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Fanfic : Le Cristal Volcanique
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Nastia
Raider de 1ère Classe
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MessagePosté le: Jeu 09 Juin 2011, 20:16    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 19 :
Ça commence bien...



Au début, elle pouvait se tenir à quatre pattes, mais petit à petit, elle dût se coucher et ramper. Le boyau devenait de plus en plus étroit, et la roche blanche qui s'effritait égratignait la jeune femme. Au bout d'un moment, Lara ne pouvait même plus avancer. Elle était bloquée, le passage menaçait de s'effondrer sur elle à force de s'effriter, et à chaque bouffée d'air qu'elle prenait, ses poumons s'imprégnaient de poussière, ce qui la faisait tousser.

Elle se crispa, prise d'angoisse, et tenta d'avancer. Sa jambe, sur laquelle elle poussait, frottait sur une pierre pointue qui la fit saigner, et qui, à chacun de ses mouvements, creusait davantage la plaie. Lara se sentait prise au piège et n'arrivait plus à respirer. Sa cage thoracique était bloquée et elle suffoquait de plus en plus. Des larmes coulèrent sur ses joues lorsqu'elle se reprit. Elle se détendit et relâcha tous ses muscles. Elle se fit le plus molle possible et souffla un grand coup. Comme elle était moins raide, elle put plus facilement se hisser dans le boyau. Son exiguïté se stabilisa mais resta très difficile à parcourir. La roche l'écorchait et elle devait se tordre dans tous les sens pour avancer.

Mais enfin, pour le plus grand soulagement de Lara, le tunnel s'agrandit peu à peu, jusqu'à arriver à son embouchure. Un soulagement ? Devant elle se trouvait une immense pièce circulaire à la belle lumière bleutée qui se reflétait sur la pierre blanche. Mais elle faisait environ 300m de hauteur, et bien sûr le tunnel ne débouchait pas en bas de celle-ci. En effet l'embouchure se situait, selon Lara, à approximativement 200m de hauteur. Bien sûr la paroi était quasiment lisse et elle ne pouvait pas s'y accrocher. Heureusement Karel avait entre autre pris soin de lui fournir une corde dans son sac. Elle noua donc cette dernière à une stalagmite formée par la roche et vérifia qu'elle était bien solide. De toute façon, il n'y avait pas mieux. Elle descendit en rappel comme elle put, car parfois ses pieds glissaient sur la roche poussiéreuse. Heureusement, malgré sa finesse, la corde était longue et relativement solide.


Pourtant, à une petite soixantaine de mètres du sol, l'aventurière sentit la corde devenir moins stable. Lorsque de la poussière et quelques petits cailloux lui tombèrent sur la tête, elle comprit que le problème ne venait pas de la corde, mais de la stalagmite qui lâchait. Elle se dépêcha alors le plus possible de descendre, tout en restant prudente. Elle haletait et sentait que son support craquait sous son poids. À moins d'une vingtaine de mètres du sol, la roche lâcha, et Lara tomba lourdement dans un nuage de poussière blanche.

Elle ouvrit lentement les yeux en toussant lorsqu'elle vit la stalagmite brisée lui tomber dessus. Elle roula rapidement mais n'évita pas les projectiles causés par la chute du rocher. Le visage dans la poussière et le dos extrêmement douloureux, elle tentait de se relever, mais elle ne réussit pas. Sa douleur au coccyx était lancinante, mais elle put se rouler sur son dos. Elle admira la poussière pailletée qui planait sous la lumière bleue et les petits insectes aux reflets dorés qui voletaient et faisaient briller leur fines ailes transparentes.

Au bout d'un peu de repos, Lara se releva difficilement et se tint assise, faisant glisser la poussière entre ses doigts. Elle ramassa sa corde et se rendit compte de la situation dans laquelle elle était : « Eh merde ! Comment je vais faire pour remonter ? Chaque chose en son temps. On verra quand on y sera ». Elle regarda autour d'elle et ne vit rien à par cette paroi calcaire et quasiment lisse. Elle se leva, vacilla sur ses chevilles endolories et fit lentement le tour de la pièce, à la recherche d'une faille, d'un levier caché, d'un mécanisme à actionner, n'importe quoi ! Elle tournait en rond mais ne voyait aucune ouverture potentielle au mur. Tout était parfaitement lisse ; des murs au sol, pas une seule faille, pas une bosse, même la poussière qui reposait à terre était parfaitement lisse. Tout ce que l'on pouvait y voir, c'était les traces de pas de Lara.

Jusqu'à ce que cette dernière remarque un très léger creux dans cette poussière uniforme. Elle se hâta de balayer le sol de ses mains et fit apparaître une sorte de dalle carrée, elle aussi en pierre blanche, seulement, elle, était polie. Lara tenta d'appuyer dessus en vain. Elle remarqua alors un petit cercle au centre du carré et le pressa fortement avec son pouce. La dalle s'enfonça dans le sol sous un effondrement de poussière.

Elle laissa apparaître un petit couloir sous-terrain finement sculpté. L'aventurière s'y engouffra non sans appréhension. Il était si bas qu'elle dû marcher courbée sur plusieurs dizaines de mètres. À mesure qu'elle avançait, des symboles Nephilim apparaissaient, au début gravés dans la roche, puis gravés dans un magnifique cristal aux reflets bleutés et mauves. Le couloir s'agrandit et déboucha sur une salle entièrement en cristal. Le sol plat était rejoint par un plafond en forme de cloche. Tout était couvert de runes, malgré la hauteur de la voûte. La salle résonnait bien qu'elle soit remplie. On aurait dit qu'elle avait été conçue pour recevoir des invités : une énorme table et des chaises semblant être sculptées dans de la dentelle, des assiettes, des couverts, des verres, des chandeliers, des colonnes et statues taillées avec la plus grande délicatesse, et bien d'autres merveilles. Tout était en cristal, sans aucune exception. Lara explorait cet endroit sublime, effleurant les détails de la table à manger du bout des doigts. Elle était subjuguée par une telle précision, tellement impressionnée qu'elle se cogna dans le chandelier derrière elle. Une grande chandelle en cristal tomba au sol mais ne se cassa pas au choc. Une fois seulement après sa chute, l'objet se divisa en plusieurs dizaines d'éclats. Des éclats qui bougeaient, très rapidement d'ailleurs.

*****

Lara regarda attentivement : ce n'était pas des éclats, mais pleins de petites araignées en cristal qui couraient au sol dans un léger cliquetis. Soudain, elles se réunirent et se jetèrent sur la jeune femme. Elle les repoussa d'un coup de main, avant même que l'une d'entre elle n'ait eu le temps de la mordre. Elle tenta de les écraser mais les petites bêtes semblaient totalement insensibles à ses coups de pieds. Bien sûr, Karel ne lui avait pas rendu ses armes, et ne lui avait fourni qu'un simple poignard, qui, comme il l'avait dit, "lui serait sûrement bien utile". « Quelle utilité ! » pensa Lara. Elle se demandait d'ailleurs si ces araignées étaient vivantes ou mécaniques, car malgré leur apparence cristalline, elles paraissaient bien réfléchir par elles-mêmes. Mais surtout, comment en venir à bout ?

Elle réfléchissait tout en évitant les bestioles acharnées. Le cristal semblait remarquablement solide... Elle courut vers un meuble aux larges tiroirs. Elle ouvrit celui du centre et grimpa dedans. À défaut de tuer ces bêtes, elle les enfermerait, et comme ce cristal était si solide, elles-mêmes ne pourraient pas le briser. Une fois que toutes étaient montées dans le grand tiroir afin d'atteindre l'aventurière, celle-ci effectua un salto arrière pour en sortir et donna rapidement un violent coup de pied qui referma le tiroir avant de le fermer à clef, piégeant ainsi les araignées. D'abord, elles firent trembler le meuble dans le but d'en sortir, puis elle abandonnèrent, se résignant à accepter leur échec. Lara reprit son souffle et sentit un picotement au coude.

À peine ces bêtes s'étaient-elles agrippées à elle cinq secondes qu'elles lui avaient déchiqueté la moitié du coude. Elle se banda, traversa la pièce, cette fois-ci prudemment, et grimpa à une petite ouverture au mur qu'elle avait remarqué en échappant aux araignées. Elle menait à une grande pièce circulaire -elle aussi-, vide et en pierres calcaires avec seulement en son centre une sorte d'autel en argent. Lara s'en approcha, et n'eut même pas le temps de le toucher que quelque chose traversa violemment les pierres du mur...
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Nastia
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MessagePosté le: Dim 12 Juin 2011, 12:49    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 20 :
Le Gardien du Cristal



C'était un oiseau très étrange. Il déploya solennellement ses immenses ailes décharnées et fit un tour de salle avant de se poser sur l'autel. Malgré son apparence rebutante et effrayante, il était très majestueux. Il fixait Lara de ses vieux yeux bleus. Il était démesurément grand et son plumage blanc et gris n'était pas très fourni. D'ailleurs, certaines plumes avaient laissé leur place à une peau grisâtre très peu charnue. Ses ailes, auxquelles il manquait également des plumes, laissaient passer la lumière. À vrai dire, on voyait presque parfaitement son squelette, même si un léger duvet était encore présent sur les parcelles de peau nues. Son vieux bec argenté était plus crochu et ses serres plus aiguisées que ceux d'un aigle.

Il se tenait dignement droit et fixait la belle plus immobile qu'une statue. Elle, était à la fois intriguée et apeurée par cette étrange créature qui ne la lâchait pas un instant du regard. Un long silence s'installa entre eux. Ils se dévisageaient avec une pointe de défi dans leur regard. L'oiseau ouvrit le bec. Mais, contrairement aux attentes de Lara, ce ne fut pas un long glatissement strident qui se fit entendre, mais une vieille voix métallique, semblant rouillée. Une voix ?

-Lara Croft. Je savais que tu me parviendrais.

Elle n'avait pas rêvé, la créature avait parlé. Elle resta abasourdie un bon moment avant de refermer sa bouche sèche. Puis, elle parvint à articuler :

-Qui... Vous êtes quoi au juste ?

-Tout ce chemin parcouru et tu ne sais toujours pas ce que je suis ? Eh bien, je suis un Nephilim, vois-tu.

-Non, c'est impossible, les Nephilims ont une apparence... presque humaine. Et vous...

-Ne te fie pas aux apparences, Lara Croft. Les anges m'ont créé pour que je garde le Cristal que tu recherches. Je sens que tu te poses un tas de questions. Ne te gêne pas, demande-moi tout ce que tu veux, je connais toutes les réponses que tu cherches.

-Euh... Avant que vous ne m'expliquiez précisément pourquoi vous a-t-on "créé", je voudrais savoir si tous les Nephilims sont capables de se transformer à volonté et de voler, ou est-ce seulement Karel qui a été doté de tels pouvoirs ?

-Les Nephilims sont des descendants des anges, et par conséquent ont gardé quelques unes de leurs facultés. Mais au vu de la noirceur de leur âme, les anges, avec l'appui de celui que la Bible appelle 'Dieu', leur ont ôté tout pouvoir. Seul Karel semblait juste et loyal envers ses pères. Le début de sa vie n'était composé que de vertus. Les anges, fiers du chemin qu'empruntait leur fils, lui ont offert l'éternité. Mais lorsque celui-ci vit ses frères déshonorés, allégés de leurs dons et bannis du ciel, il fut prit d'un grand sentiment d'injustice. Il pria ses pères de leur laisser une seconde chance, mais ceux-ci répondirent que les Nephilims avaient commis bien trop de crimes pour appartenir aux cieux, et qu'ils n'avaient fait qu'abuser des pouvoirs qui leur avaient été transmis pour aller tourmenter les hommes. Devant ce refus, Karel fut envahi par une grande colère. Il refusait de bénéficier de tous les biens qu'il avait reçu à la naissance pendant que ses frères croupissaient dans l'obscurité des enfers. C'est alors que son âme fut corrompue et que la haine s'empara de lui. Il se jura qu'il se vengerait. En attendant, il devint le souverain des Nephilims, qui l'aimaient pour le dévouement dont il avait fait preuve. Et il su se montrer digne de cette confiance. Les Nephilims, sous ses ordres, bâtirent une magnifique cité souterraine dans laquelle ils se réfugièrent et vécurent en paix. Ils auraient pu vivre une existence prospère, mais Karel, au lieu d'apaiser leurs esprits et de les inciter à oublier le passé, se laissa dévorer par la haine qui le rongeait. Il monta une armée et déclara la guerre à la tranquillité céleste. Mais les anges vainquirent et anéantirent le peuple Nephilim, et punirent Karel en lui laissant son immortalité. Ainsi, il se rappellerait pour l'éternité que sa propre fureur avait causé la perte des siens. La souffrance qu'il a enduré fut immense, mais il n'a jamais pu se résoudre à vivre seul pour toujours. C'est pourquoi il fit appel au puissant alchimiste que tu as détruit... La suite tu la connais, n'est-ce pas ?


La voix éraillée de l'oiseau résonnait dans la tête de Lara. Elle était presque chancelante sous le poids de ce récit. Des tas de questions se bousculèrent en elle et un violent mal de crâne lui apparut, sans compter les battements de son cœur qui s'accéléraient et faisaient vibrer sa poitrine. Elle balbutia :

-Je n'aurais jamais cru que... Je ne pensais pas qu'il... Mais pourquoi vouloir s'en prendre à l'humanité alors ?

-Eh bien, il faut bien un responsable, non ? Karel pense que se venger sur les hommes apaisera sa haine. Il se dit que les Nephilims ne sont nés que pour souffrir et que si les femmes n'avaient pas séduit les anges, rien de tout cela ne se serait produit et cette souffrance aurait été évitée.


L'oiseau récitait chacun de ses mots comme une litanie.

-Mais il n'a donc rien appris de tout ce qui lui est arrivé ? Il ne pense encore qu'à se venger ? s'exaspéra Lara. Il ne comprend pas que ses actes finissent toujours par lui retomber dessus ? Il ne comprend pas que tout ce qui lui est arrivé, il ne le doit qu'à lui et à lui seul ?

-Tu sais, Lara Croft, les Nephilims sont des êtres particulièrement violents et forts par rapport aux hommes. Ils savent se servir de cette force et aiment ça. Ils croient qu'elle saura apaiser le mal qui est en eux.

-Karel ne m'a jamais montré cette facette de lui. Du moins, pas à ce point, dit-elle en se caressant la joue.

-Mais c'est parce que lui n'est pas comme les autres. Par contre, il sait que ses frères aiment faire le mal, et si lui n'est pas violent physiquement, il souhaite malgré tout voir les siens triompher sur quelqu'un, il veut voir les hommes ramper aux pieds de ses frères. Il pense que cela les soulagera. Bien sûr, les Nephilims ne seront jamais soulagés ainsi, ils en voudront toujours plus. Le seul moyen de les apaiser serait qu'ils demandent pardon au ciel. Mais Karel n'a jamais envisagé cette possibilité car la fierté de ce peuple est bien trop grande, et à leurs yeux, le pardon serait synonyme de soumission.


Lara soupira, abattue. Puis, elle reprit en vigueur et demanda :

-Et vous ? Pourquoi êtes-vous là ?

-Le Cristal Volcanique est une pierre archaïque créée par Dieu il y a des millions d'années. Après avoir créé l'humanité, qui s'avéra ne pas être parfaite, il créa les anges, des êtres parfaits qui remettraient les hommes dans le droit chemin. Beaux, intelligents et sages, ces êtres si parfaits devaient pouvoir être immortels. Alors il demanda aux enfers d'offrir la vie éternelle à ses fils, en échange de quoi il rendrait les humains vulnérables et il livrerait les âmes les plus mauvaises au Diable. C'est ainsi que le Cristal fut créé, sorti tout droit du plus brûlant des volcans infernaux, façonné par Satan lui-même. Dieu put alors donner à ses anges la vie éternelle, et les chargea de transmettre sa parole aux hommes. Mais les anges rencontrèrent les femmes. Issus du péché, les Nephilims étaient mauvais. Les anges trouvèrent grâce aux yeux de Dieu pour leur faute, mais ils devaient à tout prix empêcher ces créatures noires d'accéder à la vie éternelle. Alors ils me créèrent. Nephilim mais sage. Malgré qu'il s'agisse de ma propre race, je suis assez lucide pour comprendre qu'il ne serait pas une bonne chose que les miens n'atteignent l'objet. Le Gardien du Cristal. Je dois empêcher quiconque de mettre la main dessus. D'ailleurs, personne ne connaît son existence à part Karel qui a lui-même bénéficié de ses bienfaits, et toi qu'il a chargé de récupérer.

-Mais je dois le récupérer ! Ne vous en faites pas, je ne le laisserais jamais réveiller les Nephilims, ce n'est pas dans mon intérêt, mais il me le faut à tout prix, sinon il me tuera !

-Je sais que tu ne veux pas les réveiller et que tu ne souhaites même pas l'utiliser pour ton propre profit, mais je ne peux courir le risque. Si tu ne trouves pas l'Éclat Périapte et que tu ne viens pas à bout de Karel, l'Enfer se répandra sur Terre, et j'aurais failli à ma mission. Tu dois donc faire demi-tour.

-Mais je ne peux pas remonter !

-Je suis un oiseau, je peux te ramener.


Lara réfléchit.

-Peut-être, mais si je remonte, Karel me renverra vous combattre et me dira de vous tuer si vous ne me laissez pas passer.

-Très bien. Alors ce sera ta vie contre la mienne. Mais sache que je viendrais facilement à bout de toi.

Sur ces mots décrochés mécaniquement par sa voix métallique, l'oiseau s'envola, faisant battre ses grandes ailes. Une fois en hauteur, il cracha une sorte d'éclair que Lara esquiva. « Prévisible » pensa-t-elle. Par réflexe, elle chercha à dégainer ses 9mm, mais ne trouva bien sûr rien. Comment en venir à bout ? Elle n'eut pas le temps de réfléchir que l'oiseau renouvela son attaque. Cette fois, elle n'évita pas tout à fait le coup et cria. Sa hanche était brûlée par ce qui ressemblait à un éclair. ''Il te sera sûrement bien utile''.

Le poignard ! Mais le gardien était lui-même un Nephilim, donc impossible à tuer. Après plusieurs esquives épuisantes, et quelques retombées sur les rotules, la jeune femme sortit le poignard de son sac à dos dans un dernier espoir. Après quelques pirouettes, elle réussit à pousser l'oiseau à se rapprocher du sol. Une fois qu'elle le jugea assez bas, elle bondit et lui planta l'arme dans le dos. L'oiseau tomba à terre, faisant claquer ses os. Dans un souffle bien affaibli, il essaya de lancer un dernier éclair, mais celui-ci trop faible, n'eut aucun effet. Lara se sentait malgré tout sale d'avoir tué cet oiseau divin, surtout si c'était pour faire le mal. Elle pleura à la vue de l'animal agonisant.

-Pardonnez-moi. Je sais que vous ne faisiez que protéger l'humanité...

Le gardien cligna des yeux et semblait presque sourire, comme s'il la remerciait.

-L'éternité, c'est long tu sais, Lara Croft. Tu n'as fait que m'ôter le lourd fardeau de responsabilité solitaire que je portais. Mais j'ai échoué, je me suis montré indigne de la tâche qui m'a été confiée. J'espère que le ciel me pardonnera...


Dans une larme de souffrance, l'oiseau se laissa mourir dans les bras de Lara, plus triste qu'elle ne l'aurait jamais été de tuer quelqu'un. Un protecteur du bien. Cela dit, c'est vrai qu'il avait l'air vieux et extrêmement épuisé. Quelques secondes plus tard, l'animal fantastique se statufia et se brisa en un millier d'éclats d'argent.

Parmi ces bris, une petite clef, argentée elle aussi. Elle remarqua aussi que quelques éclats étaient cubiques, de différentes tailles, et elle décida de les emporter. Elle progressa dans le trou créé par le gardien à son entrée...
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Nastia
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MessagePosté le: Dim 19 Juin 2011, 19:24    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 21 :
La Salle Volcanique



Elle grimpa sur les pierres effondrées pour atteindre l'ouverture. L'autre côté était sombre et elle n'y voyait rien. Elle se laissa tomber, s'attendant à ce que le sol se trouvât au niveau de celui de la salle précédente. Mais au lieu de ça, elle tomba de plusieurs mètres de haut sur un tas de pierres volcaniques, à en juger par la texture.

L'obscurité était totale, et Lara sortit une torche afin d'observer les lieux. Et que vit-elle ? Rien. La lampe n'éclairait pas assez loin, et même si elle était allumée, c'était le noir complet. Désespérée et souffrante, elle s'assit sur un tas de caillou, éteint sa lampe et posa sa tête sur ses genoux. Comment en était-elle arrivée là ? Elle retraça un rapide parcours mental de tout le chemin qu'elle avait effectué et se dit que sauver l'humanité n'était pas aussi facile que dans les films que l'on pouvait voir. Il faut dire que l'enjeu est gros. Et puis, peut-être ne réussirait-elle pas à la sauver, l'oiseau avait probablement raison, le seul moyen d'arrêter cette folie aurait été de refuser d'aller chercher ce maudit Cristal, même si cela devait coûter la vie.

Mais Lara tenait à sa vie, et elle n'avait pas tant de fois nargué la mort pour se laisser abattre ainsi ! Elle parviendrait à arrêter Karel, elle le savait. D'ailleurs, ce poignard qu'il lui avait donné, était bien venu à bout d'un être Nephilim, non ? Lara releva la tête, dans un élan d'espoir, et se décida à avancer, lampe en main. Elle tâtonna sur plusieurs dizaines de mètres avant de rejoindre une paroi brûlante. Les magnifiques décors de la civilisation Nephilim avaient disparu au profit de cette chaleur et de cette noirceur infernales. La belle tâta le mur en quête d'une quelconque ouverture. Elle se brûlait les doigts mais ne bronchait pas, comme anesthésiée par toutes les épreuves qu'elle avait enduré. Elle trébucha sous l'effet de pierres qui roulèrent sous son poids.


Les membres égratignés, voire saignants, elle allait se redresser, lorsqu'une petite lueur attira son attention dans toute cette obscurité. Elle rampa et suivit la lumière, dans l'espoir d'enfin atteindre un peu de luminosité. Elle se blessait à chaque geste qu'elle faisait, ses genoux qui frottaient par terre, ses bras et son dos qui se cognaient aux parois de pierres volcaniques l'éraflant ; elle ne râlait même plus contre la douleur, tant elle voulait atteindre cette lumière orangée.

Brûlée, griffée et coupée, Lara se contenta de ne laisser couler qu'une larme qui balaya la saleté sur son passage. Elle était au bord de craquer, de se laisser aller à la folie, de hurler, mais elle arriva à une grande salle carrée. À gauche et à droite, deux immenses cascades de lave chutaient dans des bassins, et au centre se trouvait une sorte de piscine. À peine eut-elle vu le bassin d'eau claire que Lara fonça et plongea dans celui-ci pour se rafraîchir et se nettoyer. Certes, l'eau n'était pas très fraîche, mais elle lui fit tout de même le plus grand bien.

Restant quelques minutes dans la piscine, elle put prêter plus d'attention au décor. La pièce était entièrement pavée, d'ailleurs par endroits les dalles étaient effondrées, faisant apparaître la roche volcanique et laissant s'échapper un filet de lave du mur. En face d'elle, à quatre ou cinq mètres du sol, se trouvait une ouverture, et à en juger par les dalles en or gravées de symboles Nephilim qui la cernaient, c'est ici que devait se trouver le Cristal. Bien sûr, à première vue, l'endroit était inaccessible.


Elle sortit de l'eau et explora le lieu d'un peu plus près. La chaleur était accablante, et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, l'aventurière se retrouva sèche. Elle fit lentement le tour de la pièce, cherchant à exploiter le moindre caillou qui pourrait l'aider à atteindre la relique. Les dalles écroulées, une fois empilées, lui auraient permis de gagner l'ouverture, mais elles étaient bien trop énormes pour être soulevées.

Après plusieurs tours de salle à la recherche de la solution, Lara remarqua que les dalles de l'angle au fond à gauche étaient avancées par rapport aux autres. Elle s'en approcha et aperçut dans celles-ci des creux cubiques de différentes tailles. Ou plus précisément des emplacements. Lara sortit les cubes trouvés dans les restes du Gardien et escalada les pavés ressortis afin d'être assez haute pour atteindre les trous.

Après avoir replacé chaque cube à la place qui leur était destinée, toute la salle sembla trembler. Lara tomba en arrière sous la secousse et des dalles sortirent du mur de gauche créant un escalier conduisant à la bouche d'où s'écoulait la cascade de lave. Probablement qu'il n'y avait pas de lave à la création de ce passage. Elle grimpa agilement les gros blocs de pierres qui s'offraient à elle, mais une fois en haut, elle se trouva coincée face à la chute de lave qui encombrait le passage. Seul le plafond était dégagé. Lara l'examina comme elle put dans le but de trouver un moyen de s'y agripper.

Elle repéra des barreaux en bois fixés à la voûte pavée. « Ils tiennent toujours avec toute cette lave à proximité ? ». Hésitante, elle se décida tout de même à prendre son élan et à sauter. Elle attrapa le premier barreau de justesse et replia ses jambes car tendues, elles effleuraient la lave. Elle avança, les muscles contractés sous l'effort et criant lorsque une bulle de lave éclatait et l'éclaboussait. Elle traversa le tunnel, pleurant sous ses brûlures, et, à son plus grand désespoir, arriva dans un endroit envahi par le magma. Elle bondit sur une roche qui coula sous son poids. Aussitôt, elle sauta sur un autre caillou flottant, et encore, avant de parvenir à une grande plateforme de pierre, immobile, elle. Elle jeta un rapide coup d'œil alentour et repéra sur sa droite le couloir qui menait sûrement au Cristal...


Seulement, il y avait encore une chute de lave, et donc un grand vide entre le niveau où se trouvait Lara et le couloir. Elle remarqua alors une petite poutre en bois découverte au plafond, un peu après la cascade. Il lui faudrait lancer sa corde autour de cette poutre et se balancer afin d'atteindre la paroi, voire même, avec un peu de chance, le couloir.

« Pourvu que ça marche... » pria-t-elle mentalement avant de s'élancer sur une grosse pierre qui suivait le courant. Heureusement, celle-ci ne coulait pas malgré le poids de Lara, et le courant était lent. Cela laissa le temps à la jeune femme de bien lancer la corde et de réussir à l'attacher un quart de seconde avant que la pierre sur laquelle elle se trouvait ne fasse une chute monumentale. Lara se lança dans les airs, mais au premier balancement, la vieille poutre craqua et elle n'eut pas d'autre choix que de se jeter sur la paroi rocheuse en face d'elle. Comment se rattraper ? Dans un cri de terreur, elle parvint un peu plus bas à s'agripper à la roche. Le cri de terreur se transforma en un cri de douleur.

Le côté droit du visage râpé, les bras à vif, les genoux et mains écorchés, elle prit tout de même appui et escalada la paroi, à bout de forces et de souffle. Elle grimpa, manqua de tomber à plusieurs reprises sous l'épuisement, se rattrapa, força sur ses bras et ses jambes courbaturés, et finit par gagner le couloir sombre. Elle s'effondra sur le sol caillouteux et tira une gourde de son sac que lui avait fourni Karel pour se la vider sur le corps...
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Nastia
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MessagePosté le: Dim 19 Juin 2011, 20:26    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 22 :
A Bout de Souffle...



Elle resta un très long moment couchée sur le dos, pensant encore une fois à ce qui lui arrivait et se demandant ce qui la poussait tant à ne jamais s'arrêter. « Je sais que ton instinct de survie est plus fort que tout, tu me l'as assez prouvé ». Ça l'écœurait de se dire qu'elle allait confirmer ses pensées au Nephilim.

Malgré tout, elle se redressa, chancelante, prête à s'aventurer dans la galerie ténébreuse. Lorsqu'elle alluma sa lampe pour éclairer les environs, une nuée de chauves-souris s'envola vers un endroit plus tranquille, lui donnant quelques coups d'ailes au passage. Lara avança sur plusieurs mètres lorsque soudain, à son passage, des flambeaux s'allumèrent sur tout le couloir, révélant des murs lisses et un sol fait de lourdes planches.

Sentant le coup fourré, elle progressa lentement, hésitant à chaque pas qu'elle alignait. Elle avait d'ailleurs raison, car au bout d'un moment, une grille parsemée de pics tomba du plafond. La jeune femme, agile en toutes circonstances, fit un grand bond arrière, évitant de justesse de se faire empaler. La grille remonta et s'abattit à nouveau, et recommença, et encore, et encore. Lara s'engagea lorsque les pals remontèrent vers le plafond. Elle courut à toute allure et roula, frôlant une fois encore la catastrophe. Mais elle n'eut pas le temps de souffler que du sol jaillirent de grandes flammes auxquelles elle échappa en sprintant le plus vite possible. Seulement, toujours pas de répit pour la belle car des lames horizontales se déployèrent et foncèrent droit sur elle.

Maline, Lara sauta sur la plus basse, puis, avant qu'elle ne l'atteigne, monta sur la deuxième et enfin bondit sur la plus haute, évitant ainsi de se faire trancher. Elle se laissa porter par la lame supérieure et en descendit avant que celle-ci ne fasse demi-tour. C'est là qu'elle vit le Cristal. Le fameux Cristal Volcanique.


Il rutilait, semblant lui tendre les bras, prêt à se faire empocher. Lara le voyait au loin, attendant patiemment sur son magnifique socle qu'on le saisisse. Elle avançait, comme hypnotisée par sa brillance, mais un autre piège la ramena à la réalité. En effet un énorme pendule protégeait l'accès qui menait à la relique. Inutile de préciser qu'il était probablement très tranchant, et que si Lara se le prenait, elle ne ferait pas long feu. Il se balançait relativement vite et le moindre faux pas serait fatal. L'aventurière recula, inspira profondément, courut le plus vite possible et, à moins d'un mètre du balancier, plongea sans réfléchir.

Elle réalisa qu'elle était vivante en ouvrant les yeux et en voyant le Cristal, en partie enfoui dans une roche volcanique grossièrement travaillée et parsemée de petites pépites d'or. La partie cristalline, quant à elle, formait une boule parfaitement polie, du moins pour la partie apparente, et était de couleur ambrée presque irréelle tant elle était sublime.

Les yeux de la jeune femme brillaient. Elle s'approcha lentement et posa enfin la main dessus. Elle la retira vivement, car l'objet brûlait. Elle retenta sa chance, cette fois en le saisissant à pleine main. Elle se sentit envahie par une douce chaleur qui lui visita le corps de la tête aux pieds. Le Cristal ne brûlait plus, ou ne la brûlait plus, comme s'il avait vérifié qu'il se trouvait en de bonnes mains.

Lara secoua la tête : « Impossible que ce soit ça, avec toutes les vies que j'ai détruites jusqu'ici, mon âme est loin d'être pure ou je ne sais quoi d'autre ». Sur ce, elle protégea bien soigneusement la relique et la cala dans son sac à dos. Bon, maintenant, comment sortir d'ici ? Comme prévu, elle se trouvait dans l'ouverture entourée de dalles en or gravée de runes. Elle s'accrocha au rebord et se laissa retomber dans la salle aux deux cascades de lave. Elle piqua encore une tête dans le bassin d'eau, et songea qu'elle ne pouvait pas faire demi-tour, car elle avait chuté sur plusieurs mètres et n'avait plus sa corde. Elle se rappela alors de la petite fente vers laquelle s'étaient réfugiées les chauves-souris qu'elle avait dérangé.


Elle remonta alors les dalles ressorties, traversa à nouveau le couloir qui menait à la grande salle remplie de lave, et, après plusieurs brûlures et sauts périlleux manquant d'être ratés, Lara se retrouva sur la grande plateforme de pierre qu'elle avait déjà connu. Elle revit alors cette fente, d'à peine 50cm de hauteur sur plus de deux mètres de long. Pour l'atteindre, il lui suffirait de sauter de pierres en pierres et de bondir sur la paroi.

Le problème, c'est qu'elle devrait faire tout ça à contre-courant. Elle repéra alors rapidement le chemin qu'allait effectuer et sauta le plus rapidement possible, parfois sur des pierres flottantes pas plus grosses qu'une noix de coco. Lorsqu'elle fut à sa portée, elle sauta sur la paroi, prenant ses appuis. Mais ceux-ci s'effritèrent, et elle dût très vite sauter pour atteindre la fente, à l'intérieur de laquelle elle se hissa aussitôt. Sa présence gêna encore les chauves-souris qui retournèrent dans leur antre initial, où elles ne seraient sûrement plus dérangées.

Le faisceau lumineux de sa lampe n'indiqua aucun cul-de-sac prochain à Lara. Elle rampa donc, continuellement écorchée et salie par la poussière noire et étouffante qui se trouvait ici. À plusieurs reprises, elle toussa à en cracher ses poumons. Sans se décourager, elle avançait, désireuse de sortir de ce trou, quel qu'en soit le prix.

Le boyau se rétrécit considérablement en à peine une dizaine de mètres. Lara ne pouvait quasiment plus avancer, et elle finit par se trouver face à une impasse. Aucune issue. « Oh non ! Mais c'est pas possible ! Comment je vais me sortir de cet endroit ? Je ne reverrais jamais la lumière du jour... ». Elle commença à pleurer et se recula afin d'aller chercher une autre solution. La paroi pointue lui griffait le dos de partout. Elle regarda au "plafond" ce qui lui avait fait si mal, et remarqua, un peu plus loin, une pierre qui se détachait du lot, une pierre apparemment travaillée par la main de l'homme (ou du moins d'un être doté d'intelligence).

Elle s'avança précipitamment, ne faisant plus attention à la douleur. C'était sa toute dernière lueur d'espoir. En s'avançant, elle remarqua une toute petite fente dans la pierre. Elle comprit qu'il s'agissait d'une serrure et sortit la clef argenté qu'elle avait trouvé parmi les éclats du Gardien. Elle fut trop heureuse lorsqu'elle sentit le sol se dérober sous elle. Elle tomba lourdement mais se releva aussitôt, ignorant toute forme de souffrance.

La suie avait enfin laissé sa place à la pâle poussière calcaire. Le chemin vers le retour était emprunté. Une gigantesque échelle creusée dans le mur s'offrait à la belle, qui se hâta de la grimper. L'échelle faisait bien plusieurs centaines de mètres de haut, mais Lara la monta inlassablement, ne prêtant aucun intérêt à sa fatigue et à la sueur qui coulait dans son dos et sur son visage.

Le corps entièrement blanc car couvert de poussière, elle arriva enfin au sommet du mur. Elle traversa un long couloir tortueux à toutes enjambées, pour enfin arriver dans une grande pièce circulaire, aux parois lisses et claires. Elle était revenue dans la toute première salle. Elle qui n'avait pas le vertige, se trouva malgré tout froidement impressionnée par la hauteur démesurée à laquelle elle se tenait. En face d'elle, à tout juste trois mètres plus bas, elle voyait la fissure par laquelle elle était arrivée. « Tiens, en arrivant je n'ai même pas remarqué cette ouverture qui se trouvait à peine plus haute, remarqua-t-elle, déçue d'elle-même. Mettons ça sur le compte de la fatigue et de la douleur... Bon. Et maintenant comment atteindre l'autre côté ? »

Il y a à peine quelques années de cela, Lara aurait répondu "en sautant" sans aucune hésitation, mais là, elle n'était plus sûre de rien et exténuée. Puis elle repensa à tous ces gouffres bien plus espacés qu'elle avait franchi sans l'ombre d'un doute. Maintenant, son regard était vide, ses joues creuses et ses traits tirés. En effet, il y a une différence entre parcourir les tombeaux les plus dangereux pour trouver une relique de son plein gré et effectuer toutes ces cabrioles et risquer sa vie pour un type qui vous retient prisonnière et vous menace. Seulement, Lara ne voulait en aucun cas pourrir ici, ni louper son saut, car oui, elle sauterait.

Elle en avait marre de la prudence dont elle avait fait preuve jusqu'ici, et n'avait qu'une envie : retrouver Karel le plus vite possible, se venger et pour finir, revoir le soleil. Avec un regard qui avait récupéré un peu de sa vitalité, elle recula d'une dizaine de mètres, sprinta et sauta. Elle roula sur le sol et se rétablit, fière d'avoir effectué ce saut sans aucune difficulté. Il ne lui restait plus qu'à traverser ce tunnel infernal.

Couverte de bleus, de griffures et autres, elle s'engouffra dans ce boyau qui lui rappela tous les supplices qu'il lui avait déjà fait endurer. Elle se recoupa par dessus ses cicatrices, se cogna par dessus ses bleus, et se coinça à nouveau, n'arrivant même plus à bouger les bras. Elle soupira, s'avouant enfin qu'elle se poussait un peu trop à bout, et que si elle ne s'était toujours pas évanouie, s'était parce que ses nerfs la maintenaient solidement éveillée. Mais là, elle se relâcha, consciente de ce qu'elle se poussait elle-même à accomplir. Ça, Karel pouvait bien le dire : son instinct de survie était plus fort que tout. Elle réalisa aussi enfin dans quel état elle était, elle réalisa toute la douleur qu'elle avait accumulé, et manqua de s'évanouir. L'air lui manquait et elle avalait plus de poussière qu'un aspirateur ne l'aurait pu. Elle finit par se tortiller et par se décoincer.

Elle avança, s'érafla à nouveau, prête à s'arracher toute la peau pour sortir d'ici. Puis, le passage s'agrandit et elle put se tenir à quatre pattes. Elle finit enfin par rejoindre la sortie de cet enfer. Karel l'attendait là, un sourire au coin des lèvres. Lara sortit le poignard avec lequel elle était venue à bout de l'oiseau en une fraction de seconde et se jeta sur l'homme. Elle lui planta l'arme dans le torse avec un cri de rage et de fatigue, et, en le voyant la regarder avec un air moqueur, totalement insensible à cette attaque, s'évanouit dans ses bras.
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Nastia
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MessagePosté le: Mer 22 Juin 2011, 22:28    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 23 :
Le souci du détail...



Le réveil fut encore très douloureux. Lara se retrouva dans sa petite chambre rose, sur son lit moyennement confortable et constata que ses blessures avaient été soignées. Par contre, elle se trouvait toujours aussi sale. Elle se leva et alla vers la porte en clopinant sur ses courbatures. Elle frappa, dans l'espoir qu'on ne l'entende et qu'on ne lui ouvre, mais rien. Après plusieurs essais, elle tambourina, puis s'adossa et se laissa glisser au sol. Elle appuya son front sur ses genoux repliés et soupira.

Elle aurait donné n'importe quoi pour un bain. Prenant encore une fois sur elle, elle alla trouver une brosse dans ses affaires, défit sa natte et se démêla les cheveux. Puis, elle retourna frapper à la porte, puis cogner. Elle attendit un petit moment debout devant sa seule échappatoire, exaspérée, lorsque celle-ci s'ouvrit. Elle aurait préféré voir Gunderson, car malgré sa fermeté, il était humain, mais se fut Karel qui se présenta. Bien qu'elle s'y soit attendue, elle fut déçue car elle n'avait pas la moindre envie d'affronter son regard, du moins pas maintenant. Elle prit les devants :

-Oui, oui, je sais ! Tu vas me demander pourquoi j'ai fait ça ! Eh bien... J'ai tenté. Voilà.

-Je n'ai rien dit, mais puisque tu en parles... Tu ne pensais pas que j'avais pris mes précautions ? Encore une fois tu me déçois. À partir de l'Éclat, j'ai réussi à créer un poignard capable de tuer une créature Nephilim, mais bien sûr, je m'en étais protégé.


Lara le regarda avec un regard enragé. Devant ce regard, les traits du Nephilim s'adoucirent légèrement.

-Pourquoi me détestes-tu à ce point ? Pourquoi veux-tu à tout prix me tuer ?


Lara se leva brusquement et pleura.

-Descend ! Descend en bas et tu verras ! Tu verras ce que j'ai dû vivre ! Je veux te tuer parce que tout ce qui m'arrive est de ta faute ! Je sais tout de toi Karel ! Tu n'étais pas comme ça avant ! Tout ce qui t'est arrivé, tu ne le dois qu'à toi-même ! Si tu n'avais pas voulu...


L'homme n'eut qu'à lever l'index pour que Lara comprenne que si elle décrochait un mot de plus, elle ne reverrait pas la lumière du jour de si tôt.

-C'est l'oiseau, n'est-ce pas ? C'est l'oiseau qui t'as tout expliqué ?


Lara acquiesça. Elle lui faisait face tandis que des larmes coulaient sur ses joues.

-Je n'ai pas besoin de tes conseils. J'ai assez regretté au cours de ma longue existence sinistre pour que tu viennes me faire la morale.

-Et alors ? Tu crois que te venger sur les humains apaisera ta colère ? Mais c'est faux !

-La vérité, c'est que c'est de leur faute si nous sommes nés, et ils doivent payer !

-C'est trop facile ! Pourquoi tu n'irais pas t'en prendre aux anges ? Après tout, c'est eux qui vous ont réduit à néant, se moqua la belle.


Karel s'énerva, mais tenta de contenir les symboles qui apparurent tout de même sur sa peau en un frémissement de rage. Il se calma comme il put avant de dire :

-Nous avons été chassés du ciel, mais je ne peux me résoudre à vivre condamné dans les entrailles de la Terre. Nous aussi, nous voulons avoir droit à la lumière du jour.

-Non, rectifia-t-elle, toi, tu as le droit, ou plutôt tu avais le droit. Tu avais même droit au ciel, mais tu as voulu vivre avec les tiens, ce que je comprends. Et puis, si tu veux vivre à la chaleur du soleil, pourquoi ne pas venir pacifiquement ?

-Ah parce que tu crois que le monde dans lequel tu vis est tout rose et que les humains sont gentils avec tout le monde ? railla-t-il. Non. Non, au contraire, il vont nous traiter comme des êtres étranges, ne chercheront pas à comprendre qui nous sommes et nous tueront. Et s'ils ne nous tuent pas, en tout cas, ils ne nous accepteront jamais, ils nous exileront. La meilleure chose à faire, c'est de leur montrer qui est le plus fort. Et nous sommes les plus forts.


Lara peina à avaler sa salive sur ces propos. Il la défia du regard jusqu'à ce qu'elle ne lui saute dessus. Elle le plaqua au mur, il lui saisit les bras, elle se débattit, le retourna et allait le faire plier lorsqu'il lui donna un coup de pied dans le ventre. Elle fit aussitôt volte-face et lui en donna un à son tour, mais au visage, elle. Il tomba à terre, sonné, et avant qu'elle n'eut le temps de se jeter à nouveau sur lui, il bafouilla, la bouche en sang :

-Tu ne peux me détruire, alors... -il cracha du sang- ...soit tu te plies et tu vis, soit tu continues comme ça et les miens réduiront ton corps en cendres.


Il se releva, sous le regard énervé de Lara, et quitta la pièce, pensant bien sûr à la verrouiller. Le regard haineux de la jeune femme se relâcha petit à petit, et sur son visage se dessina un rictus sadique. Il venait de signer son arrêt de mort...

*****

Puis, son air machiavélique tomba en un air triste. Lara était déçue d'elle-même. « Voilà que je deviens sadique maintenant... L'obscurité ne me réussit vraiment pas. Il est grand temps que je revoie le soleil. ». Puis elle se pardonna sa fourberie en se disant qu'il le méritait bien et qu'il fallait d'ailleurs qu'elle se dépêche à agir. En effet, pendant sa lutte avec Karel, elle lui avait dérobé un petit trousseau de clefs. Et selon ce qu'elle avait déjà pu observer, l'une d'elle ouvrait le couloir qui menait à l'Éclat Périapte.

Par contre, elle n'avait toujours pas la clef de sa porte en bois massif. Elle dut attendre la ronde d'un des gardes, une attente qui lui parut d'ailleurs bien longue, étant donné que dès que Karel s'apercevrait qu'il lui manquerait ses clefs, il courrait la trouver. Mais un garde arriva, et Lara frappa. Il demanda ce qu'il se passait à travers la porte. Elle prétexta une envie pressante et il ouvrit. Dès que la porte fut entrouverte, elle le prit et l'assomma en lui portant un coup de coude à la nuque. Elle prit les clefs du garde et se pressa de trouver un endroit où se cacher. Elle ouvrit une des chambres et la referma aussitôt. Heureusement pour elle, car Karel arriva dans le couloir à grands pas, suivi de très près par Gunderson.

Elle l'espionna par le trou de la serrure et l'entendit pester.

-Ah la garce ! dit-il en constatant son garde couché par terre. Gunderson ! Il me faut le plan des lieux. On va l'encercler. Je veux un garde à chaque porte menant à la salle de l'Éclat et à chaque bouche d'aération susceptible d'être empruntée...


Ses mots s'évaporèrent à mesure qu'il s'éloignait, toujours à pas de géant.

-Il faut toujours avoir un double des clefs, même pour une pièce que personne d'autre ne doit visiter, ricana Lara. C'est ÇA le souci du détail...
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Nastia
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MessagePosté le: Ven 24 Juin 2011, 23:33    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 24 :
Talent caché



Elle devait être le plus rapide possible, car tôt ou tard, ils finiraient par trouver un moyen d'entrer et de prendre l'Éclat. Elle devait prendre les devants à tout prix car la course contre la montre était déclenchée, et elle ne disposait que de peu de temps. Après s'être assurée que la voie était libre, elle sortit de la chambre à pas feutrés et quitta doucement le couloir. Elle repéra une trappe au plafond et s'y faufila avant que des hommes à sa recherche ne la voient.

Elle se trouva dans une sorte de vieux grenier aux poutres à moitié rongées par les mites. Devant elle, une petite porte qu'elle força sans peine. Elle parcourut un long couloir enseveli sous les toiles d'araignées et dans lequel elle dut se courber pour avancer. Elle vit une autre trappe qui la mena dans un petit hall par lequel elle était passée lorsque Karel l'avait attrapée à voler l'Éclat. Elle reconnut les lieux et courut lorsqu'elle entendit des bruits de pas s'approcher rapidement.

Personne ne gardait encore la porte de l'objet. Elle se dépêcha d'ouvrir la porte, chose qu'elle eut du mal à faire sous la précipitation, puis elle referma la porte d'un coup de pied. Un coup de pied un peu bruyant. Les gardes coururent et frappèrent le plus fort possible afin de faire sortir la jeune femme. Mais l'épaisse porte en bois protégeait très bien ses secrets et tremblait à peine.


La dague attendait sur son piédestal, patiemment. Dans la pénombre, Lara se saisit de l'Éclat Périapte et chercha un moyen de s'échapper. Elle ne voulait en aucun cas repasser par la grande salle remplie de dizaines de Nephilims à peine endormis et remarqua une petite porte sur sa gauche. Elle s'y introduisit et atterrit dans un petit couloir souterrain. Elle avança à tâtons, se cogna, chercha un chemin, tourna, choisit un passage, hésita, et essaya de s'orienter en fonction de ses souvenirs. Elle voulait se rapprocher le plus possible de sa chambre mais n'avait pas la moindre idée d'où elle se trouvait. Le noir était total et elle se prenait constamment des murs, ainsi que des toiles d'araignées.

Au bout d'un moment, elle tâta le plafond, à la recherche d'une éventuelle ouverture. Ce tunnel n'avait pas l'air d'avoir été visité depuis plusieurs siècles et elle ne souhaitait pas y moisir. Après une bien longue recherche, elle finit par trouver une petite trappe par laquelle elle eut du mal à se hisser. Lara n'avait pas la moindre idée d'où elle était arrivée. Un petit sas qui menait à une sorte d'aquarium. Elle avança mais derrière la porte vitrée se trouvait un homme armé aux aguets.

Elle se baissa furtivement derrière un petit meuble. Elle ouvrit les tiroirs de celui-ci afin de trouver une quelconque arme, mais rien de bien concluant. Elle prit alors l'initiative d'affronter le garde. Elle se déplaça plus silencieusement qu'un chat et ouvrit soudainement la porte. L'homme se tourna et mourut presque aussitôt. Lara lui avait brisé le cou en une fraction de seconde. Elle se trouvait dans le laboratoire.

La plupart des portes vitrées affichaient des Nephilims perfusés de différents liquides. Certains avaient de violentes convulsions inquiétantes. D'autres avaient leurs yeux noirs entrouverts mais semblaient trop faibles pour bouger. Ceux-ci se contentaient de serrer les poings à la vue de l'intruse. Karel était à deux doigts de réveiller sa race. Dans une autre salle, trois scientifiques étaient occupés à maintenir un Nephilim aux convulsions particulièrement aigües. Ils ne remarquèrent même pas sa présence et elle quitta doucement le laboratoire.

Elle se colla au mur qu'elle atteignit. Elle grimpa dans une bouche d'aération qu'elle avait déjà empruntée et rejoignit sa chambre sans trop de problèmes. Elle chercha où cacher l'Éclat de façon à ce qu'il demeure introuvable. Au bout de quelques recherches et de plusieurs allers-retours en long et en large dans sa chambre, elle sentit un très léger tremblement sous son pied. Elle souleva le tapis, dont la forme s'était décalquée sur le sol avec le temps et tâta le plancher. Une planche trembla alors légèrement. Elle la souleva de quelques centimètres seulement, introduisit l'Éclat dans le petit espace qui s'y trouvait et remit tout bien en place. Maintenant, elle n'avait plus qu'à faire le chemin en sens inverse sans se faire repérer et jouer la comédie.


Après avoir esquivé de très peu l'attaque de gardes à l'affût du moindre craquement et de la moindre ombre, elle retourna dans la salle où se trouvait l'Éclat. De l'autre côté de la lourde porte, elle entendait Karel crier des ordres. Elle inspira profondément, déverrouilla rapidement et ouvrit d'un coup sec. Elle savait ce qui l'attendait. Cinq armes se retrouvèrent aussitôt collées à elle. Lara esquissa un mouvement de la main, signe de son innocence.

Elle baissa la tête, simulant un air déçu et jeta un coup d'œil furtif vers Karel. Celui-ci fit signe à ses hommes de baisser les armes. Auto-satisfait, il prit un air hautain et grinça :

-Eh oui. Tu t'es fait coincer.


La lèvre inférieure de Lara trembla fébrilement tandis qu'elle articula lentement :

-L'Éclat... l'Éclat Périapte... Il a... Il a disparu...


Ses yeux s'humidifièrent tandis qu'elle se félicita intérieurement de son jeu.

-Quoi ? Tu rigoles ? Ce n'est pas possible ! Fouillez-la !


Un des gardes s'exécuta tandis qu'un autre lui colla un MP5 sur la tempe. Il ne trouvèrent évidemment rien. Karel fut pris d'une sorte d'hystérie et mit la pièce de l'Éclat sans dessus dessous, à la recherche du seul instrument de sa mort. Il était redevenu Nephilim et renversait tout ce qu'il pouvait avec une force incroyable. Il saisit ensuite Lara par les bras et la secoua, comme si elle lui cracherait l'objet.

-Où est-il, hein ? Il est où ce putain d'Éclat ? Qu'est-ce que t'en as fait ?

-Mais je...

-Tais-toi ! hurla-t-il dans un excès de rage. Qui aurait pu me prendre l'Éclat si ce n'est pas toi, hein ? Qu'en as-tu fait ? Où est-ce que tu l'as mis ?

-Je te dis qu'il n'était pas là quand je suis arrivée !


Karel lâcha son emprise et tenta de se calmer, chose à laquelle il n'arrivait pas si l'on en jugeait par son apparence.

-Ça ne se peut pas. Ils ont entendu la porte claquer et il n'y a que toi qui as les clefs... Que je vais récupérer d'ailleurs.


Pendant qu'il se saisit du trousseau, Lara réfléchit à la vitesse d'un éclair et dit d'une voix ferme :

-C'est impossible... Attends ! Tes gars ont entendu un bruit auprès de la porte, c'est ça ? Ça ne veut pas dire que c'était un claquement.


L'un des gardes allait répliquer mais Lara le défia du regard. Son pouvoir de persuasion fut si fort qu'elle réussit à le faire douter. Il bredouilla alors :

-Euh je... C'est que... Je ne suis plus sûr... Ça ressemblait à un claquement mais en fin de compte...

Karel s'emporta à nouveau :

-Ah tais-toi, imbécile ! Je ne suis entouré que d'incapables même pas foutus de se rappeler si c'était un claquement ou pas !.. Alors ? C'était quoi ? Un claquement de porte, oui ou non ?!

-Euh... Je... Je ne suis plus si sûr...

-Bon alors ? Ce n'est pas compliqué quand même ! Répond ! Oui ou non ?


L'homme semblait faiblir sous la pression de son supérieur ainsi que sous le regard impitoyable de Lara, qui se voulait plus oppressante que jamais. Il bafouilla, bredouilla, et au moment ou le Nephilim allait exploser, il prononça clairement et fermement :

-Non !

Lara avait eu raison de lui.

-Tu en es certain ? insista Karel.

-Oui monsieur.


Karel se recula devant l'assurance qu'avait pris son garde et soupira après l'avoir dévisagé longuement et froidement. Il allait s'adresser à Lara à nouveau mais il fut interrompu.

-Désolé de vous déranger monsieur, mais on a retrouvé un de nos hommes mort. Il a la nuque brisée.


L'homme qui venait d'arriver regarda Lara avec des yeux mauvais. Bien sûr, sur ces mots Karel se retourna vivement vers elle, qui baissa vivement le regard, gênée.

-Et ça ? C'est quoi ? Tu comptes tuer mes hommes un par un ?

-…


Karel réfléchit un moment, les nerfs à vif.

-Ce n'est pas possible. Qui d'autre que toi voudrait me tuer, hein ? Ça ne tient pas debout !

-Tu sais, parfois, les coupables sont ceux que l'on soupçonne le moins...


Il tint son regard glacial un long moment puis la tira violemment par le bras.

-Très bien ! Je veux tout le monde dans la salle à manger ! cria-t-il à ses hommes.
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MessagePosté le: Lun 27 Juin 2011, 22:02    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 25 :
À la recherche du coupable



En moins de quinze minutes, tout le personnel se retrouva dans la grande salle aux allures médiévales. Karel les compta rapidement, soustrayant les gardes tués. Il tira le bras déjà écorché de Lara pour la forcer à se tenir près de lui. Il regarda un par un chacun de ses hommes dans les yeux, cherchant à déceler la moindre lueur de culpabilité. Puis il tonna :

-Messieurs ! Selon cette chère demoiselle, l'un de vous essaierait de me tuer.


Tous les regards des sbires de Karel se portèrent sur Lara, accusateurs. Mais elle ne devait surtout pas se défiler, car la moindre faiblesse de sa part pourrait trahir la vérité. Elle devait à tout prix se montrer sûre d'elle. Ce qu'elle tâcha de faire du mieux qu'elle put.

-En effet ! continua le Nephilim. Puisqu'elle clame son innocence, c'est forcément l'un d'entre vous ! Ou bien une personne qui a réussi à s'introduire dans notre repère, ce qui semble tout de même très peu probable.


Il marqua une pause et prit le temps de tous les observer à nouveau avant de reprendre :

-Mais après tout, c'est possible ! Même vous, Gunderson ! Après tout, vous auriez très bien pu vouloir me tuer pour prendre le contrôle des miens, espérant qu'ils vous seraient reconnaissants de les avoir réveillés. C'est vrai, le pouvoir peut être un mobile très alléchant.


Gunderson montra une once de déception, puis sa voix caverneuse résonna :

-Je vous suis on ne peut plus fidèle, monsieur. Jamais je ne me serais permis...

-Peut-être, oui. Mais êtes-vous sûr que tous vos hommes me sont aussi fidèles que vous ? N'importe lequel d'entre eux pourrait vouloir me tuer. Que ce soit pour la soif de pouvoir ou (il désigna Lara d'un bref signe de tête) pour empêcher la soumission voire l'anéantissement de l'humanité.

-Personnellement, se permit Gunderson, je pense que c'est elle qui vous a dérobé l'Éclat. Après tout, elle a déjà essayé de le faire.

-Excellent point. Mais peut-être que... Peut-être qu'elle n'est pas assez stupide pour avoir voulu recommencer son coup car elle aurait su qu'on l'aurait soupçonnée... Peut-être que le coupable s'est basé sur cet acte pour agir, sachant que c'est elle que l'on aurait suspectée en première...


Karel se plaisait visiblement à faire monter la pression. La tension était à son comble et il les faisait languir. Chacun perdait patiente et commençait malgré tout à douter de son voisin. Lara assistait au spectacle avec un délice indescriptible. Voir tout ce petit monde peu à peu déstabilisé faisait naître en elle un sentiment extrêmement plaisant tandis qu'elle s'amusait à afficher son assurance qui lui ôtait de plus en plus de culpabilité aux yeux de Karel, bien qu'il restât très méfiant.


Après que le Nephilim eut dévisagé une dernière fois l'assemblée, il ordonna que chacun reprenne ses activités. Il ramena Lara à sa chambre lorsque tout à coup, une sorte d'éclair sembla traverser sa pensée. Il l'entraina alors dans une petite pièce où ne se trouvaient qu'une table et deux chaises. Il la fit s'assoir et l'imita. La faible lumière du plafond créait sur son visage des ombres inquiétantes. Il s'accouda sur la table et posa sa tête sur ses mains jointes. Il réfléchit un petit moment face à la jeune femme, immobile. Puis il murmura :

-Non. Ce n'est pas possible. Quelque chose ne va pas. Tout semble t'accuser, bien que ta théorie puisse tenir. Comment es-tu entrée si tu n'es pas passée par la grande porte ?


Elle savait que répondre 'par l'immense salle des Nephilims' aurait été stupide car il aurait demandé pourquoi lui avoir volé les clefs si c'était pour ne pas s'en servir. Elle improvisa :

-Eh bien... Suis les morts et tu verras.

-Garde ton sarcasme ! Ce n'est pas le moment ! Ton histoire ne colle pas car le garde retrouvé mort a visiblement été attaqué par derrière, alors qu'il se tenait dos à la porte vitrée. Donc tu te trouvais dans la pièce avant de lui sauter dessus. Pièce, qui, d'ailleurs, si l'on emprunte quelques passages, mène tout droit à la salle de l'Éclat...

-Non, car lorsque je suis arrivée, il regardait dans la pièce, comme si il cherchait quelque chose... Il a peut-être entendu du bruit...


Karel grogna, puis il enchérit, l'air triomphant :

-Par là où tu es passée, mes clefs ne t'ont servi à rien...

-Eh bien... à ouvrir la porte pour te retrouver et t'annoncer la mauvaise nouvelle... Sinon, non elles ne m'ont servi à rien, je pensais qu'elles me seraient plus utiles que ça...


Il la regarda, cherchant un autre scénario plausible.

-Ou bien tu as pris mes clefs, tu as couru le plus vite possible en direction de l'Éclat, tu as refermé la porte un peu trop fort, et sachant que tu allais te faire prendre, tu l'as dissimulé dans un endroit sûr et tu es revenue dans la salle, prête à nous affronter.


La sueur perlait dans le dos de Lara. Karel avait vu juste. Sur toute la ligne. Elle cacha le mieux possible ses émotions, priant le ciel pour que ça ne se voit pas et bluffa :

-Très bien. Alors fouille ma chambre. Fouille même partout, si tu veux. Mais ce n'est pas près de moi que tu le retrouveras. Ah oui ! Et fouille aussi tes hommes, juste au cas où.


Ce qu'il fit. La chambre se trouva retournée dans tous les sens. Les gardes fouinèrent dans toutes les affaires de Lara, contrariée, cherchèrent sous le lit, sous le matelas, sous chaque meuble, chaque couverture, oreiller ou autre. Il mirent tout sans dessus dessous et repartirent finalement les mains vides.

En effet, leurs pas lourds qui avaient martelé le sol n'auraient jamais pu sentir le léger craquement frêle d'une vieille planche qui pouvait à peine être déplacée. Les hommes quittèrent la pièce et, sous le regard dur de Karel, cherchèrent ailleurs.
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MessagePosté le: Lun 04 Juil 2011, 22:55    Sujet du message: Répondre en citant

Chapitre 26 :
Déchirure



Lara, une fois tranquille, rangea toute la jolie chambre. Elle mit plusieurs heures car elle ne pouvait même pas y aligner un pas devant l'autre. Elle décida de cacher la dague sous son oreiller. Puis elle s'assit sur le lit et pleura. Il allait être temps d'en finir. Elle n'aurait pas voulu devoir faire ça, mais les circonstances l'y obligeait. Elle attendit quelques heures sur le lit, immobile. Puis vint le moment. Karel arriva et ferma la porte derrière lui, visiblement vaincu. Dépité, il lui demanda, presque suppliant du regard :

-Bon. Je suppose que tu ne veux toujours pas me dire où se trouve l'Éclat... J'ai fouillé partout, de fond en comble, et je n'ai rien trouvé. Sois tu es bien plus intelligente que moi, sois il y a réellement quelqu'un d'autre, que je ne soupçonne pas et qui veux également me tuer.


Il soupira, comme s'il acceptait son sort, sous les yeux de Lara qui culpabilisait plus que jamais.

-Tu connais ma réponse, parvint-elle à articuler.

-Mais je ne veux pas mourir. Une si longue existence réduite à néant en si peu de temps ! Alors que je suis en train d'enfin parvenir à ressusciter les miens... Après de si longues années d'attentes dans la solitude... Grâce à toi et au Cristal que tu m'as rapporté, j'aurais enfin pu...


Il baissa la tête, tandis que la belle l'observait, coupable et silencieuse. Elle était désespérée par tant de tristesse. Les yeux clairs du Nephilim se relevèrent dans sa direction, emplis d'émotion, mais pas de larmes. « La fierté... » pensa Lara. Le teint blafard de l'homme pâlit davantage encore. Elle était désolée de devoir faire ça. Elle aurait voulu l'apaiser un peu avant sa mort.

-Mais pourquoi ? Pourquoi tant de haine ? Tu vois où ça t'a mené ? Surtout que les humains n'étaient pas responsables de tous tes ennuis...

-Je sais mais... Je ne voulais pas que l'on vive dans les ténèbres et...

-Écoute. Si tes frères ont été réduits au silence, c'est bien parce qu'ils le méritaient, et toi, tu méritait de vivre au ciel. Mais tu as tout gâché. Et regarde où tu en es...

-Non ! Ils méritaient une seconde chance. Et je ne pouvais pas les laisser dépérir dans les entrailles de la Terre pendant que je vivais comme un bienheureux égoïste auprès des anges !

-Vous auriez pu vivre heureux ! s'exclama-t-elle. Vous aviez bâti une cité magnifique et vous étiez en paix, mais tu en voulais toujours plus ! Tu voulais te venger alors que votre sort n'était pas mauvais, tu voulais vivre sur Terre alors que vous vous plaisiez dans les profondeurs ! Et que tu veuilles l'admettre ou non, les Nephilims sont des créatures des ténèbres, ils n'appartiennent pas au soleil.


Ces mots, de par leur vérité, blessèrent Karel qui allait s'emporter. Mais il se résigna, trop à bout pour lutter. Il tremblait. Lara voulut le réconforter un peu et lui caressa doucement le dos, mais il resta de marbre. Il se tourna vers elle et inspira profondément comme prêt à lui dire quelque chose, mais se renfrogna. Elle se pencha vers lui et lui souffla :

-Tu sais je n'ai jamais voulu ce qui arrive. Je sais que malgré tout, tout ce que tu as fait, tu l'as fait par désespoir. Par désespoir de devoir te retrouver seul pour l'éternité.


Devant l'expression faible de son interlocuteur muet, elle marqua une pause et finit par reprendre :

-Ta haine t'aura consumé, mais apparemment, tu ne mourras pas de mes mains.

Ses mots firent ressentir à la jeune femme un énorme malaise. Elle se sentait tellement mal de devoir faire ça, mais elle tentait de déculpabiliser en se disant qu'elle le faisait pour le bien de l'humanité. Elle fut néanmoins achevée lorsqu'il plongea son regard dans le sien et lui dit :

-Tant mieux. J'aurais vraiment détesté que ce soit toi qui me tue. Malgré tous nos différends, on ne s'entend pas si mal sur le fond. C'est sur la forme que ça va moins... Cependant... hésita-t-il, même si tu te plais à me provoquer et à m'énerver, je me suis un peu attaché à toi.


Ces mots résonnèrent dans les oreilles de la belle. Elle resta un moment sous le choc, silencieuse. Elle mit un certain à encaisser les paroles de Karel, qui continua, devant son désemparement :

-Ne t'inquiètes pas... De toute façon, nous sommes trop différents... Comme tu le dis, je vis dans l'obscurité et toi... à la lumière du soleil...


Le cœur de Lara se déchira sous le poids de ces propos. Elle se sentait tellement mal de savoir qu'elle le tuerait. La sensibilité qu'il manifestait la surprenait et la touchait au plus profond d'elle. Elle lisait tellement de regret dans son regard. Du regret pour tout ce qu'il avait fait. Du regret pour avoir conduit les siens au plus bas. Elle savait qu'il avait compris que lui et ses frères auraient été mieux en restant dans l'ombre. Peut-être avait-il changé d'avis ? Peut-être n'était-il plus utile de le tuer ? Comme s'il lisait dans ses pensées, il déclara :

-Mais si l'on ne m'a pas assassiné entre temps, je les réveillerais tout de même, quoi qu'il m'en coûte. Ils sont morts à cause de moi. Ce sera à mon tour de mourir à cause d'eux. À cause d'eux et surtout pour eux. Ils feront bien ce qu'ils voudront quand ils seront vivants... Mais à mon avis, ils ne se contenteront pas de leur jolie cité souterraine... Ils voudront plus. Ça doit être dans notre nature...


Non. Il n'avait pas changé d'avis. Même si la vie devait lui en coûter, il ferait tout pour les ressusciter. Lara soupira. Elle sourit faiblement et murmura :

-Tu es têtu, hein ?

Il lui rendit son léger sourire en hochant la tête. Elle se rattrapa :

-Enfin... De toute façon, tu auras peut-être le temps de les réveiller d'ici à ce que l'on ne te porte le coup de grâce... Honnêtement, je ne l'espère pas, mais ça tu t'en doutes...


C'était une triste certitude pour la jeune femme : elle ne pouvait pas prendre le risque de l'épargner. Elle ne supportait plus cette tension. Devant le mutisme de Karel, elle chuchota :

-Tu as raison. Nous sommes tellement différents...Pourtant...


Elle n'acheva pas sa phrase. Elle lui fit tourner la tête vers elle et l'embrassa. Timidement, au début. Puis elle l'embrassa langoureusement et longuement. Elle se rapprocha de lui, puis se colla. Lui, l'entoura de ses bras, la serrant et la caressant. Il défit sa tresse en la dévorant du regard avant de lui passer les mains dans les cheveux. Puis il descendit, longeant sa cambrure et la prit par la taille. Elle se posta sur lui, les mains sur son torse. Leurs baisers étaient de plus en plus passionnés, de plus en plus chaleureux.

Elle était fiévreuse, et aurait souhaité que cet instant ne se termine jamais. Elle s'en voulait tellement de ne pas lui avoir résisté. Elle s'en voulait tellement de devoir en finir avec lui après un si bon moment. Elle aurait préféré qu'il la haïsse, pour que son geste soit plus facile à exécuter. Quant à Karel, il sentait considérablement la chaleur monter en lui. Il la serrait contre lui de ses bras puissants. Cela dit, il ressentait malgré tout un très léger gêne chez elle, comme s'il pressentait la fatalité, mais il préférait ne pas s'en tracasser et s'abandonner aux courbes généreuses et à la douceur des cheveux de la belle créature humaine qui se blottissait contre lui. Elle se sentait protégée contre lui et le câlinait, le couvrant de baisers tendres et émus. Lui se délectait de son odeur et du goût légèrement salé que son cou offrait tandis qu'elle frissonnait de plaisir.


Puis elle se raidit légèrement. Elle ne devait pas aller trop loin, elle ne devait pas franchir la limite, car elle regretterait. Lui s'écarta à peine, pour pouvoir la contempler d'un regard interrogateur mais aussi et surtout désireux. Ses yeux bleus n'étaient plus froids comme Lara les avaient connus. Ils avaient pris une couleur vive et intense, dévoilant chacune des émotions fortes qu'il ressentait. « Depuis combien de temps n'a-t-il pas éprouvé quelque chose de fort pour une personne ? Depuis combien de temps n'a-t-il pas ressenti de bonheur et de chaleur ? » se demanda Lara, vibrant sous l'étreinte du Nephilim.


Il était temps. Sinon elle ne pourrait plus s'arrêter. Et une fois la limite franchie, elle ne pourrait plus se résoudre à achever sa longue existence. Elle le fixa de son regard chaud, ambré sous la lumière des bougies, et le coucha, la tête entre les deux oreillers. L'oreiller. Et dire qu'il était en train de prendre du plaisir à côté de l'arme de son crime.

Lara se dressait au dessus de lui. Karel la dévora des yeux. Elle était si belle, éclairée par la lueur des bougies qui doraient sa peau et ses cheveux longs qui affichaient maintenant des reflets orangés et rouges. Ils se dévisageaient, silencieux. Leurs yeux parlaient pour eux. Les mots auraient tout gâché à cet instant magique. Puis, prise d'une envie folle, elle s'étendit sur lui et prit sa bouche de la sienne. Tout ça devait se finir, elle n'en pouvait plus, son cœur était déchiré et elle ne devait plus réfléchir. Ses palpitations s'accélérèrent encore, la tension allait la faire exploser. Elle l'embrassait de plus en plus fougueusement sous les caresses qui se faisaient torrides.

Elle craqua et une fine larme glissa sur sa joue. Il ne la remarqua pas pour le plus grand soulagement de l'aventurière. Elle s'essuya discrètement et se redressa d'un coup, se tenant sur ses bras tendus, postés de chaque côté de la tête de sa victime. Elle le regarda, les yeux emplis de larmes et passa doucement sa main sous l'oreiller. Elle saisit l'Éclat Périapte mais ne le dévoila pas. Au lieu de ça, elle se pencha lentement, passa l'autre main dans ses cheveux blonds et l'embrassa doucement.

Le dernier baiser qu'elle lui offrirait avant sa mort. Le plus beau et le meilleur qu'il ait jamais reçu. Puis elle se releva, la dague au poing et la lui planta dans les côtes avant même qu'il n'ait le temps de protester. Elle s'effondra en larmes, la tête cachée dans le cou du Nephilim et lui souffla, désespérée :

-Je suis désolée...


Lui, cracha du sang tandis qu'elle se redressa pour l'observer. Elle voyait flou tant elle pleurait. Il devait tellement lui en vouloir... Mais au lieu de ça, il rassembla ses forces et lui caressa doucement la joue, essuyant ses larmes au passage. Il souffrait mais un sourire se dessina, éclaircissant son visage. Elle lui prit la main et la serra fort, mais il se dégagea. Ce fut lui qui l'apaisa au lieu du contraire.

-Ne t'inquiètes pas... Je... je comprends... souffla-t-il. Ne t'en fais pas...

Puis il sortit un objet de la poche intérieure de sa veste. Le Cristal Volcanique. Il observa vaguement la relique et dit :

-Ce... ce Cristal a le pouvoir d'offrir la vie éternelle à n'importe qui. Mais... pour ça, il faut que l'on vous l'offre...


Il plaça le précieux objet dans la main de l'aventurière et la referma doucement avant de continuer :

-... Et je t'en fais don Lara... Je te fais don de l'éternité.

Sur ces mots Joachim Karel poussa un dernier soupir et ferma les yeux pour toujours.



FIN.
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