîner dans cette mine plus que de raison.
Kurtis acquiesça. La jeune femme s’éloigna aussitôt de lui d’un pas décidé. Lui resta immobile, le regard fixé sur la troisième percée. Celle qui n’avait pas de foreuse. Celle que son esprit implorait de fuir. Il prit une profonde inspiration et s’engagea dans l’ouverture. Mais, au bout d’une vingtaine mètres, il arriva à un cul-de-sac : les mineurs n’avaient pas creusé plus loin. La raison en était évidente pour Kurtis. Sur le côté du tunnel se trouvait une nouvelle ouverture, naturelle celle-ci. Une ouverture qui plongeait dans la montagne, via un goulet où un homme pouvait se tenir tout juste debout. Et qui menait vers quelque chose qui terrifiait Kurtis. Sans qu’il puisse expliquer pourquoi. Il commença à s’engager quand il se fit surprendre par Sydney, qui l’avait rejoint. Tendu au maximum, il sursauta.
- Désolée, fit-elle. J’ai trouvé une sorte de vestiaire. Et c’est assez… intéressant.
Kurtis voulut lui expliquer qu’il s’en moquait, que quelque chose de beaucoup plus important se jouait au bout de ce tunnel naturel, mais il n’en fit rien. L’esprit embrumé, presque paralysé par la terreur, il acquiesça et suivit la jeune femme. Ils revinrent dans la caverne principale, la traversèrent et entrèrent dans un « couloir » naturel. Au bout, ils débouchèrent dans le fameux vestiaire : quelques armoires métalliques, quelques tables, des vêtements. Mais ce n’était pas le plus intéressant.
- Alors ? demanda Sydney, fière de son effet. L’indice est là, n’est-ce pas ?
Les yeux écarquillés, Kurtis contempla les murs de la petite caverne, entièrement recouverts de graffitis.

***

- Hess a écrit l’indice sur la paroi, au milieu des graffitis… souffla Kurtis.
- J’en ai bien peur. Mais c’est la meilleure des cachettes, finalement !
- Accessible quand on sait quoi chercher, invisible sinon…
- Exactement.
- On peut déjà enlever les textes en cyrillique.
- Mais pas les dessins…
Kurtis acquiesça.
- Je te propose de tout prendre en photo, reprit-il. Pendant ce temps, j’essaye de repérer l’indice… Voir si quelque chose me frappe.
- D’accord.
Ils se mirent au travail. Sydney mitrailla consciencieusement les parois, sans omettre un seul détail. C’était une tâche longue et fastidieuse, mais la jeune femme ne perdit pas sa concentration : elle connaissait l’importance de cet indice. Pendant ce temps, Kurtis étudiait les graffitis, passant rapidement sur certains, s’attardant sur d’autres, tentant à chaque fois de définir un lien avec la liste, avec Hitler ou avec Hess. Une heure plus tard, Sydney termina ses photos et rejoignit Kurtis. Appuyé contre une armoire, il regardait le plus grand pan de graffitis de la grotte.
- Alors ? demanda-t-elle
- J’ai les yeux explosés, soupira-t-il. C’est impossible sans savoir ce que l’on cherche.
- On mettra les meilleurs experts sur les photos.
- Le temps va nous manquer…
- Oui, c’est sûr, mais tu t’attendais pas à ce que Hess signe l’indice, si ?
Kurtis s’amusa de la remarque.
- Ca aurait tellement plus pratique qu’il mette…
Heurté par une idée, il écarquilla les yeux.
- … son nom, finit-il. J’ai trouvé l’indice.
- Quoi ?? Mais comment ?
- Un truc que j’ai vu, que j’ai mémorisé juste comme ça et qui vient de me revenir. Des noms !
- Je ne comprends rien, Kurtis.
- Viens voir !
D’autorité, il l’attrapa par le poignet et l’attira de l’autre côté du vestiaire. Il la plaça devant une liste de noms, perdus au milieu de graffitis plus ou moins vulgaires. L’écriture était posée et délicate.
- C’est un homme cultivé qui a écrit ça, fit Sydney. De là à dire que c’est Hess…
- Regarde encore… Ne vois-tu aucun point commun entre les noms ?
Sydney consulta de nouveau la liste de noms.
- Ce ne sont que des hommes, reprit-elle.
- Et au niveau des noms ?
La jeune femme comprit soudain.
- Ils sont juifs ! s’écria-t-elle. C’est une liste de noms juifs. Mais… pourquoi ? Ce n’est pas un indice pour trouver la liste, ça !
- Il y a dix noms. Dix juifs à qui on a donné une partie des informations nécessaires pour retrouver la liste.
- Hitler aurait donné de telles informations à des juifs ?
- Oui, mais sans qu’ils sachent ce qu’ils possédaient.
- Impossible ! Com…ment... Oh, mon dieu… gémit-elle, comme elle venait de comprendre.
- Eh oui, acquiesça Kurtis. Hitler a fait tatouer les coordonnées de sa liste sur des prisonniers juifs… Parce qu’il sentait que la fin de la guerre était proche.
- Pour éviter que les alliés ne mettent la main sur sa liste. C’est…
- Ignoble, oui.
Soudain, des coups de feu retentirent, faisant sursauter les deux agents.
- Merde… Equipe deux en approche… fit Sydney.
- Tsombo.
Sydney dégaina aussitôt son arme de service.
- Va falloir se frayer un chemin vers la sortie ! fit-elle. Attrape les armes sur la table.
Elle termina sa phrase les yeux écarquillés. Kurtis eut l’air également étonné par cette remarque et suivit le regard de la jeune femme. Délicatement posés sur une table se trouvaient deux magnums.
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